François Fillon, malgré les affaires, ne renoncera pas

François Fillon (Crédits Andrew Newton licence Creative Commons)

Ce mercredi, François Fillon a annoncé sa future convocation préalable à une mise en examen, qu’il a dénoncée comme politique. Il a également réaffirmé avec force sa détermination à poursuivre la campagne présidentielle.

Par Frédéric Mas.

Ce mercredi 1er mars, François Fillon devait se rendre en début de matinée au salon de l’agriculture, ce rendez-vous politique devenu passage obligé pour tous les hommes politiques en campagne. Seulement, sur les coups de 8h, son staff signale l’annulation de sa visite et la tenue d’un point presse à son siège de campagne à Paris à 12h le jour même.

Toute la matinée, des rumeurs circulaient sur son possible retrait de la campagne présidentielle au profit de son adversaire de la première heure, Alain Juppé, et cela malgré les démentis des proches de ce dernier.

Mise en examen de François Fillon

Avec ½ heure de retard, le candidat de la droite et du centre a annoncé avoir été convoqué par les juges le 15 mars prochain afin d’être mis en examen. François Fillon a déclaré être la victime d’une forme d’acharnement judiciaire pour des détournements d’argent public inexistants.

Il s’est inquiété de la rapidité avec laquelle, de l’enquête à l’information judiciaire jusqu’à la mise en examen, se comporte la justice à son endroit. Il a également fait part de son étonnement dans le choix de la date : sa convocation tombe deux jours avant la remise des signatures nécessaires à la poursuite de la campagne, ce qui, à ses yeux, ne constitue pas un hasard de calendrier.

Démocratie contre les juges

François Fillon a repris avec plus d’insistance encore que lors de ses déclarations précédentes, le langage de la démocratie bafouée contre une justice soupçonnée de poursuivre des fins politiques. En effet, il a à plusieurs reprises opposé sa légitimité démocratique à celle de procédés juridiques entachés de partialité. Il s’est même présenté comme le véritable défenseur de l’État de droit contre une instruction qu’il dit à charge.

L’occasion fut aussi pour lui d’insister : il ne se retirera pas de l’élection présidentielle.

François Fillon s’en est pris aussi à ses concurrents directs sans toutefois les nommer directement, stigmatisant la folle aventure de l’extrême droite et la continuation politique du hollandisme (à travers le candidat Emmanuel Macron).

Pour conclure, nous pouvons ici signaler que l’intervention de François Fillon visait essentiellement à deux choses :

  • Tenter de désamorcer les effets médiatiques et politiques de sa prochaine mise en examen ;
  • Recentrer sa communication de campagne en lui instillant une coloration plus populiste, en se faisant défenseur du peuple et de la démocratie contre ceux qui souhaitent confisquer l’élection à leur profit (les élites et les médias).