Défendre la France des Lumières et des sciences, un programme pour aujourd’hui

Déclaration des droits de l'homme

Une « Résolution sur les sciences et le progrès dans la République » a été adoptée le 21 février dernier. Mais nos hommes politiques font-ils vraiment tout pour protéger la science du relativisme ambiant ?

Par Marcel Kuntz.

Le 21 février 2017 a été discutée et adoptée à l’Assemblée Nationale une « Résolution sur les sciences et le progrès dans la République », à l’initiative de M. Bernard Accoyer (LR) et M. Jean-Yves Le Déaut (PS), une proposition également déposée par Mme Dominique Orliac pour le PRG.

Ce texte part du constat « que la France, héritière d’une longue tradition scientifique, rationaliste et de la philosophie des Lumières, a toujours incarné le progrès et la science au service de l’humanité ». Il constate « que l’expertise scientifique n’est plus assez prise en compte dans les processus de la décision politique ». Et conclut par une invitation au « Gouvernement à donner plus d’importance aux études et rapports de l’OPECST dans l’élaboration et le suivi des politiques qui impliquent la science ou ses applications ».

Ce  texte a été voté par les trois groupes qui l’ont déposé. On notera tout d’abord, à un moment où les médias découvrent le concept de « post-vérité », que ce vote n’a pas retenu l’attention desdits médias… Il est vrai qu’ils réduisent ce concept au Brexit et à Trump, sans voir qu’il s’impose depuis des années aux faits scientifiques et techniques sous la pression de l’écologie politique et d’une certaine caste de sociologues prétentieux.

On lira également avec intérêt la discussion générale commune qui a précédé le vote. M. André Chassaigne (PCF) y déclare qu’ « il n’est pas possible d’occulter les douloureuses expériences du XXe siècle, qui nourrissent encore aujourd’hui la suspicion quant aux vertus du progrès scientifique et technologique – même si chacun peut, bien évidemment, en mesurer aussi les bienfaits ». Il ne s’agit pas là d’une critique, qui serait justifiée, d’une pensée de l’émancipation issue des Lumières devenue folle (l’exemple le plus meurtrier ayant été le communisme…). Non, la suite nous éclaire : « les découvertes scientifiques peuvent être mises au service d’une soif de destruction, de projets insensés menaçant directement l’avenir de l’humanité », et M. Chassaigne de pointer « Hiroshima ».

Le déni de réalité des politiques

Au-delà de cette Résolution, nous pouvons donc penser qu’il ne suffira pas de donner plus d’importance à l’OPECST. Un problème est, et restera pour quelque temps encore, le déni de réalité d’une partie importante du spectre des mouvements politiques dits « républicains ». Les programmes de nombre de candidats à la fonction de Président de la République en attestent…

La déconstruction postmoderne des Lumières en est un autre. Il est indispensable de déconstruire les déconstructeurs et leur lot de culpabilisation (« Hiroshima », mais aussi le colonialisme, l’esclavagisme, etc.), de repentance et autre bien-pensance. Malheureusement, et là nous revenons au déni de réalité, une Résolution parlementaire appelant à voir ce que l’on voit (Péguy), ce qui est pourtant indispensable si la France ne veut pas glisser vers le déclin et peut-être la guerre civile, ne pourrait aujourd’hui faire l’objet d’un consensus aussi large que celui obtenu par la présente Résolution sur les sciences et le progrès dans la République.

Amis « progressistes », encore un effort !

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