Politique spectacle et finances publiques

Emmanuel Macron by Mutualité française(CC BY-NC 2.0)

La démocratie française restera une farce tant que le rôle de l’État ne sera pas débattu.

Par Simone Wapler.

Les « États généraux des comptes de la Nation » se sont déroulés à Bercy, au ministère des Finances.

« États généraux » nous rappelle les grandes heures de l’Histoire de France. « Nation » a quelque chose de plus majestueux que pays. Ces États généraux sont donc censés être un grand événement, prélude à une Révolution.

Ne vous égarez pas, cher lecteur, malgré cette abondance de majuscules majestueuses. Nous resterons dans la politique spectacle. Cette politique spectacle que nous décrit si bien Bill Bonner côté américain avec Poutine Le Méchant, Trump Le Vulgaire…

Les Français font de l’opérette

Là où les Américains font dans le catch, nous, les Français, faisons dans l’opérette.

Dans l’article précédent, je vous parlais chiffres. Pour que l’État français ait un budget équilibré, il faut augmenter les impôts de 28%. Je vous remets ces chiffres sous les yeux, au cas où ils ne vous auraient pas fait pleurer hier.

Prévisions de déficit public pour 2017 :

  • Prévision votée de 72 Mds€
  • Rectification de la Cour des comptes : déficit 9 Mds€ supérieur à ce qui avait été prévu = 81 Mds€

Recettes fiscales nettes prévues pour 2017 : 292,3 Mds€

Ainsi, le nouveau déficit pèsera selon les nouvelles prévisions 27,7% des recettes fiscales nettes prévues.

L’enfer fiscal continue

Augmenter les impôts de 27,7% et confirmer le statut d’enfer fiscal de la France ne résoudrait cependant pas le problème de la dette accumulée. La vraie solution passe par moins d’État. La grande Faucheuse Austérité va-t-elle entrer en scène ou sera-ce encore une fois l’Arlésienne de Bizet dont on parle tant sur scène mais qui ne vient jamais ?

Notre président marcheur-parleur a été élu sur un programme. Dans ce programme, rien de concret et substantiel sur la réduction des dépenses publiques. Aucune réflexion sur le rôle de l’État.

Quasiment aucune critique étayée du programme de Macron n’a été relayée par les médias plutôt concentrés sur les agitations d’encensoir.

Pas de réflexion sur la place de l’État

Aucune réflexion sérieuse sur le rôle et la place de l’État, donc, mais est-il humain de demander cela à des énarques ? Mord-on la main qui nous nourrit ?

Nous aurons donc droit à de l’opérette où chacun ira de sa rengaine.

Réduire le budget de l’armée ? Horreur ! Poutine, Trump, la méchante Corée, l’Iran, l’Irak… Pas du tout le moment.

Dégraisser le Mammouth ? Non, il nous faut des enseignants en nombre pour que les enfants de la Nation soient bien éduqués. Vous ne prétendez pas immoler l’avenir pour de vulgaires questions pécuniaires ?

Réduire les participations de l’État et le capitalisme de copinage ? Vous voulez tuer Colbert et De Gaulle ?

La police ? Êtes-vous prêts – vous et vos proches – à périr dans un attentat terroriste fomenté par des barbares ? Il faut bien des gens pour les ficher S !

La justice ? Mais elle est déjà engorgée, il lui faut – au contraire – plus de moyens.

L’hôpital, l’APHP, la Sécurité sociale, l’Assurance-maladie ? Nos rues seront encombrées de cadavres. Est-ce cela que vous voulez : trébucher sur les corps des malheureux que vous aurez refusé de soigner ?

La recherche ? Vous voulez égoïstement sacrifier l’avenir pour un problème de fin de mois difficile ?

Le logement ? Misérable, nous sommes le pays des Droits de l’Homme et le Droit au logement fait partie de la dignité humaine !

La Culture ? Selon vous, il faudrait que la France soit un pays de barbares regardant de la téléréalité faute de pouvoir avidement arpenter des musées ?

Tout ce que fait l’État est bon

Soyons sérieux… Tout ce que fait l’État est utile et bon car sinon, évidemment, il ne le ferait pas !

Êtes-vous d’accord pour augmenter de 28% les impôts et surtout ceux que les riches paient ? Oui ? Eh bien voilà, tout va bien.

Éteignez les lumières, le spectacle est terminé, j’espère qu’il vous a plu.

La démocratie est une sinistre farce et ressemble de plus en plus à la caricature de Mencken : « deux loups et un agneau votent pour le repas du soir »

Cette farce sinistre aura cependant une fin, rassurez-vous. Un jour « l’argent des autres » ne suffira plus à payer les bons sentiments. Ce jour-là, nous aurons une vraie crise de la dette.

Il n’est pas trop tard pour vous y préparer.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici