Comment contrer le terrorisme ?

Le message libéral sur la sécurité et le terrorisme n’a rien de naïf.

Par Alexis Vintray.

On reproche souvent aux libéraux une soi-disant naïveté face aux enjeux de sécurité.

Pourtant, un message libéral existe et doit même être répété à l’excès car il sera bien plus efficace que le rejet absurde et indifférencié (appeler à expulser tous les immigrés), les imprécations absurdes comme le hashtag #StopIslam hier sur Twitter ou les naïfs et lassants #PrayforParis, etc.

Nommons l’ennemi : la plus grande fermeté envers le terrorisme islamiste et ceux qui menacent nos sociétés

Il est plus que temps de s’y atteler en désignant clairement l’ennemi qu’est le terrorisme islamiste. Sinon, à continuer de prétendre que le problème aujourd’hui c’est exclusivement le racisme des blancs, comme Manuel Valls le faisait la veille des attentats, c’est s’assurer de nourrir le rejet global et aveugle des musulmans que soulignait à juste titre NathalieMP.

Les médias ne sont pas en reste dans ce politiquement correct mal compris : au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, certains refusaient encore de mentionner clairement comme l’ennemi le terrorisme islamiste et occultait systématiquement l’adjectif islamiste.

En croyant éviter la stigmatisation, ils ne font que renforcer ce qu’ils veulent affaiblir. Les seuls gagnants sont les extrêmes qui en profitent pour vendre un faux « discours de vérité » dangereux et inefficace.

Au final, comme le remarquait Aurélien Véron sur Contrepoints : « Le refus de définir et d’affronter le mal islamiste a nourri la montée du rejet des musulmans et de l’islam, évidemment mal vécu par ses pratiquants que cette menace inquiète, et frappe, autant que les non musulmans. »

Un État fort… dans ses fonctions régaliennes

Répétons-le, les libéraux sont pour un État fort, dans les limites strictes de ses fonctions régaliennes. À vouloir tout faire, les États occidentaux ont oublié leur raison d’être, garantir notre sécurité.

Abandonnons enfin les prétentions à un État omnipotent qui fait tout mal et défendons un État efficace sur ses fonctions régaliennes, qui garantit le droit à la sécurité de chacun de ses citoyens.

C’est ce que rappelle à juste titre le Parti Libertarien Belge dans un communiqué consécutif aux attentats de Bruxelles :

[face au terrorisme], « nous rappelons notre objectif d’un État régalien recentré sur la justice, la neutralité militaire et la défense de nos concitoyens. »

L’état d’urgence n’est pas la solution

L’état d’urgence n’est pas une solution. Si le droit doit être adapté pour viser le terrorisme, qu’il le soit pour cela spécifiquement et non de manière indifférenciée comme aujourd’hui.

Même un libéral peut accepter qu’il faille adapter certaines parties des procédures policières ou judiciaires dans le cas des affaires de terrorisme. Mais ce n’est pas ce que permet l’état d’urgence.

L’état d’urgence, c’est une autorisation unilatérale donnée aux autorités de faire ce qu’elles veulent, sans quasiment aucune contrainte juridique. Êtes-vous prêts à donner ces droits sans aucune contrepartie alors que l’on a vu se multiplier les abus dès les premiers jours ? Alors que, sans état d’urgence, la Belgique a avancé bien plus vite que la France dans les enquêtes post-attentat ?

Au lieu de se perdre dans des débats inutiles sur la déchéance de nationalité, François Hollande et Manuel Valls devraient pousser plutôt une réforme du droit concernant le terrorisme spécifiquement, et libérer les Français d’un état d’urgence inutile.

Nous ne devons rien renier sur nos valeurs

Les valeurs libérales sur lesquelles sont fondées nos sociétés modernes sont ce qui suscite la haine des terroristes barbares. « Les valeurs libertariennes sont à l’opposé de l’inhumanité de Daesh, nous prônons une société libre et pacifique, régie par la coopération spontanée de ses membres et fondée sur des valeurs de respect, de liberté et de propriété » soulignait justement le Parti Libertarien Belge hier.

Renoncer à ces valeurs, même au nom de bonnes intentions affichées, c’est donner victoire aux terroristes.

Tant les dérives sécuritaires, que les libéraux dénoncent régulièrement, que les petites renonciations au quotidien à l’État de droit, à l’égalité des sexes, etc.  Ces petits renoncements nourrissent les grandes défaites futures.

Le droit au port d’armes doit-il rester un tabou ?

Nos sociétés d’Europe occidentale n’ont pas le même héritage culturel que les États-Unis et une réticence culturelle forte sur le droit au port d’armes. Pourtant, se poser intelligemment la question de sa reconnaissance devient essentiel.

Comme le montre Israël, cela peut permettre de protéger les citoyens et de leur donner les moyens de se défendre en cas d’attaque.

Corinne Sauer, du think-tank JIMS basé à Jérusalem souligne ainsi que : « Il est assez facile d’obtenir un permis de port d’armes et de nombreux citoyens sont armés. Cela a permis de stopper de nombreuses attaques terroristes ». 

Dans le cas français, laisser les policiers qui le souhaitent conserver leur arme de service en dehors de leurs heures de service ne serait-il pas un moyen de protéger les citoyens ? Combien de morts au Bataclan auraient pu être évités si les nombreux policiers présents là-bas avaient été armés ?

Sur le web

Cet article a été publié une première fois le 20 décembre 2016.