Blocage des dépôts de carburant : les syndicalistes se trompent de cible

Aujourd’hui, plus de 1 500 points de distribution se trouvent en rupture partielle ou totale de carburant. Pourquoi les syndicats visent-ils les usagers plutôt que le gouvernement ?

Un communiqué de 40 millions d’automobilistes

By: Serigne diagneCC BY 2.0

Depuis le 16 mai dernier, de nombreux militants membres de la CGT et de la FO et opposants à la « loi Travail » bloquent plusieurs dépôts de carburant, mettant en péril le ravitaillement des stations-services un peu partout en France. Et le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies a eu beau affirmer qu’ « il n’y aura pas de pénurie », aujourd’hui, lundi 23 mai 2016, ce sont plus de 1 500 points de distribution qui se trouvent en rupture partielle ou totale de carburant. L’association « 40 millions d’automobilistes » estime que la CGT et la FO se trompent de cible en paralysant les automobilistes et demande aux groupements syndicaux de rendre leur mobilité aux Français.

Les automobilistes pénalisés

Les blocages de plusieurs centres de dépôt de carburant et la grève des chauffeurs routiers provoquent de grosses difficultés d’approvisionnement des stations-services. En conséquence, les automobilistes français ont souvent passé plusieurs heures ce week-end à attendre de pouvoir faire le plein, en prévision de leur semaine de travail : « La voiture reste le mode de transport privilégié des Français, parce qu’ils ne disposent pas de moyen alternatif efficace. Si l’usager ne peut plus utiliser son véhicule, il ne peut plus se rendre sur son lieu de travail et en est directement pénalisé au portefeuille et dans sa qualité de vie » explique Daniel Quéro, président de « 40 millions d’automobilistes ».

Car si les syndicats prétendent diriger leur mécontentement contre le Gouvernement, les premiers pénalisés par ces mouvements sont les usagers, dont la mobilité quotidienne dépend entièrement de la possibilité d’utiliser leur voiture : « En empêchant l’approvisionnement des automobilistes en carburant, ce sont tous les Français que l’on prend en otages et c’est injuste. On peut exprimer sa désapprobation, mais pas en mettant en difficulté les usagers et travailleurs. L’automobiliste est toujours la cible idéale lorsqu’il s’agit d’argent ou de revendication ; on en avait l’habitude de la part des décideurs politiques, mais il est d’autant plus inacceptable que des organismes prétendant défendre des intérêts communs utilisent aussi cette méthode pour parvenir à leurs fins » conclut Pierre Chasseray, délégué général de l’association.

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