Drogues : les Français préfèrent leur dealer de quartier à Internet !

Pour la drogue aussi, les Français semblent préférer le commerce de proximité et leur dealer de quartier !

Se procurer de la drogue en ligne serait en train de devenir la nouvelle norme au regard d’une récente étude du think tank Rand Europe. Et si c’était une première étape vers la dépénalisation ?

Par la rédaction de Contrepoints.

Drogues : les Français préfèrent leur dealer de quartier à Internet !
Crédits : Statista, CC-BY 2.0

La vente via le darknet, un réseau web assurant l’anonymisation des données grâce à des logiciels, est en passe de devenir le moyen le plus courant et le plus simple de se procurer de la drogue illégalement sur internet selon une étude du Think tank Rand Europe. L’utilisation de cet e-commerce parallèle bénéficie avant tout aux États-Unis, qui enregistrent cinq millions de dollars par mois pour environ 890 vendeurs. La France est très loin, et n’arrive qu’en 7eme position du classement, avec 240.000 dollars de revenus mensuels et 68 vendeurs en ligne. Le Royaume-Uni, avec une taille équivalente, fait 10 fois plus que la France. Pour la drogue aussi, les Français semblent préférer le commerce de proximité et leur dealer de quartier !

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Drogue et marché noir

Une fois de plus est illustré le lien entre interdiction des drogues et alimentation du marché noir : comme le consommateur ne peut se procurer légalement les stupéfiants qu’il recherche, il va passer par le chemin du darknet, connu dans les grands médias pour son absence de régulation de la part des États, au risque d’alimenter les organisations criminelles qui vivent des rentes des cartels de la drogue.

Ubérisation du dealer de rue

Notons toutefois que la vente de drogues via internet pourrait tout aussi ubériser celle plus traditionnelle du dealer de rue, et ainsi aider à faire baisser la criminalité de proximité qui s’y rapporte. Comme le note Jacques Robert : « À défaut de pouvoir se faire la guerre avec des armes à feu, les dealers du darknet n’ont d’autre choix que de se battre en offrant des produits qui plaisent aux consommateurs. Dans quelques rares cas, ces dealers tentent de s’attaquer en se piratant respectivement. L’avantage est ici net pour l’ensemble de la population en termes de baisse de l’insécurité. »

La vente via le darknet peut donc être perçue comme une amélioration du point de vue de l’ordre public, mais qu’en est-il de la santé publique ? Éliminer les marchés noirs par l’inclusion dans le système législatif pourrait tout à fait aider à dégonfler et les cartels criminels, et lisser les prix : l’attrait pour l’interdit de la drogue disparaîtrait aussi sûrement que celui pour l’alcool le temps de la prohibition, et les deniers publics alloués à la chasse aux consommateurs et aux dealers seraient employés un peu plus rationnellement, par restaurer l’autorité des principes essentiels de l’État.

Alors, quand est-ce qu’on avance sur le sujet ?