Ségolène Royal inaugure la route solaire. Un désastre financier ?

(CC BY-NC 2.0)

En inaugurant une route faite de panneaux photovoltaïques, Ségolène Royal veut faire de la France un pays d’avant-garde. Mais le rendement et le coût de cette réalisation sont déjà très discutables.

Par Michel Gay.

Dorothy sur la route de briques jaunes – Le Magicien d’oz by Jenn and Tony Bot(CC BY-NC 2.0)

Quel est l’intérêt de dépenser cinq millions d’euros d’argent public pour rouler pendant un kilomètre sur 2800 m2 de panneaux solaires posés sur une route ?

Une route solaire au rendement discutable

Serait-ce moins cher que d’installer ces coûteux panneaux inutiles sur des toits et dans des champs ?  Le mètre carré de panneau solaire « futuriste » sur route revient à près de… 1800 € ! Le futur radieux sous le soleil sera ruineux ou ne sera pas…

Le rendement est-il meilleur ? Les deux couches de revêtement « de nouvelle génération » ajoutées sur le dessus des panneaux pour résister à l’écrasement devraient diminuer leur capacité de production (déjà faible à l’horizontale et intermittente). Curieusement, personne ne semble s’en inquiéter. Sauf, et c’est paradoxal, la représentante d’une association de soutien à l’énergie solaire (Hespul) sur France-info le 22 décembre.

Notre ministre de l’environnement qualifie même cette prouesse technique réalisée en Normandie de « gap technologique ». Quel exploit !

La France à l’avant-garde ?

Mais qu’y a t-il donc dans la tête de nos brillants dirigeants politiques pour développer cette monumentale absurdité ?

Ségolène Royal a déclaré sur France Inter : « Il y a à la fois des routes à faire et de l’énergie et ça prouve que la France peut être à l’avant garde ». Pour investir dans des bêtises avant les autres ?

Elle a aussi ajouté : « Je suis sûre qu’un jour on pourra rouler sur une route solaire avec des voitures électriques qui se rechargeront en roulant sur la route solaire ».

Notre sémillante ministre n’est plus à une « boulette » près.

Y aurait-il quelqu’un dans un ministère pour lui susurrer à l’oreille que le soleil est une énergie diffuse et intermittente ? Diffuse parce que chaque mètre carré restitue environ 100 watts à midi en été, quand il y a du soleil, (une voiture moyenne a besoin d’une puissance de 20 000 watts à 80 000 watts), et que ces panneaux fonctionnent à pleine puissance moins de 1500 heures par an (sur 8760 heures dans une année). Les voitures électriques ne vont pas rouler souvent.

Le même jour Madame Royal a indiqué que « Depuis le 1er janvier 2015 et la Cop21, la France a investi un milliard d’euros dans le photovoltaïque, représentant 6 000 emplois ». Ce qui fait presque 170 000 euros de subventions publiques par emploi. Pourvu qu’ils soient durables