L’État prédateur, ennemi du salarié

Sur 100 euros de richesse produite, de combien un salarié peut-il réellement disposer ?

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L’État prédateur, ennemi du salarié

Publié le 25 mars 2017
- A +

Par Yves Buchsenschutz.
Un article d’Emploi 2017

L’INSEE vient de publier le salaire net moyen d’un employé dans le privé en 2016 : 2225 euros par mois1. Pour des raisons de simplification, nous repartirons des documents déjà étudiés, lesquels étaient basés sur un net privé de 2320 euros.

Charges sociales

Pour rappel, dans ce cas moyen, le coût total pour l’entreprise, toutes charges confondues, est de 4840 euros et le salaire brut officiel du salarié de 3200 euros. Ainsi, le revenu « libre » pour un salarié est de 48 % du coût total de son emploi. On peut d’ores et déjà constater que les frais « collectifs » ont dépassé les 50 % et l’on pourrait s’arrêter là !

Impôts directs

L’affaire se corse si l’on applique la ponction de l’IRPP. Tout d’abord, le revenu fiscal déclaré de ce malheureux sera de 2520 euros, supérieur à son chèque mensuel car certains prélèvements ne sont pas déductibles. S’il est célibataire, son impôt annuel va être de 3195 euros soit 266 euros par mois.

Admettons qu’il loue un studio en banlieue, et qu’il soit locataire, sa taxe d’habitation peut tourner autour de 300 euros annuels soit 25 euros par mois. Son revenu disponible après impôts directs sera donc de 20292 euros soit 42 %3 de son coût réel pour l’entreprise, au fond, de sa réelle valeur !

Ce pourcentage est variable en fonction du revenu puisque l’IRPP est progressif : ainsi, plus le salaire est élevé, plus le pourcentage de 42 % baissera sous les ponctions répétées des frais collectifs.

Impôts indirects

Notre brave salarié pourtant n’est pas encore au bout de ses peines. À l’étape suivante, il est consommateur.

Posons comme hypothèse, que, peu fortuné, il va essentiellement consommer (et non investir) les 2029 euros qui lui restent.

Au titre de la consommation, il va être soumis à la TVA, dont la reconstitution serait complexe et que l’on estimera autour de 10 %4. Ce sont donc encore 200 euros en moyenne par mois que le salarié va consacrer au financement collectif. Ainsi au final son revenu atteint 37 % de disponibilité, laquelle descend probablement aux environs de 30 % pour les revenus plus élevés.

La machine est-elle devenue folle ?

On peut raisonnablement se poser la question de la pertinence de cette répartition en faveur des fonctionnaires, de la consolidation des rentes et des parterres de fleurs, voire des subventions au Canard enchaîné, au détriment du choix individuel et personnel souverain de ses dépenses.

Ce faible pourcentage de liberté est d’autant plus frappant que l’argent disponible ne consiste pas – et de loin – en de l’argent de poche mais finance, pour une large part, des dépenses indispensables à la survie : loyer, alimentation, habillement, transports, lave-linge, réfrigérateur, portables (détenus par 90 % des Français) auxquelles on peut ajouter la voiture ou l’ordinateur possédés par 80 % des Français et devenus nécessaires pour la plupart d’entre eux.

Ainsi il semblerait que la liberté prônée par notre devise républicaine se résume au droit de choisir entre une crème glacée et une bière au bistrot. Tout le reste est soit décidé par la collectivité – laquelle s’est insinuée comme un cancer généralisé dans l’ensemble de nos choix de vie, tant par sa volonté égalitariste que par sa prétention à une omnipotence parfaite – soit inéluctable.

Il est donc urgent de s’occuper sérieusement de l’amélioration de la productivité de l’État ainsi que de la réduction de ses périmètres d’intervention. Vive la liberté !

—-
Sur le web

  1. À comparer à celui d’un fonctionnaire d’État qui s’élève lui à 2477 euros.
  2. 2320 – 266 – 25 =2029
  3. 2029 / 4840 = 42 %
  4. Elle va en fait, de zéro à 19,6 %, voire tend vers 50 % sur l’essence si l’on assimile la TICPE.
Voir les commentaires (14)

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Créer un compte Tous les commentaires (14)
  • merci pour cet article
    oui l ‘état vole le salarié
    il y a 45 ans environ le taux de charges sur un salaire était de 3% il est maintenant entre 23% à 27%
    c énorme
    à ce jour le salarié travaille juste pour se nourrir
    c évidemment frustrant
    et surtout parfaitement injuste
    et en plus il faut qu ‘il vote pour? ceux la même qui pensent qu à eux et leurs Privilèges.
    la taxe, la Gabel..est plus que jamais d’actualité..nous ne bougeons pas du principe aristocraque qui ne dit son nom.
    c décourageant.

  • La première façon de rendre l’Etat plus efficace est de le mettre beaucoup plus en concurrence en permettant de payer ses impots à des associations d’intérêt général sans ce discount de 33% et sans plafonnement. Laisser faire la société civile qui s’engage dans le secteur social non lucratif et peu à peu s’en retirer.

  • Il faudrait compléter l’étude en intégrant l’inique impôt sur la mort qui capte encore une bonne partie ce ce qui aurait pu être épargne lors de la succession.
    Quand on va jusque là on comprend que nous sommes véritablement dans un pays communiste dissimulé sous les ors de la Démocratie…

  • Une autre façon de mettre l’Etat en concurrence serait de transférer une grande partie du pouvoir étatique au niveau des Conseils Régionaux de nos régions de France.
    Par exemple, transférer la fiscalité des entreprises au niveau des régions avec un pouvoir de modulation réservé aux Assemblées Régionales, ceci, sur le principe de la latitude fiscale réservée aux Cantons Suisses.
    On verrait alors quelles seraient les Régions de France qui créent des emplois et qui arriveraient au quasi plein emploi ….comme en Suisse !
    Il est temps d’expliquer au français que l’essor économique et la fin du chômage de masse (surtout chez les jeunes générations) passe par le libéralisme au niveau politique et au niveau économique….sur le modèle Suisse !

  • Je ne comprends pas le 48% et le 4840 €.

    Salaire net: 2320
    Charges salariales = 2320 * 19.87 = 575
    Salaire brut = 2320 + 575 = 2895
    Charges patronales = 2895 * 52.63 = 1524
    Coût pour l’entreprise: 2895 + 1524 = 4419 et non pas 4840, ce qui fait un revenu libre de 52%

    Je me trompe ?

    • @Frederi
      Bonjour,
      Le salaire brut est de 3200€, pris sur le tableau comparatif mis en lien. A ces 3200€ sont soustraits 880€ de charges sociales (CSG RDS, maladie, retraite, chômage). 3200-880=2320, soit le salaire net.
      4840€ sont les 3200€ du salaire à payer (heures effectuées multipliées par le taux horaires, ce à quoi on ajoute si tel est le cas des primes), auxquels sont ajoutées les charges patronales (formation, apprentissage, transport, allocation familiales, maladie, retraite, chômage) à hauteur de 1640. 3200+1640=4840, soit le
      coût pour l’entreprise. Cela donne 51,25% à sortir en plus pour le patron.
      2320/4840=0.47933…. arrondis à 48%.
      L’Etat engloutit 1640+880=2520 sur les 4840. Là il y a 52%, et quelques, (2520/4840×100), mais ce n’est pas « un revenu libre » mais un revenu amputé par l’Etat.

  • Ne laisser à l’Etat que la défense et la politique étrangère, décentraliser le reste vers des régions culturellement homogènes et mises en concurrence. Ce gouvernement de proximité devra s’exercer en utilisant le referendum.
    Vive l’Europe des régions!
    La Catalogne espagnole nous montre l’exemple par ses revendications.

  • Zuebask
    Le transfert des compétences que nous proposons nécessite un changement de constitution et l’abandon du « Bonapartisme » dont la classe politique française est fortement imbibée….

  • Le revenu disponible restant sur l’ensemble d’une VIE ( taxe sur la succession comprise) par rapport au Salaire /revenue SUPER BRUT , est de l’ordre de :
    – 50-55 % pour un Smicard
    – 70-80 % pour un cadre
    – 80-90 % pour un cadre sup / entrepreneur.

    SVP : N’en parlez pas aux jeunes entrepreneurs….

  • ben les charges retournent plus ou moins au salarié via une future retraite des soins , je crois que l’aspect redistriditribution partout, dans tout , ainsi que l’absence liberté de faire ses propres choix est pire que ces chiffres.

  • Bonjour,
    j’aimerais bien une suite à cet article :
    – hypothèse de départ : les 39% restant à la disposition du salarié ont été dépensés dans le secteur marchand, lequel va utiliser cette somme pour payer des impôts, des loyers, des salaires des charges sociales.. Les salaires versés vont eux aussi subir l’impôt et la tva, et une faible part de ces salaires se retrouvera dans le circuit commercial, etc, etc…

    ma question : à la fin d’une année, quelle est la fraction d’un salaire versé en Janvier, qui ne se retrouve pas dans la poche de l’Etat ?

  • @Cremone
    Supposons un Cadre sup. Cout super brut pour l’entreprise 100 € donc 52 € ( CSS patr. +CSS emp.)Salaire Net 48 € . IRPP tranche 45 % donc 40% x 48 e = 19 €Impot – Taxe habit. 3 €
    Salaire net net 26 €. supposons 15 % épargne – solde disponible 22€.

    TVA y. 15 % = 4 € TIPPP 2 €
    Total prélevé::52+19+3+4+2==80 € approx.
    Il lui reste environ 20 € dans la poche….

  • Il en manque encore un peu… essence / éléctricité ou encore alcool/cigarette.
    Sans oublier que nombre de francais « moyens » ne sont pas parisiens, ils rentrent donc dans le calcul une taxe habitation plus elevée, voire luxe ! une taxe foncière.

  • Les commentaires sont fermés.

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