François Hollande, le boulet

Publié Par Frédéric Mas, le dans Politique

Par Frédéric Mas.

Alors que la droite et le centre viennent de se donner un nouveau leader qui a de bonnes chances de mettre des bâtons dans les roues du Front national par son conservatisme assumé, la gauche n’en finit pas de tomber en miettes. À la gauche de la gauche, les militants communistes ont décidé de valider la stratégie d’union derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon samedi dernier.

Soutenu par 53,6% du PCF, Mélenchon ne fait pas un plébiscite et pâtit des hésitations et des scrupules de la base. À la gauche de la droite, Emmanuel Macron tente de faire oublier sa proximité avec le gouvernement sortant et mise sur une social-démocratie moderne teintée de libéralisme. Manuel Valls lui-même se sent pousser des ailes et estime pouvoir proposer un bilan politique fondé sur le républicanisme et l’autorité.

Enfin, les éternels groupuscules satellites du Parti socialiste comme EELV et le PRG préfèrent miser sur leurs propres forces plutôt que de négocier des accords pré-électoraux avec leurs partenaires de toujours. Et les militants socialistes ? Ils se sont même déplacés aux primaires de la droite pour essayer de désigner un candidat qui puisse un peu leur rendre justice, Alain Juppé. C’est dire si la confiance en l’avenir règne…

Le Parti sans tête

Mais pourquoi la gauche se met-elle en ordre de marche en ordre dispersé ? Pourquoi autant de personnalités, même de second plan (pardon Sylvia Pinel et Yannick Jadot), estiment-elles pouvoir tenter leur chance lors de ces élections ? Pourquoi les électeurs de gauche se mettent-ils même à voter à droite pour tenter d’influencer l’orientation prise par LR ? Parce qu’il semblerait qu’il n’y ait personne à la tête du parti socialiste.

Il semblerait aussi que le bilan de l’exécutif, quel que soit l’angle pris, soit totalement indéfendable. En d’autres termes, François Hollande a réussi le tour de force de faire l’unanimité contre lui, jusqu’à créer la zizanie dans ses propres rangs.

Les médias pour se refaire

Non seulement le bilan politique de François Hollande est marqué par le sceau de l’immobilisme, mais son absence totale de sens politique a éclaté au grand jour avec les révélations de son livre d’entretiens avec Davet et Lhomme.

Non content de livrer quelques secrets d’État, de flinguer en public ses derniers soutiens et de juger doctement que Fillon ne serait jamais désigné comme candidat de la droite, F. Hollande a clairement indiqué qui étaient pour lui ses derniers soutiens : la presse et un certain journalisme de cour. Il n’est donc pas étonnant de lire dans Le Journal du Dimanche sous la plume de quelques artistes la nécessité d’en finir avec le Hollande Bashing. Malheureusement, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Le boulet

La division de la gauche a donc à sa source le manque de leadership du parti socialiste, dont le candidat naturel est à peu près certain de perdre, dans tous les cas de figure, et surtout d’obtenir un score tellement pitoyable qu’il promet de renvoyer le PS dans l’opposition pour un bon bout de temps. C’est pour cette raison que tout le monde prend ses distances avec l’actuel président, qui semble frappé de malédiction.

Tout le monde a compris que pour lui, c’était fini. Seulement, la discipline de parti, d’allié, ou même la connivence idéologique, masquent l’évidence : Hollande est devenu le boulet qui entraîne la gauche de gouvernement vers le fond.

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  1. 5 ans perdus à stagner…. Merci au passage à Bayrou et dire qu’il recommence son cinéma…..il ne comprend rien ce mec ????

    1. Pas à stagner, à s’enfoncer, à détruire tout ce qui avait été fait dans les 5 années prédentes puis à démolir ce qui restait de stable, de solide et de bon dans notre pays. J’exagère ? …Vous croyez ?

  2. C’est surtout la France qu’il entraîne par le fond. Qu’il ait fait exploser la gauche, après tout…

  3. Le 27 novembre,

    Un président est né
    Un pingouin est mort,
    Un matamore continue à faire ses moulinets.

    Nous découvrons enfin les vraies valeurs de la gauche, et les vermisseaux qui se complaisent dans leurs fromages.

  4. Ce n’est pas l’échec du seul Hollande qui a essayé de retarder l’échéance.
    C’est l’échec du socialisme qui accepte la mondialisation sans en tirer les conséquences sur son propre modèle économique et social.
    C’est l’échec du microcosme politique français dans sa globalité qui en est resté à la France étatiste de l’après guerre, incapable d’adapter, de réformer en profondeur, d’affronter les corporatismes rétrogrades et les égoïsmes, de regarder d’abord l’intérêt général plutôt que les avantages acquis.
    Fillon semble le seul à avoir compris que les Français étaient plus mûrs que l’établishment pour passer enfin à autre chose.

    Je suis le premier à dégainer sur Hollande mais il prend pour les autres.

  5. Tant que le conservatisme existera à droite, le socialisme existera à gauche (c’ est aussi un conservatisme hérité du 20 siècle). Choisissons le progressisme et le libéralisme.

  6. Les nouveaux titres des « journaux du bien » ne seront plus: « Il faut sauver le soldat Hollande », ce sera « Il faut couler le PS ». Cela leur donnera un peu de répit avant que pour eux, les médias de la fachosphère ne lancent : « Brulez les tous, Hollande reconnaitra les siens ».

  7. Depuis quelques jours je me pose une question : et si tout cela n’était qu’une farce.
    Après tout, la gauche a installé ses pions à tous les postes clés ( et autres au passage, créés pour placer les copains).
    La France est au plus bas et le budget 2017 va encore enfoncer le pays un peu plus.
    Alors pourquoi ne pas laisser la droite se dépatouiller avec ça et on revient dans 5 ans, quand ils auront un peu redressé l’économie… Et on leur reprochera les mesures d’austérité … et on fera encore tout plein de belles promesses… que l’on ne pourra pas tenir, mais qu’importe !
    Ce ne serait pas la première fois !

  8. Au même titre que ses prédécesseurs qui sont aussi devenus des boulets, Hollande n’a rien fait de ce qu’il était censé faire, voire le pire de ce qu’il avait la possibilité de faire. Et au même titre que Sarkozy qui s’est fait banané à la primaire de la droite, il va se faire bananer, avec ou sans primaire. Maintenant, vu la brochette de ceux « destinés » à les remplacer (eux aussi déjà présents ces dernières décennies), je dois dire que c’est très déprimant.

  9. Vous tapez tous sur Hollande, mais vous auriez préféré un Hamon, un Montebourg, ou une Aubry? C’est le socialisme, qui est à condamner, et en tant que socialiste, Hollande n’est pas le pire.

  10. « envoyer le PS dans l’opposition pour un bon bout de temps » et surtout ratiboiser ses subsides de façon drastique. Car moins de députés et moins de sous-sous des contribuables.