Hémorragie industrielle en Belgique

Il n’y a pratiquement plus un jour sans qu’une grande entreprise sise en Belgique n’annonce une fermeture ou une restructuration et la suppression d’un nombre conséquent d’emplois. Que faire ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Hémorragie industrielle en Belgique

Publié le 17 septembre 2016
- A +

Par Thierry Godefridi.

Hémorragie industrielle en Belgique
By: James CridlandCC BY 2.0

Depuis l’annonce, il y a deux semaines, de la fermeture du site du constructeur américain d’engins de génie Caterpillar et la perte de 2.200 emplois à Gosselies, il n’y a pratiquement plus un jour sans qu’une grande entreprise sise en Belgique n’annonce une fermeture ou une restructuration et la suppression d’un nombre conséquent d’emplois : Axa (réinventons l’assurance, suppression de 650 emplois), P&V (avec vous, quoi qu’il arrive, autre assureur, 300), MS Mode (vêtements féminins, 220), Printing Partners (158), Jacobs Douwe Egberts (torréfaction de café, 274), Dana (métallurgie, 40), Eurostation (filiale de la compagnie nationale des chemins de fer, 40), CP Bourg (équipements et machines de bureau, 48), Halliburton (services pétroliers, 50)… C’est un peu comme si les autres avaient attendu qu’un grand se décide pour suivre un mouvement qui, une fois la partie de dominos lancée, risque de ne pas s’arrêter de sitôt.

La Belgique victime de son appareil d’État

La Belgique paie le prix de son incurie. Elle est desservie par la complexité et le coût pharaonique de son appareil d’État (même le Président de la Chambre des représentants – l’une des assemblées du Parlement fédéral —, Siegfried Bracke, le reconnaissait sur les ondes de Bel-RTL), l’emprise des mouvements syndicaux sur la vie économique et publique et les blocages multiples et divers qui en résultent à tous les échelons, les contraintes et les charges exorbitantes qui pèsent tant sur le travail que sur le capital et sclérosent l’initiative privée que ce soit en matière de consommation ou d’investissement.

Dans son index 2016 de la liberté économique, la Heritage Foundation classait la Belgique à la 44e place, parmi les pays « modérément libres », loin derrière d’autres « petits » pays « essentiellement libres » et membres de l’Union européenne comme l’Irlande (8e), l’Estonie (9e), le Danemark (12e), la Lituanie (13e), les Pays-Bas (16e), le Luxembourg (19e), la République tchèque (21e), la Finlande (24e), la Suède (26e), l’Autriche (28e), la Lettonie (36e)… La Belgique partage le privilège de faire partie du même compartiment en matière de liberté économique que, entre autres, l’Espagne (43e), la France (75e) et l’Italie (86e). (C’est curieux : les quatre figurent aussi parmi les plus endettés de l’Union…) Pour ce qui est de la liberté économique, le Royaume Uni est 10e et l’Allemagne, 17e.

Le problème géographique de la Belgique

L’exiguïté de son territoire constitue un handicap supplémentaire pour la Belgique. Aux yeux d’un industriel, s’il doit choisir entre deux économies « modérément libres » (la France et la Belgique en ce qui concerne Caterpillar), autant qu’il opte pour la plus grande des deux, la dimension du marché domestique lui procurant normalement un rendement supérieur. Quant à un nouvel investisseur cherchant à s’installer dans l’Union européenne, il aura tout intérêt à le faire soit en Allemagne dont l’économie est la plus grande et l’une des plus libres d’Europe, dès lors que le Royaume Uni qui précède l’Allemagne au classement de la liberté économique devrait quitter l’Union, soit dans un petit pays plus ouvert que la Belgique sur le plan économique, telles que l’Irlande ou l’Estonie.

Plutôt que de se lancer dans la surenchère dialectique de type marxiste (réquisition, confiscation, punition… que n’a-t-on entendu ?) ou de vainement pousser des cris d’orfraie et de faire leur Calimero dans les médias, s’il reste des hommes d’État aux différents niveaux de pouvoir en Belgique, qu’ils se démarquent du clientélisme et de la culture de la haine que d’autres y entretiennent pour seul programme, se défassent de la pusillanimité générale qui y règne et promeuvent d’urgence les mesures de flexibilité du travail au niveau des petites et moyennes entreprises, seules susceptibles d’assurer une relance économique par la régénération de l’activité. À cette fin, la Belgique « fédérale » pourrait utilement s’inspirer de l’exemple de la Confédération helvétique, seule en Europe à figurer parmi les cinq pays entièrement « libres » sur la liste de la Heritage Foundation.

Sur le web

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Le PS bloquera toute réforme de l’Etat.
    En espérant que ce gouvernement déleste la Flandre, cela forcera peut-être les Wallons à se ressaisir mais quand je vois les commentaires sur la DH ou 7sur7, on est loin du compte !

  • Je suis Belge , l’analyse me chagrine mais les paragraphes « La Belgique victime de son appareil d’État » et « Le problème géographique de la Belgique » ne sont, hélas, pas sans quelque fondement …

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Dire que Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie qui enseigne aujourd'hui à l'université de Columbia, s'oppose au marché libre est un euphémisme. Il n'est pas favorable à une planification centrale complète, nous dit-il, mais souhaite un équilibre entre les mécanismes de marché et les mécanismes non marchands. Cependant, lorsqu'il s'agit de ses propositions concrètes, le marché semble toujours, à ses yeux, déficient. En effet, son titre fait consciemment écho à La route de la servitude (1944) de Friedrich Hayek, mais alors que Hayek... Poursuivre la lecture

Quand les ministres découvrent les conséquences de leurs actes...

Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, est en colère. En cause ? Une banque française refuse de faire des prêts à des PME françaises au motif que celles-ci investissent dans le nucléaire.

« Vous avez des PME qui se voient refuser des financements par une banque de détail bien connue dans le pays au titre de (leur) sous-traitance pour la dissuasion nucléaire, car il s'agirait d'une arme, je cite, controversée. »

Le ministre menace de faire du name and... Poursuivre la lecture

Dans mon livre The Power of Capitalism, je montre que la vie des gens est bien meilleure là où il y a plus de liberté économique. La population de la Corée du Sud se porte mieux que ses voisins de l'autre côté de la frontière, en Corée du Nord ; la vie était bien meilleure en Allemagne de l'Ouest qu'elle ne l'a jamais été en Allemagne de l'Est ; et les Chiliens sont mieux lotis que les Vénézuéliens. L'expansion des libertés économiques par le biais de réformes du marché libre - en Chine sous Deng Xiaoping, au Royaume-Uni sous Margaret Thatche... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles