Débat présidentiel : premier bilan en demi-teinte

Que retenir du débat présidentiel d’hier soir sur TF1 ? Finalement, les positions n’ont guère bougé et les différents candidats se sont surtout contentés de se marquer à la culotte.

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François Fillon by Fondapol (CC BY-NC-ND 2.0)

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Débat présidentiel : premier bilan en demi-teinte

Publié le 21 mars 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Le premier débat entre les cinq candidats favoris de la présidentielle ne devrait fondamentalement pas bouleverser la donne dans la course à l’Élysée. Il est plus marqué par une série de marquages à la culotte entre chacun des participants, sans qu’il soit possible de dire si l’un ou l’autre aurait pris de l’avance sur les autres.

Un débat d’observation

En soi, la nouvelle n’a rien d’étonnant. La forme même de ce type de débat contraint de fait à limiter les confrontations individuelles et tend à figer chacun sur des positions balisées à l’avance. La présence de cinq orateurs oblige à des approches transversales et collégiales, où chaque thème est abordé après le suivant dans le respect global d’un temps de parole où aucun candidat n’a intérêt à gaspiller de précieuses secondes en harponnant ses contradicteurs.

C’est donc à peine si l’on a entendu Jean-Luc Mélenchon interpeller Marine Le Pen ou François Fillon, et si l’on a entendu Marine Le Pen interpeller Emmanuel Macron. L’exercice se prête peu à ces dérapages.

On ajoutera qu’il peut exister un véritable danger à jouer la carte de la polémique dans ces émissions. La présidentialisation d’un candidat ne passe pas forcément par une entrée dans la mêlée.

Marine Le Pen et Fillon évitent le pire

Les amateurs de saignée resteront donc sur leur faim. En particulier, les affaires ont été peu évoquées. Marine Le Pen et François Fillon s’en tirent à bon compte.

À de nombreux égards, François Fillon peut sortir satisfait de cette séquence audio-visuelle où il a pu parler économie et projet sans être renvoyé à ses scandales personnels. Beaucoup de Français auront vu un candidat déterminé, doté d’une vision économique et convaincu de la nécessité de la mettre en place sans état d’âme. Cette vision s’est détachée notamment sur la question de la sécurité où l’ancien Premier ministre a répété de façon assez courageuse que la création de postes supplémentaires ne pouvait être la seule façon de répondre à la montée du terrorisme.

De son côté, Marine Le Pen a au moins pu savourer sa participation à un débat qui marquait la fin de sa diabolisation. Il y a quelques mois encore, la perspective d’occuper le même plateau de télévision que ses adversaires ne coulait pas de source. Son discours a-t-il convaincu les indécis ? Rien ne le prouve, mais elle a en tout cas montré qu’elle n’avait pas commis de faux pas.

Attention à la présidentialisation de Hamon

Certains commentateurs ont pointé la relative discrétion de Benoît Hamon. Celle-ci peut l’avoir servi. Hamon, sans rien perdre de sa pugnacité, a en effet montré qu’il pouvait se situer au-dessus de la mêlée et modérer ses propositions pour éviter de diviser. Auteur de piques contre Marine Le Pen, il a assumé avec une certaine audace une ligne plutôt islamophile sur la laïcité, affirmant qu’il fallait protéger le droit des femmes à porter le voile.

Il n’est pas sûr que cette sortie le réconcilie avec les féministes, mais elle a marqué une vraie différence du candidat socialiste sur la question identitaire.

Macron et les spéculations de la presse

La performance d’Emmanuel Macron est probablement celle qui donnera lieu aux appréciations les plus divergentes. Certains organes de presse ont d’ores et déjà clamé qu’il avait été le plus convaincant. Dans la pratique, le candidat d’En Marche! a donné peu d’idées ou annoncé peu de mesures concrètes. À plusieurs reprises, il s’est même livré à des passes d’armes avec Marine Le Pen et à quelques piques contre François Fillon ou Benoît Hamon, dont il n’est pas certain qu’elles aient contribué à sa présidentialisation durable.

Il faudra voir dans la durée si ce type de stratégie est porteur.

Mélenchon tel qu’en lui-même

Reste la prestation de Jean-Luc Mélenchon, qui n’aura surpris personne. Moqueur, parfois drôle, rôdé au débat, Jean-Luc Mélenchon a occupé la scène, déversant sans relâche ses idées post-prolétariennes sur l’opinion. Là encore, de là à penser qu’il a convaincu, il existe une marge. La saturation du temps de parole et les points remportés dans les duels ne sont pas forcément garants de popularité.

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  • Cet article est une bonne analyse du débat.
    Emmanuel MACRON a démontré une nouvelle fois son aptitude à s’affirmer sans véritablement se déterminer: du grand art !!
    En somme votez pour moi après…vous verrez bien….

    • En même temps vu que la présidentielle élit un homme (ou une femme), et non pas un parti : il a raison.
      Regardons les compétences, les valeurs et le caractère.

      Le programme dépendra surtout du gouvernement qui sera en place (et des élections législatives).

  • Le meilleur commentaire que j’ai entendu ce matin sur BFM: sur 5 candidats, 3 sont dans le déni total de l’économie de marché, et donc de la réalité. Et ces 3 personnes pèsent plus de la moitié des votants, voici la terrible réalité de notre pays.

    • Sur les 5 candidats :
      – 1 confond le trésor public avec sa bourse personnelle ;
      – 3 sont des parasites qui n’ont jamais travaillés de leurs vies ;
      – 5 sont des collectivistes patentés.

      La terrible réalité de notre pays : c’est qu’il est foutu. C’est tout. Il faut s’y faire.

  • Les deux favoris des sondages ont été le centre d’intérêt des autres compétiteurs. Emmanuel Macron s’est montré moyen dans ce premier grand rendez-vous. Il a manqué parfois de concret dans ses propos. A trop vouloir rassembler, il a perdu de la définition dans ses propos. Trop techno! Marine Le Pen l’a bien senti en l’attaquant sur le vide de ses interventions. Mais la présidente du FN s’est montrée trop agressive et, passée dans l’excès, a enlevé toute la pertinence de son attaque.
    De manière générale, Marine Le Pen est apparue mal préparée et caricaturale en faisant porter tous les problèmes de la France à l’islam radical et à l’Union européenne. Volontiers cassante. Prompte à l’invective, parlant très fort. Elle a semblé très loin de l’image de présidentiable qu’elle s’était construite depuis deux ans. «La France apaisée» n’était vraiment qu’un slogan.
    Benoît Hamon est retombé, lui, dans les travers de ses formules toutes faites du «futur désirable». Il a bien essayé de s’autocongratuler en remettant une pièce dans le «revenu universel». Mais, de toute évidence, cette idée ne le fera pas décoller au-delà de 12% dans un pays avec 10,5% de chômeurs.
    François Fillon est sans doute celui qui a fait le meilleur débat.
    F. Fillon le plus souvent a laissé les autres s’écharper (et perdre du temps avec le chrono) sur les thèmes puis intervenait au final pour donner un point de vue argumenté sans être interrompu. En termes de forme, il s’est montré le plus président.

  • 3 candidats (Hamon, Mélenchon et Macron) ont affiché publiquement leur appartenance à la Sainte Eglise Réchauffiste et leur désir de réduire, voire de supprimer le nucléaire pour nous inonder d’EnR intermittentes, non pilotables et onéreuses. Le pire a été Hamon qui veut 100% d’EnR, s’appuyant sans doute sur un rapport débile de l’ADEME, nid d’idéologues de l’écologisme. Mélanchon a été un peu moins radical, et Macron est resté dans la ligne hollando-Ségolénien, qui est une catastrophe pour notre pays.

    Marine Le Pen n’a rien dit sur le climat et l’énergie (pour autant qu’il m’en souvienne).

  • Concernant ce débat, personnellement, ça a été assez clair:

    -Fillon, de loin le meilleur selon mes critères. Clair, précis, il a n’a rien concédé, quitte à se montrer froid. Si c’est un président que l’on cherche, sur ce débat, il est très au dessus. Si c’est un clown ou un personnage de série TV, c’est mort. Ce n’est pas un showman.

    -Macron, partagé. Il a été très bon, parfois, et d’autres fois, il m’a laissé dubitatif. Globalement, il a quand même bien réussi son coup. En tout cas, dans le jeu politique qu’est cette présidentielle, il a joué une partition tout à fait correcte.

    -Hamon, s’est ramassé. Je ne vois pas comment on peut lui trouver quelque allure de présidentiable. Il n’a rien dit, a tenté quelques polémiques et s’est éteint après ça. rien de précis, rien de clair, je serais incapable de vous dire quoique ce soit à propos de son programme. Du coup il a essayé de la jouer en mode Melenchon, le talent de ce dernier en moins. Il a donc logiquement souffert de la comparaison.

    -Le Pen, l’autre catastrophe de la soirée. Au début, on voyait avant leur entrée trois candidats calmes et deux nerveux qui jouaient des mains (Hamon et elle). Bah ça s’est vu ensuite. Elle a semblait en permanence mal à l’aise, à la limite de se mettre en PLS, ça cafouille, ça sue à grosse goûte, c’est la panique, on se fait attaquer, mais on ne se pas quoi répondre alors on reprend comme si de rien n’était après un petit flottement gêné… Heureusement pour elle, sa base est solide, elle ne devrait pas en pâtir pour le moment, mais c’est clair que c’était un crash aérien…

    -Mélenchon, Fidel à lui même. Il a pondu son paquet d’idioties habituelles, mais au final assez peu dans l’ensemble. Pire, j’ai même souvent été d’accord avec lui. Logique, puisqu’il a passé une bonne partie de la soirée à lancer des phrases qui sonnent, mais ne veulent rien dire. Un peu du genre « la guerre c’est mal ». Oui, on est d’accord. Bon. Et après? L’essentiel de son temps de parole s’est donc résumé à des punchlines et des assertions faciles et que personne ne contredira. Les rares fois où il a réellement pris position, c’était pour dire des conneries. Bref, un joli numéro de cirque, ça a fait rire tout le monde, mais au final, il n’a aucun programme, ou n’en a absolument pas parlé en tout cas, et s’est contenté de faire rigoler le public.

    • FILLON était sans doute le clown le plus cher de la soirée. Quand à sa série TV, elle n’a, heureusement pour nous, pas été renouvelée après cinq saisons. Les raisons étaient : un manque d’audience (de mémoire dans les 15 %) et des coûts de productions exorbitants (cela je m’en souviens bien : 600 milliards) …

      La réalité est que FILLON n’a ni l’étoffe d’un showman ni celle d’un président. C’est juste un clown. Mauvais qui plus est.

  • Moi, je n’ai pas regardé ce débat puisqu’il excluait les « petits candidats » qui ont probablement plus de choses à partager que les quatre populistes participants à cette récréation (j’aurais aimé que Fillon refuse de s’y plier). En tout cas, je suis convaincu de n’avoir rien raté.

    • Tiens une groupie ! Puisque vous êtes là,
      j’ai deux commentaires sur votre prose.

      1/ FILLON est un populiste comme les autres. Relisez donc ses propositions sur les « petites retraites » et sa prestation dans les DOM-TOM … A mourir de rire.

      2/ FILLON produit une prestation tellement médiocre (M. 600 Milliards est également M. 17 %) que le fait étonnant est qu’il fût, en premier lieu, invité à cette vaste blague.

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