Code du travail : les Français veulent la réforme

Selon un sondage BVA, 58% des Français pensent que la réforme du Code du Travail souhaitée par le gouvernement peut permettre d’améliorer la compétitivité de la France.

Par la rédaction de Contrepoints.

Un sondage BVA pour La Tribune de septembre 20171 s’intéresse à la perception des Français de la réforme du Code du Travail.

Code du Travail : le mouvement d’opposition divise

Un Français sur deux approuve le mouvement contre la réforme du Code du Travail. Dans le détail, ce sont essentiellement les sympathisants de la gauche (74%) qui l’approuvent (en particulier hors PS) et, sans surprise, ceux du Front National (63%). Peu le soutiennent au sein de En Marche !, fort logiquement. Les jeunes et les femmes sont plutôt dans la moyenne concernant cette donnée alors que les catégories socio-professionnelles inférieures sont dans une opposition beaucoup plus forte (69%).

Approuvez-vous le mouvement contre la réforme du Code du Travail ?
Approuvez-vous le mouvement contre la réforme du Code du Travail ?

Ce niveau global d’opposition évolue peu au fil des mois, si l’on considère que la Loi Travail était dans la lignée de cette réforme. Il a été plus élevé au printemps 2016, plus faible après le vote par l’Assemblée Nationale de la Loi Travail. Il est aujourd’hui dans sa moyenne.

Pour autant, les Français restent globalement favorable à ce que l’on réforme le Code du Travail. 59% d’entre eux le souhaitent (contre 63% en Juillet) et 38% y sont opposés (contre 36% en Juillet). Sans surprise, ce sont les sympathisants de la droite et de En Marche ! qui y sont le plus favorables, mais d’une manière générale, cette approbation n’est pas symétrique au soutien au mouvement d’opposition. A n’en pas douter, chaque sensibilité politique n’entend pas la même chose par « réforme du Code du Travail »…

De manière générale, diriez-vous que vous êtes favorable ou opposé à ce que l’on réforme le Code du Travail ?
De manière générale, diriez-vous que vous êtes favorable ou opposé à ce que l’on réforme le Code du Travail ?

Des mesures et des effets diversement appréciées

58% des Français pensent que la réforme du Code du Travail souhaitée par le gouvernement peut permettre d’améliorer la compétitivité de la France. C’est 17% de plus qu’au printemps 2016 pour la Loi Travail. De même, 45% pensent que la réforme permettra de lutter contre le chômage (+15%) et seuls 24% pensent qu’elle permettra d’améliorer les conditions de travail des salariés (+9%).

La perception des impacts de cette réforme, qui va plus loin que la Loi Travail, est donc nettement meilleure, même si elle ne dégage pas de consensus.

Au niveau des mesures prévues par la réforme, seuls le CDI de projet et le plafonnement des indemnités déterminées par les prud’hommes ne rassemblent pas de majorité.

Etes-vous favorable ou opposé à chacune des mesures suivantes ?
Etes-vous favorable ou opposé à chacune des mesures suivantes ?

La France ne serait plus impossible à réformer ?

Cette réforme a été bien mieux amenée par ce gouvernement que par le précédent. Les élections sont récentes et contrairement à François Hollande, Emmanuel Macron a été élu en annonçant cette réforme. Par ailleurs, le dialogue avec les syndicats a débouché sur de meilleurs résultats, même s’il reste à savoir quelles sont les contreparties qui ont conduit à ce que plusieurs organisations décident de ne pas en être…

Quoi qu’il en soit, l’idée que la réduction du chômage, l’amélioration de la compétitivité et des conditions de travail des salariés passe par une réforme du Code du Travail progresse dans l’opinion. La plupart du temps, de forts clivages persistent mais une négociation bien menée et une réforme annoncée sont toujours préférables pour rendre la France plus gouvernable, et pourquoi pas, demain, ouvrir la porte à des réformes plus libérales ?

  1.  Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 14 au 15 septembre 2017. Echantillon de 1048 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.