Le World Food Prize 2016 récompense la « Patate douce dorée »

La patate douce dorée, génétiquement améliorée, contient des éléments propres à produire de la provitamine A, ce qui permet de lutter contre la malnutrition.

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Patate douce "normale vs patate douce dorée By: Mike Mozart - CC BY 2.0

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Le World Food Prize 2016 récompense la « Patate douce dorée »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 juillet 2016
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Par Wackes Seppi.

Patate douce « normale vs patate douce dorée By: Mike MozartCC BY 2.0

La « Patate Douce Dorée » existe dans la réalité, pas sur le plan de la sémantique. Il s’agit d’une patate douce qui, à l’instar du Riz Doré, a été transformée pour produire de la provitamine A pour lutter, dans les pays consommateurs de ce tubercule, contre la malnutrition et son cortège de maladies, de cécités, de morts.

Le World Food Prize 2016, le Prix Mondial de l’Alimentation, est en quelque sorte le Prix Nobel de l’agriculture et de l’alimentation. Les lauréats ont été annoncés le 28 juin 2016, lors d’une cérémonie au Département d’État américain : Maria Andrade, Robert Mwanga, Jan Low et Howarth Bouis.

Les Drs Maria Andrade, Robert Mwanga et Jan Low, du Centre International de la Pomme de Terre (CIP) – l’une des institutions de recherche agronomique du réseau qui comprend aussi, par exemple, le CIMMYT et l’IRRI, des acteurs majeurs de la Révolution Verte et, pour le deuxième du Riz Doré –, sont honorés pour leur travail de développement de la patate douce à chair orange.

Les deux premiers en sont, en quelque sorte, les créateurs, par des méthodes de sélection traditionnelles, à partir de matériel génétique des collections du CIP et d’autres sources. Le Dr Low a quant à elle structuré les études et les programmes de nutrition qui ont convaincu près de deux millions de foyers dans 10 pays africains de planter, acheter et consommer cette patate douce « biofortifiée », nutritionnellement enrichie.

Le quatrième lauréat, le Dr Howarth Bouis, est le fondateur de HarvestPlus à l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI), également membre du réseau susmentionné. On lui doit le lancement et la mise en œuvre, au cours de 25 dernières années, d’une approche multi-institutionnelle de la « biofortification » en tant que stratégie mondiale d’amélioration des plantes. Une stratégie qui a produit des cultures telles que des haricots, du riz, du blé et du millet perlé enrichis en fer et en zinc, ainsi que du manioc, du maïs et des patates douces enrichis en vitamine A. Ces produits sont testés ou commercialisés dans plus de 40 pays. Ils bénéficient déjà à plus de 10 millions de personnes, avec un potentiel de plusieurs centaines de millions de plus dans les prochaines décennies.

L’équipe du CIP a réalisé des programmes de sélection de variétés de patate douce à chair orange d’abord au Mozambique et en Ouganda, puis dans 10 autres pays africains, avec les ressources et le soutien de HarvestPlus, ainsi que de l’USAID, de la Fondation Bill & Melinda Gates et d’autres donateurs.

Le prix honore notamment deux scientifiques africains et des parcours remarquables.

Mme Maria Andrade est Capverdienne, fille d’une famille pauvre qui a eu à cœur d’offrir une éducation poussée à ses enfants. Elle a déployé ses activités essentiellement au Mozambique, où près de 70 % des enfants souffrent de carence en vitamine A.

M. Robert Mwanga est Ougandais, fils d’une famille d’agriculteurs. Il a joué un rôle moteur dans l’élévation de la recherche sur la patate douce en priorité nationale. En 2014, plus de 30 % des agriculteurs cultivaient des variétés de patate douce orange qu’il avait mises au point. Pour les biographies détaillées, voir ici.

2016 marque aussi le 30e anniversaire de la création du Prix mondial de l’alimentation par le Nobel de la paix lauréat du Prix Dr. Norman E. Borlaug « l’homme qui a sauvé un milliard de vies ».

Pour ceux qui lisent l’anglais, National Geographic a produit un article qui décrit bien la démarche. Produire des variétés enrichies en nutriments est une chose, souvent compliquée. Les faire entrer dans les champs, puis dans les assiettes, en est une autre. C’est ce qu’on fait les quatre récipiendaires.

L’article reproduit un commentaire de Raj Patel :

« Les patates douces ne nous mènent pas plus loin dans la réponse à la question fondamentale de savoir pourquoi les gens n’ont pas accès à une alimentation saine ou ne peuvent pas se la permettre. Considérez les comme un aliment fétiche pour une ère de pauvreté avec un supplément de vitamines. »

Il y a des coups de pied qui se perdent…

Quelle tristesse de savoir qu’il fut un conseiller du Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation Olivier De Schutter…

Sauf erreur, il n’y a eu aucune information sur ce prix dans les médias français.

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  • « Sauf erreur, il n’y a eu aucune information sur ce prix dans les médias français » ?

    Il y a Contrepoints…

  • Si j’ai bien suivi l’article (je n’ai pas encore été regarder les sources), la patate douce « dorée » est issue de sélection naturelle, ce n’est pas un OGM. Si c’est exact, pourquoi avoir titre l’article « OGM : bal bla bla » ?

  • Merci pour cet article original, mais qui touche un sujet mondial: la nutrition. Ici ( en NZ) il y a bcp de patates douces, comme dans tout le Pacifique. Ici aussi les peuples autochtones, issus des Polynésiens souffrent de mal nutrition plus que les autres. Non pas qu’ils ne mangent pas assez, mais ils mangent mal, sous la séduction de la « Junk food ». Ce qu’il faut apprendre en complément de ce très bon article, c’est de cuisiner. Avec cela vous évitez bcp de sucres et de graisses glissées dans tous les produits préparés.

    • En Afrique la malnutrition ne vient pas des sucres et des graisses des produits préparés.
      les carences en vitamine A sont provoquées par le manque d’apport via la consommation de laitages, viandes et legumes verts, produits auxquels les plus pauvres n’ont pas acces.

  • Les commentaires sont fermés.

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