Le Royaume Uni après le Brexit

Publié Par Thierry Godefridi, le dans Europe

Par Thierry Godefridi.

Faut-il vraiment s’attendre au scénario du pire ? Non, n’en déplaise aux Cassandre de tous bords. Fondamentalement, le Brexit ne changera pas grand chose. Les Britanniques n’avaient-ils pas, de toute manière, « un pied dedans, un pied dehors » ?

Pour la carrière de David Cameron, Premier ministre démissionnaire du Royaume-Uni, le résultat du référendum de la semaine dernière constitue, à tout le moins, un fâcheux contretemps. Il avait cru pouvoir inoffensivement se servir de sa promesse d’un référendum sur l’appartenance à l’UE afin d’amadouer les Eurosceptiques de son propre parti et de se faire réélire en 2015.

Certes, il se fit réélire mais la manoeuvre s’est retournée contre lui comme un boomerang. Sans doute cet étudiant d’Oxford, habitué des cénacles londoniens, a-t-il, au contraire de l’auteur de cet article pendant ces trente dernières années, fort peu fréquenté le petit peuple de l’Angleterre profonde, des Midlands au Nord en passant par le York.

Boris Johnson dans l’incertitude

Pour Boris Johnson, ancien maire conservateur de Londres et co-responsable du gâchis dès lors qu’il avait pris la tête de la fronde anti-UE pour faire avancer ses plans de carrière et devenir calife à la place du calife, le pari n’est pas encore gagné. Gardez-moi de mes amis ; quant à mes ennemis, je m’en charge. Les partisans du Premier ministre démissionnaire risquent de s’évertuer à lui trouver un substitut moins échevelé et moins écervelé.

Quant à la Reine d’Angleterre qui, lors d’un dîner avait demandé à ses convives qu’ils lui donnent au moins trois raisons pour que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne, qu’elle interroge ses sujets d’Écosse et d’Irlande du Nord qui semblent en avoir trouvé suffisamment pour se convaincre de voter majoritairement pour l’appartenance à l’UE.

En fait, il lui eût suffi de sortir de son palais et de s’en enquérir auprès de ces Londoniens de tous âges et de toutes complexions qui distribuaient de manière joviale (l’auteur de cet article peut en témoigner) des tracts pro-EU la semaine dernière dans les rues de la capitale britannique ainsi que de lire la presse britannique dont les titres les plus sérieux (Financial Times et The Economist entre autres) appelaient au maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE.

C’était d’ailleurs aussi le cas du côté irlandais : l’Irish Independent titrait à la une “Keep Britain In – Vote Remain for a better future for our children in Europe – Stronger together – A vote to Remain is a vote for peace, security and prosperity” et publiait une photo de la rencontre de la Reine d’Angleterre avec le président de la République d’Irlande à Windsor en avril 2014.

Le mensonge de Farage

Enfin, quand Nigel Farage, le leader du parti indépendantiste britannique et l’auteur d’une affiche ignominieuse qui le montrait, jamais à court d’outrance, devant une longue colonne d’immigrés avec la mention « Breaking Point », dut reconnaître le matin même de l’annonce du résultat du référendum qu’il avait menti concernant ces 350 millions £ qui étaient prétendument versés chaque semaine par la Grande-Bretagne à l’UE et qui alimenteraient dorénavant les caisses de la sécurité sociale, nombreux furent les Britanniques qui réalisèrent qu’ils s’étaient fait berner par les partisans du Leave.

L’Angleterre quittant l’UE et UK-IP perdant sa raison d’être, « Monsieur Serpillière humide » sera privé de sa lucrative occupation au Parlement européen et éructera désormais son fiel dans les travées des pubs du Kent avec ses compagnons de libations comme seul public.

Les travaillistes flairant l’opportunité de déstabiliser la majorité en place s’empressèrent de désavouer leur propre leader Jeremy Corbyn dont les idées trop ancrées dans une autre époque s’avèrent un fardeau encombrant et le soutien à la cause européenne, aussi tiède et aussi fade qu’une bière anglaise. Ils ne manquèrent pas d’insister sur le caractère non liant du référendum. Les débats au Parlement britannique s’annoncent intéressants.

Qu’en ces circonstances certains ultra-fédéralistes européens entendent précipiter les pourparlers de séparation, dénote d’un esprit revanchard de fort mauvais aloi. La Chancelière allemande, Madame Merkel, qui a déclaré « comprendre que les Britanniques aient besoin de temps », est décidément bien l’un des rares membres de la classe politique européenne à ne pas avoir uniquement en tête ses seuls intérêts et sa propre survie politique.

Sur le web

  1. Mon dieu ses atroces personnage qui veulent un pays indépendant libre de son destin, c’est vraiment abominable. La liberté ne se fait elle pas un bloc grandissant pour nos libéraux-progressiste.

    1. L’UE est bien plus libérale que les partis nationaux-socialistes qui veulent être indépendant pour pouvoir acheter plus facilement des voix avec l’argent des autres ou celui de la blanche à billet.

      Bref, à défaut d’être libéral-conservateur, vous semblez être un bon gros vieux socialiste.

      1. Ce n’est vrai que pour certains de ses partis. Tous ne sont pas socialiste et il faut distinguer le nationalisme tenant du « principe des nationalités » et du bloc Etat nation unitaire, avec le patriotisme en général qu’on appelle souvent nationalisme par approximation.

        Ce qui est le plus absurde serait de le considérer comme le premier quand il lutte contre ceux qui sont allé plus loin dans le projet d’étouffement des libertés avec sur des nations un bloc de plus en plus fort qui réglemente arbitrairement EN PLUS des Etats.

        Pour un conservateur comme moi en effet il faut passer par la libération de la nation de cette chaine, même si à un moment donné les habitants de l’Etat en questions peuvent être plus socialiste que le bloc, sinon un capitaliste en Moldavie ou Biellorussie aurait due en 1991 être pour l’URSS dans votre logique faute de quoi il serait partisans du socialisme comme le voulait alors la majorité de leur Etat.

        Ensuite dans l’Etat créer de la décentralisation est un combat mais il est absurde de le mener tant que l’Etat est en passe de devenir une simple partie d’une fédération.

  2. En réalité, Merkel perd un allié liberal de poids avec le Brexit… D’où sa relative motivation à laisser partir la Grande-Bretagne… Pourtant, j’en suis convaincu , le Brexit est l’occasion d’un retour ultérieur de la Grande-Bretagne (ou de ses nations séparées) dans un projet européen plus étoffé que leur simple conception d’un marché unique. Si les Britanniques pouvaient durant leur absence développer un sens de la responsabilité et de la solidarité, ce ne serait que profitable au projet politique européen (ainsi qu’au quart d’enfants britanniques vivant sous le seuil de pauvreté… Une honte pour la 5eme puissance économique mondiale)

    La situation politique actuelle en Grande Bretagne est catastrophique, le référendum n’est qu’un lourd bilan de l’echec liberal britannique des 30 dernières années . Cette politique a mené les citoyens britanniques à la division, tout comme elle la produira dans le reste de l’Europe si un projet au minima social-démocrate ne se dessine pas rapidement.

    1. Oui c’est cela, en fait les britanique ont quitter l’UE pour avoir plus d’UE.

    2. Oula…voilà un commentaire qui fouette du chaton mignon…on nous fait le coup de la veuve et des orphelins…

      « En réalité, Merkel perd un allié liberal de poids avec le Brexit… D’où sa relative motivation à laisser partir la Grande-Bretagne… » c’est une phrase antithétique…les anglais n’ont jamais considéré les allemands comme libéraux…alors qu’ils s’entendaient plutôt bien avec certains pays récemment convertis aux joies de l’économie de marché…

      « le Brexit est l’occasion d’un retour ultérieur de la Grande-Bretagne (ou de ses nations séparées) »…effectivement, et ce serait une bonne chose pour les anglais qui n’auraient plus à assumer la dette colossale des autres pays de l’UE en plus de la leur…par ailleurs, on peut aussi parler du Bavière exit manqué de 2014 ?

      « dans un projet européen plus étoffé que leur simple conception d’un marché unique », pour réussir une union politique, il faudrait déjà que les divers pays aient des intérêt communs, ce qui n’est pas le cas (sans parler du nationalisme latent savamment entretenu par les politiques locaux)…le marché unique intrique tellement les économies qu’une guerre entre pays européens est devenu quasi impossible…tout comme les sanctions économiques que l’UE voudraient imposer à nos amis d’outre manche seraient vouées à l’échec…si les anglais introduisent une taxe à 150% sur les véhicules polluants produits à l’étranger (comme les danois), nombre de travailleurs allemands termineraient au chômage…de même si Rolls Royce est fortement incitée à ne plus livrer Airbus, je doute fortement que la France aie les reins assez solides pour supporter la mise au chomage immédiate de la quasi intégralité de l’agglomération toulousaine…

      « Si les Britanniques pouvaient durant leur absence développer un sens de la responsabilité et de la solidarité, ce ne serait que profitable au projet politique européen » dans le sens de solidarité, vous voulez sans doute faire assumer aux anglais l’incurie des politiques françaises depuis 1981, politiques qui ont mené le pays à contracter une dette de 270 000€ par actif (fonctionnaires contribuant activement à la dette compris)…

      « (ainsi qu’au quart d’enfants britanniques vivant sous le seuil de pauvreté… Une honte pour la 5eme puissance économique mondiale) » rhaa le coup de la veuve et des orphelins…surtout en se basant sur de projections émise en 2009 (en pleine crise) qui se sont avérées être totalement fantaisistes jusque lors…on pourrait aussi parler de la brillante politique de F. Hollande qui a contribué une augmentation constante du chômage (surtout chez les jeunes) depuis son arrivée au pouvoir, sans même parler de l’exil de plus en plus massif de jeunes ingénieurs fraichement diplômés pour l’Angleterre, l’Australie, le Canada ou les Etats-Unis d’Amérique…j’oublie également de parler de la baisse toujours plus criante du niveau scolaire, dont beaucoup n’arrivent même plus à déchiffrer leur langue natale et on un niveau culturel proche du vide absolu (pour nos bachelier, il est par exemple entendu que l’Hudson River sépare l’Allemagne de la France, que Manhattan est située en plein Vladivostok et que Central Park doit être le café dans lequel se retrouvent Ross, Monica, Chandler, Joey, Rachel et Phoebe)…

      « La situation politique actuelle en Grande Bretagne est catastrophique, » au vu de leur taux de chômage et de leur balance commerciale, c’est chez eux c’est « catastrophiques », chez nous c’est quoi ? Abyssal ? Apocalyptique ?

      « le référendum n’est qu’un lourd bilan de l’echec liberal britannique des 30 dernières années » il y a un poil plus de 30 ans avant l’arrivée de la dame de fer, leur pays était sous tutelle du FMI…actuellement, on se pose la question de savoir quand la France sera soumise à un tel régime alors que pour les anglais, ceci est de l’histoire ancienne…donc si le libéralisme économique à échoué…que dire du socialisme ou du communisme…même les chinois en reviennent…

      « Cette politique a mené les citoyens britanniques à la division » non, l’écosse et l’irlande ont toujours voulu reprendre leur indépendance et profitent de la moindre occasion pour le rappeler et l’UE leur offrait un cadre légal pour faire cession, cadre qui n’existe plus si le royaume quitte l’UE…

      « tout comme elle la produira dans le reste de l’Europe si un projet au minima social-démocrate ne se dessine pas rapidement. » avec de grands démocrate comme l’eurodéputée Astrid Lulling qui exprime clairement son mépris pour la capacité des peuples à prendre le contrôle de leur destin ( https://www.youtube.com/watch?v=J83lF-3YF-s ), on risque de rire beaucoup de l’autre côté du channel.

      Pour conclure les réactions au vote du brexit font penser à celles des cours européennes quand en 1789 éclatait une certaine révolution…

      1. Quelques coquilles :
        – il fallait bien entendu lire « sécession » et non « cession »
        – de même, il fallait lire « …de la baisse toujours plus criante du niveau scolaire. Beaucoup… » en lieu et place de « la baisse toujours plus criante du niveau scolaire, dont beaucoup »

      2. N’y a-t’il que moi pour constater la fracture sociale en Grande-Bretagne? L’explosion en plein vol de tous leurs partis de gouvernement? Le fait que la Grande-Bretagne n’a jamais ete vraiment integree a l’UE et donc peu exposee a ses possibles mefaits.

        Si vous suiviez les debats autour du referendum, vous etes oblige de constater que l’Europe n’etait qu’un pretexte pour regler leurs differents nationaux. D’ailleurs, aucun britannique ne s’interessait vraiment a la place de la Grande-Bretagne en Europe. La question etait seulement de savoir avec quelles ressources et quels avantages la Grande-Bretagne vivait… En prenant le soin, en ce qui concerne les brexiters, de faire peser le poids de leurs choix politiques liberaux (austerite, aucune vision sociale) sur l’UE. Comme si l’UE leur avait dit de flinguer leurs institutions publiques.

        Et n’inversez pas le sens de mes propos, c’est Merkel qui voit en la Grande-Bretagne un allie liberal, pas l’inverse. De toute maniere,pour etre considere comme liberal en Grande-Bretagne,il faut etre au moins du niveau de Thatcher ce qui n’est pas simple a atteindre (Il faut tout de meme pouvoir laisser mourir quelqu’un dans un caniveau en lui disant que c’est pour son bien!)

        Pour finir, vous pouvez toujours minimiser la pauvrete inherente au liberalisme ainsi que son effet deletere sur les peuples et les democraties, mais ne vous plaignez pas apres de la montee des nationalismes. Vous pensez que les gens vont se laisser traiter comme des chiens sans provoquer en eux une enorme colere et un desir d’etre rassure? Le populisme une reponse au processus d’insecurisation individuelle du liberalisme, ni plus, ni moins. Plus les systemes politiques traditionnels laissent place au liberalisme, et ce de maniere ineluctable, plus les citoyens fantasment sur le cadre politique obsolete. La social democratie est un des seuls moyens de conjuguer capitalisme et securisation des peuples dans un cadre democratique.

        Desole pour le manque d’accents, mon mobile beug.

        1. N’y a-t’il que moi pour constater que la France a totalement hypothéqué l’avenir des générations futures en :
          – faisant baisser de manière catastrophique le niveau d’éducation moyen de sa jeunesse (il n’y a pas que les bacheliers qui protestent contre les exorcises qui leur sont soumis…on voit désormais de futurs ingénieurs venir geindre auprès de leurs profs sur le fait qu’ils n’aient pas mis le même exam que l’année précédente)
          – promettant une retraite beaucoup trop tôt et bien trop payée à de trop nombreuses personnes incapables de s’occuper elles même de leur avenir ?
          N’y a-t’il que moi pour constater que Londres est l’une des premières villes de France ?

          Si vous réfléchissez bien, toute élection ou tout référendum tourne systématiquement autour de problématiques locales ? Pourquoi ? Simplement parceque les gens cherchent tous à vivre au détriment les uns des autres…c’est ce que l’on appelle le socialisme…

          Merkel n’est pas libérale et les anglais s’associent bien plus volontiers aux pays de l’est ayant mené des réformes courageuses qu’à l’allemagne…même si ces derniers temps, du fait de la faiblesse du pouvoir de Paris, les liens entre l’allemagne et le royaume uni se sont resérés…

          Et pour finir, quels sont vos chiffre ? Les miens sont ceux de l’OCDE et de la banque mondiale qui montrent tous que la pauvreté baisse en proportion partout dans le monde mais que du fait de l’augmentation de la démographie le nombre de pauvres diminue…par ailleurs, un pauvre d’aujourd’hui est souvent moins pauvre qu’un pauvre du 19ème…ma famille à fui l’Italie car il ne pouvaient se payer qu’un seul poisson et quelques morceaux de pain pour l’ensemble du foyer…par semaine…le vendredi, le poisson était décroché et les morceaux tirés au sort…autant dire que celui qui tombait sur le mauvais morceau ne mangeait rien de la journée…

          Les gens sorte de la pauvreté quand on leur laisse la liberté d’entreprendre, d’échanger et de commercer…

          1. sortent…fatigué ce soir 🙂

        2. Mouais y a pas que le mobile qu’a buggué…

          Régler leur différents nationaux : alors que justement les positions par rapport au referendum étaient au-delà des partis.
          Qu’il y ait une instabilité en sortie de ce referendum c’est clair et tout à fait normal : le PM ne veut pas lancer un Brexit qu’il n’approuve pas.

          Visiblement vous ne savez pas ce qu’est le libéralisme à part l’ersatz que vous en avez vu chez Macron. Il ne peut ya avoir d’austérité dans le libéralisme car pour l’état c’est toujours ceinture.

          Le meilleur pour la fin : c’est le socialisme qui fait monter le nationalisme… c’est même une tactique qui date de tonton mitterrand. Ca vous a certainement échappé que FH est aux commandes en france et qu’il a augmenté les impôts de 128Mds… pas très libéral !

          Allez, 2 cachets et au lit !

  3. Un peu décevant de voir autant de signatures de Contrepoints développer de pareilles pseudo analyses qui ont tout du parti pris et fort peu de ce qui fait la force des libéraux, à savoir leur pragmatisme et leur indépendance d’esprit.

    1. Il faut toujours lire le mini CV en haut à droite…. Dans la fusion acquisition on ne lit pas le Telegraph.

  4. Point important, Farage n’a pas menti, tout les média le dise pourquoi, parce qu’il a dit sur plusieurs points que « sans l’UE il serait possible de faire ça et ça » et qu’à la question d’une journaliste si il garantissait que cela allait se faire il a dit qu’il n’était pas au pouvoir et que lui l’aurait fait mais ne peut garantir que le gouvernement le fasse.

    Inversons les choses, en Moldavie un gouvernement indépendantiste provoque un référendum pour rentrer à l’UE, un leader des pro-UE dit qu’une entrer dans l’organisation rendra possible une subvention de 10 milliards d’euro par an, la subvention n’est donné qu’en échange d’acceptation de norme que les indépendantiste au pouvoir ne veulent pas, le pro UE a t’il menti? Non, il a dit ce qui devenait possible c’est tout.

    1. Ca serait bien d’avoir un lien sur ce que vous dites. Le must serait une vidéo

      1. Non on s’est mal comprit, la Moldavie n’a pas fait de référendum pour entrer dans l’UE c’était un exemple pour inverser les choses, pour inverser chez les les lecteurs pro UE le ressentiment envers une personne fictive qu’y dirait la même chose, c’est juste un exemple qu’il n’y ait pas de malentendu.

  5. Bonjour, est-ce que Thierry Godefridi a un lien de parenté avec le grand Drieux Godefridi?

Les commentaires sont fermés.