Fillon : un politique comme les autres ?

Comment passe-t-on de la joie du « il n’est pas comme les autres » à l’amertume du « tous pourris » ?

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François Fillon By: European People's Party - CC BY 2.0

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Fillon : un politique comme les autres ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 janvier 2017
- A +

Par Philippe Bilger.

comme les autres
François Fillon By: European People’s PartyCC BY 2.0

Une histoire de la morosité démocratique serait à écrire. Elle ne s’attacherait pas au grandiose et à la radicalité de projets trop souvent trahis par des reniements invoquant le réel pour se donner bonne conscience. Elle viserait seulement à décrire, sur le plan de la personnalisation politique, ce glissement quasiment inéluctable du « il n’est pas comme les autres » au triste « il est comme les autres ».

D’abord, l’enthousiasme

D’abord il y a l’enthousiasme, l’éclatante certitude que cet homme ou cette femme qui sollicite nos suffrages n’est évidemment pas comme les autres. Qu’avec elle ou avec lui, tout sera différent puisqu’il, ou elle l’est.

L’effervescence de la campagne, la fraîcheur de promesses qui semblent être proférées pour la première fois, l’affirmation d’une singularité. Quelle intelligence, quel talent, quelle éthique, quelle aura ! Il ne peut pas être comme les autres.

Puis après la poésie des espérances, la prose des retombées, l’intendance, l’inadmissible intrusion du concret dans le rêve, les discussions, les négociations, les replis. Tout de même, il résiste. Il n’est toujours pas comme les autres.

Puis les doutes

Arrive le temps des rudes débats, des contradicteurs qui le prennent pour un adversaire ordinaire, le critiquent vigoureusement, le mettent en difficulté, lui parlent de son passé, des échecs de sa vie publique ou au contraire de son inexpérience. Il se défend bien mais affleure cependant l’amorce d’un soupçon, d’un doute. N’est-il pas comme les autres ? On n’est pas sûr mais l’exaltation est dissipée et on ne le considère plus de la même manière. Si on continue de croire en lui, c’est plus par volonté que par conviction.

L’inquisition médiatique s’est mise en branle. On ouvre les tiroirs, on fouille dans les poubelles, on exploite les aigreurs et les jalousies, les proches ne sont pas oubliés, on va chercher sous l’apparence d’une vie irréprochable, derrière l’intégrité proclamée les failles, les transgressions, les indélicatesses, les malhonnêtetés banales. On détruit la statue. Cette personnalité qui se présentait comme unique, on éprouve l’envie de la placer dans le troupeau. Et le citoyen déjà revenu de ses élans d’origine est contraint avec inquiétude, presque avec angoisse, de se questionner : mais au fond ne serait-il pas comme les autres ? Certes il se défend bien, proteste de sa bonne foi, tente de se justifier tant bien que mal. L’estime n’est pas totalement enfuie mais la grâce s’est dissipée.

La chasse continue. Chaque jour apporte son lot de piqûres et d’atteintes. La justice avec ses gros sabots montre que parfois elle sait aller vite. L’enthousiasme se meurt, on se retient au bord du gouffre. C’est pour soi qu’on a encore envie de croire un peu qu’il n’est pas comme les autres.

Les désillusions

Enfin on chute et on le fait chuter avec soi. Le déplorable constat crève les yeux et l’esprit. Il est comme les autres et on a été des imbéciles de s’imaginer que la politique pouvait être autre chose et qu’elle ou lui sauraient échapper à la malédiction commune. La banalité les a ensevelis sous sa grisaille mélancolique.

On ne revient jamais de l’enfer de cette désescalade.

La morosité démocratique est simple à expliquer. Elle tient à l’implacable et traumatisant déclin de la joie du « il n’est pas comme les autres » en l’amertume républicaine ou, pire, sommairement populiste du « tous pourris », du définitif et navrant « il était comme les autres ».

La dépression civique nous a saisis. C’est fini.

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  • comment peut on être différent des autres quand on sort du même moule ?….

    • Il faut changer la matière qui est dans le moule. C’est elle qui est pourrie.

    • Si le Penelopegate se confirme, on peut dire que Fillon entrerait quand même dans la catégorie des personnes politiques plus gerbantes que la moyenne.

      • En quoi ?
        Comme près d’un député sur quatre (au moins, c’est juste pour ceux où ça se voit car même nom) il a employé quelqu’un de sa famille proche. Il a utilisé des fonds qui sont dédiés à payer quelqu’un pour assister le député à payer quelqu’un qui l’a assisté comme député… Qu’elle ne l’ait pas aidé plus que ça et pas franchement travaillé ne change rien : ça montre juste que les autres assistants sont soit inutiles, soit inefficaces, soit que Fillon bossait comme deux.

        Si on se fie à ce que les média à charge et à décharge disent, les politiciens de droite sont tous gerbants, ou super-gerbants, voire fascistes. Et les politiciens de gauche des saints. Même et surtout s’il font exactement pareil. Le vrai « Penelopegate » est là. Un retour au « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » mais « puissant ou misérable » remplacé par « obséquieux avec les médias -de gauche- financés par les impôts ou un peu moins ».

        Bref, en l’occurrence il semble s’en prendre plus plein la figure que la moyenne parce qu’il est (un peu) moins gerbant que la moyenne.

        Ce qui ne supprime pas le fait que TOUS les politiques dans notre système sont gerbants. Puisque tous sans exception veulent du pouvoir pour décider à la place des autres ce qui va être fait de l’argent volé aux citoyens. Ceux qui veulent réduire un peu la part de prédation sont moins gerbant par définition, même s’il faudrait juste la supprimer.

        • « Comme près d’un député sur quatre… »

          Ne faites donc pas semblant d’ignorer que ce qui est reproché à Fillon et son épouse, ce n’est pas que le premier emploie la seconde comme assistante parlementaire. Puisque – même si c’est assez peu élégant, voire même discutable au vu des montants dont il est question – ce n’est pas illégal comme manière de faire. Ce dont est accusée l’épouse de Fillon, c’est d’avoir coûté €500 000 au contribuable sans que celle-ci ne fournisse aucun travail en échange. Si l’emploi fictif est avérée, Pénélope Fillon peut être mise en examen pour recel de détournement de fonds publics ou pour concussion.

          Or il se trouve que Fillon a basé une bonne partie de sa campagne sur le retour de l’éthique en politique et la fin des abus au dépens du système. Si le Pénélopegate (ou une des cinq autres « affaires » qui collent aux basques de Fillon) se révèle vrai, on pourrait dire que le candidat de la droite à la présidentielle aura fait preuve d’un cynisme particulièrement crapuleux. Le classant parmi les grosses pointures des pourritures qui peuplent le microcosme politique.

          fillon

      • Comment cela plus gerbant que la moyenne ❓

        Vous n’y êtes pas, ils sont TOUS A GERBER, A VOMIR, SANS EXCEPTION.

  • Et une fois qu’on a constaté qu’ils sont tous pareils, on fait quoi? Notre pays n’est-il pas victime d’un manque de réalisme, de cet idéalisme qui voudrait que les dirigeants et les élus ne soient pas faits du même bois que chacun de nous?
    Enfin cette histoire pose le problème des médias et de leur indépendance, et plus largement du plaralusme dans notre société. Et c’est terrible aussi, de devoir se poser la question de l’indépendance de la justice…

    • Nous pourrions commencer par regarder ce qu’il se fait dans d’autres pays….l’Italie par exemple où il est interdit d’embaucher un parent jusqu’au 4éme degré c’est déjà pas mal. Quant aux médias je ne vois pas où vous voulez en venir. Par contre je veux bien que vous me donniez la définition du mot « plaralusme » svp, il est toujours bon de se dire que l’on apprend à tout âge

      • Belle interdiction ! En gros, si les Fillon s’étaient contentés de concubinage, vous ne leur reprocheriez rien ?
        Il est essentiel que les politiciens puissent être jugés sur leurs résultats, et pour cela disposer d’une « liste civile » raisonnable et de l’emploi de laquelle ils seraient totalement libres. En échange et pour épargner les finances publiques, on pourrait réduire leur nombre et sanctionner sévèrement les manquements, comme les absences en séance.

        • +1000

          Ils confondent interdiction et efficacité. Comme de bons socialistes. Et comme leurs potes socialistes, la classe sournoise trouvera toujours des astuces pour contourner les lois.

          Rien n’interdit d’exiger un casier judiciaire vierge (voir la pétition sur Contribuables associés), ou de limiter le nombre de ces nuisibles. C’est sans doute plus réaliste.

          • Ou encore d’exiger des budgets équilibrés, si ce n’est pas le cas, référendum, avec uniquement 2 choix exclusifs :

            1) augmentation d’impôts.
            2) coupes dans les dépenses.

            Rien que cela, cela leur fera passer le coût du gratuit. Et l’on ne nous mentira que très peu.

            • Je ne vois pas en quoi imposer des budgets équilibrés empêcherait de financer des emplois fictifs comme celui de Penelope Fillon.

              Et il ne faut pas oublier que la base de notre société reste l’assistanat… couper dans les dépenses, c’est diminuer l’assistanat.

      • Excusez-moi, pluralisme…

      • Le vrai problème est que les députés puissent embaucher, sur fonds publics, quelqu’un. Qu’ils aient des aides, oui, mais sur leurs fonds. A la limite on supprimerait l’hypocrisie du système actuel en leur versant un salaire complet comprenant de quoi payer un assistant 2000€ par mois, et libre à eux d’en embaucher un plus cher que ça en payant sur leur richesse personnelle/leur salaire, ou de n’embaucher personne et de garder l’argent.

        C’est d’ailleurs plus ou moins comme ça que la plupart des députés voient le système actuel, et c’est ce qu’on reproche à Fillon (mais pas aux autres, qui ne sont pas présidentiables et presque un peu libéraux sur les bords… ils ne menacent pas le système, le système ne les attaque pas).

  • Ouf! Hamon lui,n’est pas comme les autres

  • Le problème n’est pas que Fillon et consorts soient un peu pourris, mais qu’ils soient pourris lâches et nuls. Un type pourri avec des idées vraiment libérales et qui tiendrait bon face aux syndicats m’irait très bien. Fillon à peine élu à la primaire par la fraction la plus à droite du corps électoral, (economiquement libérale et sociétalement conservatrice), raconte qu’il veut plus de sécurité sociale (donc socialisme)et refile sa circonscription à la libertaire NKM…en cela il est pleutre comme les autres( Chirac, Sarkozy…). Il faut que la dite droite renonce au pouvoir tant qu’elle n’aura pas travaillé en amont à un programme vraiment libéral économiquement et élaboré une stratégie pour promouvoir le vrai libéralisme dans les médias : fin du monopole de la sécurité sociale et de l’éducation nationale, retraite par capitalisation…tout en étant ferme sur les sujets régaliens : sécurité, immigration, défense….bref tant qu’elle ne sera pas…de droite!

    • D’accord avec vous. L’essentiel est de commencer à aller dans le bon sens. Le mieux est parfois l’ennemi du bien quand il ne peut pas être mis en place.

  • Vous êtes bien aimable M. Bilger, mais il eût été préférable que votre article soit écrit à la première personne du singulier. L’enthousiasme ne fût que le votre, tout comme la déception, au sujet de F. Fillon.

    Une primaire qui n’est qu’une émission de télé réalité, de laquelle émerge un improbable candidat, F. Fillon pour la droite, objet du rejet de ses colistiers, très vieux cheval de retour, 40 ans en politique, opportuniste et clientéliste comme seul le biotope politique français sait en produire.
    Wikipedia révèle le CV de votre messie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Fillon Et sauf à faire preuve d’un aveuglement idéologique total, ou pis encore d’un soutient tout autant partisan qu’inconditionnellement malhonnête, je ne vois pas bien comment vous avez pu accorder un quelconque crédit à ses propos.

    Si un doute vous étreint encore, il suffit d’observer l’attitude de F. Fillon suite aux révélations du Canard Enchaîné : lamentable : « Misogynie », « complot », « boules puantes », « un seul compte au Crédit Agricole », « je suis honnête », le tout exprimé avec un air de cocker dépressif.
    Si son épouse n’a pas bénéficié d’un emploi fictif, s’il est l’honnête homme qu’il claironne être, qu’il expose à la vue de tous les preuves d’un emploi si hautement rémunéré, en 8 ans, les preuves sont faciles à produire. Quant à sa société de conseil, opportunément montée quelques heures avant d’être député (après il ne pouvait plus), ne laisse aucun doute au fait qu’il a insidieusement profité de sa position d’élu pour encaisser des prestations que par ailleurs d’aucuns ne lui verseraient le montant d’un carambar.

    Les similitudes avec le Fillon 2017 et le Hollande de 2012 sont troublantes : candidats désignés par rejet sur lesquels beaucoup ont projeté leurs illusions, bonimenteurs plus que tribuns, sans charisme, sans l’étoffe de chefs. Désignés et élus sur un malentendu.

    Peut être qu’il est temps que le débat se débride, qu’un chat soit appelé un chat, que les désirs ne soient plus pris pour des réalités, que comme le disait à juste titre le blogueur H16 soient mises en place des solutions visant à la séparation de l’argent et des politiques.

    Les héros se révèlent en temps de guerres, les mains libres, ces chefs charismatiques usent et abusent de leur autorité, tranchant dans le vif, s’évitant les débats, car ces heures troubles s’accommodent mal des mains tremblantes. Ces leaders ne le sont que le temps de l’exception.
    Dans la vie courante, il est admis que des De Gaulle ou Churchill, pour ne parler que d’eux, ne sont pas les meilleurs dirigeants, preuve en est leurs échecs politiques indépendamment de leur immense stature d’hommes providentiels.

    Croire qu’un élu, qu’il soit de gauche, de droite, du centre, puisse changer la donne relève de l’utopie, surtout dans monde global qui ne laisse que peu d’initiative au local, dans lequel la gestion est devenue, hélas et peut être aussi tant mieux (eu égard à ce que l’état prélève), le pivot central de nos sociétés.

    C’est la réforme de nos institutions qu’il faut amorcer, pas la notre, comme le suggère la totalité des programmes.

    Il faut casser le moule de Sciences Po et l’ENA, usines du vide. Il faut limiter les mandats d’élus dans le temps, un élu devrait être issue de la société civile et la totalité de ses mandats ne devrait pas excéder plus de 15 ans. Il faut mettre fin au carriérisme en politique. Puisque le monde est à la transparence, celle d’un élu doit être totale, en ce compris l’achat de son papier cul, non par déclaration « spontanée » mais par une comptabilité accessible en ligne (comme toutes sociétés…). Il faut que les sanctions relatives aux abus de biens publics fassent l’objet d’une sévérité implacable et particulière écrite dans le marbre des lois prévoyant : déchéance à vie des droits civiques, de facto l’interdiction à vie d’exercer un autre mandat électif, remboursement intégral des sommes détournées avec un multiple de deux à minima, 10 ans de prison ferme, en peines plancher.

    Avec de la rigueur, celle que s’évitent consciencieusement de s’appliquer nos élus, et un peu de logique, nous aurions pas un monde rêvé mais à tout le moins des élus qui le seraient dans la conscience du service de l’état et non d’intérêts particuliers.

    L’essence du politique n’est pas d’agir au nom de préceptes mais de servir le bien commun. Que ceux qui s’y risquent soient habités par cette exigence, les autres n’ont qu’à jouer à la marelle.

    • « Si son épouse n’a pas bénéficié d’un emploi fictif, s’il est l’honnête homme qu’il claironne être, qu’il expose à la vue de tous les preuves d’un emploi si hautement rémunéré, en 8 ans, les preuves sont faciles à produire. »

      Non, ce n’est pas comme ça que la justice marche en France : ce n’est pas à l’accusé de prouver son innocence, mais bien à l’accusation de prouver sa culpabilité !
      Il existe une chose en France qui s’appelle la présomption d’innocence, car jusqu’à présent, le Canard Enchainé n’a produit aucun document étayant leurs dires.

      • « …ce n’est pas à l’accusé de prouver son innocence… »

        Comme on ne peut pas apporter de preuve négative, c’est bien à Penelope Fillon d’apporter la preuve qu’elle a bien travaillé comme assistante parlementaire. Comme elle ne se « souvient » même pas d’avoir signé de contrat, on se dit que c’est mal parti pour elle – qui n’avait ni badge à l’Assemblée, ni email professionnel, etc.

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