Triste fin d’une campagne présidentielle sans idées

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Triste fin d’une campagne présidentielle sans idées

Publié le 5 mai 2017
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Par Cyril Rolling.

Dans deux jours, les Français choisiront leur nouveau président de la République. Un choix qui viendra – enfin – clôturer plusieurs semaines d’une campagne qui se sera illustrée par son absence de débat de fond. De quoi, certainement, désarçonner d’autant plus une jeunesse française à laquelle – ironiquement – on reproche de ne pas avoir d’idées.

L’élection présidentielle constitue forcément une rupture, qu’elle vienne couronner un nouveau prétendant ou confirmer un « candidat sortant », pour reprendre l’expression consacrée par François Hollande en 2012. C’est la fin d’un quinquennat, et le début d’un nouveau cycle.

La présidentielle contre l’intérêt général

Reine des élections, la présidentielle devrait créer une certaine émulation et stimuler les esprits les plus brillants. Hélas, comme l’ont démontré ces derniers mois, nous sommes bien loin de la discussion et du débat censés viser la poursuite et la protection de l’intérêt général.

À deux jours du second tour, il n’est pas aisé de prendre de la distance et de se risquer à l’objectivité pour parler du « niveau » de cette campagne électorale. Je prends le pari.

Et j’évacue tout de suite la question : jamais encarté dans un parti ou mouvement politique, j’ai seulement eu l’occasion, ponctuellement, d’aider à l’organisation de réunions publiques ou à la tenue d’un bureau de vote. Des coups de main plus citoyens que militants qui, je le crois, ne biaisent en aucun cas ce qui va suivre.

Discussions caricaturales

Alors que les citoyens français sont appelés aux urnes ce dimanche, les discussions à ce sujet sont toutes plus caricaturales les unes que les autres. Dès le début de la campagne, ce fut à celui qui identifierait le plus rapidement le talon d’Achille – ou du moins le maillon faible – de l’équipe d’en face.

Ou comment l’élection la plus importante pour l’avenir d’un pays se transforme en guerre des mots et des images. Ce ne sont pas les illustrations criantes de ce basculement de la politique vers l’ultra-communication (pour ne pas dire la « téléréalisation » de la politique) qui manquent.

Ainsi, les visites des deux « finalistes » à l’usine Whirlpool, qui devaient permettre de mettre sur la table la question de la sauvegarde des emplois et de la lutte contre le chômage, se sont résumées à une opération de communication se limitant à « X instrumentalise les caméras », « Y ne connaît pas le peuple de France. » Pas certain que les Français sensibles à ces problématiques – ne devrait-on pas tous l’être lorsque le taux de chômage atteint des niveaux historiques ? – apprécient.

Pas de débat de fond

Balayé d’un revers de la main – ou plutôt des caméras et des micros en l’occurrence – le débat de fond est délaissé. Délaissé par des médias en continu qui préféreront toujours l’image choc à l’argument chiffré ou technique.

Délaissé également par des politiciens conscients de cette réalité médiatique et de la méfiance – voire défiance – des électeurs. Délaissé, enfin, par une grande majorité de citoyens désabusés par des solutions qui tardent à venir et des espoirs déçus.

Dans cette nasse, la jeunesse est pointée du doigt. Cette génération Y ou Z, ces « millennials », souvent caricaturés, sont décrits comme désintéressés par la chose publique.

Pour reprendre le cliché le plus répandu : les jeunes sont scotchés à leur téléphone, s’abreuvent de fake news et préféreront toujours un verre de vin ou un match de football à un débat présidentiel.

Désintérêt pour la politique

Mais si le débat présidentiel se limite à des échanges théâtraux n’apportant absolument rien, comme ce fut le cas mercredi soir, comment jeter la pierre à ceux préférant l’apéro aux grands mots ? Quand des candidats à la fonction suprême passent plus de temps à se chamailler qu’à confronter leurs visions respectives pour la France de 2020, c’est que les Français se sont fait voler le droit de se positionner sur des idées.

Et si les Français espèrent encore voir les idées reprendre l’ascendant et redevenir le critère de choix d’un candidat, ils ne peuvent rester ainsi passifs.

Si 2017 a couronné l’émergence de la société civile dans le champ du politique, 2022 pourrait consacrer la jeunesse comme acteur principal du paysage politique français. Ne serait-ce donc pas aux jeunes, nourris dès le lycée d’odes à l’esprit d’entreprise, d’initier de grandes initiatives afin de permettre à tout un chacun de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et ses grands enjeux ?

Refaire le débat d’idées

Peu importe la position politique, l’idéologie ou, même, la croyance. Il est aujourd’hui nécessaire de confronter les idées, les programmes, et non plus les personnes, les personnalités et les propositions les plus polémiques. À moins que les Français ne souhaitent rester plongés dans une société de l’image, de la petite phrase, et finalement de l’aveuglement.

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  • Le problème de la France est que l’école inculque la haine du capitalisme, du marché, de l’entrepreunariat, au profit du socialisme, soi-disant généreux et compassionnel (uniquement envers la nomenklatura).

  • Comme introduction il faut parler chiffres et faire court, fort et émotionnel, le seul langage qu’ils comprennent :


    La France, c’est 1% de la population de la terre et 15% des « dépenses sociales » mondiales, l’état claque même 7 points de PIB de plus que la Suède, mais là où la Suède offre des prestations exceptionnelles, en France les pauvres, les chômeurs et les retraités touchent des clopinettes, les SDF étant même nourris et logés par la charité privée déjà surtaxée. Un comble !
    https://www.lesechos.fr/13/10/2014/LesEchos/21791-044-ECH_la-france—15—des-depenses-sociales-mondiales.htm


    Où va réellement l’argent ?


    Pendant que votre interlocuteur bafouille et s’aperçoit que ce qu’il soutient en fait de « solidarité » est un pillage massif au détriment des plus pauvres, profitez pour donner le coup de grâce avec d’autres chiffres.

  • Les commentaires sont fermés.

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