Nucléaire : small is beautiful

Publié Par h16, le dans Édito

Et pour continuer dans la série des évolutions tranquilles qui sont, en fait, des révolutions silencieuses, je voudrais partager avec vous une information passée relativement inaperçue en milieu de mois dernier mais dont les implications sont suffisamment importantes pour y dédier un petit billet, d’autant que cela concerne l’énergie nucléaire.

L’énergie nucléaire est évidemment une question à la fois large et si chargée émotionnellement qu’il est souvent difficile de ne pas immédiatement partir dans un débat surpassionné où, rapidement, les intervenants s’échangent des noms d’oiseaux mutants. De mon côté, j’ai bien sûr déjà évoqué la question sous plusieurs angles, en notant plusieurs choses que les passions du moment éclipsent trop souvent.

Clean EnergyTout d’abord, l’énergie nucléaire ne manquera pas. N’en déplaise aux indécrottables malthusiens qui oublient trop souvent de faire de l’économie pour se contenter de physique et de psychologie rudimentaires, non, les ressources essentielles à l’énergie nucléaire ne manqueront pas. D’une part, l’uranium est assez abondant, et d’autre part, d’autres matériaux fertiles existent, à commencer par le thorium.

Ensuite et malgré les cris d’orfraies répétés, exagérés et hystériques des écologistes plus ou moins incohérents, l’énergie nucléaire est certainement bien plus sûre et bien moins polluante que les autres énergies. Outre le ratio du nombre de morts par TWh le plus faible de toutes les énergies disponibles actuellement, la production de déchets nucléaire est nettement mieux gérée que celle de tous les autres déchets industriels des exploitations des autres sources d’énergie, depuis le charbon jusqu’à l’hydro-électrique (et j’éviterais de m’appesantir sur l’éolien, fumisterie ultra-polluante).

Enfin, en termes industriels, l’énergie nucléaire est actuellement la seule qui soit économiquement viable et apte à répondre aux besoins gigantesques de toute l’humanité pour ce siècle et les suivants. Même si le pétrole ne manque pas (et loin s’en faut, même en tenant compte des blocages de la CGT et des âneries collectivistes de Maduro), les besoins énergétiques de l’humanité ne cesseront d’augmenter dans les prochaines décennies : à mesure que l’Asie et l’Afrique sortent de la pauvreté, une classe moyenne toujours plus nombreuse et qui se compte en centaines de millions d’individus ne pourra atteindre le confort possible actuellement qu’à la faveur d’un déploiement continu et massif de cette énergie.

Cette évolution démographique et sociale n’est pas un pari ou un vague sentiment, c’est, pour ainsi dire, une évolution inéluctable de la société humaine. La mauvaise nouvelle, c’est que l’accession de ces millions d’individus à un niveau de richesse moderne ne se fera pas sans faire grincer des dents quelques « intellectuels » médiatiques, leaders politiques et autres riches occidentaux qui multiplieront les arguments périphériques voire fallacieux, depuis l’écologie jusqu’à la surpopulation en passant par un racisme presque ouvert, pour les en empêcher. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe maintenant des solutions effectives pour répondre à ces nouveaux besoins gigantesques, tout en tenant compte des contraintes économiques, écologiques et géostratégiques (le nucléaire étant, en ce dernier domaine, tout particulièrement riche d’émotions paniquées).

C’est dans ce contexte qu’on apprend que la Tennessee Valley Authority (TVA), l’autorité gouvernementale en charge notamment de la production d’électricité dans plusieurs États américains de la vallée du Tennessee, a récemment demandé un permis de développer un réacteur nucléaire de petite taille à la USNRC (la Commission de régulation nucléaire américaine). Le but de cette demande est de passer en revue la sécurité, les prérequis en matière environnementale et de réponse d’urgence pour la construction potentielle d’un réacteur nucléaire de prochaine génération, sur le site de Clinch River, près d’Oak Ridge. Au passage, la proximité d’Oak Ridge ne doit rien au hasard puisque s’y trouve les Laboratoires nationaux d’Oak Ridge et qu’y avait été testé, plusieurs années durant, le principe d’un réacteur nucléaire à base de sels fondus de thorium.

Small Modular Reactors Plant

Cette demande de permis n’est pas une petite affaire puisqu’elle marque probablement un tournant dans la production industrielle effective de réacteurs nucléaires de petite taille. Ces derniers représentent en effet une vraie opportunité économique puisqu’au contraire d’une centrale nucléaire classique qui s’inscrit sur des cycles économiques très longs (on parle facilement de 40 à 50 ans), l’investissement initial est bien plus modeste et permet un retour en quelques années (8 à 10 typiquement). Or, les centrales actuelles, basées sur des réacteurs de taille importante, entraînent des coût qui deviennent immédiatement prohibitifs si on doit réduire l’horizon d’investissement autour de 10 ans.

En revanche, les réacteurs envisagés dans cette opération sont immédiatement construits avec un souci de modularité, afin de produire des petites unités très faciles à produire à la chaîne ce qui permet d’abaisser énormément le coût de chaque unité. En effet, dans les constructions de centrales actuelles, ce qui revient très cher est la sécurité qui est, à chaque fois, taillée sur mesure.

En outre, il est aussi envisagé d’utiliser des procédés de générations plus souples, depuis le Thorium, technologie ancienne et finalement bien maîtrisé, jusqu’au plus innovants réacteurs à onde progressive, encore au stade expérimental. De plus, ces nouveaux réacteurs sont construits en tenant compte des contraintes actuelles du marché dans lequel la production électrique peut grandement varier et doit s’adapter à des prix de marché très fluctuants : l’arrivée des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque) dans les sources d’électricité sur les réseaux provoque des variations importantes dans les flux disponibles, et pouvoir disposer de réacteurs qu’on peut démarrer ou éteindre à volonté ou presque est devenu un enjeu économique notoire. L’organisation modulaire proposée permet justement de tenir compte de cette nouvelle donne.

S’il est bien difficile d’affirmer que l’avenir appartient à ce genre de petits réacteurs nucléaires modulaires, sur le papier ils semblent bien répondre aux différents défis de ce siècle. À l’opposé de cette initiative qui fleure décidément bon le « small is beautifull », on constatera en tout cas que l’architecture massive des centrales nucléaires modernes pose de sérieux problèmes en terme de réalisation (EDF et Areva en savent quelque chose).

Au passage, on ne pourra alors s’empêcher de dresser un parallèle intéressant entre ces deux cas d’écoles (les petits réacteurs à fission contre les grosses centrales sur fonds publics) et les progrès réalisés sur le front de la fusion, où d’un côté, le chemin que prend ITER, monstre architectural et étatique lancé à coup de milliards d’euros, laisse présager d’une fin aussi coûteuse que médiocre, et de l’autre, certains projets plus confidentiels comme celui de Lockheed Martin continuent de proposer des alternatives de plus en plus crédibles, pour une petite fraction du prix d’ITER…

duflot aime le nucléaire
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Sur le web

  1. Attention, mauvais copier coller vers la fin, l’article est doublé…

    Sinon, quelqu’un se souvient de la zmachine?

    1. La Z machine n’est pas enterrée, et est probablement la voie la plus prometteuse pour enclencher une fusion.

  2. Bis repetita placent : deux fois le même article pour le prix d’un. Alors même que l’article relatant que Pierre Gattaz invitait à porter plainte contre la CGT a été retiré de Contrepoints peu après sa parution. Bousculade dans la publication ?
    Bon article une fois encore, merci H16. Je suis un peu le projet de Lokheed et leurs récents brevets, c’est prometteur…

    1. h16h16 Auteur de l’article

      Oui, le copier/coller malencontreux a été corrigé. Pour le P. Gattaz, il s’agissait d’un doublon d’un article déjà paru.

      1. Voilà ce que ça donne le travail du dimanche

  3. « S’il est bien difficile d’affirmer que l’avenir appartient à ce genre de petits réacteurs nucléaires modulaires … »

    D’un point de vue général technique, tout est modulaire, même si globalement on a l’impression d’un ensemble. La seule exception est l’état collectiviste où l’on multiplie les dépendances et le contrôle centralisé. Avec les résultats que l’on connait … Je suis donc optimiste pour tout ce qui est « modulaire ». (Ce qui n’est pas forcément synonyme d’indépendant, autarcique ou autonome – comme certain aimeraient à l’imaginer …)

  4. small is beautifull……j’ai un gros doute sur le sujet surtout que disperser le nucléaire ne peut aboutir qu’au augmenter le facteur de risque…facteur loin d’être nul pour le nucléaire pour quelques centaines d’unités dans le monde, qu’en sera t il lorsque l’on parlera de milliers ?.
    2eme raison pour etre contre : cette technologie permettra de diminuer le seuil d’arrêt d’un réacteur ( de 1000MW on passe à 100 MW ou moins)en cas de surproduction et va permettre d’intégrer les énergies dites renouvelables sans des milliers de tonnes de batteries tampon …pas question d’aller dans le sens des écolos 🙂

    1.  »pas question d’aller dans le sens des écolos 🙂 »

      Pas besoin d’être écolo pour soutenir la plus libérale des énergies : le solaire ! Indépendance, propreté, énergie infinie, possibilité de ne pas avoir de coupures de courant si les employés de centrales nucléaires sont en grève, prix et coûts en forte baisse. Bref, choisissez le libéralisme et la liberté : optez pour le solaire 😀

      1. h16h16 Auteur de l’article

        Ah oui, le solaire qui marche quand il y a du soleil, comme à Paris actuellement ou de l’autre côté du globe quand ici il fait jour. Oui. Efficace.

        1. On fait de rapides progrès en termes de batteries de stockage qui permettront de stocker une grande quantité d’énergie le jour et qui sera libérée la nuit. Si l’innovation peut rendre le nucléaire moins coûteux et plus facile à déployer, comme vous l’avez bien montré dans cet article, alors pourquoi refuser de penser qu’il en est de même avec les inconvénients ACTUELS du solaire ? 2 poids 2 mesures ?

          Quant au nucléaire actuel il n’a rien de libéral : nécessitant une forte intervention étatique, horriblement coûteux à long terme et les contribuables paieront la facture du démantèlement des centrales et le stockage des déchets pendant des milliers d’années !

          1. h16h16 Auteur de l’article

            « On fait de rapides progrès en termes de batteries de stockage « 
            Ca fait 30 ans que j’entends ça et pour le moment, le moyens le plus efficaces pour le stockage de l’énergie électrique surproduite est le pompage hydraulique, bref, un truc massif et pas pratique du tout. Le nucléaire, c’est un truc qui marche déjà, ici & maintenant (et vos coûts sont directement liés aux contraintes étatiques et non inhérentes à la techno). Le solaire ne fonctionne pas ici et maintenant, et l’avenir est certainement pavé d’or mais pas en attendant, à iso-technologies.

            1. Mais si, mais si , le stockage dans les batteries des véhicules électriques c’est déjà exploité !

              http://www.comedieplus.fr/pid5744-videos.html?vid=1383642

            2. Ce que je ne comprends pas, c’est bien ce lobbying exclusivement pro-nucléaire sur Contrepoints, nucléaire qui a déjà 50 ans d’expérience réelle.

              Le solaire ne cesse de progresser et on trouve déjà dans le commerce, pour pas cher, des lanternes autonomes pour jardin, rendant le soir l’énergie de la lumière captée le jour.

              Donc oui, le solaire progresse rapidement et il est aussi vrai que l’accumulation d’énergie électrique était un des défis pour les batteries de nouvelle génération dans le vol d’Impulse 2, l’avion solaire mais aussi laboratoire de nouvelles technologies, réputé exploit ridicule et inutile sur ce site!

              Comme si des gens aussi sérieux que chez ABB (suisse) ou Solvay (belge) n’étaient pas autrement plus capables de juger des investissements en travail et en fonds, que des trolls sur un blog français, se rendant compte que l’aventure EPR dont le prix comme le délai de livraison effective ont déjà triplés, risque de se casser le nez sur ces « mini-centrales » construites en série pour un prix permettant l’électrification progressive de pays africains ou de régions chinoises ou indiennes, par exemple.

              C’est bien sûr les problèmes d’EDF à prévoir qui les inquiètent et, par conséquent, le prix de leur électricité à payer à EDF ou à son actionnaire prié de participer aux pertes après le mariage obligé avec une mariée qui avait perdu tout son charme, malgré son joli nom d’AREVA.

              De toute façon, il m’a toujours paru suspect de prôner le tout nucléaire et de distribuer les ukases aux « renouvelables » et franchement, cela ne paraît pas vraiment libéral!

              1. miky stouffs: « des lanternes autonomes pour jardin, rendant le soir l’énergie de la lumière captée le jour. »

                Surnommée « tibia du soir » à l’hôpital tellement elles éclairent bien.

                miky stouffs: : « Donc oui, le solaire progresse rapidement »

                Malgré l’argent-gratuit-des-autres déversé par milliards dans cette filière si « avantageuse » cette énergie n’occupe toujours qu’une part ridicule.
                Je n’aurais pas employé le mot « rapidement » personnellement.

                miky stouffs : « que des trolls sur un blog français »

                Les trolls ce sont ceux qui ignorent toutes les lois de la physique pour sortir des lapins miraculeux de chapeau enchantés.

                miky stouffs : « De toute façon, il m’a toujours paru suspect de prôner le tout nucléaire et de distribuer les ukases aux « renouvelables » »

                Les allemands pas connus pour être des rigolos en technologie sont en train de se planter méchamment avec vos « renouvelables » et ça commence à ce voir et à jaser.

                « La vérité est que la transition énergétique [« Energiewende », le plan allemand visant à faire passer la part de la production « renouvelable » d’électricité à 80% en 2050] est sur le point d’échouer. La vérité est que, sous tous les aspects, nous avons sous-estimé la complexité de cette transition énergétique. La noble aspiration d’un approvisionnement énergétique décentralisé et autonome est bien sûr une pure folie ! Quoi qu’il en soit, la plupart des autres pays d’Europe pensent que nous sommes fous. »

                Sigmar Gabriel, vice-chancelier de l’Allemagne, ministre de l’Économie et de l’Énergie, responsable de ladite « Energiewende »

                C’est pas joe-le-rigolo ni un troll des cavernes.

          2. Les batteries pourront peut-être être suffisantes dans quelques années pour une utilisation domestique limitée (c’est à dire pas de chauffage – et production faible en hiver pour cause d’ensoleillement).

            En revanche, ce qui est fascinant, c’est l’aspect « container » clef-en-main : un camion pose votre container et vous alimentez un village en mettant sur « on ». Regardez aujourd’hui autour de vous : tout se vent en boite de taille standard « à emporter » et à installer vous même. Le sur-mesure est condamné par la production en grande série beaucoup plus rentable.

            Le photo-voltaïque ou les moulins à vent en revanche, ça me semble plus dur à faire compact.

          3. « Quant au nucléaire actuel il n’a rien de libéral : nécessitant une forte intervention étatique… »

            Oui il faut une autorisation de l’état pour construire une centrale de production d’énergie (nucléaire, gaz, etc…) donc un agrément de l’état et donc faire comme l’état il a dit… Capitalisme de connivence.

          4. La seule technologie de stockage qui fonctionne à grande échelle consiste à pomper de l’eau dans des barrages. Cela ne date pas d’hier et on n’a pas attendu la mode des énergies intermittentes pour la mettre en oeuvre. Inconvénients: 1) Les investissements sont substantiels et c’est autant d’argent qui ne va pas à des projets plus utiles. 2) L’impact écologique est significatif aussi (diminution du débit des cours d’eau pompés). 3) Tous les sites disponibles en France sont déjà équipés de barrages. Si vous avez un doute sur ce dernier point, allez faire un tour à Sivens…

            1. Le point 2 n’est pas exact: pendant la journée, les turbines produisent l’électricité consommée et pendant les heures creuses, l’électricité permet de pomper l’eau et la verser dans le bassin.

          5. Gilgamesh: « On fait de rapides progrès en termes de batteries de stockage qui permettront de stocker une grande quantité d’énergie le jour et qui sera libérée la nuit. »

            Non et je vous l’ai déjà écrit voici un mois, penchez vous mieux sur la réalité:

            La consommation d’énergie électrique française de 2012 était de 489.500.000.000.000 Wh, il faudrait donc pour une semaine de réserve d’énergie 23 millions de tonnes de batteries sodium-ion (densité énergétique 400Wh/kg).

            Si on oublie les hautes pressions d’hiver (glagla) et qu’on ne garde qu’un jour de réserve pour le « lissage » de la production renouvelable sur 24h, ça fait encore 3.28 millions de tonnes de batteries.

            Et cerise sur le gâteau: ces batteries ont une durée de vie très limitée, vous devez toutes les remplacer au bout d’un ou deux ans.

            1. Et pour un seul foyer? Le solaire de mon toît ne doit pas couvrir les besoins de la France, ma simple autonomie pour ma voiture et pour moi, me suffisent: c’est bien mon autonomie que je vise. De larges zones françaises, abonnées EDF, nucléaire ou pas, ne sont plus desservies, en France, chaque année, lors d’intempéries gelant puis brisant les câbles sous le poids de la neige ou de la glace accumulées.

              Donc rien de tel qu’un groupe électrogène de dépannage, chez soi, avec le plein: cela servira un jour ou l’autre!

              1. miky stouffs: « ma simple autonomie pour ma voiture et pour moi, me suffisent »

                Vous ne l’aurez pas avec du solaire à moins de disposer des toits des voisins ou de ne rouler que de temps en temps.

                miky stouffs: « Donc rien de tel qu’un groupe électrogène de dépannage, chez soi, avec le plein: cela servira un jour ou l’autre! »

                Clair, mais en cas de gros problèmes vous avez intérêts à avoir une citerne.

          6. Gilgamesh, est-ce que vous lisez ce qu’on vous réponds ? Est-ce que vous le comprenez ? ou bien est-ce que vous n’êtes qu’un vieux disque rayé qui répète sans arrêt les mêmes refrains ?
            Le stockage est déjà parfaitement maitrisé, s’il n’est pas plus développé ce n’est pas pour une question technique, c’est pour un problème fondamental, par son principe même : un moyen de stockage, c’est un moyen de production rechargeable. Ce qui veut dire que c’est d’abord un moyen de production, qui à ce titre coûte autant qu’un autre outil de production, mais qui coute en plus les frais de la fonction de la fonction auxiliaire (être rechargeable) et ceux de l’indisponibilité (pendant que le système se recharge, il ne produit rien).
            C’est pour ça qu’on ne fera jamais mieux que les STEP : la fonction auxiliaire est quasi-gratuite car l’énergie hydraulique est réversible avec des rendement de rêve, et l’indisponibilité est également gratuite parce qu’elle est déjà payée (pour EDF il est plus avantageux d’avoir une centrale capable de débiter 2 W à la demande la moitié du temps, que 1 W tout le temps, les centrales hydrauliques sont donc conçues avec plus de puissance qu’elle ne reçoivent d’énergie même si ça implique une perte de disponibilité).
            Il n’y a rien à attendre des « progrès en termes de batteries de stockage », c’est à dire de piles rechargeables, sachant qu’il n’y a rien de plus cher que l’énergie de piles (fussent-elles rechargeable).

      2. Gilgamesh ,

        L’énergie solaire photovoltaîque présente quelques points de frottement qu’il faut bien souligner :
        * Les cellules photo voltaîques sont prévues actuellement pour durer une vingtaine d’année .
        * L’industrie ne sait pas actuellement recycler ces cellules photo volta.
        * Le photovoltaîque est une création économique artificielle , qui ne subsiste que grâce aux transferts massifs financiers consommateur / producteur , via la Contribution au service public de l’électricité , comme l’électricité des éoliennes.
        * Les cellules photo volta sont fabriquées à partir d’électricité de type fossile.
        * Les cellules photo volta ne fonctionnent pas la nuit , peu en cas de pluie…

        1. @ volna
          Quasi tout ce que vous dites est en train de changer:

          La durée de vie du solaire est actuellement passée à 30 ans
          Le recyclage peut encore poser problème
          Je vis dans un pays ou le photo-voltaïque n’est plus subsidié et où l’écologie n’est pas qu’un concept, une part des habitants n’hésitant pas à payer l’électricité légèrement plus cher pourvu qu’elle soit totalement « verte »!
          Que l’industrie consomme du pétrole, je le crois aisément
          Le photovoltaïque en panneau
          n’a déjà plus besoin de la lumière solaire, la simple luminosité du jour est déjà productive par élargissement de la sensibilité aux différences fréquences lumineuses. Le soir et la nuit, certains appareils sont déjà capables de se recharger à la lumière d’origine électrique aussi.

          Il est surtout comique de constater que personne ne pense à l’électricité dans les villages africains reculés où le photo-voltaïque signifie une informatisation possible et bientôt un accès internet avec ses multiples retombées de communication, d’information ou d’école à domicile sur des tablettes à prix accessibles car fabriquées au Congo-Brazza par VMK.

          1. « La durée de vie du solaire est actuellement passée à 30 ans »

            …Sur les prospectus.

            « Je vis dans un pays ou le photo-voltaïque n’est plus subsidié et où l’écologie n’est pas qu’un concept ».

            Si c’est la Suisse le solaire c’est 1,2%, la grande chance c’est que la suisse dispose de montagnes, 579 centrales hydroélectriques produisent 56% de l’électricité et les centrales nucléaire 38% pour un total à eux deux de 94%.

          2. miky stouffs: « Il est surtout comique de constater que personne ne pense à l’électricité dans les villages africains »

            Ce sont de grandes personnes ils peuvent gérer leur énergie et faire leur marché dans la technologie mondiale comme ils l’entendent. Les colonies et le paternalisme condescendant c’est terminé et ce n’était pas si comique que ça.

            Les problèmes et les solutions suivant la latitude et l’économie sont différents, ce qui est applicable dans un pays très ensoleillé avec une très faible consommation rurale par ménage ne l’est absolument pas pour des hautes latitudes très industrialisées.

  5. Merci H16 pour ce brillant article, même si je pense humblement qu’il est assez difficile de donner tous les morts liés au nucléaire (le cancer n’est pas visible directement). Mais après je me trompe peut-être. Le problème avec des sujets aussi passionnés que passionnant que le nucléaire, c’est que l’on peut trouver des études avec tout et son contraire, ce qui est assez dommage.

    Pour revenir sur le sujet des mini-centrales: https://www.ted.com/talks/taylor_wilson_my_radical_plan_for_small_nuclear_fission_reactors?language=fr

    1. h16h16 Auteur de l’article

      « le cancer n’est pas visible directement »
      Le cancer provoqué par les particules issues de la combustion traditionnelle (centrales thermiques) doit être si vastement plus important que celui provoqué par l’atome que ce genre de comparaison serait encore pire pour les énergies « tradi ».

      1. et par les renouvelables traditionnels; bois, bouses de vache,… ah non pardon j’oubliais les morts du nucleaire sont des morts atomiques donc vachement plus puissants ou plus morts…

        et si il y a des chose qu’on ne saut pas…il y a des choses qu’on sait…http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2626

  6. Pour davantage d’informations sur les réacteurs à sels fondus et le thorium :

    http://energieduthorium.fr

  7. Une véritable machine ce h16, ça vous arrive de dormir? 😀 toujours là pour fournir un point de vue que l’on ne verra jamais dans les médias mainstream.

  8. Je trouve l’image de conclusion géniale, merci h16 pour la franche rigolade 😀

  9. Il n’empêche que le nucléaire souffre par nature de 2 maux antilibéraux : 1) le pay back colossal et lointain consubstantiel à cette industrie décourage tout entrepreneur privé et crée un boulevard soit pour l’Etat soit pour des exploitants connivents à sa main (genre AREVA). 2) l’organisation sécuritaire de son exploitation justifie centralisme, opacité, et étatisme, y compris vs de nouvelles micro centrales car il faudra aussi gérer en même temps le run off de l’existant. Le nucléaire favorise les gros machins d’Etat et quelque part (en fait partout..) les légitime.

  10. La question que je me pose concernant les mini-centrales n’est pas économique (je crois complètement à ce type d’initiative) mais concerne plutôt les problèmes de sécurité. Une centrale, mini ou maxi, est un lieu sensible et une cible potentielle. N’est-il pas plus facile de protéger quelques grosses centrales plutôt que des dizaines de petites?

    1. On peut très bien les regrouper : 6X200MWh = 1 réacteur actuel. Plus facile à surveiller.
      Avec la surgénération, il n’est pas dit que l’on puisse se balader vivant partout avec des barres de combustible irradié si l’on capable de les extraire sans se faire remarquer.
      Quant aux éoliennes, on attend les premiers tir au bazooka par des membres de la LPO : jolies cibles 🙂

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