Manuel Valls : attention à l’exemple italien !

Manuel Valls devrait être attentif à ce qui s’est passé hier en Italie, où un Matteo Renzi, jugé trop autoritaire face à son camp, une gauche désorganisée et éparpillée, a été acculé à la démission.

Par Frédéric Mas.

Manuel Valls : attention à l’exemple italien !
By: DenisDenisCC BY 2.0

Manuel Valls s’est décidé à déclarer sa candidature aux primaires à gauche. Le timing n’est pas forcément le meilleur, puisqu’en profitant quasi immédiatement de la défection de François Hollande, il risque fort de se voir associé au bilan catastrophique du gouvernement, celui-là même qui a fait plonger le président de la république dans les sondages.

Seulement, une fois encore, le Premier ministre n’était pas libre de son calendrier et a dû attendre la dernière minute, celle où François Hollande a finalement renoncé, pour se déclarer.

Alors que la gauche n’en finit pas de s’émietter, Manuel Valls se présente, avant Emmanuel Macron, comme le grand modernisateur de la social-démocratie.

Un Sarkozy de Gauche ?

En effet, on oublie trop souvent à quel point ses déclarations fracassantes et ses prises de position l’ont classé comme « social-libéral », en rupture avec un certain socialisme ancien à la Mitterrand. Ici, par social-libéral, il faut entendre à la fois à distance de l’extrême gauche anticapitaliste et d’une certaine gauche rupturiste, cherchant à sortir de l’économie de marché par la nationalisation et l’étatisation.

Seulement, petit à petit, en se conformant à l’exercice du pouvoir, le moderniste Valls s’est découvert républicain « à la Clémenceau », insistant sur les valeurs républicaines, l’autorité de l’État, jusqu’à user et abuser de l’appareil policier pour imposer l’agenda socialiste dans le pays. Ses ennemis, fort nombreux à gauche comme à droite, lui ont même collé l’image d’un « Sarkozy de gauche » : moderniste, autoritaire, parfois jeuniste.

Républicanisme autoritaire

Valls en tant que Premier ministre du gouvernement Hollande a endossé toutes les réformes plus autoritaires, voire liberticides. Plus encore, c’est son style personnel qui a aussi agacé à gauche, notamment au moment du passage, en force, via le 49.3, de la loi Travail. Contrairement à l’image moderniste qu’il s’était construit, le recours au 49.3 a eu pour effet de lui accoler une image de dirigeant cassant, voire méprisant et incapable de nouer le dialogue avec les autres partenaires sociaux.

Manuel Valls devrait être attentif à ce qui s’est passé hier en Italie, où un Matteo Renzi, jugé trop autoritaire face à son camp, une gauche désorganisée et éparpillée, a été acculé à la démission. S’il peut incarner l’aile droite du parti socialiste sans trop de difficulté, il va falloir qu’il mette un peu d’eau dans son vin pour ne pas subir le même destin que son homologue italien.