Lutte contre le terrorisme : le privé en renfort !

Pourquoi, au lieu d’augmenter indéfiniment des budgets et des effectifs pour la lutte antiterroriste, avec l’efficacité que l’on connait, ne ferait-on pas appel au privé pour chercher plus d’efficacité dans le domaine de la sécurité ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Lutte contre le terrorisme : le privé en renfort !

Publié le 23 mai 2017
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Il n’y a pas de mesure miracle pour vaincre le terrorisme. Tout le monde le sait. Même ceux qui protestent aujourd’hui contre l’inefficacité du gouvernement plus empressé à être présent lors des manifestations larmoyantes après les attaques qu’à agir avant… Néanmoins, le Rapport de l’Assemblée nationale sur les attaques subies par la France en 2015 est extrêmement critique sur la manière dont les forces de l’ordre sont intervenues au Bataclan le 13 novembre et aussi sur le fait que les renseignements ont probablement perdu de vue certains terroristes.

Il est coutume de dire qu’ on ne peut pas surveiller tout le monde. Les propositions des politiques après l’attaque de Nice ont surtout tourné autour de « plus de moyens » (c’est aussi l’une des propositions des Républicains) alors que l’on sait très bien que l’État français qui avale 57 % de la richesse produite par le pays ne manque pas de moyens. Les citoyens ont droit à une autre réponse.

Transparence et lucidité

Il faut d’abord faire preuve de transparence et de lucidité. Comment se fait-il que l’attentat du 14 juillet ait pu avoir lieu dans la deuxième ville de France (après Marseille) en nombre de policiers par habitant ? Si le camion a pu arriver sans problème, et malgré l’état d’urgence ! sur la Promenade des Anglais, il est évident que des mesures de sécurité n’ont pas été respectées malgré le nombre élevé des forces de l’ordre. Dans d’autres pays, on travaille avec des sociétés privées de sécurité pour protéger certains endroits sensibles.

C’est le cas en Israël, pays sous la menace permanente des attentats, où les autorités publiques sous-traitent régulièrement la mise en place de la sécurité dans certains quartiers ou lors des manifestations. D’autres le font aussi de plus en plus : c’est le cas du Royaume-Uni, de l’Australie et de la plupart des pays de l’Est de l’Europe.

Pourquoi, au lieu d’augmenter indéfiniment des budgets et des effectifs, ne ferait-on pas appel au privé pour chercher plus d’efficacité dans le domaine de la sécurité ? L’ouverture à la concurrence des transports aériens a rendu l’avion encore plus sûr. Et la concurrence entre les fabricants de voitures a renforcé la sécurité au volant. Il en va de même pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité. C’est l’efficacité qui compte et non pas l’argent dépensé !

Réformer l’État-providence

En 2015, plus de 1 700 combattants islamistes en Syrie et en Irak proviennent de France (contre seulement 760 en provenance d’Allemagne). Et Nice représente la première ville du nombre de combattants partis faire le djihad. Il y a donc un problème au niveau local et le terroriste de Nice en constitue un exemple éloquent. Bien entendu, il faut renforcer les contrôles et la surveillance mais c’est toute la politique d’immigration qu’il faudrait revoir. Ce sont notre fameux « modèle social » et l’État-providence qui ont rendu l’immigration incontrôlable. Il faut changer de politique en fermant d’abord les robinets de l’État-providence.

Inspirons-nous de la réforme britannique sous David Cameron, selon laquelle tout immigré aurait le droit de rester 3 mois sur le territoire, ensuite de quoi il devrait justifier d’un emploi ou démontrer qu’il dispose des ressources nécessaires pour pouvoir rester. Et ceci est valable aussi pour les ressortissants en provenance de l’Union européenne.

Mais aussi de la politique d’immigration de l’Australie qui a mis en place un système par points en fonction des besoins en main d’œuvre. C’est la qualification du demandeur qui détermine ses chances d’obtenir l’asile ainsi que les choix des entreprises qui ont la possibilité d’acheter des quotas d’immigrés selon leurs besoins.

Là-aussi, c’est une forme de sous-traitance car ce sont les entreprises qui décident de la politique d’immigration !

Les Français attendent des réponses concrètes, sinon le vote en faveur des extrêmes et le rejet des politiques vont s’accentuer. Ce ne sont pas les dépenses supplémentaires qui vont permettre de les faire changer d’avis. Faisons donc les réformes nécessaires en sous-traitant les politiques publiques qui ont échoué.

Cet article a été publié une première fois le 21 juillet 2016.

Sur le web

Voir les commentaires (14)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (14)
  • « Les Français attendent des réponses concrètes, sinon le vote en faveur des extrêmes et le rejet des politiques vont s’accentuer »
    Ce n’est que sous la pression des « extrêmes » et notamment le FN car l’extrême gauche est anti-sécuritaire, que les politiciens « traditionnels » s’occuperont réellement de ce sujets.
    D’où cet apparent paradoxe, si vous voulez que les politiciens « traditionnels » s’occupent de vos problèmes, votez aux extrêmes et si vous voulez qu’ils s’occupent des problèmes de sécurité, votez FN…
    Il n’y a qu’en France que l’on voit cela !

    • @ Buck442

      Bon diagnostic!

      Vos politiciens, gauche ou droite, s’intéressent peu au sort des Français, hors périodes électorales!

      L’appel aux extrêmes (sans conviction extrémiste) sert d’avertissement!

      L’accusation de « l’immigration » (franchement bien moins dramatique à gérer, en France qu’ailleurs est un faux prétexte favorisant le repli nationaliste actuel, favorisé par l’utilisation des boucs émissaires des bêtises françaises et ce perpétuel appel chauvin à « l’identité » excluant sémantiquement « l’autre », grâce à cette cette supposée supériorité innée xénophobique quand pas raciste!)

      Techniquement la France s’est donné tous les moyens légaux de surveiller (état d’urgence et « french nsa ») tous ses habitants, au-delà des « droits de l’homme » dont elle se prétend inventrice et gardienne!

      Croire qu’il n’est pas possible de partager les taches du « régalien » avec le privé (sous conditions, bien sûr) est prouvé depuis longtemps et la connivence Ch.De Gaulle et M.Dassault!

      En fait, c’est l’opposition de principe entre secteur privé et secteur public (selon l’indispensable système binaire de clarté) qui ruine la gestion de la France, comme si les compétences étaient idéalement réparties!

  • Je suis perplexe : au lieu d’augmenter les budgets [liés à la securité] pourquoi ne pas faire appel au privé ?
    Le privé n’a pas vocation à faire privé d’altruisme social et économique : sauf à envisager des organismes faisant appels à des bénévoles, il s’agit bien d’entreprises et de salariés. Comme dans les aéroports dont le contrôles de securité sont opérés par des privés.

    Mais alors, si ces sociétés doivent payer des salaires, alors il faudra en financer les interventions. Si une mairie (Nice, par exemple) veut déployer plus de services de sécurité sans dépasser ses budgets, comme fera-t-elle ? La sous-traitance est un choix pertinent (mais complexe en ce qui concerne la sécurité publique), mais coûteux.

    La question mérite flexion, mais elle mène potentiellement à la mise en place de services de sécurité privés pour certains quartiers (ceux des riches habitants privilégiés, ceux des pauvres habitants perclus de dealers et de criminels, ceux des radicaux religieux de tous bords, etc).
    L’étape d’après est l’instauration de milices privées.
    L’étape d’après est un bain de sang et une purge par les armes.

    On y vient, on y vient…

    • OUI ENFIN ! On y vient !

    • « Mais alors, si ces sociétés doivent payer des salaires, alors il faudra en financer les interventions. Si une mairie (Nice, par exemple) veut déployer plus de services de sécurité sans dépasser ses budgets, comme fera-t-elle ? »

      Erreur de raisonnement. Vous rajouteriez une charge d’un coté (sécurité privée) sans retirer la charge qui pèse d’un autre coté (taxes nationales) et semblez oublier que si l’état augmente les moyens de son coté (police nationale) il augmentera la charge (taxes nationales). Le problème vient du fait qu’il n’y a pas de subsidiarité et quoique fasse une collectivité, une entreprise ou un particulier il faut cracher au bassinet national, alors que ces initiatives diminuent la charge de la collectivité.

      Une entreprise assurant elle-même le gardiennage et la sécurité de ses installations devraient avoir un dégrèvement de ses charges communales ET nationales. Idem pour une commune qui a une police municipale qui devrait recevoir sa quote-part de budget de l’état qu’elle économise. Et il faudrait arrêter ce mélange sur le terrain des polices municipales et nationales qui, on le voit, alourdisse les procédures (réunios, synchonisation, commandement) et dilue les responsablités.

      • @ sam player
        Vous avez au moins un pays frontalier qui a rationalisé police et gendarmerie en un seul service, quitte à installer des groupes locaux dans les villes, en police locale!

        Je ne dis pas que la fusion fut facile! (La gendarmerie était « militaire », pas la police, nationale ou locale ou « spéciale » (les routes, par exemple).)

    • @ PukuraTane

      N’est-ce pas déjà le cas? Toute personne civile ou groupe peut s’offrir une brigade de civils pour protéger priorité ou sécurité, comme dans les « grands » magasins?

      Le fait que ce soit une municipalité n’y change donc rien ou pas grand chose, sauf que le privé est contractuel et donc bien plus facilement budgétisable, sans dépassement!

  • Oui mais tes moyens privés sont payés par qui si ce n’est l’état. Surprenant: si l’on paye des policiers c’est via un impôt « confiscatoire » mais si on paye une entreprise privée ce n’est plus une taxe mais un service que l’on achète. Voilà la mentalité du libéral.

    C’est ainsi que si l’état se fessait l’argent que sont font les monopolistes privés avec les autoroutes vous crierez à l’impôt.

    Mais pour la même somme (en fait plus), juste par ce qu’elle est prélevée par une multinationale privée vous vous dites c’est normal je paye le service.

    Parce que n’oubliez pas que ne pas payer l’impôt c’est facile mais vous payerez pour les policiers, l’éducation (vous voulez voit l’endettement et le prix exorbitants des études aux US ?), le reste des routes, les transports en général.

    Croyez le ou non mais pour une majorité (écrasant) de la population se serait bien plus chère que payer 30% d’impôt.

    Encore une fois par exemple aux US les gens sont très endetté pour les études et même avec un bon boulot c’est EXTRÊMENT long à rembourser. Pour les uberiser payer aux lance pierre ou pour ceux qui se sont affranchit du SMIC (les sous smicards) je vous en parle pas.

    Après nous sommes d’accord sur le fait que l’état français fait beaucoup de gabegie – surtout du côté des élus – mais ça libéral ou non si les gens votent mal – quand on élit balkani – on a ce qu’on mérite.

  • alors que l’on sait très bien que l’État français qui avale 57 % de la richesse produite par le pays

    Bah, on fait on a dépassé les 60%. Hors bilan, réglementations abusives, et j’en passe et des meilleures…

    • @ MichelC
      Vous devez donc comprendre que la France ne retrouvera pas son rôle crédible dans le couple germano-français comme leader de l’Union Européenne, tant qu’elle n’aura mis de l’ordre dans ses finances nationales, selon les directives connues, argument essentiel de sa crédibilité!

      Un pays leader dépensant sans compter n’est évidemment pas crédible et face à 26 états, il n’y aura pas photo!

      La tentative de Fr.Hollande (« à la Grecque ») de profiter de la monnaie de la B.C.E. pour compenser l’absence d’effort de gestion plus rigoureuse et austère de la France, refusé par les pouvoirs français (pas les citoyens, pas du tout épargnés, eux!) aboutira à une fin de non recevoir, heureusement.

      Il est temps d’exiger d’E.Macron, dès le début, qu’il retrouve un pragmatisme apte à faire la différence entre plaisir et devoir, utile et raisonnable contre coûteux par prestige supposé, bénéfice national et dépenses inutiles, en France et dans les 13 spots dans le monde où l’armée se trouve pourquoi et pour quoi et pour qui?

  • Si le problème c’est l’Etat-providence alors supprimons l’Etat-providence aux immigrés, mais ne restreignons pas l’immigration. D’autant plus que beaucoup des attentats sont le fait de français ou d’européens.

    • @ Tremendo

      « alors supprimons l’Etat-providence aux immigrés, mais ne restreignons pas l’immigration »

      Vous avez d’autres propositions aussi absurdes, stupides, xénophobiques et illégales?

  • Le privé pour la « sécurité » c’est joli, ça rassure paraît-il, mais les agents de sécurité privée n’ont aucun pouvoir et très peu de prérogatives. Je ne pense pas que ces agents doivent servir à la protection d’un ensemble, mais d’un lieu privé précis, comme c’est le cas des vigiles de supermarchés. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas là pour la sécurité des clients mais pour la dissuasion des vols dans les rayons.

    • @ STF
      « Ces derniers ne sont d’ailleurs pas là pour la sécurité des clients mais pour la dissuasion des vols dans les rayons. »

      Ça vous n’en savez rien! Les premiers « petits vols » en magasin ne donnent pas lieu à plainte et poursuite , contrairement à la loi.

      C’est le signe qu’entre un vigile et un policier, il y a des façons de faire, des contraintes, des méthodes et des résultats bien différents.

      Un vigile vous réclamant votre carte d’identité (hypothèse idiote) n’est pas habilité à l’exiger légalement, alors qu’il essuie rarement un refus, je présume!

      Mais si vous refusez, il saura vous covaincre avec des arguments à lui, que la police ne peut plus utiliser (lui non plus, mais il ne craint pas la plainte car lui, n’a pas été filmé!).

      Il y a souvent un avantage à la synergie si l’objectif est commun!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Il y a quelques temps, j’avais publié un billet portant sur la bande dessinée de l’économiste Bryan Caplan intitulée Open Borders, qui faisait l’apologie de l’immigration. Même si cette œuvre était très convainquante, certains pourraient préférer un livre plus formel sur cette question.

Ces derniers mois, j’ai lu deux livres sur le sujet de l’immigration. Le premier intitulé Wretched Refuse, par Alex Nowrasteh et Benjamin Powell (ANBP) est un ouvrage très empirique, qui épluche toute la littérature académique sur les impacts de l’immig... Poursuivre la lecture

Le débat à gauche sur « le droit à la paresse » nous rappelle que pour une partie de la clientèle de la gauche radicale, le parasitisme est une valeur positive. Le communiste Fabien Roussel a suscité les réactions indignées de certains de ses alliés quand il a défendu la « valeur travail », grande oubliée ces dernières décennies par les formations de la gauche de la gauche.

Il y en a qui demandent le droit à la #paresse et d 'autres qui bossent pour nourrir les autres https://t.co/HaZOIwnPN2

— Dominique Luhe... Poursuivre la lecture

Par Alessandro Mazzola. 

 

Giorgia Meloni, 45 ans, leader du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, se prépare à présider le 68e gouvernement italien depuis la Seconde Guerre mondiale, qui sera le gouvernement le plus à droite depuis Benito Mussolini.

La coalition dans laquelle sa formation tient le premier rôle a en effet obtenu près de 44 % des suffrages (plus de 26 % pour Fratelli d’Italia, 9 % pour la Lega de Matteo Salvini et 8 % pour Forza Italia de Silvio Berlusconi) aux législatives tenues ce 25 septembre.... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles