Prendre le pouvoir pour le redonner aux citoyens

Alexandre Jardin (Crédits : Alexandre Jardin, tous droits réservés)

Alexandre Jardin et son mouvement citoyen peut-il changer la donne dans l'élection présidentielle ? Un plaidoyer pour ce candidat qui met la société civile au centre de son programme.

Par Sébastien Laye.

Prendre le pouvoir pour le redonner aux citoyens
Alexandre Jardin (Crédits : Alexandre Jardin, tous droits réservés)

« Les gens entrent en politique pour changer le monde. C’est une mauvaise idée. La seule bonne raison d’entrer en politique est de balayer le pouvoir pour permettre au monde de se changer lui-même. » C’est en ces termes que le penseur américain Jeffrey Tucker livrait sa vision toute personnelle de l’engagement politique en 2014. Car force est de constater que la méthode de gouvernement et de libération des énergies comptera autant en 2017 que celle des programmes, souvent caricaturés par ailleurs dans le débat public.

Notre débat politique en France est bien puéril et infantilisant, qui ânonne une série de vastes réformes tous les cinq ans (parfois en mille pages !) pour aboutir à l’inefficacité constatée du nouveau président élu quelques mois après le fameux état de grâce… Il est évident que la méthode, la co-construction, doivent primer sur la litanie des mesures et des ordonnances (le fameux mythe des cent jours) afin de rendre les citoyens maîtres de leur propre destin (mais aussi d’assurer l’applicabilité et l’exécution de ces mêmes réformes).

Il n’y aura point de transformation de grande ampleur de notre système économique et social si nous faisons fi de l’engagement de tous pour la chose publique, la Res Publica (au-delà du simple vote), au profit d’un système vertical animé par la seule passion de commandement : combien d’ordonnances ou de 49-3 sauraient être tolérés par les Français pour mettre en œuvre les réformes systémiques les plus cruciales ?

Partir du réel

Notre nouveau mouvement, Les Citoyens, essaime depuis les Territoires en s’appuyant sur des valeurs communes (ce qui nous rassemble) : l’approche, citoyenne par excellence, consiste ensuite à partir du réel, de ce qui fonctionne déjà sur le terrain et a été identifié par Alexandre Jardin et la Maison des Citoyens : des programmes pour l’emploi, l’éducation, la lutte contre la pauvreté. Lancer de grands programmes citoyens à partir des expériences réussies permettrait enfin à la politique de sortir du marché utopique de la promesse !

Il s’agit aussi, sur un certain nombre de thématiques professionnelles (agriculteurs, notaires, médecins libéraux, fonctionnaires …), d’associer professionnels et citoyens à la construction des solutions : au lieu d’imposer de Paris des cadres rigides et ubuesques (ex : le RSI), il est évident que les réformes pourraient mieux aboutir si nous construisions ex ante chacune d’entre elles avec les publics professionnels concernés.

Il y aura bien sûr toujours des arbitrages douloureux dans la pratique, mais au moins ces professions pourraient avancer des propositions de terrain crédibles et montrer aux dirigeants nationaux ce qui fonctionne déjà en pratique. Enfin, la dernière pierre angulaire de la méthode est de créer des processus, des outils, pour que les solutions aux futurs défis émergent plus aisément.

Pour une vraie démocratie citoyenne

Le passage à une vraie démocratie citoyenne exige des mesures fortes et radicales, comme le strict non-cumul des mandats dans le temps, une vraie parité des sexes sans aucune dérogation, la mise en place d’une chambre citoyenne, la généralisation des référendums locaux d’initiative populaire, l’open data public, ou encore la possible remise en cause de certaines décisions politiques et administratives par voie de pétition.

En matière économique, la notion de pouvoir d’achat est à repenser complètement dans un cadre citoyen et écologique : chaque citoyen devrait connaître les conséquences des choix qu’il fait en achetant tel produit plutôt qu’un autre, grâce à une information claire et pertinente en la matière.  Ce même cadre devrait nous inciter à libérer les énergies des entrepreneurs en simplifiant la fiscalité et notre édifice social ; en définissant enfin les vrais minimums dont tous ont besoin, nous pourrions mieux les garantir, lutter contre la pauvreté tout en améliorant la compétitivité de notre pays.

Consensus sur les minimums vitaux et impératif de compétitivité vont de pair si nous voulons redéfinir un contrat social adapté à la nouvelle donne économique : c’est probablement sur ces sujets que nous sommes les plus avant-gardistes, en proposant un revenu universel de base réaliste, compatible avec les équilibres des finances publiques, mais aussi et surtout un véritable big bang sur les normes, avec l’ambition de porter cette révolution aussi à Bruxelles.

Notre nouveau contrat social s’appuie également sur un contrat de travail unique à droits croissants, une retraite par points redonnant de l’autonomie aux citoyens, et une sortie du paritarisme pour permettre une vraie décentralisation et une meilleure efficacité des politiques de l’emploi, de la santé et de la formation professionnelle.

Recentrer l’État est indispensable pour lui donner une vraie force en matière de sécurité, de défense, et de diplomatie, guidé par un impératif d’indépendance dans un monde complexe ou la francophonie doit être le fer de lance de nos actions.

Une nouvelle Constitution bâtie avec les citoyens (tout comme notre mouvement, co-construit avec tous les Français le souhaitant). Son programme final en janvier doit être l’acmé du prochain quinquennat, et doit entériner cette transition citoyenne. Il est plus qu’urgent de prendre le pouvoir pour le redonner aux citoyens.