Les écoles hors contrat en danger !

Le projet de soumettre à autorisation les écoles hors contrat menacent directement la liberté scolaire.

Dans un récent article h16 a souligné le fait que la France n’a pas plongé d’un coup d’un seul dans le grand bain du totalitarisme socialiste mais a préféré y entrer petit à petit, par à-coups, depuis 60 ans. Il a tout à fait raison et le projet de soumettre à autorisation les projets d’écoles hors contrat en est le dernier pas en date.

Par P-A Berryer.

écoles hors contrat
By: Rahul NarainCC BY 2.0

Il existe trois types d’écoles en France : le Public (celui directement administré par l’État), le Privé sous contrat (l’État finance une partie des frais mais le programme suivi est celui de l’Éducation National) et le Privé hors contrat (l’État n’y intervient pas). Le Privé hors contrat, c’est à dire l’École Libre, peut prendre différentes formes comme des établissements ou le homeschooling.

À l’heure actuelle il suffit de faire une déclaration aux autorités suivantes pour ouvrir une École Libre : maire, préfet, procureur de la République, et directeur départemental de l’Éducation Nationale. En France, ce mode est considéré comme libéral, à l’image du droit d’association, son opposé étant l’autorisation préalable. C’est bien le projet du gouvernement que de passer au système autoritaire de l’autorisation préalable, c’est-à-dire que l’État pourra décider d’autoriser, de façon arbitraire, si oui ou non les gens seront libres d’exercer cette liberté constitutionnelle qu’est la liberté d’éduquer ses enfants.

La confusion entre instruction et éducation

Najat rené le honzecIl existe une confusion largement répandue sur la différence entre instruction et éducation. L’Instruction vise à apporter un savoir, des connaissances, à une personne qui ne les maîtrise pas. Ainsi, elle acquerra des compétences qui lui permettront de réaliser son potentiel. L’éducation a pour but de former une personne sur le plan humain, de la faire grandir en maturité et autonomie afin qu’elle devienne un adulte libre et responsable. Instruction et éducation sont donc des choses bien distinctes.

Ce qu’il faut impérativement retenir est que l’Éducation appartient exclusivement au père et à la mère d’un enfant. En soi, ce n’est pas un droit ou une liberté mais un devoir qui leur incombe dès lors qu’ils sont parents. Il est possible de discuter du rôle de l’État dans l’Instruction des enfants car elle représente un coût de plus en plus élevé au fil du temps. Certains courants libéraux reconnaissent à l’État une possibilité d’intervention limitée en la matière.

Ainsi, Milton Friedman a proposé la mise en place d’un « voucher », ou chèque-éducation, par lequel l’État financerait l’instruction en allouant une somme fixe à chaque enfant que les parents pourraient utiliser auprès de l’école de leur choix. C’est un sujet de débat entre les courants libéraux. Par contre, ces derniers sont quasi unanimes pour affirmer que l’État ne doit pas se mêler d’éducation.

Il existe en effet un point commun entre tous les régimes totalitaires/autoritaires de l’Histoire : une volonté de contrôler entièrement l’Éducation. Le but est de formater les jeunes générations à l’idéologie du régime afin d’en faire les premiers défenseurs. Systématiquement ces régimes attaquent tout ce qui pourrait limiter leur influence : Famille, Églises, Associations, Écoles. Tout ce qui pourrait limiter l’influence de l’État sur l’esprit des enfants doit être combattu et balayé. Tout ce qui peut dissoudre ces liens doit être encouragé, par exemple la délation intra familiale était encouragée en Russie Soviétique (googler Pavel Morozov). Le but est d’en faire émerger un Homme conforme aux critères de leur idéologie.

Tuer les écoles hors contrats pour renforcer le monopole de l’éducation

Il n’y a aucune illusion à se faire : en attaquant cette liberté fondamentale qu’est la liberté scolaire, l’Éducation Nationale veut s’assurer le monopole de l’éducation de la jeunesse en France. C’est la même finalité que les régimes totalitaires, simplement, au lieu de le faire brutalement en une fois, elle le fait petit à petit. Elle se comporte comme la tortue de la fable, elle va aussi vite qu’une 2CV mais elle arrivera bien à destination.

Certes il y a parfois eu des à-coups comme le Projet de Loi Savary dans les années 1980, mais les ayatollahs de l’Éducation Nationale n’ont jamais renoncé. Si ce décret arrive maintenant c’est en raison de l’érosion continue du nombre d’élèves depuis quelques années, et la progression de plus en plus forte d’élèves inscrits hors contrat. Ce décret a pour but de tuer la concurrence même, ou parce que, si cette dernière permet d’aider des populations en grandes difficultés, s’installant dans les quartiers difficiles pour justement offrir une chance aux élèves abandonnés des ZEP.

L’Éducation Nationale se moque d’aider les élèves, sinon elle se battrait pour améliorer son propre enseignement, ce qu’elle veut c’est endoctriner la jeunesse pour en faire de bons citoyens républicains et payant leurs impôts.

La liberté scolaire est la transcription du devoir d’éducation des parents. C’est à eux de décider de la manière dont leurs enfants doivent être éduqués, quelles valeurs doivent leur être transmises. En cherchant à détruire cette liberté, le gouvernement cherche à renforcer son contrôle sur la jeunesse afin que cette dernière soit conforme à son idéologie.

Inlassablement, nos politiciens, de droite comme de gauche, édifient un nouvel État autoritaire en Europe. Ils ne le font pas par la violence mais en infantilisant et contrôlant la population à coups de bien-pensance et de taxes citoyennes. Nous étions déjà pionniers en la matière avec la Convention, nous revoilà à la pointe du progrès avec l’autoritarisme du XXIe siècle.