Idée reçue : « le scoutisme, c’est ringard »

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By: phlubdr - CC BY 2.0

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Idée reçue : « le scoutisme, c’est ringard »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 août 2017
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Par Eddie Willers.

L’été est arrivé et avec lui les camps d’été pour de nombreux scouts et guides sur tous les continents. Or il s’avère que pour la première fois depuis 2011 je ne ferai pas de camp en tant que chef. Cela me procure une sensation un peu étrange. Ne pas construire de projet de camp, ne pas animer d’activités ni de veillées, ne pas voir le sourire sur le visage de ces jeunes me manquera peut-être un peu.

Car loin d’être un mouvement ringard, tel qu’il a pu être dépeint dans “Scout Toujours” (à mon sens la pire publicité possible qui ne fut jamais faite pour le scoutisme), le scoutisme est un mouvement magnifique et totalement d’actualité.

Le scoutisme est né à l’été 1907 grâce à l’idée d’un général anglais, Lord Baden-Powell. À l’origine, il souhaitait regrouper pendant une semaine des jeunes Anglais issus de tous les milieux autour des principes d’éducation qu’il avait testés avec ses éclaireurs lors de la guerre des Boers.

Dès son origine, le scoutisme s’est donc positionné comme un mouvement d’éducation dont l’ambition était de former des citoyens actifs, utiles et artisans de paix. Pour cela, les chefs qui accompagnent les jeunes se doivent de mettre en place un projet éducatif qui réponde à leurs besoins et leurs caractéristiques.

La mise en place de ce projet s’appuiera par la suite sur les 7 éléments de la méthode scoute afin d’en assurer la réussite : l’auto-éducation par l’action, le jeu, le cadre symbolique, la promesse, la vie en équipe, la vie dans la nature et la progression personnelle.

Beaucoup de personnes parlent des valeurs du scoutisme et de ce qu’elles ont pu leur apporter. Néanmoins, je pense que le scoutisme apporte bien plus que de simples valeurs.

Le scoutisme : la liberté et la responsabilité

Premièrement, le scoutisme est une école de la liberté. Nous apprenons pendant deux semaines à nous débarrasser de ce qui n’est pas essentiel, à ne plus être dans le paraître mais dans “l’être”. Nous jouons en forêt ou dans de grandes plaines. Pour de nombreux jeunes, ces deux semaines sont l’occasion de s’affranchir des contraintes de la ville et du regard des autres.

Néanmoins, le corollaire de la liberté, à savoir la responsabilité n’est jamais oubliée, bien au contraire. Chaque jeune se voit confier des missions, de la préparation des repas, à l’animation de jeux en passant par la vaisselle. En tant que chef, on se rend compte du formidable impact de la responsabilisation de ces enfants dès le plus jeune âge. Ils se sentent valorisés, ils ont l’impression d’apprendre, d’être grands en somme.

L’apprentissage hors de l’école

Deuxièmement, le scoutisme fait grandir et ce à tous les âges. Alors que de nombreux jeunes ne voient l’apprentissage qu’au travers de l’école ou des livres, le scoutisme se veut une école du plein-air.

J’ai été chef de jeunes de 8 à 17 ans et je peux vous assurer qu’à chaque tranche d’âge, nous construisons des projets. Aux louveteaux, ils apprennent à bâtir un menu et à cuisiner un repas complet sans l’aide d’adultes. Aux scouts-guides, à écrire et jouer une comédie musicale pour des personnes âgées en maison de retraite. Aux pionniers-caravelles, ils préparent, distribuent des repas et échangent avec des personnes sans domicile fixe.

Alors que notre école publique a parfois du mal à remplir certaines de ses missions, je trouve absolument essentiel que les jeunes disposent de solutions alternatives pour se construire. Or une ambition fondamentale du mouvement est d’aider chaque jeune à construire sa personnalité au travers d’activités, de responsabilités conférées et d’innombrables rencontres.

Le scoutisme au service des autres

Enfin, le scoutisme est un mouvement qui se veut actif au service des autres. Je ne peux pas imaginer le scoutisme comme un entre-soi d’une vingtaine de jeunes qui partiraient seuls dans un coin perdu de France. Au contraire, il permet aux jeunes de se confronter au monde et d’agir pour le rendre meilleur.

Cela passe par des actions de solidarité (des maraudes auprès de SDF, la construction d’écoles à l’étranger, la visite de personnes isolées etc.) dont les jeunes retirent énormément.

Ainsi si je devais résumer en quelques mots pour expliquer en quoi je trouve ce mouvement si formidable je dirais cela : il permet à des jeunes de construire leur personnalité et de devenir autonomes, le tout en s’amusant. Il n’y a pas d’âge pour s’engager dans le scoutisme, chacun y apprend, s’amuse et se découvre en fonction des responsabilités qui lui sont confiées.

J’accompagne aujourd’hui des chefs et je suis ravi de pouvoir les aider à construire et enrichir les projets qu’ils créent au service des jeunes.

Preuve que le scoutisme est d’actualité, chaque année, le nombre de scouts augmente en France et les Scouts et Guides de France arrivent même à s’implanter dans certains quartiers réputés difficiles de l’Hexagone. Alors n’hésitez plus, engagez-vous, inscrivez vos enfants et soyez prêts à découvrir sa magie !

Sur le web

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  • Regardez le film Spotlight qui relate des faits avérés et assez récents sur la pédophilie dans l’église et venez nous re-raconter tout ça.

    • Commentaire atterrant! 40 années fabuleuses dans le scoutisme me permettent de souscrire totalement à cet article! Vous mélangez tout!

    • Les pédophiles existent et il n’est pas question ni de le nier ni de le tolérer. Les cadres des mouvements scouts en sont parfaitement conscients. Ils sont attentifs lors de la nomination, de la formation et de l’accompagnement des chefs et cheftaines. Ils imposent de règles qui ont entre autres pour objectif d’éviter les situations à risques. Par exemple un adulte ne doit jamais rester seul avec un enfant.

    • la pédophilie a toujours existé ; dans tout les millieux , église , éducation , culture , toutes les couches sociales peuvent être touchés ; le vice n’a pas de limite , ni de frontières ;

      • Exact. La pédophilie touche tous les milieux impliquant un contact répété avec les enfants. Vous ne verrez pas de pédophilie travaillant en maison de retraite… L’Education Nationale est un grand vivier de pédophiles mais dont on parle peu, la puissance étatique permettant d’évacuer le problème discrètement.
        Un des premiers sites de pédophilie est la sphère familiale. Faut-il pour autant supprimer la famille?

      • @ pv et @ véra
        La pédophilie existe partout où il y a des enfants mineurs et principalement par l’inceste dans la famille élargie où elle n’est pas suffisamment dénoncée, évidemment, pour des raisons compréhensibles aisément!

  • J’ai pratiqué le scoutisme pendant toute ma jeunesse, qui commence à dater. Je n’ai jamais rencontré le moindre comportement douteux. Non plus que dans l’enseignement libre, indispensable pour moi, à cette époque.
    Les dérives ont commencé plus tard, quand un mouvement général de contestation de nos moeurs « coincées », s’est répandu, d’ouest en est. Un retour en arrière n’est pas concevable. « L’ignorance ne s’apprend pas! »

  • J’ai été scout 5 mois à l’age de 12 ans. J’ai appris le respect des autres et de la nature. Ce fut à l’origine de mon métier géologue. je conseille à tous mes petites enfants de faire du scoutisme ou des éclaireurs selon leurs religion

  • Pour ceux à qui la question religieuse fait problème: il existe au moins un mouvement pour chaque religion présente dans notre pays (sauf, peut-être, les très minoritaires) et aussi au moins un mouvement laïque (les Eclaireurs de France).
    Méfiance, toutefois, le mot « scout » et ses déclinaisons n’étant pas déposés, on peut trouver n’importe quoi. La prudence est d’aller vers les grandes organisations.

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