Cette Sécu qui nous coûte très cher

Le financement public est souvent invisible : peut-on sous ce prétexte, gaspiller cet argent ?

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Cette Sécu qui nous coûte très cher

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 janvier 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Cette Sécu qui nous coûte très cher
By: Images MoneyCC BY 2.0

C’est sur le champ de la Sécurité sociale que l’ironie de l’actualité confronte une nouvelle fois la cécité et l’autisme des discours officiels avec les terribles constats de la réalité. Malgré tous les dénis qui émaillent les propos de l’élite technocratique, l’implosion de notre Sécurité sociale, due aux limites mêmes de son organisation et de sa logique, est évidente. Et malgré l’évidence de cet épuisement systémique, le discours officiel n’en continue pas moins à chanter, envers et contre tout, ses bienfaits.

L’épidémie de grippe qui bloque tout

La polémique a enflé, ces derniers jours, jusqu’à devenir explosive et mettre la ministre en difficulté. L’épidémie de grippe sévit. Elle touche plus de 800 000 Français. La plupart d’entre eux ont été traités par leur médecin de ville. Mais, face à la gravité de la maladie, dans un certain nombre de cas, les malades ont terminé aux urgences des hôpitaux.

Et soudain, le pays a compris son extrême fragilité face à une épidémie dont on savait pourtant, depuis longtemps, qu’elle sévirait durement. L’hôpital public s’est bloqué en quelques jours, face à l’afflux de patients. La ministre a même demandé aux hôpitaux de repousser les opérations non urgentes.

Des mesures d’urgence pour les hôpitaux à Paris

La situation est devenue si tendue, si inquiétante, que les hôpitaux parisiens ont bénéficié d’une mesure d’exception :

On le voit, par « décision » ministérielle, les hôpitaux parisiens peuvent déroger au plafond réglementaire d’heures supplémentaires. Venant d’un gouvernement qui a prôné la négociation d’entreprise en matière de durée du travail, le moment fait sourire.

Martin Hirsch demande la suppression des complémentaires

Après avoir subi une longue grève des personnels, le directeur général de l’Assistance Publique parisienne en redemande. Il prône la suppression des organismes complémentaires de remboursement des soins et une « nationalisation » de la dépense de santé par l’assurance maladie. Il pourrait pourtant constater au quotidien le naufrage de ses services et le risque sanitaire que présente une telle mesure.

La Sécurité sociale coûte très cher

Rappelons quand même que ce naufrage transformé en modèle indépassable par la technostructure coûte extrêmement cher à la prospérité du pays. Comme le rappelle très justement le haut conseil du financement de la protection sociale dans une note publiée la semaine dernière, les employeurs français sont ceux qui participent le plus au financement de la protection sociale dans leur pays. Il s’agit là d’un facteur qui entrave fortement la compétitivité de nos entreprises.

On mesure aujourd’hui l’ampleur du gâchis. L’hôpital public est un désastre parce que ses organisateurs bénéficient d’un financement assuré et pour ainsi dire invisible. Ce sont les « méchants » patrons qui paient. On peut donc se permettre d’y gaspiller l’argent. Le problème est que ce gaspillage se fait aujourd’hui au détriment des patients et de la santé des Français.

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  • http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.XPD.TOTL.ZS
    En %du PIB les dépenses de santé ne sont pas plus cher en France que dans les autres pays de l’OCDE (pareil que l’Allemagne avec son système de mutuelle très efficace) et 6 point de moins qu’au États Unis qui par dessus le marché exclue 30% de la population pour un résultat moindre (espérance de vie, maladies infantiles…). Après on peut réfléchir à qui paye : l’entreprise via les cotisations sociales, ou le consommateur via une augmentation de salaire qui compense, mais d’un point de de la dépense c’est à peu près neutre.

    • Il n’y a que peu de corrélation entre les dépenses de santé en pourcentage de PIB et l’espérance de vie (r 0.31). Par contre le PNB/hab est bcp plus corrélé (r 0.77).
      Moralité: une politique anti libérale est mauvaise pour la santé publique.

      http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BilanEssai?codetheme=2&codeStat=NY.GDP.PCAP.KD&anneeStat1=2010&optionGraphique1=avec&logsUni=sansLogUni&codetheme2=3&codeStat2=SP.DYN.LE00.IN&anneeStat2=2010&couleurGraphique=Vert&taillePolices=10px&langue=fr&noStat=17

    • Ce n’est jamais l’entreprise qui paye. C’est soit le consommateur, soit l’actionnaire, mais jamais l’entreprise.

    • Vous faites une drôle d’analyse de votre lien. La France a actuellement le 8° plus gros taux de Dépenses de PIB. 4 au dessus sont des iles qui représentent a eux quatre 500000 habitants max. Et en plus je doute qu’ils aient un PIB comparable au notre.
      Donc en gros votre comparaison c’est  » tant qu’on est pas les derniers de la liste, pourquoi s’inquiéter, surtout qu’on aura du mal à battre les Etats Unis. » Bel esprit de l’économie.

      Voilà une analyse inverse: à 2000M€ de PIB, descendre de la position 8 à 20 (Soit le Canada, pas le pays le plus délabré du monde question santé) nous fait gagner 1° de Pib, soit 20M€ ou enfin passer sous la barre des 3% de déficit, si on considère que la santé est remboursée à au moins 50% au global. (dans notre pays c’est une petite considération 🙂 ).
      On peut voir plus loin, et folie, passer à 9.5% soit l’Australie, 30° au classement. Ca devrait pas être dur vu qu’on est plus de 30° un peu sur tout déjà. Folie, 40M d’euros par an en plus d’économisé pour le PiB, et donc 20 pour l’Etat. une gestion santé de 11% à 9%, nous ferait revenir dans un état acceptable question finance. Et bien des entreprises de nos jours ont fait démonstration de réaliser une reduction de dépense de 15% en un temps court, on attend toujours de l’Etat qu’il fasse de même dans au moins un sujet qu’il contrôle.

      Un petit indice pour gagner 15% sur mon expérience perso: ne pas avoir affaire à ONZE personnes aux urgences pour un choc anaphylactique, et 4h d’observation, quand la résolution s’est bornée à 4 solupred et un aller retour aux commodités. C’est vrai qu’on est bien pris en charge quand le sujet est un peu « chaud », mais si on doit dépêcher un quart des urgences pour une allergie, j’imagine pas pour un accident moto.

    • Je me suis toujours pose la question de la pertinence de telles comparaisons. Par exemple si on prend la formation des médecins. Aux US les médecins payent leur formation et du coup la refacturent dans le prix des soins, donc elle entre dans la part de PIB liée aux dépense de santé. En France la formation est gratuite (pour le futur médecin) , du coup son coût n’est il pas plutôt pris en compte dans la part de PIB liée à l’éduction? Quelqu’un a t’il la réponse?

      • Les internes et les externes ont le statut d’agent public et sont rémunérés par les hôpitaux,leurs rémunérations entre dans les dépenses de santé.

        • Exact. Et ils sont payés au lance-pierres. Pour les externes cela se défend. Pour les internes c’est scandaleux. C’est sur eux que repose une grande part de l’activité des hopitaux. Si on les payait correctement le budget des hopitaux exploserait…

          • Les élèves infirmiers stagiaires sont eux aussi payés au lance-pierres, ils n’ont même pas droit au 500€ mensuel car la formation est ainsi faite qu’ils ne font pas de stages de 3 mois.
            En dernière année un infirmier stagiaire touche 40€ par semaine et les montants n’ont pas été rehaussés depuis 2001.

    • Un pourcentage ne permet pas de savoir si c’est cher. Il ne dit rien du service rendu pour ce prix. Si le service est nul, n’importe quel taux sera hors de prix.

    • Après on peut réfléchir à qui paye : l’entreprise via les cotisations sociales, ou le consommateur

      L’entreprise n’a QUE l’argent des citoyens-client en entrée et elle ne produit QUE trois choses en sortie: des biens, des emplois et des salaires.

      Imposer l’entreprise n’a que trois effets possibles :
      -Augmenter le prix des biens des citoyens. (Impôt en plus donc, mais qui flingue la compétitivité des entreprises au passage)
      -Diminuer les salaires des citoyens.
      -Diminuer le nombre d’emplois.

      Appauvrissement, assèchement du marché du travail et explosion des charges sociales (du contrôle de l’état, des flux d’argent qui se « perdent » dans la bureaucratie, etc., etc.)

      Actuellement, la France socialiste est le pays d’Europe qui taxe le plus les entreprises. C’est comme si un agriculteur tabassait ses arbres fruitiers, les accusait ensuite de ne plus donner assez de pommes et finissait par faire crever de faim tout le monde. Il y a vraiment des claques qui se perdent.

    • Vu que c’est votre entreprise qui paye votre salaire, tout ce que vous dépensez c’est votre entreprise qui paye en définitive! Vous avez du mal à comprendre cela?

  • Voter à gauche c’ est comme choisir un alcoolique pour surveiller sa cave à vin………..

  • Dire que ce sont les « méchants patrons » qui payent est un raccourci. Ils collectent.
    En réalité, ce sont les salariés qui payent mais ils ne le savent pas car on leur fait croire qu’il existe des charges « patronales » qui n’ont de patronales que le nom. Dès qu’un salarié quitte une entreprise, celle-ci ne cotise plus pour le compte du salarié, même pour les charges dites patronales. C’est bien que ces charges sont liées à l’activité du salarié car pour le remplaçant qui aura un salaire différent ou un statut différent pour diverses raisons, le montant des charges patronales ne sera pas le même…
    On vous vole Messieurs, Dames les salariés et ce n’est pas votre « méchant patron » mais la « gentille sécu »…

  • Vous mélangez allègrement Sécurité Sociale et hôpitaux publics, ce n’est pas tout à fait la même chose…
    Si on regarde au niveau de la Sécurité Sociale, son coût de fonctionnement est de moins de 4% tandis qu’il est en moyenne de 17% pour les mutuelles privées. La Sécu est donc vraiment peu chère et beaucoup plus efficace que le privé!

    • Bonjour Pierrot

      L’assurance maladie (et non la sécurité sociale, vous aussi vous mélangez) aurait 4% de frais de fonctionnement mais les FSE sont faite par les médecins pharmaciens etc.. et par les hôpitaux publics et privés.
      Je dirait plus, l’assurance maladie n’a pas assez de frais de fonctionnement car elle rembourse sans contrôle, contrôle qui coûte cher.
      On est dans la dépense sans frein, un assuré peut consulter autant de médecins qu’il veut.
      Faite pareil avec une assurance auto, vous aurez du mal.

    •  » Les frais de gestion de l’assurance maladie obligatoire (4%) sont bien moindres que ceux des mutuelles. Mais cette comparaison n’a pas de sens. Contrairement aux mutuelles, les caisses primaires n’ont pas à leur charge la perception des cotisations, ce sont les Urssaf et l’Etat qui le font. La Sécu n’a pas non plus à « aller chercher » ses bénéficiaires puisqu’elle n’a pas de concurrent. Ces 4% ne comprennent pas les services de prévention ou d’action sociale. Autre différence : l’assurance maladie n’est pas, comme les mutuelles, taxée à hauteur de 13,27%, dont 6,2% consacrés à financer la CMU complémentaire. »

      Source: https://www.mutualite.fr/actualites/Frais-de-gestion-des-mutuelles-Vrai-Faux/

      • fm06,

         » Autre différence : l’assurance maladie n’est pas, comme les mutuelles, taxée à hauteur de 13,27%, dont 6,2% consacrés à financer la CMU complémentaire. »

        Jusqu’à plus ample informé , ce n’est pas , in fine , la chère mutuelle qui finance la CMU complémentaire , mais le bienheureux assuré …

  • Par manque de courage, aucun candidat à la présidentielle (mêmes les plus « libéraux », Macron et Fillon) ne propose la suppression du monopole de la sécurité sociale, usine à gaz datant du pacte Gaullo-communiste de 1945, qui tue notre compétitivité économique, inonde nos artisans et professions libérales de tracasseries administratives, spolie les salariés via un impôt à la source inique appelé charges « patronales » et « salariales », tout en les déresponsabilisant, et pour finir participe de notre dette abyssale (la CRDS existe toujours!)
    Par ailleurs cela décourage les meilleurs médecins libéraux dont les tarifs sont bloqués depuis 20 ans, les obligeants à faire des « dépassements », alors que les mauvais, voir dangereux auront toujours des patients si ceux-ci ne paient rien.( Ex perso un oncle insuffisant rénal connu s’est vu prescrire des anti inflammatoires toxiques pour les reins pdt une semaine par son médecin, il reconnait que son médecin traitant est mauvais mais ne veut pas en changer car il n’est pas cher, donc totalement remboursé).

    Il faut que les Français retrouve une grande partie de leur salaire avant cotisations sécu et qu’ils en fassent ce qu’ils veulent pour leur santé ou leur retraite. La vraie concurrence entre assureurs privés et entre professionnels de santé qui s’en suivra permettra une régularisation des tarifs si ceux-ci sont trop exagérés et une amélioration des prestations. De plus, cela responsabiliserait certains patients qui verraient leur franchise ou leurs cotisations augmentées s’il continuent à boire ou fumer par exemple. Que je sache les suisses et les hollandais ne sont pas plus mal soignés ! Les très gros risques médicaux et les minimas retraites doivent être couverts, via un fond de garantie, par un impôt efficace et rentable type TVA sociale, si possible élevée pour les produits importées et non indispensables (protectionisme à l’extérieur et libéralisme à l’intérieur pour relancer l’économie Française !).

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