Primaire de la gauche : un premier débat totalement plat

Benoit Hamon (Crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste licence Creative Commons)

Pas de surprises au cours du premier débat de la primaire de la gauche, si ce n’est que ce n’est pas Manuel Valls qui a mené le bal, mais un de ses adversaires sous-estimé.

Par Éric Verhaeghe.

Primaire de la gauche : un premier débat totalement plat
Benoit Hamon (Crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste licence Creative Commons)

Le premier débat pour la primaire de la gauche n’a réservé aucune surprise : les candidats se sont exprimés avec retenue et même timidité sur les sujets abordés par leur programme. On attendra donc les débats suivants pour savoir si des positions ou des rapports de force se dégagent plus clairement.

Chaque candidat a joué son rôle dans la primaire de la gauche

Sans surprise, chaque candidat a joué sa partition, occupant l’espace politique qui lui est dévolu. On a donc retrouvé un Benoît Hamon en voltigeur de l’aile gauche du parti et Sylvia Pinel en candidate auto-proclamée de l’entreprise. Entre les deux, les uns et les autres n’ont pas déçu, mais n’ont tenu aucune promesse. L’essentiel du débat s’est donc limité à confirmer des propositions déjà connues dans un ordre assez attendu.

Valls n’a pas fait la différence

Un enseignement est à tirer du débat : Manuel Valls n’a pas fait la différence avec ses rivaux, donnant souvent le sentiment d’être sur la défensive ou en position de justifier l’action d’un gouvernement qui pèse lourd dans la besace. Son ton était parfois crispé ou tendu. De ce point de vue, son expérience de Premier ministre ne lui a donc pas permis d’incarner naturellement une candidature à la présidentielle.

Montebourg bien préparé

Sur la forme, c’est probablement Arnaud Montebourg qui a dégagé le plus de « prestance » et semblait à la fois le mieux préparé et le plus à l’aise. Il est apparu tel qu’en lui-même : à la fois grandiloquent et très attiré par les effets de langage. Il a multiplié les promesses et les annonces alléchantes. En revanche, il n’a guère montré une maîtrise technique particulière des dossiers d’actualité.

Peillon toujours lunaire

Vincent Peillon a mis son éloquence de professeur de philosophie au service de sa candidature. Son discours, très axé autour des valeurs, paraît toujours aussi déconnecté de la réalité des Français. Peillon a-t-il compris la différence de nature entre un débat pour une primaire à la présidentielle et un congrès du Parti Socialiste ?

La suite nous le dira, mais on a deviné que, brusqué sur des dossiers techniques comme ceux de protection sociale, Peillon pourrait être mis en sérieuse difficulté.

Hamon le mieux préparé idéologiquement

Dans cette course de surplace, la richesse idéologique du programme de Benoît Hamon constitue donc un atout certain. L’intéressé peut imposer ses thèmes par le simple fait qu’il n’existe aucune idée alternative forte. On l’a bien senti jeudi, durant le débat : le revenu universel, la taxe sur les robots, sont des sujets assez faciles à imposer lorsqu’on est face à un vide intellectuel.

Les rivaux de Hamon ont bien eu tort de sous-estimer cet effet et pourraient s’en mordre rapidement les doigts. Dans la pratique, la nature de l’électeur est souvent d’avoir horreur du vide.

Sur le web