Juppé : le plan B comme Bérézina ?

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Alain Juppé By: The Official CTBTO Photostream - CC BY 2.0

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Juppé : le plan B comme Bérézina ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 mars 2017
- A +

Par Serge Federbusch.

Chacun connaît le désespérant passage de la Bérézina qui entraîna la Grande armée dans un enfer glacé où Napoléon vit geler ses rêves d’unité européenne.

C’est ce douloureux rappel historique que François Fillon a convoqué il y a un mois pour dissuader les cadres et électeurs de droite de soutenir un plan B, une candidature alternative à la sienne. Depuis lors, sa débâcle au sens politique et tactique du terme n’a fait que se confirmer.

En cherchant du côté des victoires françaises qui commencent par la lettre B, on ne trouve guère que la bataille de Bir Hakeim, qui a toutefois fière allure.

Combat autour d’un point d’eau désaffecté au milieu du désert de Libye lors de la Seconde guerre mondiale, on y vit les forces de la 1re brigade française libre du général Koenig résister aux attaques de Rommel. Le répit ainsi gagné permit aux Anglais de triompher à El Alamein, un des tournants du conflit.

Juppé peut-il renverser la situation ?

Le retour de Juppé permettrait-il, comme quelques sondages le laissent penser, de renverser ainsi la situation au profit du champion de la droite et du centre ? Serait-il le point de retournement d’une campagne qu’on croit désormais perdue ?

Le principal argument en faveur de cette hypothèse optimiste tient à la détestation profonde de l’électorat de droite pour Hollande et ses clones, dont Macron est une parfaite incarnation. La droite « dure » ne voulait pas de Juppé et a voté Fillon lors des Primaires. Mais, face à l’hypothèse cataclysmique de cinq années de hollandisme « new wave », elle est prête à tout oublier et pardonner au fils spirituel de Chirac.

Juppé serait ainsi purgé de son péché originel, lavé des suspicions de complaisance face à « l’islamo-gauchisme ». Ce n’est plus « Ali Juppé » mais « allô Juppé » !

Juppé, candidat de substitution dont personne ne voulait

Au regard de ce puissant sentiment, il y a l’argumentaire que les Le Pen, Macron, Hamon et Mélenchon feront tourner en boucle : Juppé est un candidat de substitution, un ringard dont son propre électorat n’a pas voulu. Comment pourrait-il défendre un projet et des idées d’abord rejetées par ses troupes ? Qui croira à son « identité heureuse » dans une France où les haines et les rancœurs submergent tout, entre gauche et droite mais aussi à l’intérieur de chaque camp ?

Et puis les Républicains guidés par Juppé ne ressembleraient-ils pas à une légion de girouettes ? Prenons l’exemple de Valérie Pécresse, qui avait fait un parcours politique jusque là sans faute et qui s’est trompée à plusieurs reprises. D’abord en lâchant Fillon pour Juppé, puis en soutenant Juppé trop longtemps et désormais en le lâchant in extremis avec hypocrisie.

Toute cette affaire contamine l’ensemble des dirigeants de la droite « républicaine ». Ils n’en meurent pas tous mais tous sont désormais atteints.

Face à Macron et Le Pen, Juppé bénéficierait sans doute pendant quelques jours d’un effet de surprise et de dramaturgie. Mais ses faiblesses intrinsèques (âge, fatigue, ambiguïté face à l’islam réactionnaire, incarnation de la bourgeoisie étatique issue de l’Inspection des finances tout comme Macron) finiraient par remonter à la surface.

Comment Juppé pourra-t-il défendre le projet de Fillon ? Et quelle légitimité aurait-il à défendre celui qu’il portait lors des primaires ?

Bref, chaque jour qui passe est aujourd’hui porteur de surprises, d’étonnement, d’amusement et de désenchantement.

S’il y a un plan B qui soit dans cette folle campagne, c’est le plan « barge ».

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  • Je me souviens bien du « meilleur d’entres nous » qui en 1995, pour sa « bataille pour l’emploi » nous a pris 500 milliards de francs d’impôts dès son arrivée, cela se reproduira pour acheter la « paix sociale », cela ne vous rappelle rien ?

    • Moi aussi je m’en souviens bien, d’autant que le slogan de la campagne de Chirac était  » trop d’impôt tue l’impôt  »
      Et en ma qualité de bordelais, je peux vous dire qu’en matière d’impôts, on est très largement servi.

  • M. FILLON « trumpise » son intervention au JT de France 2 hier soir !
    Extraordinaire ! Au secours !
    Et oui, M. FILLON s’est saisi hier d’une fausse information
    ( ou « fake new ») diffusée par la porte-parole de Sens Commun :
    « On a annoncé le suicide de ma femme mercredi matin sur les chaînes de télévision. »
    Madame de JESSEY est présentée comme une fidèle de François FILLON.
    http://senscommun.fr/notre-mouvement/lequipe/
    L’intox est démontée en détail ici :
    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/l-intox-de-francois-fillon-sur-l-annonce-du-suicide-de-son-epouse_1886016.html
    Ce correctif a été repris ce matin par le journal de LCI.
    Je me frotte les yeux : après un parjure en public concernant sa mise en examen, voilà que maintenant François FILLON nous manipule au niveau émotionnel, avec un « goût » de vérité…
    François FILLON est constant dans chacune de ses interventions télévisées : il en fait trop.
    Oui, il est impossible de « faire feu de tout bois ». Vraiment, pas du tout crédible ce candidat !
    De même la manifestation du Trocadéro a réuni hier entre 35 000 et 40 000 personnes, et non les 200 000 à 400 000 participants annoncés hier, sur place. Convenons que ce genre de « gonflette » est devenue assez habituelle. Dans l’immédiat, ce candidat aura bien réuni les conditions pour ne pas représenter la droite et le centre au second tour des présidentielles.

  • Juppé : la garantie d’un chiraquisme mou (c.à.d. un grand moment d’immobilisme) Macron compatible…Une chose est sûre : si c’est lui je ne voterai pas pout les républicains !

  • Il ne sera pas un plan b ,il confirme ce matin qu’il ne se présentera pas..Parole d’enarque 🙂

  • Je constate surtout en écoutant mon entourage, que si on écarte Fillon, la majorité de ses suporters préférera voter MLP plutôt que Juppé, prototype du politicard has been et looser.
    D’autant qu’en matière d’honnêteté et de probité, lui a été condamné pour des faits avérés autrement plus graves que ce qui est éventuellement reproché à Fillon

    • Notons quand même que Juppé n’a – il me semble – jamais fait campagne sur la probité.
      Au moins avec lui on sait ce qu’il a fait, et il a déjà payé.

    • 1/ Ne vous inquiétez pas, les électeurs de JUPPE sont déjà partis chez MACRON. Cela expliquera (si on ajoute les électeurs de SARKOZY qui vont directement voter LE PEN), le score minable que fera FILLON dans un peu plus d’un mois.

      2/ En l’occurence, JUPPE est moins pire que FILLON puisqu’il a surtout servi de soupape pour CHIRAC et qu’il n’y avait pas d’enrichissement personnel dans les faits qui lui ont valus sa condamnation.

      3/ Mais continuez les gars : « Tous avec FILLON ». Le spectacle est trop beau. Voir la droite la plus idiote du monde dirigé par le candidat le plus idiot du monde faire encore plus idiot que la gauche la plus idiote du monde : c’est assez divertissant.

  • Certains prétendent pourtant que la Bérézina était une victoire française.
    Acculée contre le fleuve, l’armée impériale était promise à un anéantissement par ses poursuivants.
    Pourtant le génie a pu contruire des ponts in extremis et permis à toute l’armée de traverser, au nez et à la barbe de ceux qui les voyaient déjà éliminés.

    Mais certes cette bataille s’est déroulée en plein echec de la campagne de Russie, elle est beaucoup moins glorieuse que ne peut l’être Austerlitz…

    • Oui, c’est exact : la vraie victoire a été de trouver le gué, qui a permis de construire les deux ponts sur chevalets (les bateaux de franchissement avaient été brûlés par la Grande Armée quelques jours auparavant …)

      • Et aussi leurrer les forces Russes pour les attirer là où l’armée impériale n’allait pas traverser.
        Et couvrir le passage.

        Bataille très interessante

  • Le fond est juste, mais le support historique est erroné, car en franchissant la Bérézina (qui n’était exceptionnellement pas gelée), Napoléon échappe à Koutouzov qui n’aura jamais la possibilité d’obtenir une quelconque victoire !

    • Oui donc une défaite sans victoire: vous êtes impayables!
      Et cette campagne électorale est aussi croquignolesque, comme la campagne aux U.S.A.
      Ces discours, interviews, programmes ne sont que du cinéma: on a vu ce que Fr.Hollande avait fait de son programme et de ses « moi, président ». Vu de l’étranger, donc de plus loin, c’est plus les actions qui sont attendues pendant les les 100 premiers jours pour voir si ce sera la réforme énergique ou la gestion paresseuse événement par événement! On surveillera le chômage et la dette! Ça donnera une bonne idée. Je ne brûlerais pas Fr.Fillon tout de suite: on l’a vu lors de la primaire: il faudra voir la dernière ligne droite! La patience est plus rentable que les prédictions idiotes ou les sondages et de la presse à scoop’s et à mots malheureux dans les « petites phrases.

  • Bonsoir à toutes et à tous,
    Pourtant, militairement, la bataille de la Bérézina est une authentique victoire tactique (la Grande Armée aurait dû y être totalement anéantie …).
    C’est plutôt la « Belle Alliance » de Cambadélis qui illustrait une lourde défaite : « Belle Alliance est le lieudit situé au centre de l’armée française le matin de Waterloo …
    Et puis « B », c’est aussi Bouvines !
    😀 😀 😀
    Amitiés,
    Pierre

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