APL : l’État ne peut pas tout payer… et en même temps

Non seulement « l’État n’a pas à payer tout », comme dirait Macron à propos des APL, mais il devrait même passer en revue toutes ses missions et se recentrer prioritairement sur celles qui visent à assurer la sécurité des personnes et des biens.

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Emmanuel Macron by Mutualité française(CC BY-NC 2.0)

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APL : l’État ne peut pas tout payer… et en même temps

Publié le 15 octobre 2017
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Par Nathalie MP.

Était-ce de la com’ scrupuleusement calibrée, était-ce un hasard, ou bien était-ce un cri du coeur subliminal exprimant enfin sa conviction la plus profonde comme s’il ne pouvait plus la réprimer, surtout devant des préfets, premiers dépositaires de l’autorité de l’État sur le territoire français ? En demandant mardi 5 septembre dernier que les propriétaires bailleurs baissent leurs loyers de 5 € par mois afin de compenser la baisse des APL décidée par le gouvernement, Emmanuel Macron a conclu en lançant :

L’État n’a pas à payer tout ! 

Comme il me plait quand il parle comme ça ! Non seulement « l’État n’a pas à payer tout », mais il devrait même passer en revue toutes ses missions et se recentrer prioritairement sur celles qui visent à assurer la sécurité des personnes et des biens avant de se lancer dans des politiques sociales et industrielles ruineuses et inefficaces. Car qui dit dépenses de l’État (et des institutions apparentées) dit forcément aussi impôts et dette publique.

L’État n’a jamais rien payé

En réalité, à quelques exceptions près, l’État n’a jamais rien payé car il n’a jamais tiré de revenus de productions qui lui seraient propres. Et c’est logique : comment l’État, censé garantir les droits des individus, pourrait-il devenir juge et partie en entrant en concurrence avec les activités de ceux qu’il doit protéger ?

Mais il est en position de force pour extorquer aux citoyens (qui produisent) les fonds nécessaires pour financer tout ce qui passe par la tête de ses représentants, la limite entre le nécessaire, l’utile et le n’importe quoi étant fixée par le résultat aux élections. Et encore : les rapports nombreux et touffus de la Cour des comptes sont là pour nous montrer que la gabegie institutionnalisée n’est même pas un motif d’échec électoral.

Mais ne chipotons pas trop. Quand on connaît les niveaux faramineux d’où l’on vient dans ce pays – dépenses publiques à 57% du PIB, prélèvements obligatoires à 45% et dette publique à 96% – on ne peut que se réjouir de cette nouvelle déclaration présidentielle.

Le théorème Bouleau & Hollande

L’ère du célèbre théorème de Bouleau & Hollande, in TF1, 2014 « C’est pas cher, c’est l’État qui paie » serait-elle enfin révolue ?

Il ne s’agit que de mots, mais s’ils pouvaient contribuer à entraîner un retournement de la mentalité socio-économique qui domine la France depuis trop longtemps, ce serait déjà un énorme pas en direction de notre retour à la prospérité.

Il y a cependant un mais. Un mais qui se prononce « en même temps » selon la coutume macronienne qui nous devient familière. Car comme vous allez l’entendre dans la vidéo ci-dessous, cette belle phrase a été précédée de tout un développement qui est loin de rassurer sur la teneur exacte de la mentalité  à l’oeuvre chez Emmanuel Macron :

J’ai été surpris du silence collectif de ne pas appeler les bailleurs sociaux, les propriétaires, à baisser de 5 € le prix du logement. C’est ça la responsabilité collective ! C’est ça, ce qu’il faut faire à partir du 1er octobre ! J’appelle publiquement tous les propriétaires à baisser de 5 € le loyer par mois, si on veut accompagner les locataires.

Deux réactions contrastées

Inutile de dire que les réactions à cette initiative inédite du Président n’ont pas traîné et qu’elles se sont scindées en deux groupes opposés assez attendus. D’un côté les propriétaires bailleurs prient M. Macron de s’occuper de ce qui le regarde et notamment de se débrouiller tout seul pour gérer les suites politiquement calamiteuses de sa mesure sur la baisse des APL, surtout vis-à-vis des étudiants à la veille de la rentrée.

Et de l’autre, les associations de locataires et la France insoumise fustigent une « politique illusoire » et réclament plutôt la contrainte à l’encontre des affreux propriétaires par la signature d’un bon gros « décret pour appliquer l’encadrement des loyers partout (…) ça, ce serait efficace » (dixit Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement ou CNL).

Diminution annoncée des APL

Éventuellement saisi d’une révélation libérale sur le fait que toute subvention crée des distorsions pénalisantes pour ceux qu’on voulait soutenir, mais plus sûrement acculé par la situation dégradée de nos comptes publics à trouver rapidement des « économies » à faire, le gouvernement avait en effet annoncé cet été que les aides personnalisées au logement (APL) seraient diminuées de 5 € par mois à partir du 1er octobre prochain.

Si cette mesure aura un effet limité1 sur les comptes de l’État (390 millions d’euros par an), elle est cependant hautement symbolique dans le roman français car elle s’en prend directement à deux vaches sacrées : la jeunesse et le rôle social de l’État.

Pourquoi la culture avant le logement ?

Elle paraît de plus incohérente avec d’autres nouvelles mesures annoncées également cet été telles que le « pass culture » qui entérine bien le rôle social de l’État et s’adresse précisément aux jeunes pour un coût annuel similaire (400 millions)2. Pourquoi la culture plus que le logement ? Seul Emmanuel Macron pourrait nous le dire.

La formule « L’État n’a pas à payer tout » semble alors signifier finalement que l’État compte moins se désengager une bonne fois pour toutes que choisir ce qu’il paiera en fonction de ce qu’il estime souhaitable pour les Français, sans produire in fine la moindre baisse des dépenses publiques, ni le moindre assainissement du moindre marché que ce soit.

L’hostilité envers les propriétaires

De plus, à relire la déclaration du chef de l’État, on ne peut s’empêcher de penser qu’avant de se livrer à des professions de foi très vaguement libérales, il reste dominé par une hostilité bien socialiste à l’encontre des propriétaires : suite à sa décision de baisser les APL, il s’attendait à ce que tout le monde, à ce que les Français, au lieu de rester dans un « silence collectif », s’en prennent avec « responsabilité » aux bailleurs en exigeant d’eux qu’ils se conduisent aussi avec « responsabilité » (on entend tellement avec moralité !) et qu’ils rendent ces 5 € comme s’ils les avaient volés.

Après avoir décidé de maintenir l’ISF en le réservant exclusivement au patrimoine immobilier non professionnel, Emmanuel Macron s’en prend une fois de plus à ces « rentiers » de propriétaires, qui ont en plus le plaisir de recevoir ces jours-ci leur avis de taxe foncière. Pour doper sa cote de popularité sévèrement ternie cet été par la mesure de baisse des APL, il les accuse pratiquement d’enrichissement indu et n’hésite pas à les désigner à la vindicte populaire, dans une belle tentative de contrôle du marché.

Les propriétaires sur la sellette

C’est d’autant plus malvenu qu’un encadrement des loyers est en vigueur dans les zones tendues depuis 2012, ainsi qu’à Paris depuis 2015 et Lille depuis 2017 dans le cadre de la loi Alur de Cécile Duflot. Le rapport de l’observatoire Clameur, publié le jour même où le Président faisait sa déclaration, a confirmé ce qu’on pouvait prévoir : les loyers sont en baisse mais les propriétaires font de moins en moins de travaux et le parc privé se dégrade.

Avant de mettre les propriétaires sur la sellette, propriétaires qui ne font rien d’autre que s’adapter à un marché largement régenté par l’État, notre Président si libéral et « en même temps » si décidé à dicter leurs actions aux agents économiques ne devrait-il pas oeuvrer sans relâche afin que l’État retire ses grosses pattes encombrantes de tous les marchés qu’il s’ingénie à fausser avec ses empilements d’aides, ses réglementations pléthoriques, son encadrement des prix et sa fiscalité himalayenne ?

Sur le web

Article initialement publié le 9 septembre 2017.

  1.  Les ménages bénéficiaires des APL sont au nombre de 6,5 millions (dont 800 000 étudiants) et représentent une dépense publique de 18 milliards d’euros par an (sur un total 2016 de 1 257 milliards).

    Une baisse de 5 € par mois représente une économie annuelle de 5 x 12 x 6,5 = 390 millions d’euros, dont 5 x 12 x 0,8 = 48 millions d’euros concernant les étudiants.

  2.  Le pass culture, soit 500 € en une fois pour chaque jeune atteignant 18 ans, coûterait environ 500 x 800 000 = 400 millions d’euros annuels (800 000 étant ici la classe d’âge, pas le nombre d’étudiants en stocks comme ci-dessus).
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  • tout comme certains dirigeants , il y a des propriétaires qui sont dur de la feuille ; les miens viennent d’augmenter mon loyer de 20 euros…….si macron pouvait s’en prendre avec autant d’acharnement à la fraude fiscale qui nous coute 20 milliars d’euros par an , il pourrait remplir un petit peu les caisses trouées de l’état ;

    • j’imagine que le propriétaire a augmenté votre loyer selon les indices en vigueur, c’est à dire en respectant la loi ?
      dès lors, qu’avez vous à lui reprocher d’appliquer le contrat que vous avez signé avec lui, contrat qui respecte lui même la loi ?
      payez vos 20 euros supplémentaires, de tout façon votre propriétaire n’en verra pas la couleur, la csg va augmenter plus que cela.

    • Dans le même sens que Jabo: relisez votre contrat. Il est plus que probable que votre loyer est indexé sur l’indice des coûts de la construction, c’est ce qui se fait le plus souvent.

    • La fraude fiscale ne nous coûte rien. Elle est immorale, certes, mais elle laisse dans la sphère privée 20 milliards qui sinon seraient gaspillés par l’Etat sans procurer au citoyen le moindre avantage. Je me souviens de la conversation entre mon grand-père et un entrepreneur :
      « — J’imagine que vous n’allez pas tout déclarer aux impôts.
      — Heureusement que je fraude, sinon je devrais déposer le bilan ! »

      • La fraude fiscale n’est pas immorale. Elle permet d’échapper aux prédateurs qui veulent s’approprier le fruit du travail des autres. On sait que la plus grosse part des dépenses d’état sert à nourrir des inactifs qui se sont constitués en groupe de pression pour vivre pour tout ou partie de leurs revenus du racket fiscal.

        • @ mucius
          La morale? C’est individuel et subjectif. La fraude est illégale. Mais la lutte contre la fraude est un travail long, lent, parfois compliqué.
          L’exécutif a besoin d’argent tout de suite à cause des délais et échéances: donc « ceinture » maintenant, (promesses: pour plus tard!).
          Personne n’aime « l’austérité »! Donc, on y va doucement (5 € sur l’APL, c’est homéopathique!): entre proprio et locataire: 2,50 € chacun! Mais c’est à 180° des 40 dernières années . (Et le budget de la défense, ce n’est pas homéopathique!)
          On peut critiquer mais ça respecte la logique!

          • Voler n’est pas un acte « subjectif » et l’impôt correspond exactement à la définition du vol : s’emparer des biens d’une personne par la force, la ruse ou la menace. Donc la « fraude fiscale » est juste de la légitime défense.

  • Le pépère , qui vit au demeurant aux frais des con-tribuables (de moins en moins nombreux, ne manque pas d’air !

    Ne sait-il pas l’ami que les propriétaires croulent sous les charges prélèvements et autres ? Il semblerait que non…. C’est le brave toutou à merkel quoi !

    • @ marie210917
      Oui, l’article a été publié déjà le 9/9/2017 et republié ce 16/10. Début septembre, je patientais encore pour voir la traduction des idées présidentielles en ordonnances (qui seront quand-même confirmées par le législatif). J’éprouve, maintenant, plus de craintes face aux « réformes »!
      5 € par mois, c’est symbolique, mais déjà difficile à « passer »: c’est dire si réformer en France sera une sinécure! J’avais pris cette mesure, un peu dérisoire, comme un premier test vers un début de désengagement de la « redistribution » par l’état: pas vraiment encourageant!

      Mais laissez A.Merkel en-dehors de cette affaire qui ne la regarde pas: elle s’intéresserait plus à ce que les partenaires de l’Eurozone atteignent les critères du pacte de stabilité, condition de la pérennité de l’€, contre les idées d’E.Macron sur l’Europe, voulant faire passer, un peu naïvement, une mutualisation par les partenaires et la BCE, du remboursement de la dette publique française, sans le dire explicitement et d’autres frais comme la défense européenne, sous-entendu: à base d’armée française, sous prétexte de bombinette, alors que ces pays sont (presque?) tous membres de l’OTAN-NATO!

  • Petite correction : la dette est maintenant à 100 %, oui, la France l’a fait. CocoricoN ❗

  • @ MichelC :
    En effet, 98,9 % du PIB à fin mars 2017 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2886569

  • Les relents de la RDA sont de plus en plus forts, de plus en plus nauséabonds.

  • Je crois que le théorème de Hollande était plus exactement « ÇA NE COÛTE RIEN, c’est l’État qui paye »…

  • Il faudra bien s’y faire, que nous le voulions ou non, nous sommes bien en République Démocratique Populaire de France…

  • Quand « ON » est capable de claquer plus de 20.000 euros en frais de maquillage, 10.000 en frais de coiffeur …. « ON » ne donne pas de leçon d’austérité à ses victimes que sont les con-tribuables

    • @ Toubib53,
      Quand on est Président de la République, on fait ce qu’on veut pendant 5 ans, ou on est très officiellement déclaré fou!

  • Cet article résume mieux que jamais l’ambiguité et la complexité de la situation dans laquelle se trouve la France, son président et nous-mêmes (les libéraux). La France est un pays bloqué, corporatiste, ultra socialiste et, pire que cela, inapte à tout raisonnement économique lui préférant l’inertie de ses vaches sacrées abstraites et sentimentales (liberté, égalité, justice, solidarité ..), sa culture caporaliste et son histoire anesthésiante (les avantages acquis, le monopole de la sécu décidé par le conseil de la Resistance..).
    Macron a semble-t-il plus de volonté de réforme que la totalité de ses prédécesseurs passés au pouvoir qui, y compris ceux de « droite », n’ont strictement rien changé, ou ont abandonné au milieu du gué leurs velléités passagères.
    Macron a contre lui la totalité des ultra-socialistes, la totalité des adhérents du FN, les écolos et alter mondialistes, les anciens UMP (ceux qui n’ont rien fait au pouvoir..) et pas mal de centristes libéraux lui reprochant de ne pas aller suffisamment vite et loin.
    Comme en témoigne son interpellation excédée contre les fainéants (ses prédécesseurs et les rentiers), les cyniques et extrémistes (après avoir déclaré que la France était un pays non réformable), la tentation que pourrait avoir Macron, c’est de faire comme les autres, plus rien pendant 5 ans, profitant tranquillement des ors et avantages de son statut et de la République. Pourtant, comme Schroder en Allemagne, Macron a fait basculer un certain nombre de socialistes réalistes vers une analyse objective du contexte économique, de la faillite de notre bilan, de la nécessité des réformes commençant pas celle du travail.
    Il ne va pas assez loin ? il est parfois confus et contradictoire ? il est de filiation socialiste ? et alors, ne fait-il pas bouger les lignes, virer leur cutie à nombre de français ayant voté historiquement PS depuis des lustres et participé au blocage massif du pays ? Qui a réussi à le faire avant lui ?
    La droite qui réclame un Bad Godesberg français depuis longtemps ferait bien d’être plus conciliante avec celui qui, malgré ses incohérences, imperfections et tâtonnements politiques, est en train de faire réfléchir les français pour les sortir avec les précautions qui s’imposent sachant d’om nous venons , de leur apathie providence.
    Sinon c’est vrai, il est beaucoup plus confortable de se ranger définitivement parmi les opposants systématiques en tribune, comptant les points anti libéraux pour les uns ou anti socialistes pour les autres en rêvant au candidat qui ne viendra jamais.

  • Il y a quand même une crise du logement dans ce pays, qui rejette nombre d’actifs et leurs familles à l’extérieur des villes, quand ce n’est pas dans le secteur rural. Dans certaines villes qui disposent d’un large bassin d’emploi et d’universités, devoir laisser jusqu’à six cents euros dans une seule poche pour avoir le droit d’occuper un placard entre 9m² (minimum réglementaire) et 15 m², ça s’appelle de l’extorsion de fonds. Et là on s’en tient à une personne seule. Pour un couple avec enfants, c’est la part du lion qu’on va laisser au proprio, selon un principe perdant-perdant bien français, car on ne va pas s’attarder dans un appart trop cher (et pas toujours aux normes), et le proprio va passer des années à voir défiler des locataires de passage et se taper la paperasserie qui va avec, ou laisser ça aux agences, avec les frais que cela suppose. Quant aux locataires, s’ils en ont les moyens, ils vont chercher à acheter (le système tel qu’il est les y pousse, pour autant qu’ils disposent d’emplois non précarisés…!), et s’ils n’en ont pas les moyens, ce sera la course aux loyers modérés, s’il en existe encore. Comment prétendre vendre aux gens l’idée de mobilité, dans des conditions pareilles ?

    • @ thelincolnlawyer. Oui, il y a bien une crise du logement en France et elle dure depuis plus de 110 ans ! La cause principale, pour ne pas dire unique, de cette « crise », c’est que le logement, au lieu d’être considéré comme un bien de consommation de 1ere nécessité, est à la fois l’une des principales vaches à lait fiscale de l’État et des nombreuses « collectivités locales » et en même temps soumis à d’innombrables contraintes et réglementations. Taxe d’habitation, taxe foncière, TVA sur les logements neufs, TVA sur les travaux, TVA sur les honoraires des syndics de copropriétés, droits d’enregistrements des mutations, impôts sur les revenus locatifs, ISF (Impôt de Spoliation de la Fortune), impôts sur les successions, liste non exhaustive, augmentent d’autant le coût du logement. Les contraintes et réglementations aux prétextes divers et variés (« accessibilité », « protection de l’environnement », « confort »), normes en tous genre, en rajoutent encore une couche. Impôts, taxes et réglementations découragent la production de logements, l’entretien et la mise en location des logements logements existants. Ce qui est rare et demandé est cher, c’est une loi incontournable de l’économie. En résumé, impôts, taxes, réglementations et rareté (causée par les précédents), concourent à ce que le logement soit rare et cher.
      Faisant tout, absolument tout ce qui est en son pouvoir, pour qu’il en soit ainsi, l’État pompier-pyromane reverse une infime partie de ces prélèvements à une clientèle ciblée (le montant global des « aides au logements » est évidemment très inférieur à celui des impôts et taxes, si non, ça ne servirait à rien). C’est d’ailleurs l’une des grandes lacune de cet article de Nathalie MP que de l’avoir oublié.

      • @Guy.
        Il n’y a pas 110 ans, un studio titrait ses 35 m², un T2 le double, on pouvait se loger là où il y a du travail et on y laissait au maximum le tiers d’un salaire. Aujourd’hui, dans les bassins d’emploi, on va vous demander une somme exorbitante pour avoir le droit d’habiter une pièce minuscule, un placard, un cachot, parfois à la limite de la salubrité, incluant kitchenette, douche et « coin nuit ». Des 500€, des 600€, des 700€ et plus, charges non comprises. Sachant le montant du salaire médian, le nombre de smicards et celui, aussi considérable, de précaires oscillant entre demi-salaires et minima sociaux, on ne peut pas dire que l’offre soit en phase avec la demande. Trop facile pour des héritiers de carrière de découper un appartement en « studettes » pour se faire une rente juteuse sur un marché captif. On est là à des années- lumière du libéralisme, et ce système-là est nuisible à l’économie dans la mesure où il interdit la mobilité. Il y a des départements, des régions où à cause de ça, on va hésiter à pourvoir un emploi.
        Du côté du locataire, rassurez-vous, Guy, ce n’est pas triste non plus. La taxe d’habitation, il y est assujeti aussi, les tarifs de l’EDF et de l’eau sont en constante augmentation, la TEOM dans certaines régions tient du racket, et de plus, le locataire est soumis aux caprices spéculatifs de son proprio qui peut décider en cours de bail de vendre son petit bien, et il est tenu de fournir de son temps aux visiteurs éventuellement intéressés, perdant par là la jouissance de son chez-soi tout en étant tenu de continuer à régler son loyer. Je ne parle même pas des proprios qui proposent à la location des biens mis à la vente…

        A titre indicatif, ma petite ville, qui n’est pas un bassin d’emploi, compte environ 1500 logements inoccupés, soumis à toutes les taxes existantes. Les propriétaires qui en font la demande touchent des aides à la réhabilitation et à la mise aux normes de logements anciens, plusieurs modalités existent. Mais à la sortie, que se passent-ils ? Ces T2, T3, T4 et plus sont proposés à des loyers si élevés qu’ils ne trouvent pas preneurs, vu que nous sommes éloignés des bassins d’emploi et que le salaire moyen ici est le Smic, les CDD sont majoritaires et la plupart des retraites plafonnent à moins de 1000 €.
        On descend plus au sud et on est au bord de la mer, il y a des bassins d’emploi mais un secteur locatif là aussi en souffrance. Les seuls apparts accessibles aux salaires modestes, les plus courants, sont soit minuscules (entre 9 et 15 m²), donc inhabitables sur la durée, soit un peu plus grands mais ce sont des nids à cafards dans des quartiers où vous ne risqueriez pas la vertu de votre épouse. Solution ? Partir habiter à 50 kilomètres de là, dans des sous-bleds naguère agricoles et transformés en grande banlieue, où les loyers se mettent aussi à grimper.
        Alors, que faire ?

        • @ thelincolnlawyer. On est bien d’accord sur le constat et les conséquences dramatiques pour la vie des gens, la mobilité, l’emploi. J’essayais seulement de vous montrer que cette situation catastrophique est causée par les impôts, taxes et réglementations exigés par les hommes de l’État. Vous le confirmez en ajoutant à ma liste les tarifs exorbitants de l’électricité et de l’eau, 2 autres secteurs particulièrement frappés par les taxes (il faut bien payer pour les éoliennes et les panneaux solaires !) et les réglementations. Chaque facture EDF est aggravée de 60% par la TVA, la Taxe sur la Consommation Finale d’Électricité (TCFE), la Contribution au Service Public d’Électricité (CSPE), la Contribution Tarifaire d’Acheminement Électricité (CTA), ces dernières taxes et « contributions » étant à leur tour soumises à TVA ! Vous le confirmez en rappelant la faiblesse des salaires, grevés de 50 à 60% de charges, sans compter l’impôt sur le revenu, la TVA sur tout ce qu’on achète, etc. D’autres mécanismes, qu’il serait trop long d’exposer, ici concourent encore à la baisse des salaires réels comme l’entretien de ceux qui ne travaillent pas, la mobilisation d’un grand nombre de travailleurs à des activités parfaitement inutiles, voire nuisibles, la suppression de toute incitation à la formation de capital (seul à même de permettre une augmentation généralisée des salaires réels), etc.
          Alors, effectivement, que faire ? D’abord identifier les vraies causes de ce marasme qui tiennent essentiellement dans les interventions tous azimuts des hommes de l’État (central, collectivités locales, prétendus « services publics, redistribution, bref, tout ce qui est « financé » par des contributions obligatoires), c’est à dire le socialisme. Ensuite, lutter pour son contraire, libéralisme. A ce propos, vous avez raison de rappeler que la situation n’était pas aussi catastrophique il y a 35 ou 40 ans, même si pour ma part, j’ai toujours entendu parler de crise du logement, y compris dans la bouche de mes grands parents, nés au début du XXe siècle. Or il y a 35 ou 40 ans, la France n’était pas encore aussi socialiste qu’aujourd’hui (pas de « RSA » ni de « RMI », pas de « loi ALUR » (mais la loi de « 1948 » faisait encore des ravages)), beaucoup moins de fonctionnaires, de retraités, etc.). Si vous vous intéressez au sujet du logement et cherchez à comprendre, je ne saurais trop vous recommander l’ouvrage suivant : https://fr.scribd.com/document/80163334/Logement-crise-publique-remedes-prives-Vincent-Benard-Institut-Turgot-2007. Bon courage !

          • Il y a 40 ans, les politiques et le système scolaire ont eu l’erreur de minimiser le secteur dit secondaire, ces fameuses usines qui permettaient de créer des bassins d’emplois « par ruissellement » comme diraient les gauchistes. La France est principalement devenue tertiaire, une société de {{strikethrough|serviteurs}} services et support.
            Aujourd’hui l’avantage compétitif qu’avait la France a totalement été éradiqué, car d’autres pays ont rattrapé leur retard (infrastructure, éducation) et ont un coût de la vie relativement bas comparé au train de vie en France.
            De ce fait les usines ferment une par une.
            C’est pourquoi les bassins d’emplois se vident et changent de nature. La crise du logement suit cette tendance.
            Les acteurs arbitrent vers une installation au plus près des nouveaux centres d’emplois, i.e. les grandes métropoles.
            En effet, les opportunités d’emploi ou de progression de salaire sont plus importantes dans ces contextes qu’en région centre. Or la majorité des sièges de ces entreprises se situent dans ces métropoles. Comme les « provinciaux » (sans animosité) ont quand même besoin de se nourrir et de trouver un emploi, ils s’installent en ville ou dans ces métropoles (le plus souvent en banlieue).
            On assiste donc à ces entassements de main-d’œuvre dans des logements de plus en plus exigus car la demande se fait de plus en plus élevée.
            Plusieurs phénomènes ont lieu en même temps: gentrification, désertification médicale, désertification rurale, migrations de métropole à métropole.
            La root cause: il n’y a plus assez de bassins industriels en France pour permettre une meilleure répartition de la force de travail (dont les foyers sont interdépendants).
            Les industriels sont des êtres humains, s’il n’y trouvent pas leur compte, ils ne s’installeront pas en France. Dans les années 80 (Miterrand donc), les industries textiles se sont toutes barrées soit au delà de la Méditerranée, soit en Asie. C’étaient des secteurs gourmands en main d’œuvre. Bim.
            A partir de la crise de 2008, les secteurs de la sidérurgie, de l’industrie navale et du bâtiment ont été très fragilisés.
            Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, la majorité des industries sont de taille intermédiaire. Les grandes industries se sont raréfiées. Ce sont principalement des industries de transformation des aliments, et des industries de la chimie. Les ETI sont principalement tributaires des grandes entreprises (par ruissellement hein).
            Il existe encore des fleurons en France, il faut relativiser. Mais plusieurs pans entiers ont définitivement quitté le pays. Pour survivre, certaines industries se sont transformées en groupes européens tels Airbus EADS. Certaines ont fait le choix de s’endetter sur plusieurs années en attendant des jours meilleurs.

  • Je doute que l’on puisse réformer ce pays …
    la 1er chose à réformer c’est le nombre de député. .et sénateur. .
    ex :2 députés et 2 sénateurs par département. …je les entends hurler d’avance..
    le conseil économique et social..a supprimer si c’est pour caser des élus battus ou d’anciens syndicats ETC. ..
    alors là je pense que le peuple accepterez le changement …c’est aux politiques de montrer l’exemple….là ne rêvons pas…
    la soupe est trop bonne!!!!

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