Mai 68 : la déclaration scandaleuse de Macron

Faire le rapprochement entre les barricades du Quartier Latin et le printemps de Prague montre qu’Emmanuel Macron ne comprend rien à l’Histoire.

Par Jacques Garello.

Oser faire un amalgame entre la chienlit de mai 1968 et le printemps de Prague est une honte. Faire de mai 1968 l’origine d’un monde nouveau est une stupidité. Mais le Président Macron tenait trop à ne plus passer pour le Président des riches (qui sont bien sûr de droite), il devait montrer son ancrage aux côtés des pauvres et de l’extrême gauche.

Son excuse, en effet, est sa jeunesse : il n’a pas été concerné par mai 1968. Mais un chef d’État peut-il ignorer le passé somme toute récent de son pays ?

Faire le rapprochement entre les barricades du quartier Latin et le printemps de Prague est une insulte pour Jan Palach, jeune étudiant qui s’est suicidé le 16 janvier 1969 place Wenceslas pour témoigner de la résistance des jeunes étudiants tchèques à l’occupation de leur pays par les chars soviétiques.

Pendant quelques semaines du printemps 1968 le peuple tchèque a espéré une libéralisation du régime communiste, le secrétaire du Parti Communiste Alexandre Dubcek avait obtenu la promesse d’une certaine autonomie.

La normalisation moscoutaire

En août 1968 les choses sont rentrées dans l’ordre : la normalisation ramenait les Tchèques à la dictature de Moscou et les chars du pacte de Varsovie occupaient Prague et tiraient sur la foule, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Comment Emmanuel Macron peut-il assimiler la chienlit de mai 1968 et la résistance contre l’oppression ? Comment réhabiliter ces émeutes organisées et exploitées d’abord par les trotstkistes et maoïstes puis par Mitterrand, les socialistes et les syndicats révolutionnaires ?

Comment faire de mai 1968 le point de départ d’un monde nouveau, alors qu’il s’agissait de porter au pouvoir la gauche la plus extrême, la plus proche de l’Union Soviétique ou de Mao Tsé Toung ?

Au stade Charléty, Mitterrand se voyait déjà en Président de la République : il devra attendre 13 ans : alors même que l’empire soviétique s’effondrait la France passait au communisme.

Dany et Emmanuel

On laisse entendre que l’organisateur d’éventuelles manifestations en mai 2018 serait Daniel Cohn Bendit, qui a soutenu Emmanuel Macron pendant la campagne, pour s’en démarquer ensuite. En mai 1968 son surnom était Dany le rouge. Certains commentateurs des propos de Macron ont parlé de Macron le rouge.

En effet cette triste défiguration de l’histoire par le Président n’a pour but que de rougir sa réputation, parce que la gauche n’admet pas la suppression de l’ISF et hurle au cadeau fait aux riches.

Le Président veut signifier qu’il est du côté des pauvres comme le dit Castaner, porte-parole officiel du gouvernement. Macron a donc besoin de dire qu’il est avec la gauche, il ne l’a d’ailleurs jamais reniée. Il rougit sans doute, mais au prix d’un risque majeur : rougir de honte.

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