Sartre et Castro, une histoire d’amour

Sartre, sans conteste, était utile pour Castro, mais était-il vraiment idiot ? À La Havane, Moscou ou Pékin, doit-on envisager qu’il ne voyait rien, qu’il ne comprenait rien ?

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Sartre et Castro, une histoire d’amour

Publié le 3 décembre 2016
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Par Guy Sorman.

Sartre et Castro, une histoire d’amour
By: thierry ehrmannCC BY 2.0

À peine installé au pouvoir, en 1959, Fidel Castro reprit à son compte une bonne vieille stratégie de Lénine : s’attacher le soutien d’intellectuels « progressistes », en Europe et aux États-Unis. Des « idiots utiles », comme il les appelait. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir furent évidemment les premiers candidats. Le couple incarnait alors l’intelligentsia pure et parfaite : ils menaient à Paris une vie bourgeoise, ils se posaient en révolutionnaires et ils n’auront cessé de se tromper d’avenir.

Sartre et Beauvoir idiots utiles

Pendant la deuxième guerre mondiale, ils ne dénoncèrent pas les Nazis, mais publiaient paisiblement leurs œuvres en France ; après la guerre, ils ont soutenu Staline, puis les communistes au Nord Viet Nam, puis Mao Tsétung. Dès 1960, ils acceptèrent l’invitation de Fidel Castro, à La Havane, furent reçus comme des souverains et par la suite, ils ne cesseront de publier des éloges de la révolution cubaine.

Ils semblaient ne pas en comprendre la nature : une dictature caudilliste typiquement latino-américaine, enveloppée dans un discours marxiste pour obtenir la protection soviétique. Après Sartre, suivront une kyrielle d’autres intellectuels des deux mondes, Susan Sontag en flèche pour les États-Unis.

Ne pas désespérer Billancourt

Sartre, sans conteste, était utile pour Castro, mais était-il vraiment idiot ? À La Havane, Moscou ou Pékin, doit-on envisager qu’il ne voyait rien, qu’il ne comprenait rien ? Il est plus probable qu’il comprenait et voyait tout, mais estimait plus important de prétendre le contraire. Dans les années 1950, parfaitement informé de l’existence du Goulag en Union Soviétique et pressé de les dénoncer par des dissidents russes, il décida sereinement de se taire pour, dit-il, « ne pas désespérer Billancourt ».

dessin-contrepoints868Billancourt était alors la banlieue de Paris où travaillaient trente mille ouvriers, dans les usines automobiles Renault, qualifiées à cette époque de « forteresse ouvrière ». Sartre croyait-il réellement en une révolution prolétarienne universelle portée par Staline, Castro et Mao ? À lire son œuvre, profondément individualiste, cette foi affichée en une libération collective ne paraît pas cohérente avec sa philosophie. Pour avoir personnellement un peu connu Sartre dans les années 1970, et avoir, comme bien d’autres, suivi le pèlerinage de La Havane, Moscou et Pékin (mais, dans mon cas, pour dénoncer ces dictateurs), il me paraît que Sartre plaçait sa personne au-dessus de la révolution et au-dessus de l’humanité en général.

Double standard moral

Sartre était machiavélique : une morale pour les élites et une autre pour le peuple. Castro comprit que Sartre était mû par la vanité : il le couvrit d’honneurs et lui consacra des heures d’audience personnelle. Sartre était riche, il n’avait pas besoin d’être acheté, mais sa corruption morale était sans limite. Par-delà le cas de Sartre, qui est tout de même l’unité de mesure fondamentale de l’idiotie intellectuelle, la plupart de ceux qui ont adoré les dictateurs ont obtenu la contrepartie qu’ils recherchaient, une reconnaissance qu’ils estimaient insuffisante dans leur pays d’origine.

Les intellectuels de gauche ont toujours détesté le matérialisme, le capitalisme et les États-Unis, parce qu’ils voulaient être des philosophes au pouvoir, ce que la démocratie ne leur accorde pas. À Cuba, Castro faisait croire aux idiots que sa révolution situait la culture, l’éducation et la santé au-dessus des valeurs matérielles : c’est ce qu’un Sartre et Compagnie voulaient entendre.

Pour convaincre les idiots du monde entier, à La Havane, jusqu’à ces années récentes, les visiteurs étaient conviés à visiter un hôpital, une école, une librairie : des villages Potemkine. J’y ai eu droit. L’hôpital, en vérité, était seul de son genre, réservé aux dirigeants du pays, les librairies étaient consacrées aux œuvres de Castro et les écoles n’ont en rien amélioré le niveau éducatif des Cubains qui, avant la Révolution, était le plus élevé du monde latino-américain. Sartre se moquait éperdument de cette réalité.

Sartre non humaniste

Soit il croit, soit il veut y croire, ce qui revient au même : le Sartre n’est pas un humaniste, la condition humaine ici et maintenant, cela ne l’intéresse pas. Ce qui aussi plaît à Sartre et aux Sartre, ce que l’on dit trop peu, est l’esthétique de la révolution. Il n’est pas indifférent aux « intellectuels » que ces révolutions soient exotiques, hautes en couleur, voire sanguinaires.

Les révolutions sont des corridas à l’échelle des nations. Sartre adorait les défilés de masse cubains avec drapeaux, chants et discours, de même que certains intellectuels français, dans les années 1930, furent fascinés par les manifestations « viriles » du Nazisme et dans les années 60 par la révolution culturelle chinoise avec gong et sang.

On rappellera que Castro s’attacha des idiots de droite autant que de gauche ; en jouant du nationalisme des Européens et de leur antiaméricanisme, il en persuada plus d’un de se rendre à La Havane en pèlerinage. À tous, il offrait des cigares et parfois un peu plus. Et chaque année, pour Noël, les idiots du monde entier recevaient une boîte de cigares, accompagnée d’un mot du dictateur. Les cigares n’arriveront plus, d’où la tristesse qui s’est emparée des idiots à la mort de Fidel Castro.

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  • Le terme « idiot » en parlant de Sartre me parait tendre et inapproprié.
    Qu’un auto proclamé intellectuel cautionne le dictateur Castro correspond à une apologie de crimes contre l’humanité.

    • « Idiot », non. Aveuglé, certainement. Mais c’était l’époque du « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ».

      Auto-proclamé : certainement pas. Normale Sup, Prix Nobel, l’oeuvre de Sartre est immense et la reconnaissance internationale. L’influence de Sartre dans la philosophie, les arts et la littérature est considérable. C’est un peu dur à dire, mais dans ces domaines, les penseurs « libéraux » ne font pas le poids. Ils sont à vrai dire totalement ignorés. Ayn Rand, Bastiat, Revel… sont considérés avec mépris comme des lave-vaisselles de la pensée. A part les libéraux, c’est à dire un infime pourcentage de la population, absolument personne ne s’intéressent à eux.

      « Apologie de crimes contre l’humanité » : il ne faut pas exagérer non plus. Au moment de ses engagements, Sartre ne savait pas jusqu’à quel point l’aspect criminel était avéré. Quand il s’en est rendu compte, il a vite renoncé (aussi bien sur Staline, Mao ou Castro). C’est l’ensemble de la société qui était dans le vague. D’ailleurs, avec S. Royal, on voit que ça peut continuer. En revenant en arrière, Sartre s’est aussi créé de solides inimitiés (Merleau-Ponty).

      On peut accuser Sartre d’aveuglement idéologique, passant d’un enthousiasme peu prudent à une réfutation tout aussi précipitée, mais de là à le faire passer pour un con sanguinaire, il y a de la marge.

  • Un bon article, une bonne conclusion.

  • Peut être, mais on ne cherche pas autant de raisons au premier venu quand il commet de tels errements.
    Ce n’est pas rien de se définir comme intellectuel.

  • Faisant fi de toute honte, de tout respect pour les millions de victimes du castrisme, la folle du Poitou, et de façon annexe l’ex du futur ex, va rendre hommage à cet infâme et sanguinaire dictateur.

    Faute de lucidité, et en dépit de son incommensurable suffisance, Sartre avant au moins un talent d’écrivain.

    • Et surtout, l’idylle de Sartre avec le castrisme n’aura pas duré bien longtemps, une dizaine d’années. Après, il fut sur la liste des potentiels « agents de la CIA ». Sartre s’enflammait très vite mais il flairait tout de même assez vite les arnaques. Il a réagit à chaque fois, certes moins rapidement que R. Aron, mais ne s’est pas enfermé dans son enthousiasme premier.
      Sa haine de la bourgeoisie chrétienne l’a fait plonger, comme tant d’autres, dans l’admiration castriste. A sa décharge, avant Castro, la Havane n’était pas non plus spécialement le paradis sur terre. Il ne faut pas oublier qu’après sa condamnation du régime castriste (l’affaire du poète Padilla), Sartre n’eut pas de mots assez durs pour le castrisme et le stalinisme.

      Forcément, quand on voit les réactions actuelles de certains politiques qui ne peuvent que connaître l’aspect criminel du castrisme, c’est un peu décourageant. Même Wolinski, dans sa nonchalance idéologique, ne trouvait pas au fond grand chose à redire.

      Si la fonction idéologique a protégé immédiatement Aron et fait tomber Sartre, au moins il y avait bénéfice du doute. L’idéologie libérale a permis aussi de rendre aveugles bien des personnes sur le « paradis chilien ». Et cet aveuglement alors même que l’on connaissait le comportement criminel de Pinochet.

      • Sartre a condamné Castro après l’affaire du poète Padilla sans jamais s’excuser du reste. C’est quand même assez dérangeant: Sartre ne semble pas être dérangé par les massacres des gens qu’il n’aime pas (les soi disants « bourgeois » ou toute personne considérée comme conservatrice ou de droite) mais il s’offusque que le régime castriste s’attaque à un intellectuel de gauche. Si Castro ne s’était pas attaqué à un intellectuel de gauche, jamais Sartre n’aurait condamné Castro. Sartre veut bien que Castro commette des massacres, des emprisonnements, des tortures,….tant que cela ne concerne pas des gens à qui Sartre est favorable.

        « L’idéologie libérale a permis aussi de rendre aveugles bien des personnes sur le « paradis chilien » » Personne n’a considéré le Chili de Pinochet comme un paradis sur terre mais Pinochet était vu favorablement car il était percu comme un rempart contre le communisme. Ce n’est pas pour rien si le régime de Pinochet se termine quand termine la guerre froide. Pinochet n’était pas libéral, il était conservateur et n’avait aucune expérience en économie. Vu la situation économique désastreuse du Chili, il a fait appel à des économistes libéraux (chicago boys) pour redresser le pays. C’est pas pour rien qu’il a fallu attendre 75 pour les réformes libérales (soit quand les chicago boys se sont vus confiés les rênes de l’économie par Pinochet).
        Pinochet est vu un peu comme Franco càd un sauveur. On peut faire à un parallèle entre les deux pays car dans les deux cas, la gauche au pouvoir se conduisait de manière dictatoriale (massacres de membres du clergé en Espagne par les républicains, assassinats d’opposants de droite (Edmundo Pérez Zujovic,….) par diverses milices d’extrême gauche au Chili mais aussi en Espagne, fermetures des journaux d’opposition dans les deux pays, mise sous tutelle de la justice en violation du principe de séparation des pouvoirs,….).
        Il est quand même intéressant de voir que le reproche fait à Pinochet par les démocrates chrétiens n’est pas tant d’avoir fait le coup d’état que d’avoir conservé le pouvoir aussi longtemps. N’oublions pas que c’est le parlement chilien qui a demandé à l’armée d’intervenir. Seulement dans la logique des parlementaires, l’armée devait simplement virer Allende qui devenait un dictateur, se débarrasser des milices d’extrême gauche. En bref, rétablir l’ordre puis rendre le pouvoir aux civils. Sauf que Pinochet a décidé de conserver le pouvoir.
        Allende n’a rien à voir avoir le démocrate tel que décrit par la gauche c’était un extrémiste qui avait clairement pour but: créer une dictature du prolétariat. Même chose pour les républicains espagnols. ll est arrivé au pouvoir parce que l’élection présidentielle était à un tour et qu’il y avait deux candidats de droite. Lors des élections législatives de 73, l’opposition rata de peu la majorité des deux tiers qui aurait permis de destituer Allende à cause des magouilles électorales de la part du gouvernement d’Allende (il y eut entre 200.000 et 300.000 votes illégaux).
        Le Chili de 73 était dans une situation pré guerre civile et ce n’était plus une démocratie à cause d’Allende. Alors, oui Pinochet est une ordure qui aurait mérité d’être jugé. Mais il faut arrêter avec le mythe comme quoi il a mis fin à la démocratie chilienne. Si Allende avait respecté la démocratie, il aurait été simplement destitué par le parlement. Voilà pourquoi Pinochet est considéré par certains au Chili comme un sauveur. En 73, quand il fait le coup d’état, il a le soutien d’une majorité de chiliens. A contrario, en 90, une majorité des chiliens veulent un retour à la démocratie. D’ailleurs, c’est pas pour rien je pense qu’au Chili, ce sont les plus vieux qui sont les plus partisans de Pinochet. En général, les vieux chiliens qui ont vécu la période avant le coup d’état ont une opinion bien plus favorable à Pinochet que les jeunes n’ayant jamais vécu cette période. Dans sa répression, Pinochet n’a pas juste attaqué les fanatiques d’extrême gauche qui voulaient une dictature du prolétariat et qui menacaient l’ordre civil, il s’en est pris à tous ceux qui s’opposaient à lui. Et c’est condamnable.

        Par contre, il y a un truc que je piges c’est pourquoi on parle tant du régime de Pinochet alors qu’il y a eu des régimes bien pire. Par exemple, personne ne connait le nom du dictateur du Guatemala qui en l’espace d’un ou deux ans a commis un génocide contre les indigènes (moi même j’ai totalement oublié son nom). Toutes les dictatures sont condamnables et il faut mettre en avant les crimes de toutes les dictatures. Mais je piges pas pourquoi on mets tant en avant certaines dictatures et que l’on oublie d’autre. Par exemple, actuellement, l’une des pires dictatures c’est l’Erythrée (pays dirigé par un dictateur communiste). C’est la Corée du Nord d’Afrique. Tout le monde s’en fout.

        • A ma connaissance, Sartre ne s’est jamais trop excusé de ses innombrables plantades sur les régimes autoritaires (et sanguinaires). La fameuse ritournelle : « Ces pays ne sont pas marxistes, ils ne sont qu’une déviation totalitaire »).

          Savait-il jusqu’à quel point la répression pouvait aller ? Je ne sais pas. Il est certain qu’il fermait les yeux sur les oeufs cassés de l’omelette. Le goulag stalinien, j’ai un doute. C’est avec Soljenitsyne en 70 que l’occident a vraiment appris. Dans les années 50, le carnage était-il connu ? En miroir, R. Aron avouait n’avoir jamais cru aux camps d’extermination nazis pendant sa période londonienne…

          Sartre connaissait-il le système castriste d’éradication ou en mesurait-il réellement la portée ? Il est possible qu’il ait, de manière un peu cynique, voulu faire « la part du feu » sans se douter que cette révolution allait systématiser ce dispositif.

          Sartre était obsédé par la mort. Et pas question pour lui de renoncer à son athéisme. Par ailleurs, son individualisme de base semblait bien ancré et son communautarisme finalement assez fragile. Il rêvait d’une société débarrassée de toute religion et se coltinant le problème clé de l’absence de sens. Il ne pouvait donc que fricoter avec les régimes marxistes. Comme si ceux-ci à défaut de lui apporter une réponse viendraient par la communauté d’expériences lui donner une consolation.

          Son individualisme était tellement fort qu’il restait globalement fidèle à Husserl, phénoménologue mais surtout philosophe logicien, Husserl très apprécié par ailleurs par Hayek !

          Sur le Chili, il faut dire que dans le presse, on a été assommé pendant des années de papiers sur les atrocités commises. Allende a toujours été présenté comme un martyr. Je ne crois pas que cela ait tellement changé. Aller expliquer qu’Allende n’était pas si sympathique vaut en général une excommunication de tous les forums !

          Sans doute, le libéralisme des Chicago Boys a pesé très lourd dans l’appréciation et l’adoration de Thatcher (et Reagan) pour Pinochet a du en effrayer plus d’un. Les analystes économiques se déchirent d’ailleurs sur ce terrain. Thatcher et Reagan redressent leur économie en endettant les ménages comme jamais (le discours socialiste). Sans l’intervention de l’Etat, le redressement économique du Chili partait à l’eau (le même discours socialiste).

          Je souhaite bien du plaisir à Fillon qui est pour l’instant assimilé à Thatcher. Il y avait une autoroute pour la droite et son programme va potentiellement tout faire foirer. Faire accepter aux français que Thatcher, Reagan ou Pinochet avaient une action plus complexe qu’ill n’y paraît, cela ne va pas être du gâteau !

          • Merci à arnaud et 13atg pour la qualité de leurs interventions.

          • Il faut lire l’historien Pierre Vayssière spécialiste de l’amérique latine. notamment son livre « Le Chili d’Allende et de Pinochet dans la presse française : Passions politiques, informations et désinformation, 1970-2005″ qui montre l’opération de manipulation médiatique orchestré par la gauche francaise.
            En effet, je comprends pas cette logique ce n’est pas parce que je n’adhère pas à la version de la propagande socialiste qui est celle connue par la majorité des gens ordinaires (à noter qu’il y a un fort décalage entre ce que disent les historiens et ce que savent la plupart des gens) que je suis pro Pinochet. Ce n’est pas parce que l’on dit qu’on dit la véreté sur Allende qui n’était pas très recommandable (je ne vous ai même pas parlé de son admiration pour le nazisme, de son antisémitisme et eugénisme) que je suis pro Pinochet. Pinochet était une ordure qui a commis beaucoup de crimes: voilà un fait. Alors, je piges pas pourquoi il faudrait inventer ou exagérer ses crimes. La réalité est déjà suffisante.
            Ce n’est pas parce que Pinochet était une ordure qu’Allende était gentil. Il faut arrêter avec cette vision des choses. Ce sont deux ordures. Même chose en Espagne c’est pas parce que les franquistes étaient des ordures que les républicains étaient des gentils. L’histoire n’est pas simpliste. Staline a combattu Hitler cela ne change rien au fait que Staline était une ordure et un meurtrier de masse.

            J’ai jamais compris pourquoi on mettait sur le même pieds Reagan et Thatcher comme s’ils avaient mis en oeuvre la même politique dans le même contexte. Petit rappel des faits: le RU était ruiné à cause du socialisme avant Thatcher, les syndicats bloquaient toutes réformes (le pouvoir appartenait au FMI qui n’arrivait pas à mener des réformes à cause des syndicats) ce qui a fait que les anglais ont voté Thatcher qui a brisé les syndicats et redressé l’économie. On peut quand même difficilement nier que Thatcher a redressé la situation d’un pays qui était dans une situation comparable à la Grèce en 2008. Thatcher gouvernait un état non fédéral avec une majorité au parlement.
            Reagan quand il est arrivé au pouvoir, la situation de son pays n’était pas catastrophique. Son pays n’était pas au bord de la ruine. Certes, les USA étaient fortement affaibli notamment par rapport à l’URSS mais c’était une situation forte différente du RU.
            Reagan n’était que président avec des pouvoirs limités par le fait que les USA sont un état fédéral, qu’il y a un congrès (qui était dominé par les démocrates à l’époque de Reagan (je ne me souviens plus si c’est pendant toute la présidence ou si à un court moment, Reagan a eu une majorité républicaine)). Je ne parle même pas des pouvoirs informels de la haute administration,….
            Tout cela a fait que Reagan est accusé par beaucoup de libéraux de ne pas avoir mis en oeuvre son programme. Selon eux, Reagan était un beau parleur mais qui n’a rien fait dans les faits. Je pense que c’est vrai qu’il n’a jamais mis en oeuvre son programme libéral, cela dit, aucun président américain n’a jamais mis en oeuvre son programme. Ceci dit, la réalité doit être nuancé car Reagan a quand même fait des mesures libérales comme la baissé des impôts. De plus, la non application de son programme s’expliquait surtout par le fait qu’il avait des pouvoirs au final limités avec beaucoup de contre pouvoirs. Reagan a notamment fait augmenté les dépenses publiques mais si on regarde bien: il a fait augmenté les dépenses régaliennes (militaires). Encore une fois, la réalité est plus complexe

          • Le meilleur article sur fillon que j’ai lu: http://www.wsj.com/articles/france-flirts-with-a-free-market-revolutionary-1480286697
            Fillon n’est pas Thatcher.
            Fillon n’a pas contrairement à Mrs Thatcher de programme détaillé pour réformer le secteur public. Contrairement à la GB de 79, la France ne sera pas très incité à réformer car ni pression interne ni externe. La GB était ruiné donc forcément obligé de se réformer ce qui n’est pas le cas de la france. Fillon ne s’attaque pas au problème central de la France : l’écart grandissant entre les protégés et les exclus. Fillon se concentre sur les impôts. Sans refonte radicale droit du travail et Etat providence il ne fera rien pour les exclus.
            Thatcher avait un plan crédible pour réformer la GB. Là où Fillon n’en a pas.

            PS désolé mais ma première réponse sur fillon s’est mis plus bas.

            Si je suis assez critique sur fillon (je n’apprécie pas sa russophilie et sa politique étrangère), je voterai pour lui car c’est le moins pire selon moi.

            • Merci pour le lien. Il est vrai que Fillon n’est pas Thatcher et je cherche aussi en vain son plan pour réformer en profondeur l’Etat Providence et assouplir de manière conséquente le droit du travail. En désespoir de cause, je voterai aussi pour lui, en espérant qu’il introduira davantage de libéralisme dans sa politique s’il est élu.

              Néanmoins, Fillon est déjà profondément marqué par la presse et les réseaux sociaux comme thatchérien. Peu de gens vont s’embarrasser de subtilités. Et vu que Thatcher est profondément détestée en France..

              Il a donc intérêt à se bouger pour se démarquer de l’étiquette « Thatcher ». Déjà, ses déclarations sur les soins dentaires et l’optique sont mis en exergue et tout le monde commence à flipper sur sa volonté de réforme de la S.S. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/12/04/97002-20161204FILWWW00035-les-francais-inquiets-pour-l-assurance-maladie.php

              En même temps, s’il est honnête, il est bien obligé de dire comment il agira précisément et réellement sur la S.S.

              Macron va certainement récupérer des voix à droite comme à gauche. Valls aussi. Fillon, avec son étiquette « Thatcher », son côté vieux jeu et « cul bénit », je le vois mal pour engranger des voix à gauche. Les caméramans ne l’ont pas loupé le soir de la primaire avec Frigide Barjot en tête d’affiche !

      • Si Castro s’était contenté de renverser la dictature en place et de juste s’en prendre aux dirigeants de la dictature, j’aurais compris qu’il soit considéré comme une idole par la gauche car ce qu’il aurait fait n’est pas condamnable mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de renverser une dictature et de mettre une nouvelle dictature encore pire. Castro ne s’est pas juste attaqué aux dirigeants de la dictature en place, il s’en est en pris à quiconque n’était pas d’accord avec lui.
        C’est la même chose pour Pinochet. Pinochet ne s’est pas contenté de renverser Allende et de débarrasser le Chili des milices d’extrême gauche. Il a préféré conserver le pouvoir au lieu de juste rétablir l’ordre et il s’en est pris à des opposants qui n’étaient pas des extrémistes voulant créer une dictature du prolétariat. C’est ce qui fait que Pinochet est une ordure comme Castro.
        C’est aussi la même chose pour Franco.

      • Perso, je trouve plutôt logique que Franco ait rejoint le camp national (oui pour rappel, à la base, il n’était pas à l’origine du coup d’état). Les républicains avaient clairement pour but de massacrer les catholiques, les bourgeois et la droite en général. La démocratie n’existait plus. Les milices ouvrières faisaient régné la terreur. D’ailleurs, pour la petite histoire, personne ne connait les résultats des élections même si la plupart des historiens estiment que la droite a gagné en voix mais perdu en nombres de sièges.
        Il est logique qu’un catholique de droite rejoigne le camp national. Je comprends parfaitement que la droite espagnole n’ait pas gentiment attendu d’être massacré par les républicains. Il fallait bien intervenir. C’est de la simple légitime défense. Que certaines fractions d’extrême droite aient joué un rôle dans la situation chaotique de la république espagnole c’est vraie mais celle qui a joué le plus grand rôle c’est la gauche. La république espagnole est une création de la droite modérée et des centristes.

      • Fillon n’est pas thatcherien. Il est proche de schroder et de l’ordo libéralisme que de Thatcher. Encore une fois, la gauche et les médias le caricaturent et montrent leur méconnaissance du libéralisme. Fillon est bien plus réformateur que libéral. Son programme économique comprends une dose de libéralisme cela n’en fait pas un programme libéral. Fillon est le favori. Il va gagner je pense même si rien n’est joué. La gauche est bien trop divisée pour pouvoir l’emporter. Seul une union des gauches peut permettre à la gauche de gagner ce qui me semble impossible.
        Juppé s’est un nouveau chirac autrement dit il mènera une politique de non réformes une fois au pouvoir. Juppé s’était un Hollande de droite. La gauche le voulait au pouvoir parce qu’avec juppé, il n’y aurait pas eu de politique de droite. Fillon représente une politique de droite. Même si c’est très imparfait, je pense que c’est le moins pire. Le oh secours la droite revient est un classique de la gauche. Vu le désastre qu’est Hollande cela ne marchera pas. Les électeurs rebutés par fillon iront chez Macron. Cela ne profiteras pas au candidat ps. Le centre est le gagnant de la victoire de fillon à la primaire. La victoire de fillon est une bonne chose par rapport au Fn. Le FN va se gauchiser contre fillon ce qui va lui faire gagner des voix à gauche mais perdre les voix de l’aile droite du Fn qui est de plus en plus exaspéré par la ligne philippot.

      • Désolé la suite de mon commentaire sur l’Espagne c’est effacé.
        Le camp national ne comprends pas seulement l’extrême droite mais toute la droite et le centre. Les principaux intellectuels fondateurs de la république (José Ortega y Gasset, Ramón Pérez de Ayala, Gregorio Marañón y Posadillo,…) ont rallié le camp national et non pas le Front populaire alors qu’ils étaient de fervents démocrates et des libéraux.Le parti radical, parti de francs macons et dont on ne peut pas nier leur attachement à la démocratie a pris le parti du camp national. Ce qui est plutôt logique, les républicains les considérant comme des républicains qu’il fallait massacrer.
        Une des principales raisons de la défaite du camp républicain c’est qu’ils étaient tellement fanatiques qu’ils s’entre tuaient entre eux. Les différentes factions du camp républicain se battaient entre eux.
        Alors oui Franco est une ordure qui a commis des crimes. Rien ne l’obligeait à rester au pouvoir aussi longtemps. Mais venir lui reprocher le coup d’état et la guerre civile c’est quand même un peu honteux. Et c’est pas parce que les franquistes ont commis de très nombreux crimes qu’il faut oublié les crimes des républicains qui ne valaient pas mieux

        • « es considérant comme des républicains » es considérant comme des bourgeois

          C’est Alcalá-Zamora et Maura, hommes de droite qui unirent les républicains et les poussèrent à prendre le pouvoir en 1931. La gauche espagnole n’a jamais créé la république

  • Je me permets de remettre le commentaire de célès qui était sur un autre article:

    « C’est bizarre, tous les « philosophes » que je hais, les Bernards-Henri Lévy des années 60 que l’éducation nationale nous a servi pour nous dégoûter de la philo, tous les « intellectuels français » stupides qui m’ont passable ennuyé,
    tous ceux que je ne considère même pas comme des philosophes pour leur absence de logique mathématique,
    tous ces « branleurs de mots » qui s’écoutent parler dans des livres ennuyeux et abscons qui vomissent des erreurs et des banalités dans des phrases alambiquées,
    bref, tous les crétins socialistes soutenaient Fidel Castro.

    – Jean-Paul Sartre, sinistre imbécile dépressif à la limite du nihilisme, était fasciné par ce type malsain, tout comme il était fasciné par toutes les réflexions à l’inverse de la logique.
    Certes, il retournera sa veste quand Castro s’en prendra à Heberto Padilla, un poète.
    Mais il sera resté imperméable à tous les massacres ayant eu lieu auparavant.

    – Simone de Beauvoir, qui s’extasiait devant Che Guervara autant que devant Castro ou tout homme de pouvoir, mènera une vie individualiste terne et la terminera seule et malheureuse en se mentant à elle-même, consumée par son orgueil. Bref, dans la lignée du socialisme (donc du fascisme).

    – Régis Debray, lui il s’excitait tellement devant les figures comme Castro qu’il assumera sa profonde stupidité et partira en Amérique du sud pour rejoindre Che. Dieu merci, il y sera enfermé et torturé, tout gamin a besoin d’assumer ses erreurs.
    Il finira par devenir poète, préférant la forme au fond (comme tout bon masturbateur de mots qu’il était), confirmant qu’il n’avait rien à faire en philosophie.

    – Claude Jullien était journaliste au Monde.
    Rien de plus à dire, poubelle.

    – Henri Alleg était un journaliste à l’Alger républicain, membre du parti communiste. Là aussi, faut pas s’attendre à une analyse très pertinente, juste à une usine à gaz basée sur des erreurs.

    => Et donc MAINTENANT, qui voit-on faire une ovation à Castro ? François Hollande ?
    Nooooooooooooooooooooooooooooon, pas possiiiiiiiiiiiiiiiible !

    C’est la cerise sur le gâteau, la preuve irréfutable que Castro (tout comme Che Guevara, Mao, Staline ou Hitler) n’était qu’un déchet.

    Allez Fidel, t’as enfin crevé, tant mieux, va prendre ta place en Enfer et tournons cette sinistre page de l’histoire.

    La mort de Fidel me laisse le même sentiment qu’une feuille de PQ jetée dans les toilettes après m’avoir torché.
    Et encore, mon caca est plus propre que lui. »

  • J’ai jamais pigé à titre personnel en quoi Sartre était un grand intellectuel et un grand philosophe. Pour moi, c’est juste un idéologue d’extrême gauche qui a fortement tendance à nier le réel et la logique. Sartre illustre à merveille le naufrage intellectuel de la France.
    La forme a pris le dessus sur la forme. Aujourd’hui et depuis quelques décennies, on considère un homme comme grand intellectuel à partir du moment où il sait bien écrire, où il parle de manière très sophistiquée,….même si au final, sur le fond, il raconte que des absurdités.
    J’ai moi même fait l’expérience en lisant des écrits universitaires (ce n’est pas à la portée de n’importe qui de lire cela tellement le langage est sophistiquée) que si c’est superbement écrit avec un style très complexe à comprendre. Sur le fond c’était juste ridicule, c’était juste de la branlette intellectuelle.

  • Il arrive souvent que les médecins Cubains doivent cumuler avec un autre métier. Je connais quelqu’un qui a été à cuba, il a pris un taxi où le taximen était un chirurgien obligé d’avoir plusieurs boulots.

  • Sartre, homme intelligent et brillant, a sans doute pensé que son passé de bourgeois planqué pendant la guerre, donnant ses pièces à un parterre d’officiers allemands une émission littéraire à la radio, devait être d’une manière ou d’une autre expurgé, expié.
    Cette rage contre le conformisme, qui ne mérite pourtant que dédain, l’a poussé à supporter tout ce qui était contre son pays et la civilisation dont il était issu.
    Exemple classique du manque de maturité, probablement affective pour ce qui le concerne.

    • Planqué, planqué, c’est vide dit ! C’était une mesure de sûreté nationale de le mettre à la météo puis dans un camp de prisonnier.

      Avec ses yeux, il aurait flingué tout son régiment ou l’aurait poussé au suicide avec sa philosophie.

      Mais il est vrai que bien que pacifiste, il s’en est toujours voulu. Et la mort de Nizan l’a achevé.

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