Le Roundup revient sur le devant de la scène européenne

L’Echa – agence européenne des produits chimiques – vient de conclure que le glyphosate ne présentait aucun effet carcinogène. Le roundup ne provoque pas de cancers.

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Round up By: Mike Mozart - CC BY 2.0

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Le Roundup revient sur le devant de la scène européenne

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 mars 2017
- A +

Par Jacques Henry.

Depuis 1974, année mémorable pour la firme Monsanto qui commercialisa pour la première fois le glyphosate sous le nom de Roundup, combien y a-t-il eu de morts prouvées comme étant la conséquence directe de cet herbicide alors que des centaines de millions de personnes ont utilisé ce produit ?

Au début des années 1990 une Australienne s’est suicidée en avalant une bonne louche de cet herbicide, c’est tout ! Après autopsie réalisée à la demande de Monsanto (bien que ce fait n’ait jamais été officiellement reconnu) il fut prouvé sans contestation possible qu’elle était morte en raison d’un oedème pulmonaire fulgurant dont la cause était la formulation contenant des tensioactifs puissants et non pas la matière active elle-même du Roundup.

Des études sans valeur

Avalez une louche de liquide pour vaisselle les conséquences seront identiques : vous mourrez d’un oedème pulmonaire. Toutes les études consistant à rechercher la toxicité ou la carcinogénicité du glyphosate ont été réalisées avec la matière active et non la formulation de ce produit : elles sont donc toutes sans valeur.

Pour un chimiste ou un biochimiste qui connait son métier il est impossible que la molécule de glyphosate puisse interférer avec l’ADN d’une quelconque manière que ce soit et provoquer l’apparition de cancers.

C’est pourtant ce que l’organisme onusien IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a déclaré il y a maintenant deux années en classant le glyphosate parmi les carcinogènes potentiels, un qualificatif obscur qui a relancé la controverse sur cet herbicide utilisé dans le monde entier en raison de son efficacité et de son coût modéré depuis plus de 40 ans.

Pas d’effet carcinogène du glyphosate

L’Echa – agence européenne des produits chimiques – vient de conclure (15 mars 2017) que le glyphosate ne présentait aucun effet carcinogène dans la foulée des recommandations de l’EFSA (Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire) qui allaient dans le même sens.

Comme on pouvait s’y attendre l’ONG multinationale et tentaculaire Greenpeace n’a pas attendu pour monter au créneau et bombarder du haut de sa superbe les experts tant de l’Echa que de l’EFSA en considérant que les conclusions de ces organismes étaient sans valeur, arguant du fait que ces experts travaillaient pour le compte de Monsanto ou avaient été payés au moins quelques mois durant leur carrière par cette firme.

Entretenir la confusion

Il faut dire que Greenpeace excelle dans la stratégie du mélange des genres pour mieux entretenir la confusion. Le raisonnement de cet organisme est le suivant : puisque Monsanto a mis au point des plantes génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, le glyphosate est donc dangereux comme les plantes transgéniques le sont ou sont supposées l’être.

En effet, la bête noire de Greenpeace est la firme Monsanto et tous les moyens – y compris les plus fallacieux – sont bons pour ternir la réputation de cette firme. À la suite des conclusions de l’Echa l’Agence Européenne pour la Protection des Cultures (ECPA) a déclaré qu’enfin la science prévalait sur les décisions politiques largement inspirées des conclusions erronées de Greenpeace et des fonctionnaires de l’IARC.

Puisque ce billet mentionne Monsanto, le leader mondial des plantes vivrières de grande culture génétiquement modifiées, la situation est identique à celle du Roundup. Depuis maintenant 40 ans que les êtres humains et les animaux consomment ou utilisent des plantes transgéniques et leurs produits dérivés, je pense au soja, au maïs et au coton, combien de personnes (ou d’animaux) se sont retrouvés indisposés ou malades après avoir consommé ces produits ?

Mauvais procès des plantes transgéniques

Combien de cas de relation directe de cause à effet ont été dûment répertoriés et étudiés ? Si j’ai mentionné le coton il ne faut pas oublier que la plupart des huiles végétales utilisées en cuisine contiennent des quantités non négligeables d’huile de graines de coton. Quant à la lécithine de soja transgénique elle se retrouve dans toutes les sauces et mayonnaises industrielles dans le monde entier…

Mais revenons au glyphosate. Pour l’anecdote, je me souviens avoir eu une discussion haletante avec des « formulateurs », ces spécialistes de la mise au point de formules permettant à une molécule chimique de pénétrer dans une plante, un insecte ou un champignon phytopathogène. Les formules mises au point par les firmes agrochimiques sont tenues secrètes. Elle ne sont protégées par aucun brevet car il s’agit d’un savoir-faire industriel.

L’empirisme de l’agrochimie

Personne ne connait la composition exacte des formulations qui contiennent parfois jusqu’à dix produits différents ! J’avais demandé à un formulateur si telle molécule dont j’avais mis en évidence la présence dans un champignon phytopathogène provenant de la dégradation d’un fongicide pouvait elle-même être considérée comme un fongicide potentiel. À la simple vue de la molécule il me répondit tout simplement « certainement pas, il faut la formuler ». Je découvris ainsi l’aspect parfois empirique de cette discipline particulière de l’agrochimie.

Greenpeace ne veut pas en rester là et a organisé une pétition citoyenne à l’échelle européenne pour que, forte d’un million de signatures, cette ONG puisse officiellement infléchir la Commission Européenne afin qu’elle ne revienne pas sur l’interdiction de l’utilisation du glyphosate et qu’elle entérine une autre décision beaucoup plus inquiétante pour le monde agricole, la réduction de l’usage des pesticides quels qu’ils soient à l’échelle européenne et à terme l’interdiction totale de leur utilisation.

Autant dire que les agriculteurs qui se trouvent tous dans une situation économique précaire apprécieront les errements idéologiques infondés de cette ONG dont le rôle consiste uniquement à répandre la terreur, une terreur totalement infondée…

Source partielle : The Guardian

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  • si ils réussissent à faire interdire le glyphosate , ils peuvent TOUT faire interdire.

  • Pour rappel, le glyphosate est tombé dans le domaine public en 2000.
    Sinon, j’ai vu hier une affichette de Mélenchon, stigmatisant le fait que sous Sarkozy et Hollande, on épandait « 10 tonnes de pesticides par jour ». Bien sûr, pas de précisions sur la nature de ces « pesticides » (la bouillie bordelaise est elle dans le lot?). mais surtout, pour un leader de gauche, on ne peut qu’être étonné de voir qu’il souhaite ainsi que les enfants, les femmes retournent aux champs pour biner, sarcler les plantes, afin de protéger les cultures.

    • Je ne vois pas pourquoi vous êtes surpris, toutes ces machines et tous ces produits (bien souvent importés de l’étranger en plus) nous volent quand-même nos emplois !

      • @ nevez
        Qui a dit que la bouillie bordelaise n’était pas toxique? Ne jamais oublier que c’est la dose qui fait le poison: chaque produit a sa dose toxique et chaque humain a sa tolérance individuelle, que ce soit pour le principe actif ou les composants de la solution qui l’accompagne! Rien n’est simple dans ce domaine comme dans bien d’autres et « La Science » doit se méfier des scientifiques qui croient la servir « objectivement ».

  • Passons sur le fait que Monsanto soit à l’origine de nombreuses études sur le glyphosate.

    Passons sur le fait que seul le glyphosate ait été testé et que les produits issus de la dégradation naturelle du glyphosate le soient moins. Une étude à démontré qu’un des produits dégradés du glyphosate avait une incidence non négligeable sur un des marqueur biologique important qu’est la vitamine A.

    Passons sous silence que les ajuvants présents dans le round up soient eux particulièrement toxiques et que sans ces adjuvants, le glyphosate serait juste inutile car incapable de se fixer sur les plantes.

    Il reste qu’il existe un principe de précaution. D’accord pour ne l’utiliser qu’en cas de grand danger probable, ce qui est le cas avec le glyphosate qui est accompagné d adjuvants à la toxicité vérifiée pour les humains et pour les abeilles, sans qui vivre deviendrait un probleme, car principal insecte pollinisateur.

    Le débat sur le glyphosate est biaisé car même si cette molécule est inoffensive (j’accepte d’y croire), ce n’est pas le cas des produits qui la rendent efficaces (les adjuvants).

    Je me répète car j’ai peur de ne pas être clair. Les études sur le glyphosate ne permettent pas d’établir la nocivité du round up. Un peu comme si on mettait du cyanure dans du pain et qu’on testait le pain.

  • Je veux bien croire tout ce que vous dites (je parle de croyance n’ayant aucune expertise dans le domaine). Néanmoins je constate un problème ; la chute démographique des poissons dans les rivières. La corrélation avec l’usage de plus en plus intensif des pesticides me semble tenir la route, la pollution de l’eau reste une réalité. De quoi vient-elle sinon ? (Question ouverte)
    J’ai du mal à me convaincre que la pollution de l’eau ne pose pas, au moins sur le long terme, de soucis sanitaires.
    Robotiser le désherbage pourrait être une solution si cette pollution provient bien des pesticides, non ? Économiquement ce pourrait être jouable ? Si on envisage un investissement étatique dans le but de démocratiser la robotisation dans le secteur, ne se rapproche-t-on pas d’une solution à la fois rentable pour les agriculteurs et soucieuse des conséquences environnementales de nos méthodes en matière de production agricole ?
    J’ai entendu un agriculteur parler de cette option (sans investissement étatique, j’y pensais dans le but d’accélérer le mouvement rien de plus) qui permettrait de limiter l’usage des pesticides grâce au calcul et à la précision des robots.
    Sinon pour mansento, il y a certainement de l’exagération et du fake, mais ils ont quand même quelques affaires louches sous le coude (notamment dans les zones où ils font des expérimentations), donc bon les blanchir à outrance c’est un peu comme les diaboliser avec véhémence ; pas très sérieux…

    • « La corrélation avec l’usage de plus en plus intensif des pesticides me semble tenir la route, »
      L’usage des « pesticides » a plutôt tendance à diminuer, et surtout les profils toxicologiques sont mieux étudiés.
      Quant aux poissons, ce n’est pas ce qui est observé:
      http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Biologie-animale/Toutes-les-actualites/70-ans-le-retour-du-saumon-dans-la-Seine

      • C’est bien pour les parisiens qu’ils aient du saumon sauf que dans les zones rurales mon observation est la même que celle des autres pêcheurs.
        Si l’usage des pesticides (pourquoi des guillemets ?) a tendance à diminuer tant mieux mais de là à faire l’autruche…

        • Le terme de « pesticides » est très connoté. Les professionnels parlent plutôt de produits phytosanitaires, c’est à dire des substances pour soigner les plantes.

          • Heu oui, il y a des produits pour soigner les plantes mais il y en a d’autres qui ont une autre mission ; les tuer, et là on parle de pesticides. Appelons un chat un chat, sinon ça devient ridicule.

      • il y a certainement de mauvaises pratiques agricoles on peut souvent observer des pulvérisations près des ruisseaux, on a aussi par chez moi , un labour plus présent, qui rend les eaux chargées et peu propices aus poissons comme les truites…
        bon la question n’est pas là ,ces questions je me les pose…mais je n’accuse pas sans preuves c’est tout.

        • Accuser qui de quoi ? Tout ce que je dis c’est qu’il y a un problème, c’est tout. Le déni ne fait pas plus avancer les choses que de crier au scandale pour un oui ou pour un non.
          Même sans pulvériser près d’un ruisseau, les produits descendent dans les nappes phréatiques, donc à moment ou un autre le problème ressurgit.

  • Le rêve de Mélenchon c’est le Venezuela de Chavez, le Cuba de (Fidel) Castro ou la Chine de Mao.
    Si Mao a permis au peuple chinois de sortir de la misère, il n’en reste pas moins le plus grand « auto » génocidaire du XX° siècle.
    Alors tant qu’il n’ s’agit « QUE » de faire retourner à la terre les « mal pensants » et autres « intellectuels » (comme Mélenchon ?) pour biner et sarcler …

    • Mao n’a pas permis au peuple de sortir de la misère, c’est Deng Xiaoping qui a lancé la Chine sur le chemin où elle est aujourd’hui (「不管白猫、黑猫,逮住老鼠就是好猫。」 – « peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, tant qu’il attrappe des souris »)

  • Je ne sais pas si toute la bibliographie est connue !
    voici une revue générale récente , de cette année, qui inclue des références au glyphosate
    « Food components and contaminants as (anti)androgenic molecules »
    D Marcoccia et al
    Genes and Nutrition (2017) 12: 6
    Pour ne pas citer les procès eu et en cours

  • La chaîne allemande ZDF a diffusé hier soir une émission sur les méthodes de William Heydens (Security Strategy Chief de Mosanto,) pour obtenir les signatures des chercheurs qui valident les documents de recherche: simple, c’est payé un peu moins de 500 000€, mais le texte de Mosanto n’est pas modifiable. Ces documents de recherche aux signatures glorieuses sont ensuite communiqués aux commissions agricoles ou européennes.
    Greenpeace, les ONG, Mosanto, Bayer ou le touche à tout J. Henry peuvent dire ce qu’ils veulent, comme disait ma grand mère, « si c’est pas propre, c’est que c’est sale ».
    C’est clair que les ONG constituent un contre pouvoir! Mais si aucun des deux n’a l’exclusivité de la vérité, ce type de firme a montré de quoi elle était capable pour s’accaparer des marchés avec l’Agent Orange et d’autres exfoliants de Bayer !

    • C’est MoNsanto et non Mosanto.
      vous devriez le savoir puisqu’il semble que c’est le diable incarné.
      Plus sérieusement, on parle ici du glyphosate et non de Monsatan. Or, un paquet d’études (EFSA, EPA, BfR …) ont disculpé cette molécule des tares qu’on lui attribuait. Le CIRC a classé le glyphosate comme cancérogène probable, à un niveau proche de la charcuterie, le sel de cuisine ou le bicarbonate de soude.

    • vous avez raison !
      Ils ont déjà fait du mal à plusieurs personnes

  • C’est bien dommage que cette revue publie un article prenant position sur un sujet polémique et sur un produit qui a fait l’objet de procès en justice pas encore terminés !

  • @pastilleverte. Vous êtes gentils sans le vouloir avec Mao. Des restes de l’intoxication intellectuelle que nous avons tous subit. Mao c’est le grand bond en avant, 30 millions de morts, une famine incontrôlable. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant
    Toute ressemblance avec un programme 100% vert ou radical socialiste serait purement fortuite.

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