Brexit : l’apocalypse économique n’a pas eu lieu

Le Brexit n’a pas débouché sur l’apocalypse escomptée. Hélas, il n’a dopé ni l’économie française, ni le championnat français de football. Il a montré néanmoins que le marché libre peut s’adapter et continuer à créer des richesses.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Brexit : l'apocalypse économique n'a pas eu lieu
By: frankieleonCC BY 2.0

Nombreux étaient les journalistes et autres spécialistes qui prévoyaient un désastre économique au Royaume-Uni après le vote en faveur du Brexit. C’est une catastrophe qu’on nous annonçait, mais dont la France pourrait profiter économiquement. Or, les données publiées récemment montrent, au contraire, un après-Brexit plutôt rassurant pour le Royaume-Uni.

Il y a d’abord la croissance économique. Selon les projections de l’OCDE, le Royaume-Uni connaîtra une hausse du PIB de 1.7 % en 2016 et de 2 % en 2017. Pour la France, ce sera, 1.4 % en 2016 et 1.5 % en 2017. Même l’Allemagne ne fera pas mieux que le Royaume-Uni : 1.6 % et, respectivement, 1.7 % en 2017. Ensuite, la livre sterling qui valait 1.48 dollar avant le Brexit vaut maintenant 1.32 dollar, ce qui a attiré plus de touristes (+4,3%) et a fait augmenter leurs dépenses.

Les indicateurs économiques à la hausse

Tous les indicateurs économiques – confiance des chefs d’entreprises, des consommateurs – sont à la hausse ainsi que les ventes des biens et de services. Les échanges commerciaux n’ont nullement souffert. Pour ce qui est de l’emploi, les statistiques sont toujours excellentes pour le pays d’Outre Manche : le taux d’emploi est de 74.5 % (août), ce qui représente le taux le plus élevé depuis 1971, tandis que le taux de chômage est à 4.9 %. En France, le taux de chômage se situe à 9.9 % et celui de l’emploi à 63 %.

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Pour les « spécialistes », le Brexit allait provoquer un exode des chefs d’entreprise et donc, forcément, un retour au bercail des entrepreneurs français partis à Londres et même – selon les journalistes sportifs — un départ des grands footballeurs qui devaient préférer les cieux plus protecteurs de l’Europe, pour le grand bien du championnat français. Rien de tout cela ne s’est produit.

Les entrepreneurs continuent à préférer l’Angleterre, où l’IS pourrait baisser jusqu’à 15 %, et les footballeurs sont toujours aussi nombreux à préférer jouer dans le championnat anglais. On a même battu des records de transferts avec un total des dépenses engagées par les clubs anglais atteignant le montant de 1.4 Md d’euros et un record pour l’achat d’un joueur français, Paul Pogba : 105 millions d’euros. Même la deuxième ligue anglaise a dépensé plus que la première Ligue française : 247 millions d’euros contre 192 millions.

Le Brexit n’a pas débouché sur l’apocalypse escomptée. Hélas, il n’a dopé ni l’économie française, ni le championnat français de football. Il a montré néanmoins que le marché libre peut s’adapter et continuer à créer des richesses s’il est débarrassé de l’emprise étatique et réglementaire.

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