Donald Trump : le leader libre

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Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

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Donald Trump : le leader libre

Publié le 3 juin 2017
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Par Drieu Godefridi.

Mundus senescit. Quand on suit l’actualité européenne, on ne peut pas ne pas songer à ce diagnostic sur l’Antiquité finissante : le monde vieillit. En fait notre monde — celui de la construction européenne qui n’a besoin d’autre justification qu’elle-même, celui des « dividendes de la paix » post-1989 et de l’environnementalisme triomphant — est déjà moribond.

Pourtant, les « élites » politiques européennes continuent à parler et agir comme si de rien n’était. Il n’est pas jusqu’à la presse qui ne se soit concentrée, lors du premier périple diplomatique de Trump, sur la « bousculade » pré-photo du Premier ministre du Monténégro, ou les exigences en matière de papier hygiénique de la FLOTUS (first lady of the United States) — qui s’avérèrent finalement inventées de toutes pièces par BFM !

Pourtant, cette excursion diplomatique de Trump hors du swamp (marécage) de Washington mérite d’être qualifiée de sidérante.

Contre le terrorisme islamiste face aux Saouds

Imposer aux Saouds — qui l’ont reçu tel un empereur romain, alors qu’ils avaient dépêché un sous-fifre pour Obama, en 2016 — un discours qui non seulement dénonce sans fard le terrorisme islamique, qui les met devant leurs responsabilités propres (financières et idéologiques) dans son expansion, et qui exige de leur part des actions concrètes pour y mettre un terme, c’est ce qui n’était jamais vu depuis la conclusion de l’alliance du trône-autel saoudien et de l’Amérique.

Tout cela, détail qui ne gâche rien, en leur imposant sans détour la féminité typiquement occidentale de Melania Trump… n’en jetez plus ! Ah si, juste un détail : la présence de Jared Kushner et Ivanka Trump, tous deux Juifs, alors que les Juifs sont en principe interdits (sic) sur la terre saoudienne.

De là, Trump part directement pour Israël — encore du jamais vu : un plan de vol Ryad-Israël — où il se rend devant le mur des lamentations (que les Israéliens nomment désormais « HaKotel », car ils ne voient plus de raison de se « lamenter » depuis qu’ils se sont réappropriés leur lieu le plus saint), dans la partie contestée de Jérusalem.

Trump à Jérusalem

Premier président américain à faire cette visite ô combien symbolique — lui permettant, à titre accessoire, de remettre entre parenthèses le déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Puis, Bruxelles, où Trump s’empresse de placer les Européens, experts en morale universelle, devant leurs responsabilités : vous vous êtes engagés à 2% de PIB en dépenses militaires, la plupart d’entre vous ne respectez pas cet engagement, par conséquent vous obligez le contribuable américain à financer la défense européenne.

En d’autres termes, vous êtes des tricheurs. Obama ne disait pas autre chose — il parlait de « free riders », c’est-à-dire passagers clandestins, ce qui revient exactement au même.

La différence est que si Obama était considéré comme une star, voire adulé, en fait il n’était pas respecté. Alors que Trump a le don de « ficher » la frousse à des interlocuteurs européens qui savent ne pas pouvoir se dispenser du « parapluie » de l’OTAN…

Une révolution géopolitique

On a vu ainsi les États européens — à commencer par l’Allemagne et la Belgique — s’engager les uns après les autres à augmenter leurs dépenses militaires sans autre délai… Une révolution géopolitique dont l’importance ne doit pas être sous-estimée.

Dernière étape, la Sicile. Trump refuse d’adouber l’idéologie environnementaliste européenne, mélange le plus abouti de science et de politique depuis Trofim Lyssenko.

Comme je l’écrivais après le 8 novembre — jour de l’élection de Trump — bien sûr les Européens pourront continuer, seuls, à financer l’idéologie climatiste, avec 100% de renouvelable, transferts de centaines de milliards (sic) d’euros vers les pays « pauvres » (la Chine…), entre autres via le « Fonds vert ». Mais alors, et le processus est déjà enclenché, c’est un appauvrissement généralisé qui nous attend.

Le rôle essentiel de l’énergie

Car l’énergie est la base de tout ; que l’on persiste à en augmenter les tarifs, dans le même temps qu’ils baissent partout dans le monde, et l’exode de nos entreprises ne manquera pas de s’accroître, condamnant des millions de ménages européens déjà précarisés par une fiscalité dévorante à la « pauvreté énergétique », tout cela en ne réduisant pas d’une molécule la production de CO2 (cfr. l’Energiewende allemande). L’obscurantisme à l’état pur.

Ainsi Trump, qu’on est parfaitement libre de détester et de mépriser pour cent raisons, est-il en passe de s’imposer tout naturellement comme le « leader » du monde libre. Ce diagnostic vous paraît exagéré ? L’avenir nous le dira !

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  • דוב קרבי dov kravi
    3 juin 2017 at 9 h 34 min

    Merci pour cet article à contre-courant de tous les médias de la presse con-venue. Combien de temps faudra-t-il pour que les écailles tombent des yeux de nos journalistes con-formes ?

    • les écailles tomberont le jour ou les journalistes ne seront plus subventionnés par l’état….avec notre pognon , cela va sans dire ….

      • Dans de nombreux pays la presse ne bénéficie pas des mêmes subventions qu’en France, cela ne les empêche pas d’avoir le même discours sur Trump, le réchauffement ou Israël, allez plutôt chercher du côté de l’idéologie des journalistes…

        • 85% des journalistes votent à gauche, ce qui explique qu’ils font passer l’idéologie avant la déontologie de leur métier. Voir les odieux mensonges sur Melania Trump, celui de de BFM n’étant que le dernier!

          • BFM à remplacé France inter comme « la voix de son maitre » du pouvoir. C’est devenu la courroie de transmission de Macron…

  • Quelle tristesse de voir des (prétendus) libéraux se réjouir du voyage de Trump en Arabie Saoudite. Ce voyage était l’illustration parfaite de tout ce qui ne va pas dans notre monde actuel. C’est de la pure hypocrisie de la part des USA de prétendre combattre le terrorisme islamique tout en continuant à armer militairement la dictature saoudienne.
    Le dessin humoristique ci-dessus résume très bien mon propros :
    http://i1.kym-cdn.com/photos/images/newsfeed/001/255/578/614.jpg

    Ce sont nous, les gens ordinaires, qui subissont les conséquences de toutes ces conneries. C’est nous que les terroristes sont en mesure d’atteindre. C’est nous qu’ils attaquent au Bataclan, à Nice, à Orlando… et récemment à Manchester.

    Les responsables politiques comme Trump eux n’ont rien à craindre vu qu’ils sont surprotégés dans leurs palais. Ils continueront par conséquent a se féliciter de leurs alliances avec les pires dictatures au monde pendant que les gens ordinaires continueront à subir les conséquences sanglantes de ces alliances.

    • Trêve de naïveté. Le maintient d’échanges et de relations diplomatiques avec des dictatures a toujours eu lieu et est nécessaire. Et ce d’autant plus que ces dictatures sont des fournisseurs d’énergie ou peuvent être les clients de nos industries. Quand il s’agissait de l’URSS, les critiques étaient moins acerbes alors qu’il y aurait eu également beaucoup à dire mais c’était une dictature de gauche… Les USA restent un soutient au régime des Saouds, Trump vient juste de leur signifier qu’ils avaient dépassé certaines limites et que cela allait devoir cesser.

  • excellente vision!
    à suivre

  • Alors pas du tout d’accord. Il me semble que Trump n’a pas dénoncé le mot terrorisme islamique dans son discours en Arabie saoudite. Trump a juste dénoncé l’iran. Trump est en position de force face à l’Arabie saoudite mais rien à voir avec lui juste avec le contexte. A savoir que l’Arabie saoudite est en difficulté économique à cause du prix du pétrole. Les USA ne dépendent plus de l’arabie saoudite grâce au gaz schiste. Et surtout, on sort de 8 ans de relations tendues entre l’arabie saoudite et les USA. Les saoudiens ne veulent pas revivre cela ce qui explique à quel point ils accueillent trump à bras ouvert.
    Trump est en train de se détourner de l’europe. Si les pays européens augmentent leur budget de défense (encore faut t il qu’ils le fassent) c’est surtout car ils ont plus confiance en les usa pour assurer leur protection. Trump a relancé sans le vouloir la défense européenne. (Attention je ne dis pas que c’est une mauvaise chose pour les usa et pour l’europe mais cela ne colle pas avec la thèse de l’auteur).
    Quand à la sortie de l’accord de paris, c’est purement symbolique. Trump en faisant cela isole les USA. Donc pas de leadership.

  • Trump a une vision fausse du monde: il pense que l’économie et les relations internationales sont un jeu à somme nulle. Sauf que c’est totalement faux.
    Le leadership américain est basé sur le soft power dans le sens où la domination américaine se fait sous motif de bienveillance. Les USA défendent leurs intérêts tout en agissant avec bienveillance (plan marshall, protection de l’europe,…). Personne n’est dupe. On sait très bien que les USa ne sont pas uniquement motivé par la bienveillance et qu’il s’agit aussi de défendre leurs intérêts mais on accepte parce qu’en terme coûts bénéfices, il y a plus d’avantages que de désavantages d’accepter la domination américaine. Or ce que veut Trump c’est défendre les intérêts des USA dans le monde sans faire preuve de bienveillance, sans rien donner en contrepartie. Cela ne peut pas marcher. Jamais les européens n’accepteront la domination américaine s’ils n’ont rien en retour, s’ils ne retirent pas de bénéfices. Cela ne peut que faire décliner la puissance américaine et l’isoler.

    • Concernant l’OTAN, Trump ne se retire pas. Il demande simplement que les européens payent l’écot initialement prévu. C’est encore les US qui assureront la part la plus importante. Il y a donc toujours plus d’avantages que d’inconvénients.

  • Intéressant de lire une analyse qui diffère du convenu politiquement correct.

  • Les commentaires sont fermés.

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