Macron ou Fillon : qui est le plus libéral ?

Et si un programme libéral pouvait être « libéral tout court » ? Ni « social », ni « conservateur ». Regardons de plus près les annonces du candidat Emmanuel Macron.

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Macron ou Fillon : qui est le plus libéral ?

Publié le 5 décembre 2016
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Par Delphine Granier.

Macron plus libéral
OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

Après « Faire », « Ne vous résignez pas », « Tout pour la France » ou « La France pour la vie », le candidat Macron se prête au jeu du livre programmatique pour annoncer en dix lettres son plan pour la France : une « Révolution ».

Comme pour les autres candidats, on y découvre d’abord une enfance paisible dans une ville de province tranquille. Comme dans les autres livres, on y lit un discours combatif, optimiste, se voulant ambitieux. Comme dans l’ensemble des discours politiques, paroles et promesses ne coïncident pas toujours… parfois pour le meilleur.

« Je ne crois pas que le programme de François Fillon soit ­libéral sur le plan économique, il est au contraire profondément conservateur », expliquait Emmanuel Macron récemment. Et pourtant, sa « révolution » y ressemble bien à s’y méprendre. Alléger le coût du travail, favoriser l’apprentissage au lieu de vouloir un SMIC jeunes, réduire les cotisations salariales et cotisations payées par les indépendants pour augmenter le salaire net, favoriser les accords de branches et entreprises pour déroger à la loi, introduire un plafond et plancher pour les dommages et intérêts aux prud’hommes… le programme est tout aussi ambitieux. Et bien plus complet.

Un programme libéral embrassant aussi le plan sociétal

Car sans se limiter à des propositions d’ordre économique se dessine, pour une fois, un programme libéral embrassant également le plan sociétal et s’adaptant aux enjeux de la modernité. Les premières propositions sociétales s’éloignent de la tentation, trop souvent répandue, de vouloir protéger l’individu contre lui-même.

Sévère à l’égard de la sanction pénale trop souvent inefficace, Emmanuel Macron préconise le régime des contraventions pour certaines infractions (au Code de la route, vol, détention de cannabis). Soucieux des dérives liées à l’état d’urgence, il rappelle que la diminution des libertés de tous n’a jamais accru la sécurité, tout comme « les crimes ne sont pas devenus plus nombreux après l’abolition de la peine de mort »

Mais la Révolution Macron est surtout conceptuelle. « Le système est organisé pour protéger l’ordre existant » et « les protections corporatistes doivent laisser la place aux sécurités individuelles ». En faveur d’« une société du choix libérée des blocages de tous ordres, d’une organisation obsolète, et dans laquelle chacun pourrait décider de sa vie », Emmanuel Macron engage une vraie lutte contre la rente, en faveur de la mobilité sociale et de l’égalité réelle. En construisant des propositions sous le prisme de l’individu, il renoue avec la tradition libérale de gauche attachée à la fin des privilèges et au combat pour l’autonomie.

Comme les Britanniques ont réalisé la Big Society, Emmanuel Macron propose dans sa « Révolution », une « république contractuelle ». En voulant « donner plus d’autonomie à ceux qui sont chargés d’agir », il s’inscrit dans la logique libérale de délégation du pouvoir et de confiance en l’individu. En définissant le rôle de l’État comme celui de « faire fructifier les énergies », il reprend la logique libérale des capabilities d’Amartya Sen :

« Le rôle de l’État est bien de garantir (…) à chacun les moyens de sa vie. »

Libéral tout court

Last but not least, peut-être pourra-t-on bientôt parler d’une forme de leapfrogging des idées libérales. Faute d’avoir échoué à réaliser les réformes libérales classiques des années 80, le candidat Macron pense le coup d’après.

« Le bon débat n’est pas tant entre ceux qui voudraient passer la retraite à 65 ans ou la laisser à 62 ans. »

« L’enjeu n’est pas de chercher à protéger la frontière entre le salarié et le travailleur indépendant. »

La révolution Macron conçoit la protection sociale autour et pour l’individu via un régime universel de retraite et un droit universel à la mobilité professionnelle ; en d’autres termes, l’ouverture des droits à l’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants.

Si le mot « libéral » explose le « temps d’antenne » depuis le début de la campagne, c’est généralement accolé à l’adjectif « social » ou « pragmatique » pour lui accorder une connotation positive ; ou bien précédé d’ultra ou suivi de conservateur pour mieux en marquer le rejet. Comme si le mot ne pouvait se suffire à lui-même. Comme s’il ne constituait pas un programme en tant quel tel. Ce livre prouve l’inverse. Une « Révolution » serait-elle « En Marche » ?

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  • Un peu (trop) orienté comme article, macron a un discours creux Côme un boulon…

    • bien d’accord. Je ne suis encore pas arrivé à écouter une intervention de macron jusqu’au bout tant il parle pour ne rien dire.
      Et puis un homme politique longtemps adoubé par le parti socialiste(l’antithèse même du libéralisme), qui fait croire à une révolution libérale, ça sent l’arnaque à plein.

  • Macron est sur la même longueur d’onde que les « liberals » américains : faire croitre l’Obèse sous pretexte de donner des « libertés » quis ne sont en fait que des droits sxrictement encadrés et payés par l’impôt, qui ne sont que des obligations à suivre une voie progressiste politiquement correcte.

    Un discours taillé sur mesure pour ceux qui se mentent ou restent aveugles à la situation catastrohique de la France qui n’en peut plus de payer la dérive collectiviste de ces 35 dernières années : soit parce qu’ils sont protégés, soit parce qu’ils sont invapables de comprendre la réalité.

    Libéral ? Ce hold up a été effectué aux US avec les resultats que l’on connait.

  • Macron n’a-t-il pas été l’inspirateur de la politique économique de Hollande?

  • Macron est en rupture avec toute une classe politique car il ne fait pas référence aux valeurs gaulliennes qui ne sont pas particulièrement libérales. Le libéralisme ne se limite pas à une fronde anti-impôts, c’est avant tout une philosophie où l’individu libre est au centre en faisant appel à sa responsabilité.

  • Quel changement tout de même: les candidats qui veulent se faire élire se déclarent maintenant libéraux. Ils le sont plus ou moins, mais le fait de revendiquer le libéralisme est déjà incroyable.

  • Merci pour cet article ça change de la Fillon mania à laquelle on a droit depuis sa victoire aux primaires de la droite soit plus d’une 20aine d’article en 2 jours dont certains avec un parti pris totalement assumé donc le reproche de partialité de l’auteur est nul et non avenu ou alors Contrepoint à l’instar d’Atlantico doit clairement se revendiquer de droite et non pas que libéral.

    Merci de faire remarquer que non François Fillon n’a pas le monopole dans ce domaine est que sur beaucoup de points, Macron est largement précurseur.

    Fillon veut réformer en mode top down: les Français doiveng, les Français ceci,cela… Macron par d’une analyse de l’environnement économique et social pour mettre en avant le fait que justement les Français doivent etre libres de s’organiser selon les choix qu’ils pensent les plus approprier pour répondre aux défis actuels et futur.

    Avec Fillon c’est on doit… avec Macron c’est on doit pouvoir et sa change tout.

    Quelle paresse intellectuelle de faire remarquer que Macron a fait parti du gouvernement alors que Fillon en participé à deux en 10 ans dont un en tant que premier ministre donc largement plus redevable en terme de responsabilité que ministre de l’économie. De plus comme le précise fort bien l’auteur Macron n’opère pas de de dichotomie entre le social et le societal. Bref un duel Macron-Fillon ça aurait de la gueule.

    • @Lazarius:
      Il est vrai que Fillon dit qu’on doit. La base de son discours est qu’il est nécessaire de rembourser la dette, et que le système social français vit au dessus de ses moyens. Dire qu’on « doit pouvoir » sans passer par une période de vaches maigres paraît assez idéaliste. À un moment il faut payer. Que Fillon aujourd’hui ait (enfin?) le courage de le dire est plutôt une bonne chose.

      Et certes, c’est bien l’État qui s’est endetté sur nos sous sans jamais nous demander notre avis.

      Quand on veut réformer rien n’est facile. Schroeder l’avait payé de sa place. Je ne trouve pas cela anormal de parler de devoir. Présent au meeting de Macron de ce vendredi, j’aimerais voir s’il est capable de saisir la réalité de la situation française. Il est beau d’avoir un programme libéral, et de dire qu’on doit pouvoir. Il serait mieux de commencer à dire que les retraites seront plus faibles et que la Sécu est en faillite.

  • Votez pour dubruly !
    J’ai autre chose à vous proposer différent des autres candidats. C’est sérieux : dubruly.free.fr

  • article très Macronien… Qui oublie comme souvent qu’il n’y a pas de libéralisme sans conservatisme, puisqu’il faut garantir un certain ordre, économique et sociétal, pour que les libertés s’épanouissent.

    Et puis le sujet ce n’est pas  » qui a les meilleures idées libérales » mais qui a l’expérience et la capacité à appliquer un programme. De ce point de vue là Macron c’est à peu près zéro.

    • En quoi garantir un certain ordre serait conservateur ?

      Et du point de vue expérience et capacité à appliquer un programme, Fillon en tant que 1er ministre n’a rien fait de libéral comparé à un Macron qui, en tant que ministre de l’économie, n’a pas fait grand-chose, mais a fait plus que Fillon.

      Niveau proba de faire passer des réformes libérales, c’est Macron qui a le plus de chances de le faire.

  • Choix difficile et même impossible,aucun ne songe a abandonner la république des coquins, on ne coupe pas la branche sur laquelle on est assis dans ce monde là :
    Proposent t ils la disparition du président-roi ?
    Non

  • Macron est le candidat libéral idéal pour l’élécteur qui souhaite garder une connotation « à gauche ». Mais la gauche française est aujourd’hui incapable d’abandonner ses oripeaux marxistes. Si Macron veux gouverner, surtout « à gauche », il devra composer avec les parlementaires socialistes. Et là, que restera t’il de son projet libéral ?

    • Macron va en effet fédérer toutes les personnes qui se disent de gauche parce que ça fait bien de dire que l’on est de gauche….mais qui dans leur fort intérieur ne croient pas franchement aux théories économiques socialistes (ils ont raison).
      Donc, un personage qui va représenter des personnes n’ayant pas de conviction politique…..

      • @ lekahn
        Je suis assez d’accord avec vous!

        « La politique est l’art du possible »!

        Cela demande une « qualité » rarement considérée comme telle: l’opportunisme!

        Celui qui ose « trahir » l’idéologie à cause de l’obsession du « résultat ».

        Avec des moyens donnant une part plus importante à la concertation qui évite les « blocages » des groupes de pression mais aussi assez d’autorité pour trancher quand il le faut. (Les méthodes radicales imposées de « haut », « ex cathedra », sont le plus souvent mal acceptées).

        Il faut bien se rendre compte que le futur président « ne va pas écrire l’avenir en partant d’une feuille blanche », au contraire, il partira d’une réalité en train d’échouer qu’il devra réformer forcément avec un assentiment au moins majoritaire de la population. Cela demandera de la persuasion et, forcément, des concessions. Pourtant, seuls les « résultats » seront convaincants et il est rare qu’ils arrivent rapidement.

        Par contre, c’est le bon moment! Le mécontentement à la fin de ce quinquennat est tel qu’il est bien l’expression d’une demande d’un « Guide » nouveau à qui faire confiance: les premiers « 100 jours » seront décisifs: ils donneront envie de poursuivre l’expérience ou décevront si on retombe dans les travers du système qui échoue.

        Quel que soit l’élu, je lui souhaite beaucoup de courage: la tache sera rude!

  • Un titre trompeur pour tout bêtement une ode à Macron. Cela a le mérite d’être transparent à défaut d’être impartial! on sait pour qui marche D. Granier.k

  • Jolie poudre aux yeux ! On sait au moins clairement pour qui roule Delphine Garnier, mais si elle a encore des progrès à faire au niveau de la communication, en tant que comique elle se débrouille pas trop mal : j’ai bien ri. 🙂

    Il y a toujours un point qui m’interroge dans le discours de Macron, et que l’on retrouve dans cet article : « Emmanuel Macron engage une vraie lutte contre la rente, en faveur de la mobilité sociale et de l’égalité réelle ». Déjà ce concept d’égalité réelle, il peut le ranger au placard : on voit bien qu’il a fréquenté les socialistes pendant un moment ! Ensuite, c’est quoi cette lutte contre la rente ? Il est dans la nature même du capital de générer une rente à perpétuité, doit-on le renvoyer à l’écrit Capital et rente de Bastiat ? Ou alors parle-t-il de ces rentes iniques obtenues grâce au capitalisme de connivence, rentes que le lobbying (que pratique l’auteure d’après sa description) permet d’obtenir ?

    • Les valeurs originales du libéralisme sont basée sur le mérite de chacun des individus et s’opposent donc à la notion de rente.

      • Le libéralisme est base sur la liberté et la neutralité du pouvoir pas sur une pseudo justice morale (le mérite de quoi ?)

      • C’est quoi le mérite de chaque individu ? Qui le détermine ? L’État ?

        Non, le libéralisme ne s’oppose pas, ne s’est jamais opposé et ne se s’opposera pas à la notion de rente. La rente c’est le nom que porte le revenu du capital. Il veut s’attaquer au capital Macron ? Il veut mener une vraie lutte contre les loyers (bah oui, si le capital est un bien immobilier, son revenu peut être un loyer) ? Et le capital, on ne doit pas l’attribuer au mérite de son propriétaire ? Il l’a volé ? Que répondez-vous, par exemple, aux libéraux qui réclament la suppression de la retraite par répartition pour lui substituer une retraite par capitalisation ? Qu’ils ne toucheront rien le moment venu, leur capital ne pouvant générer de revenu ?

        Je ne sais pas si vous faîtes partie de l’équipe de Mme Granier, mais ce n’est pas avec cette stratégie que vous convaincrez les lecteurs de Contrepoints. S’en prendre à Bastiat, sur un site de libéraux, il faut oser ! 😮

        • Si le libéralisme s’oppose à la rente quand celle ci est organisé à savoir les politiques foireuses du tous propriétaires sous Sarkosy Fillon et compagnie vous n’avez rien compris à la notion de rente dénoncé par Macron , vous ressortez votre poussiéreux Bastiat n’avez vous aucun esprit critique vous lisez et gobez comme un poisson enfermé dans son bocal… Vous représentez les lecteurs de contrepoints? Vous etes economiste pour donner les bons et mauvais point, l’arrogance transpire sur votre clavier un peu de modestir, vous n’etes qu un simple commentateur ou trolleur sur un site d’information qui ne représente pas grand choses en dehors de ces lecteurs, ne prenez pas votre opinion pour la vérité merci, quand à Bastiat c est un économiste parmis d autre pas Jésus Christ annonçant l’Évangile ….

    • Qu’est-ce que la rente ? La réponse est évidente pour qui vit dans ce pays, place forte du capitalisme de connivence où tout le monde pense que la concurrence c’est bien pour les autres mais pas pour sa corporation parce que « dans notre secteur, vous comprenez, c’est différent ».

      La rente c’est par exemple celle des professions réglementées en tout genre, professions soi-disant « libérales » qui aiment se faire passer pour des entrepreneurs et votent à droite pour payer moins d’impôts mais qui sont les premières à venir quémander à l’Etat l’instauration des monopoles/ licences/tarifs/ Quorum/Numerus clausus qui constituent autant de barrières à l’entrée et d’obstacles à la libre concurrence. Il va sans dire l’opulence de ces tartuffes du libéralisme – voir http://fr.irefeurope.org/doc1371- tient bien davantage à ces petits arrangements avec la puissance publique qu’à leur éventuel « mérite personnel »

      La rente, c’est aussi la pénurie savamment entretenue de foncier constructible, cause fondamentale du mal-logement généralisé dans ce pays, qui sous couvert de lutter contre l’étalement urbain ne sert à qu’à entretenir la progression ininterrompue de prix immobiliers et de loyers toujours plus délirants, au plus grand bénéfice des propriétaires et de tous ceux qui se repaissent de l’inflation immobilière.

      La rente c’est l’antithèse absolue du libéralisme qui propose au contraire qu’en chaque domaine les consommateurs soient libres de contracter avec qui bon leur semble au prix qui leur plaît, et de disposer librement de leurs biens. La rente, c’est le fonds de commerce de la vieille droite française conservatrice qui aime cajoler les situations acquises de sa clientèle électorale, tout autant que les socialistes s’occupent de leurs chers petits fonctionnaires.
      Et le nouveau champion de cette clique ne fait pas exception à la règle, puisque le sieur François Fillon (fils de notaire..tiens donc..) s’est publiquement déclaré hostile à la loi Macron, prévoyant une libéralisation partielle de l’installation des notaires, et seule tentative récente d’introduire un peu de liberté dans l’entre soi marécageux de ces diverses corporations.

      • Si vous changez le sens des mots aussi, il va être difficile de se comprendre : la rente, c’est le revenu du capital. Tout ce que vous décrivez c’est des barrières à la libre concurrence, du capitalisme de connivence, qui peuvent bien entendu offrir une rente, mais ça ne remet pas pour autant en cause la notion même de rente.

        Bon sinon, avant on a eu le droit aux disciples de Marine parce que sur Contrepoints on tape aussi bien sur le socialisme de droite comme de gauche. Ils ont du croire qu’on les comprenait. Maintenant avec la campagne qui démarre, on va avoir droit aux sbires de Macron et Fillon pour nous expliquer lequel est le plus libéral des deux ? On va bien s’amuser ! 🙂

        • +1 et toujours le même argumentaire moral bisounours à coté de la plaque : les rentes c’est pas bien : ca crée des inégalités.

          Un jour, peut être, ils comprendront que les inégalités sont non seulement utiles, mais nécessaires, que l’inégalité est un droit naturel 🙂 et que c’est la circulation de l’argent qui crée la redistribution, pas la politique.

          • Les inégalités sont utiles lorsqu’elles sont la conséquence du fonctionnement libre d’un marché concurrentiel. Lorsqu’elles sont le résultat d’une rente de situation créée de toute pièce par l’état, elles sont aussi inefficaces qu’insupportables.

            • LoL ! Donc il y a des bon rentiers et des mauvais rentiers !

              On connaît la musique égalitariste qui cherche par tout les moyens possibles à justifier l’intervention de l’Etat dans le vol organisé.

              « L’essence caractéristique de la propriété, essence qui dérive des principes combinés de son acquisition et de sa conservation, est d’être inégale : c’est pourquoi les grandes masses qui excitent l’envie et qui tentent la rapacité, doivent être mises hors de crainte de tout danger. »

              L’Etat doit être protecteur des propriétés et donc des rentes qui en sont issues. C’est un des rares rôles indispensable et qui lui confère un tant soit peu de légitimité.

              Il est clair que dans ce rôle, l’Etat Français est complétement défaillant : entre l’impôt progressif, la confiscation et l’intervention, sa principale occupation serait plutôt de susciter l’envier et de légitimer la rapacité.

              • Évidemment qu’il y a des mauvais rentiers ! Une rente est illégitime lorsqu’elle est le résultat de la coercition étatique, autrement dit d’un racket légal. Imaginez que demain un quelconque collectiviste au gouvernement ait l’idée saugrenue de confier à la société Tartempion S.A. un monopole sur la vente de sucre avec un tarif réglementé de 10 €/kg ; ceci conférerait immédiatement aux propriétaires de cette société une « Rente de situation » considérable et indue.
                Une telle rente est illégitime et doit être combattue, je ne dis rien d’autre que cela..Pourquoi faites-vous semblant de ne pas comprendre ?

                • @Hilva : Parce que dans votre exemple, ce n’est pas la rente qui est problématique, mais le privilège et qu’en combatant la rente, vous détournez le problème et affranchissez le privilège et le droit positif qui en est la source.

                  De plus, vous mélangez la légitimité et la morale : les rentes de situations ne sont pas morales, mais si elles procèdent de droits légaux, elles sont tout à fait légitimes, vu que dans une démocratie, le droit positif est légitime à partir du moment où il a été démocratiquement défini (après on peut avoir une discussion sur ce système que personnellement, je trouve antinomique au libéralisme et également antinomique au contrat social qui devrait définir la légitimité du pouvoir)

                  • Fort bien, vous pouvez appeler ça un « privilège » ou ce que voulez mais c’est bien ce dont tout le monde parle ici, et le terme « rente de situation » en est une description tout à fait intelligible par les la plupart des gens..

                    • Absolument pas : les privilèges sont issus du droit positif, donc de la démocratie : vous faites un procès en orthodoxie sur la démocratie qui produit l’inverse de ce qu’elle est sensée faire.

                      Le fait que la plupart des gens suivent ce même raisonnement est hors sujet : la grande majorité des gens ne peuvent concevoir les choses que dans le monde social-démocrate dans lequel ils évoluent.

                      En revenant au commentaire initial : le combat contre les rentes n’est pas libéral, mais bien moral et social-démocrate.

                      Le libéralisme fait juste remarquer que le système social-démocrate fabrique du droit positif, donc des privilèges, donc des rentes de situations, tout en ayant comme objectif de réduire les rentes par le droit positif. Donc que ce système ne marche pas, mais fabrique une usine a gaz de lois sensée combattre les rentes immorales, alors que ce sont les lois qui les fabriquent.

                      Et comme l’explique Bastiat, le seul gagnant dans l’histoire, c’est l’Etat qui ne fait qu’enfler en fabriquant des lois sensées corriger les problèmes qu’elles créent.

              • Quand Macron parle de rentes de situation obtenues par la violence légale. Pas de rentes financières.

                Ne feignez pas de ne pas comprendre.

        • Je ne vois pas pourquoi vous parlez de changement de sens des mots , le concept de « Rente de situation » est parfaitement clair pour la plupart des gens qui connaissent, ne serait-ce que vaguement, les concepts de base de l’économie :

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Rente_de_situation

          • Vous aussi vous êtes comique ?

            Vous me donnez un lien vers le site de l’iref, dont un des membres du conseil d’administration est Jacques Garello, économiste auteur d’un ouvrage intitulé « Aimez-vous Bastiat ? ». Dans mon premier message, je renvoyais justement à un écrit de Bastiat intitulé « Capital et rente » dans lequel il prouve la légitimité de la rente du capital, c’est-à-dire sa capacité à engendrer un revenu à perpétuité. Et maintenant vous essayez de me donner des leçons sur les concepts de base de l’économie. Je dois le prendre comment ?

            Non, sérieusement, si vous faites partie de l’équipe de communication de Macron, il va falloir revoir votre stratégie. Je sais bien que dans l’univers socialiste s’en prendre à la rente, au capital, c’est bien vu, ce sont des suppôts de Satan, mais ici ça ne prend pas. 😉

            Le problème n’est pas la rente, mais sa raison d’être : est-elle fondée sur des entraves à la concurrence, du capitalisme de connivence ? Elle est alors inique. Mais s’il s’agit simplement du légitime revenu du capital, un libéral n’y trouvera jamais rien à redire. D’ailleurs la rente n’est pas exclusive d’une autre source de revenu. Après, il existe bien sur terre des personnes qui vivent exclusivement du revenu de leur capital et donc de leur rente, mais ce n’est pas un problème : heureux celui qui possède ! La jalousie est un vilain défaut, c’est même un vice.

            • Une rente fondé sur l’exercice de la force c’est tout simplement du vol

              • Je n’ai jamais dit le contraire. Mais dans tous ses discours, comme dans ce communiqué, Macron parle indistinctement de la rente en général : d’où mon scepticisme. Donc quel est son problème ? Le concept de rente et de revenu du capital ? ou simplement les privilèges octroyés par l’État qui constituent le capitalisme de connivence ? L’ambigüité est suspecte. 😉

                • Vous feignez l’ignorance.

                  Je crois que depuis son petit tour au gouvernement et son ancien métier, on peut facilement déterminer ce que Macron entend par rente quand il en parle.

                  • LOL : Macron a travaillé dans une banque d’affaire, qui comme son nom l’indique (pas) n’est pas une banque, mais une entreprise gérant des fusions, acquisitions et autres réorganisations structurelles et capitalistiques.

                    Je crois que les gens de gauche appellent cela « le monde du capital qui décide des licenciements boursiers dans une logique purement financière »

                    https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_d%27affaires

                    L’interrogation de Turing est plus que justifiée : il semblerait que Macron appelle rente les privilèges « mal octroyés par l’Etat » (genre les notaires (re)transférés par lui aux fonctionnaires) et clairement pas le capitalisme de connivence de son ancien métier ou de son passage au gouvernement

                    Si vous rêvez d’un Enarque qui est passé par une banque d’affaire pour réduire le capitalisme de connivence, je crois que vous risquez d’y être pour vos frais.

      • Je suis tout à fait d’accord avec Hilva. Rien à rajouter. Bravo.
        Un vrai libéral qui en a marre de la droite française conservatrice.

  • Le personnage pourrait en effet être intéressant, si il n’avait pas été le conseiller économique de François Hollande, et si il n’avait pas participé à ce gouvernement socialiste, il ne faut pas l’oublier.
    Je suis peut être optus mais une personne se disant proche des idées socialistes (même si il ne fait pas partie du PS), ne peux selon moi produire la moindre réforme.
    Comme l’un des commentaires plus haut, qui va t’il y avoir dans son gouvernement ? Des socialistes probablement, des centristes mous….

  • Y a bon république contractuelle, on sait ce que c’est que de signer des contrats quand une partie s’appelle l’état.
    Ca n’a rien de libéral que de signer des contrats avec une partie qui a tout loisir de changer les termes du contrat selon son bon vouloir.

    Puis ce genre de phrase : «Le rôle de l’État est bien de garantir (…) à chacun les moyens de sa vie.» c’est très commode car chacun peu y mettre ce qu’il veut derrière les moyens de sa vie, ça peut aller de la seule défense des droits naturels jusqu’à confier aux hommes de l’état la gestion de tout.

    Macron comme Fillon et l’ensemble de la classe politique des pays de l’UE, ils sont justes des étatistes qui ne proposent que des modifications à la marge d’un système social-démocrates en faillites.

    • @ bibi

      C’est bizarre, cette habitude d’assimiler l’ « évolution » de la France de Fr.Hollande aux autres pays de l’Union Européenne dont tous ne voient pas leur système démocratique et social en faillite, comme vous le dites. Je puis vous assurer que tant sur le côté démocratique que sur les plans économiques et sociaux ou même leur performance à les gérer, il y a de sérieuses différences! Un coup d’oeil sur
      http://ec.europa.eu/eurostat/fr/home
      devrait vous en convaincre!

      • Ce n’est pas l’évolution de la France de François Hollande c’est l’évolution de la dérive des comptes publics depuis 2008.
        Pour commercer tous les états de l’UE sont hyper endettés hormis les états baltes et le Luxembourg d’aucun ne respecte les critères de Maastricht, et cela alors même que les taux d’intérêts sont à 0 les bons élèves en matière budgétaire arrivent à peine à équilibrer leur budget.

        Les plus grosses économies de l’UE sont toutes rentrées dans une trappe à dette, dès que les taux d’intérêts vont remonter les dettes deviendront incontrôlable car la création de richesse supplémentaire ne servira même pas à couvrir la hausse des intérêts des emprunts de l’état.
        Dette OCDE en pourcentage de PIB et déficit en 2015

        Allemagne : 82% +0.7%
        UK : 113% -4.3%
        Espagne : 119% -5.1%
        France : 120% -3.5%
        Italie : 156%. -2.6%

        Tout cela ne peut que mal finir et pour tout le monde tant tout le monde a fait n’importe quoi.

        • Juste quelques precisions, car je ne sais pas ou vous avez trouvé vos chiffres (ici Bloomberg) :

          Dette / PIB 2015

          Allemagne : 71.2% baisse depuis 2010 (83.4%)
          UK : 89.10%
          Espagne : 99.20%
          France : 96.20%
          Italie : 132.80%

          Cela n’empêche que je suis d’accord avec vous sur le fonds, selon moi certains pays ont des dettes absolument irrécupérable.

          La population française n’est de toute manière pas prête, je crains que l’on soit obligé de passer un jour par la case faillite

          • J’ai pourtant pris soin de noté la source : OCDE par contre j’ai par erreur pris les valeurs de 2014 au lieu de 2015
            Les dettes que vous donnez sont les dettes Maastrichienne.

  • Macron vient de rencontrer son idole ce week-end. stiglitz, NO COMMENT

  • Ambiguïté du discours…
    « donner plus d’autonomie à ceux qui sont chargés d’agir »
    Quand on écrit « chargés d’agir », n’a t-on pas encore le réflexe de décider d’en haut qui sera chargé (par l’état) d’agir ?
    Mais pourquoi faudrait-il charger quelqu’un d’agir ? Laissez faire ceux qui veulent agir !

  • Aucune illusion: Macron est le représentant typique du capitalisme de connivence. À preuve: il est téléguidé par M. Drahi, qui avec son média BFMTV entend bien propulser son candidat, docile à ses vues monopolistiques, au sommet de l’État. Pour mieux pomper l’argent « public ».

  • c’est un peu comme demander entre deux espèces de poissons volant lequel vole le plus haut…

  • La différence est que si Macron est philosophiquement libéral, Fillon en a repris des recettes, par analyse de l’échec économique des gouvernements, droite et gauche confondue, qui se sont succédés.
    Que simultanément la gauche et la droite puissent évoluer vers plus de libéralisme serait probablement l’événement politique le plus marquant des prochaines années.
    Début de réponse en 2017.

  • Emmanuel Macron n’a pas de mon point de vue une conception globale de l’économie dans ses professions de foi.
    Il pense, et c’est son droit, que notre société trouvera son salut économique dans une poussée forte de libéralisation.
    Soit. Mais ne pas coupler son projet avec sinon un démantèlement en tous cas une réduction de l’Etat tout-puissant en matière économique, c’est évidemment incohérent.
    On ne peut pas réduire son discours libéral à une lutte contre les « corporatismes ». Les corporations, autrement dit les dispositifs qui protègent de la concurrence chaque secteur ou plutôt profession, n’existent plus en France depuis des lustres.
    Macron a livré en pâture aux Français quelques professions réglementées, comme les huissiers, les notaires et des réseaux de transporteurs publics.
    Pour le reste, il a accompagné la politique incohérente de Hollande, mêlant augmentations des taxes, des impôts et prélèvements obligatoires, et un libéralisme macro-économique.
    Macron révolutionnaire anti-système ?
    Mais c’est une blague pour quelqu’un issu de la haute fonction publique, passé par la banque et le statut d’associé-gérant d’une banque d’affaire, puis devenu ministre des finances d’un Etat courant à la faillite.
    Certes il est devenu la coqueluche des médias avec son physique qui plaît aux femmes et ses slogans faciles.
    Mais cela reste un peu court.

  • « Les premières propositions sociétales s’éloignent de la tentation, trop souvent répandue, de vouloir protéger l’individu contre lui-même. »

    Ah, protéger l’individu contre-lui même. Je croirais vraiment à la sincérité libérale des politiques quand ils supprimeront l’obligation de boucler sa ceinture en auto, ou mesure tout récente, de porter des gants en moto sous peine de sanction !!
    Tout le reste n’est que littérature !

    • A condition que celui qui ne boucle pas sa ceinture paie bien les conséquences (et non le reste de la société).

    • En plus le port de la ceinture n’est bénéfique qu’à faible vitesse au delà c’est soit inutile soit dangereux sans même parler des chocs latéraux… La généralisation es airbag à rendu la ceinture sécurité obsolète. Mais comme à l’accoutumé il faudra des dizaine d’années à l’état, ce gros dinosaure, pour sen apercevoir puis encore autant pour réagir…

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