Food truck indésirable à Lisieux

Comment la politique locale peut servir à décourager l’entrepreneuriat de proximité en toute bonne conscience… Témoignage.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Food truck indésirable à Lisieux

Publié le 2 août 2017
- A +

Par Arthur Chevreul.

Il y a quelques semaines, je me suis accordé quelques jours de repos dans le Pays d’Auge, en Normandie. Après avoir posé mes valises, j’entame la conversation avec mes jeunes hôtes, qui s’avèrent être des entrepreneurs.

Nous parlons de leur projet, dont la réalisation est déjà bien entamée : il s’agit d’ouvrir un food truck. Les food trucks, ce sont ces camions-cantine qui sillonnent villes et villages pour proposer à leurs habitants une restauration rapide, sur le pouce, souvent à emporter.

Essor des Food Trucks

Cette tendance nous vient d’outre Atlantique et connaît un véritable essor depuis quelques années en Europe. Les food trucks viennent donner un coup de jeune aux traditionnelles baraques à frites et autres camions à pizza, en renouvelant et en diversifiant l’offre de restauration rapide. L’engouement pour ces camions ambulants est tel que plusieurs festivals leur sont dédiés, comme à Paris, Strasbourg ou Bruxelles.

Les food trucks sont souvent créés par de jeunes entrepreneurs prêts à mettre leur énergie au service d’un projet, et se creusant la tête pour proposer des offres correspondant aux goûts des consommateurs, toujours plus exigeants et variés. C’est pourquoi la diversité dans l’offre des food trucks est impressionnante : produits bios, faits maison, locaux, exotiques… Il en existe pour tous les goûts !

Mes hôtes me présentent donc leur camion flambant neuf, prêt à sillonner les routes du pays d’Auge pour proposer aux habitants de ses villes et villages des plats de leur création, principalement composés de produits locaux (la région n’en manque pas). Je trouve leur projet porteur et promis à un succès certain.

Lisieux zone interdite

Cependant, en poursuivant la conversation, les jeunes entrepreneurs m’apprennent qu’il ne leur sera pas possible de faire des étapes dans la principale bourgade du coin : Lisieux. La raison ?

La mairie n’y serait pas favorable aux food trucks, et refuserait les demandes d’emplacement à ces derniers, qui ont toujours la possibilité de louer un terrain privé ou de se présenter au marché en espérant être tirés au sort pour pouvoir avoir un emplacement.

Dubitatif, j’entame des recherches, pour rapidement tomber sur un article traitant du problème. Nous y apprenons que la mairie ne délivre en effet pas d’emplacements aux food trucks en plus des deux déjà existants, un choix assumé par le maire-adjoint en charge du commerce, qui déclare :

Nous sommes régulièrement sollicités pour des implantations en centre-ville, notamment sur la place de la République et sur le parking de l’espace Victor-Hugo. Ce sont des secteurs où nous avons de nombreuses brasseries qui proposent de la restauration rapide. Il n’est pas question de leur faire de la concurrence avec des restaurateurs ambulants qui paient simplement un droit de place. La priorité est donnée aux commerces du centre-ville1.

Défense des restaurateurs sédentaires

Il est ici intéressant de constater l’inconséquence de certains élus en matière de choix pour leur ville. En l’occurrence, ce maire-adjoint choisit délibérément la défense d’un petit nombre de ses administrés –  les restaurateurs sédentaires – plutôt que celle du plus grand nombre.

Car si les food trucks déposent des demandes d’emplacements (l’article nous indique qu’une quarantaine de demande a été refusée en un an), c’est qu’une demande locale (réelle ou potentielle) existe pour leurs services.

La mairie s’arroge donc le droit de décider, en avançant l’argument fallacieux de la concurrence déloyale, que ses citoyens ne pourront pas avoir accès à ce service.

Raisonnement absurde

Mais le plus affligeant est l’absurdité du raisonnement motivant la décision de la mairie. Premièrement, les services proposés respectivement par les restaurateurs et par les food trucks ne sont pas parfaitement substituables. C’est d’ailleurs ce qui explique le succès des food trucks : les gens s’y rendent car ils y trouvent une offre nouvelle, qu’ils n’ont pas ailleurs.

De la même manière, le consommateur allant au restaurant ne recherche souvent pas la même chose qu’en allant au food truck : un service à table, une plus grande variété dans la carte, de la chaleur en hiver, de l’air conditionné en été, des toilettes…

Bref, un service différent, qui peut d’ailleurs justifier des tarifs plus élevés. Autrement dit, aller au food truck, ce n’est pas nécessairement “ne pas aller au restaurant d’à côté”.

Une concurrence déloyale ?

Deuxièmement, il est faux de voir l’arrivée des food trucks comme une concurrence “déloyale” faite aux restaurateurs sédentaires. En effet, comment parler de concurrence déloyale lorsque les services comparés ne sont pas les mêmes ? Et puisqu’ils ne sont pas les mêmes, ils ne supportent pas les mêmes contraintes.

Je doute par exemple que les food trucks soient pris d’assaut les jours de pluie, ou qu’ils soient le cadre de dîners d’affaires ou de communions. En fait, loin de l’effet d’aubaine pointé du doigt par le maire-adjoint, la réalité du food truck est celle d’une activité économique propre, avec ses aléas, ses prises de risque, ses succès, ses échecs et surtout, beaucoup de travail. Elle n’est en rien réductible à l’activité des restaurateurs sédentaires, “les contraintes en moins”.

Entrave du dynamisme économique

Enfin, on peut logiquement présumer que le but des élus est de faire vivre leur ville, de faire en sorte qu’elle soit le cadre d’activités, d’initiatives, de dynamisme économique.

Ici, il n’en est rien : au lieu de voir dans les food trucks un vecteur de dynamisme économique, un atout rendant la ville davantage attractive (surtout auprès des jeunes), les élus n’y voient qu’une menace pour les acteurs économiques déjà en place.

Ce raisonnement corporatiste est déplorable, car en définitive, ce qui fait l’attractivité des centres ville, c’est la diversité des services qui y sont proposés. Les consommateurs s’y rendent car ils savent qu’ils pourront y trouver satisfaction et grouper les achats.

L’activité amène l’activité

Autrement dit, se rendre en centre ville pour consommer un repas au food truck, c’est aussi l’occasion de prendre un café au bar, d’acheter un journal, de passer chez le coiffeur, de découvrir les nouvelles offres de l’opticien… Bref, l’activité amène l’activité, et un centre ville dynamique est en général bénéfique… à ses restaurateurs !

Ne surestimons pas l’effet potentiel des food trucks sur le centre de Lisieux : ils n’ont pas le pouvoir d’y décupler son niveau d’attractivité. Mais raisonner comme le fait l’adjoint-maire, c’est assurément choisir l’immobilisme et au détriment du dynamisme économique et de la nouveauté. C’est aussi, au passage, se couper de nouvelles sources de financement, car les food trucks payent un droit de stationnement.

Le pouvoir arbitraire du politique

Pour finir, notre maire-adjoint enfonce le clou :

Nous n’avons pas l’intention de créer de nouvelles places pour les food trucks. Avant de lancer leur activité, les exploitants devraient se renseigner auprès des mairies sur les possibilités de stationnement.

Magnifique illustration du pouvoir arbitraire que peuvent s’arroger les acteurs publics sur l’activité économique du pays et de leurs concitoyens ! On peut en tous cas se poser la question de l’avenir du centre ville de Lisieux où les restaurateurs en place se savent protégés par la loi.

Loi spoliatrice dont les élus locaux ne semblent pas comprendre son action délétère et dont pâtit la population, surtout sa partie la moins aisée qui n’aura pas accès au service bon marché des food trucks.

Enfin les restaurateurs n’auront pas besoin d’optimiser leurs offres ou d’améliorer la qualité de leurs plats ; une demande plaintive aux élus locaux autour d’un bon repas sera nettement moins contraignante…

 

  1. Un appel passé à la mairie de Lisieux le 27 juillet m’a confirmé que cette position n’a pas changé.
Voir les commentaires (23)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • La question me parait traitée de façon trop simpliste, à partir d’un cas unique. Je suppose que pour se lancer dans ce genre d’entreprise, il faut faire une étude de marché. Dans ce cas, les entrepreneurs ont jeté leur dévolu sur un potentiel estimé.
    Dans la ville la plus proche de mon domicile, j’ai remarqué que la friterie s’installait à la sortie & entrée de la ville. Il y a de la place pour installer quelques tables et chaises, et de stationnement pour les clients. Quant aux restaurants classiques, leur prospérité est en raison inverse des dimensions de la ville, sauf renommée particulière.

    • Une étude de marché est un travail d’exploration pour mesurer les besoins et des attentes des demandeurs et offreurs présents sur ce marché pour réaliser les échanges correspondants à la satisfaction de leurs buts et intérêts.

      On vous parle d’une offre de restauration *spécifique* au cœur des villes destinés à des piétons et vous venez nous parler de celle des friteries en périphérie !

  • Sauf que vous oubliez que les petits élus des petites villes sont pour la plupart des donneurs de leçon doublés d’imbéciles heureux qui sont nés quelquepart. Les initiatives leur plaisent quand elle datent du siècle dernier ou qu’elle ont l’air classieuses. Par ailleurs ils sont avant tout préoccupés par leur réélection. Il y a des gens qui vivent de leurs subsides d’adjoints et de maires. C’est vital pour eux, petits retraités de la SNCF ou ex profs bien endettés. Ils se foutent du consommateur pour la plupart. Ce qu’ils veulent c’est un commité des fêtes bien garni en minard, un club de foot qui tourne et des cantines gratuites pour faire style « nous on aide les familles »… La concurrence, le libre commerce, l’ingéniosité l’innovation ils n’en sont pas capables ni ne sont vraiment capables de l’appréhender. On trouve une quantité de crétins imbus d’eux mêmes parmi les petits élus! C’est consternant! Alors leur expliquer que l’économie n’est pas une chose si intuitive que ça et que leur raisonnements simplistes sont âneries monumentales et archaïques, c’est mission impossible. Leur expliquer qu’ils sont en train de faire de l’abus de pouvoir en se substituant leur autorité au choix des consommateurs amènera très rapidement à la réflexion suivante « mais vous etes une anarchiste en fait… Vous voulez que la société ce soit le chaos ambiant. ». Ils assimilent les food trucks aux gitans, aux arabes, et à la cour de miracles. Que des trucs qu’ils aiment… Non sérieusement, barrez vous de ce pays! Laissez l’idiocratie à ceux qui la méritent.

  • Je vais me faire l’avocat du diable parce que le cas est présenté sans se soucier de ce qui motive les municipalités à rejeter les food-trucks.
    Premièrement, food-truck propose un service de restauration tout comme les restaurants traditionnels mais certes l’un est mobile et l’autre est sédentaire. Un food-truck a plus avoir avec une « sandwicherie ».
    Je ne suis pas expert sur la législation des food-trucks mais lorsque les mairies dénoncent une concurrence déloyale, je me demande si le food truck a à payer les mêmes taxes locales qu’un établissement fixe. Troisièmement le food-truck peut occuper un emplacement privé, le louer ou enn être propriétaire. Les Mairies n’en diront rien. Par contre les Mairies ont tout à fait le droit et la responsabilité de veiller à l’espace public. Si la Mairie ne veut pas louer d’espace public pour des commerces ambulants, c’est son droit et elle est redevable de cette question devant ses habitants. Pour conclure, étant du métier, la restauration est en pleine mutation, elle est très sensible aux modes, aux aléas économiques. Il faut comprendre que les sédentaires ont à faire face à des charges fixes conséquentes,. Cette nouvelle mode des « food-trucks » attire autant de vrais entrepreneurs et restaurateurs que des opportunistes séduits par cette illusion de liberté sans réaliser les contraintes et les limites. Ce sont deux modes de restauration qui s’affrontent et il n’y a pas de bons ou de méchants.

    • J’ai bien compris votre positionnement volontairement orienté « avocat du diable » et c’est effectivement le raisonnement qu’auront ceux qui vont défendre les restaurateurs contre les foodtrucks.

      C’est d’ailleurs exactement le même raisonnement qu’ont eu les artisans vis-a-vis des auto-entrepreneurs.

      Il est d’usage dans l’industrie, lorsqu’on est confronté par un client à une offre « low cost » émanant d’une entreprise ne boxant pas dans la même catégorie, de ne surtout pas se comparer à cette petite structure car ce serait valider que les offres sont comparables : au contraire et sans jamais citer le nom du concurrent ou son offre, nous allons juste citer ce que nous allons apporter et c’est le client qui prendra alors conscience que cette partie de notre offre n’apparaît pas dans l’offre concurrente, que ce n’est donc pas le même produit qui est proposé et c’est lui qui en déduira qu’il ne peut pas comparer des choux et des carottes.

      Tout ça pour dire que quand les restaurateurs pensent que les foodtrucks sont de la concurrence, ils dévalorisent eux-mêmes leur propre produit puisqu’ils valident ainsi que les offres sont comparables.

      La notion de marketplace a fait complètement bougé les lignes dans ce domaine et pas seulement dans les achats en ligne : dans ma ville moyenne, toutes les concessions automobiles se sont regroupés au même endroit à l’occasion d’une extension d’une zone industrialo-commerciale (une quinzaine de marques sauf Peugeot) et cela à cause du principe qu’un client qui sera venu acheter repartira forcément avec un véhicule (c’est le principe du marketplace en ligne).

      Des foodtrucks en centre-ville, ça ne peut que dynamiser l’offre globale et avoir des retombées sur l’ensemble de l’offre.
      Les détracteurs font la même erreur que dans l’économie en général : la demande n’est pas une quantité finie. Si un nouveau restaurateur s’installe ce n’est pas des clients en moins, sauf s’il propose *exactement la même chose* pour moins cher.

      L’arrivée de Free sur le marché a fait augmenter le nombre de clients 3G/4G de 25 millions en 5 ans (alors que lui-même n’en a qu’une douzaine) et donc, au contraire de ce qui était chanté sur tous les toits, ça a relancé le marché.

      • Cela ne fait que démontrer, une fois de plus, l’ignorance crasse des français en matière d’économie et son horreur envers tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à de la concurrence.

      • L’avocat du diable que vous êtes ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Si c’est les charges fixes des restaurateurs qui gênent les mairies alors pourquoi ne déduisent ils pas les loyers de food trucks de l’espace public des charges fiscales locales des restaurateurs? Ainsi, ils font d’une pierre deux coups: Ils laissent la concurrence s’installer et ils stimulent l’activité économique… Par ailleurs qui vous dit que les food trucks n’ont pas de charges fixes importantes? L’energie leur coute plus cher et le frigo tourne qu’ils vendent ou qu’ils ne vendent pas. Leur camion paye une assurance énorme au vu de sa valeur avec les équipements embarqués. Et enfin parce que VOUS restaurateurs avez fait un choix, on devrait impacter les choix des autres? Battez vous plutôt contre vos charges fiscales que contre une concurrence qui n’est là que pour satisfaire un consommateur que vous n’arrivez pas à satisfaire.

  • Le commerce ambulant n’a jamais existé pour entrer en concurrence avec d’autres commerces mais combler un manque de courte durée ,d’où la nécessité du déplacement. En général ils opérent dans des ZI ou dans des villes sans commerces. De plus il y a une règle, on n’a pas le droit d’occuper un emplacement public plus de 7 jours…sauf autorisation….si le maire y voit un plus ,il l’autorisera et il l’autorisera que de façon éphémère ,1 jour par semaine par exemple comme pour les marchés !

    • « …si le maire y voit un plus… »

      Tout est question de savoir « un plus » pour qui.
      Vu le saccage des centre-villes, j’ai un gros doute…

  • « Il n’est pas question de leur faire de la concurrence avec des restaurateurs ambulants qui paient simplement un droit de place. »

    Il ne faut pas chercher plus loin. En France, nos administrateurs raisonnent en termes d’imposition. Le maire est surtout intéressé par les revenus fiscaux que rapportent les sédentaires. Quand il parle de protéger le business local, c’est de son business fiscal qu’il parle (reste à voir s’il n’a pas non plus des intérêts dans les entreprises en question…).

  • Les maires n’ont rien à redire lorsqu’il s’agit d’associations de réinsertion et
    autres financées en grande partie par des subventions communales et qui concurrence les les brocanteurs, les maraîchers, les entreprises d’espaces vert et d’autres métiers fortement taxés

    • Pas évident ,une assoc est une entreprise de travail gratuit qui rapporte à la ville…qui bien entendu aidera ses pauvres.un pauvre ne rapporte rien au commerçant patenté et honnete.il est un coût pour tous.

  • Ce sont les contraintes réglementaires et probablement fiscales imposées aux sédentaires qui faussent la concurence (le coût du foncier aussi probablement), c’est la même chose pour les hôtels vis-à-vis de Airbnb et aussi dans le conflit Taxi/VTC.

  • Ce maire est logique quelque part : les restaurateurs se font tondre par des taxes de plus en plus lourdes. Il protège son cheptel s’il veut continuer à taxer et ensuite être réélu.

    La concurrence ne concerne pas en fait les services restauration établi ou pas, mais bien les taxes. Cela, on ne l’ébruite pas trop.

    • @MichelC
      La question qui n’est pas abordée ici, et qui est pourtant primordiale pour tout client,devrait être les conditions d’hygiène à respecter rigoureusement pour toute forme de restauration.
      Quelle est la destination de toutes ces taxes?
      N’oublions pas que ce secteur est bien en rapport avec notre santé.
      Avec le web il est possible de choisir!

      • Quelle est la destination de toutes ces taxes?

        On aimerais savoir. Mais, ils ne le crieront pas sur les toits, pour ne pas inciter à la révolte. Ce n’est pas le contrôleur qui vient vous emmerder pour le filtre à graisses, alors que vous êtes à J+14 et que vous alliez le faire le lendemain qui coûte aussi cher. Pas plus que le trottoir plus ou moins entretenu par la mairie. Ni les quelques bacs à fleurs sur la place principale.

        Résultat des courses : vous fermiez le dimanche ❓ Eh bien vous n’avez plus qu’à ouvrir 7/7 pour payer ces taxes de m.rd. ❗
        Et vous participez toujours pour ce prix, au concours de camions qui vous défoncent la façade, camions concurrencés par les pandorres ❗

  • Je ne dirai pas comme dans l’article que le food truck ne fait pas concurrence au restaurateur traditionnel. Les deux proposent des repas. Je ne dirai pas non plus que cette concurrence ne diminue pas les chances de se maintenir des restaurateurs les moins compétitifs. Réciproquement d’ailleurs les restaurateurs à succès diminuent les chances du food truck d’avoir une plus nombreuse clientèle.
    Mais si un restaurateur disparaît, c’est bien parce que les consommateurs l’ont décidé ainsi, préférant la solution food truck que celle du restaurant. Si un food truck ne parvient pas à avoir des clients, il en va de même.
    A chacun de miser sur le bon cheval, à trouver son créneau, à être rentable, à adapter son offre à la demande. Et en effet, ce n’est pas aux fonctionnaires de décider de ce qui est bon et mauvais pour les citoyens !

    • @Jean-Michel
      Comme citoyen mon choix primordial est simple: je veux connaître la qualité de mes repas avant tout (restauration rapide ou pas).
      Peu de gens choisirons pour une qualité laissant à désirer.
      Les taxes que payent les restaurateurs sont bien un vrai problème qui intéresse aussi le consommateur.

      • J’ai un gros doute sur ce que vous voulez signifier avec votre commentaire, surtout mis en // avec celui de 14h51.

        La qualité est l’aptitude d’un produit à satisfaire les besoins de celui qui se l’est procuré et à ce titre le prix en fait partie et l’expression qualité-prix est un pléonasme.
        Il y a des gens qui mangent déjà pour se nourrir, et après pour être en bonne santé, et après pour être dans un cadre agréable, et après pour être servi rapidement ou pas, et après etc…

        C’est entre autres pour cette raison que les gens n’achètent pas tous les mêmes produits, les mêmes équipements et vont manger dans des endroits différents. Chacun ses besoins.

        J’ai eu l’impression au travers de votre commentaire que vous pensiez que les foodtrucks sont un nivellement de la qualité par le bas (vous l’avez même dit) alors que c’est une réponse du marché à un besoin, pour un tas de raisons dont certainement les prix : mais ce n’est pas parce que vous proposez un prix plus bas que forcément vous proposez des produits de moins bonne sécurité alimentaire.

        Les avions d’EasyJet ne se sont toujours pas écrasés contrairement à ceux d’Air France en considérant les mêmes périodes d’observation depuis l’arrivée sur le marché du premier cité.

        Payer cher n’est pas synonyme de sécurité ainsi que nous l’apprend la plus grande catastrophe alimentaire de ces dernières années avec les pousses de soja bio qui ont fait plus de 50 morts et 3000 blessés, ou l’analyse cet hiver de saumons qui ont montré que ceux bio, 2 à 3 fois plus cher, étaient les seuls contaminés par des métaux lourds et que ceux de Lidl ont obtenu la meilleure note (Magazine Que Choisir).

        • @sam player
          En effet dissipons les doutes:
          il serait absurde de suggérer que les food trucks proposent des produits qui ne seraient pas de bonne qualité.
          il existe d’excellents food trucks comme d’excellents restaurants que l’on peut d’ailleurs choisir.
          Par contre vous semblez mettre sur un pied d’égalité, au niveau du choix possible, la consommation de produits alimentaires avec les autres produits de consommation en général ,et sur ce point je ne partage pas vos vues.
          Je ne pense pas que l’on mange « pour suivre une mode », comme l’on achète la dernière voiture,comme l’on bronze,etc…
          Se nourrir est VITAL, en corrélation DIRECTE avec notre santé (autre secteur « vital »).
          Pour preuve les consommateurs sont de plus en plus exigeants pour l’achat des produits alimentaires et s’ils le peuvent privilégient les circuits courts.(hors considérations « écolos »).
          Par ailleurs il est bien évident que la restauration rapide ou non est une affaire de professionnel (lire les commentaires de @ MichelC 2août 13h 51′).
          Les taxes importantes que subissent les restaurateurs ne sont pas à ignorer.
          Le nivellement par le bas que j’ai souligné
          n’avait évidemment rien à voir avec la qualité des produits proposés par les food trucks
          il s’agissait simplement de rappeler que la progression des bénéfices d’une entreprise de restauration est aussi en rapport avec les taxes auxquelles elle est soumise. (C.F. @MichelC).

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Interrogé par des journalistes à la suite de sa défaite de Wimbledon, Roger Federer a eu à propos de la concurrence des mots que chacun de nous devrait méditer sur sa vision de la concurrence :

« Nos résultats montrent que nous pouvons avoir des carrières incroyables en jouant au même moment tous les trois [Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal, NDLR] ; les gens pensent que nous nous sommes pris des titres, ce qui est sans doute vrai, mais nous sommes également poussés les uns par les autres. Chacun progresse au contact des autre... Poursuivre la lecture

Alors que la liberté d’expression et plus généralement les libertés civiles sont plébiscitées par les Français, le libéralisme économique, quant à lui, continue de susciter la suspicion voire le rejet chez la plupart des gens, y compris à droite. Ce terme est en effet connecté à des questions difficiles comme la mondialisation, le profit, les délocalisations, la loi du plus fort, etc., et génère des sentiments négatifs comme la peur ou l’envie.

 

Pour pallier les défauts d’un libéralisme « débridé », l’État apparaît comme l... Poursuivre la lecture

sécurité sociale
2
Sauvegarder cet article

Récemment, la Cour des comptes a refusé de certifier les comptes de la Sécurité sociale pour des raisons de fiabilité sur le montant de son déficit. Entre autres : un désaccord de près de 10 milliards d'euros sur le déficit du régime général entre 2020 et 2021… mais aussi des erreurs importantes sur le versement des prestations de retraite.

Cela n’aura échappé à personne : en plus d’être une gabegie financière, la Sécurité sociale souffre d’un cruel manque de transparence. Aujourd’hui, le niveau d’étatisation est tel que la France occu... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles