Après le Brexit : ces 2 questions laissées en suspens

Publié Par Serge Federbusch, le dans Europe

Par Serge Federbusch.

Après le Brexit : 2 questions laissées en suspens

Après le Brexit : 2 questions laissées en suspens By: futureatlas.comCC BY 2.0

Depuis le début des années 2000, l’Union européenne est un peu comme le Norman Bates du «Psychose» d’Hitchcock, elle vit attachée psychologiquement et physiquement à un cadavre dont elle n’a pas réalisé la mort. Ayant substitué l’enflure bureaucratique à l’arbitrage démocratique elle a perdu sa légitimité, s’est privée de toute assise populaire et a sombré dans une sorte d’autoritarisme mou dissimulé dans des normes de plus en plus absurdes et épaisses. Sa monnaie, l’euro, d’abord instrument de domination allemande s’est muée elle-aussi en une créature incontrôlée, imprimée au gré de ses humeurs et ses intérêts par une technocratie inquiète sise à Francfort.

Choix de la raison

Hier, 23 juin 2016, les Britanniques ont fait, comme nous l’espérions, le choix de la raison, de l’avenir et de la liberté.

Les sempiternels esclaves de la machinerie berlino-bruxelloise vont maintenant tenter de colmater les brèches, d’invoquer la nécessité d’une construction plus allante qui ne serait en réalité pour la France, dans le rapport des forces actuel, qu’une soumission plus grande à l’Allemagne.

Mais cela ne fonctionnera pas. Trop de questions sont insolubles. Qui va payer les sommes que les Britanniques versaient au budget communautaire ? Comment allons nous collectivement renégocier les conditions de nos échanges de tout type avec les Anglais alors que nous ne parvenons déjà que très difficilement à trouver des accords sur des sujets microscopiques comme les emballages alimentaires ou l’affinage des produits laitiers ?

Les Britanniques nous ont ouvert le chemin de notre souveraineté retrouvée. Il sera escarpé car le confort de la dette garantie par l’Allemagne nous permettait, au prix de notre servilité, de croire que nous pouvions éviter de réformer notre propre bureaucratie. Cela ne sera plus le cas.

Angleterre, merci pour ce moment !

Sur le web

  1. Finalement, à lire tous les articles du jour sur le Brexit il ressort deux choses marquantes :
    – de nombreux rédacteurs de Contrepoints sont des europhobes radicaux, et des nationalistes cachés sous des dehors de libéralisme. Dont acte.
    – le niveau habituellement intéressant des commentaires de tous ces articles révèle finalement les mêmes travers que sur tous les blogs et les forums : quand le sujet devient vraiment sensible, quand il mériterait vraiment des échanges construits et argumentés, on voit essentiellement passer des messages agressifs, parfois insultants, d’un camp envers l’autre.
    Je suis déçu.
    En fait, la France dans laquelle je suis né n’existe pas.
    Et le Contrepoints que je croyais lire depuis des années avec fierté non plus…

    1. Des europhobes radicaux ? Est-ce se montrer un europhobes radical que de vouloir réformer ou se détacher d’une bureaucratie bruxelloise mortifère ? Est-ce être un europhobe radical que de vouloir instituer une subsidiarité ascendante et non un paternalisme totalitaire ?
      Pour une fois, Federbusch ne nous a pas gratifié de son couplet sur l’euro trop fort, mais pour le reste je n’ai pas grand chose à dire. Comme le dit Vincent Bénard dans son excellent article, je ne suis pas eurosceptique, mais euro exigeant !

  2. pukutatan, ou est la haine et euro-scepticisme dans cet article ? je suis pro européen et je pense que la solution européenne que nous avons est une blague car (à part pour la concurrence et le Télécom ) produit des normes étrange le tout avec gouvernance ridicule (quel système peux fonctionné sur base de décision unanime… )

  3. La leçon est claire, les peuples n’aiment plus l’UE, a des degrés divers certes, mais il n’y a plus l’amour qui permet de faire les grandes choses. Les britanniques nous ont donné également une belle leçon de démocratie et je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec notre référendum de 2005 où le NON au TCE avait gagné à 54,68%; la volonté du Peuple Français avait été bafouée par les parlementaires de droite et de gauche toujours unis pour les mauvais coups qui l’avaient réintroduit en 2008.
    Ne pas oublier non plus que les grands contributeurs au budget européen étaient l’Allemagne, le UK et la France. Exit le UK, qui va maintenant contribuer ? je devine où l’argent sera trouvé …
    L’UE est donc dans l’impasse et son effondrement à terme est envisageable. Il faut donc penser à une nouvelle Europe ce qui signifie revenir sur Lisbonne et sans doute jusqu’à le remise en cause de Maastricht (?) pour reconstruire quelque chose de mieux adapté aux peuples européens.
    L’échec de l’UE peut donc avoir un aspect positif en indiquant les erreurs qu’il ne faudra plus reproduire.

    L’UE actuelle est un Machin technocratique sans force politique, diplomatique et militaire, totalement dédié à la réglementation tatillonne et qui dénie aux Etats membres les compétences et capacités de gestion dans tous les domaines que n’importe quel Etat fédéral consent par traité fondateur à ses Etats associés.
    C’est Jean Marie Le Pen qui avait dit un jour que le président de la république française avait moins de pouvoirs vis à vis de Bruxelles que le gouverneur de l’Oklahoma avec l’Etat fédéral. C’était une boutade mais quand on regarde la réalité de près, c’est quand même un peu-beaucoup çà !
    Pareil pour les Etats indiens, les provinces canadiennes voire même les lander allemands.

  4. Où sont les deux questions annoncées en titre ?

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