Réglementation bancaire : Bernie Sanders a la mémoire courte

Berniz Sanders By: AFGE - CC BY 2.0

Bernie Sanders ne peut pas ignorer des situations qu’il a contribué à créer.

Par Sheldon Richman.
Un article de Reason

Bernie Sanders By: AFGECC BY 2.0

 

Les grandes banques ont eu besoin de l’État pour réussir le hold-up. Lors de son entretien avec le quotidien New-Yorkais Daily News, il fut demandé à Bernie Sanders de préciser la fraude commise par les banques de Wall Street. Il fit cette réponse :

« Quel genre d’activité frauduleuse ? Les activités frauduleuses qui ont amené ce pays dans le pire déclin économique de son histoire en vendant des paquets de subprimes frauduleux, frauduleux et sans valeur. C’est comment pour un début ?

Vendre des produits à des gens dont vous savez qu’ils ne pourront les rembourser. Mentir à des gens sans leur permettre de savoir que dans un an leurs taux d’intérêt seront démesurés. Qu’ils ne pourront rembourser. Regrouper ces trucs. Les attacher avec de bons prêts hypothécaires. C’est une activité frauduleuse. »

Est-ce que Sanders a vraiment oublié que ce sont les progressistes comme lui qui ont exigé des banques qu’elles diminuent leur normes de prêt dans le but de permettre aux personnes à petits revenus et à faible, mauvais, voire aucun, antécédent de crédit, d’obtenir des prêts hypothécaires à bas taux qui exploseront ensuite ? Est-il ignorant du fait que ces banques avaient toute raison de croire que l’État allaient les renflouer si jamais elles échouaient ? Est-ce qu’il ne se souvient pas de Fanny Mae et Freddie Mac, les entreprises parrainées par l’État dont Barney Frank et les autres progressistes s’étaient faits les champions, étaient au plein cœur de l’action, sachant qu’elles seraient sauvées si elles échouaient ? Est-ce que Bernie Sanders n’a aucun souvenir de prêteurs hypothécaires comme Countrywide, qui étaient encensés par les progressistes pour leur politique agressive de prêts hypothécaires aux personnes qui ne pouvaient se les offrir ? N’est-il pas au courant que le ministère du Logement et développement urbain (le HUD, Department of Housing and Urban Development), sous Bill Clinton (et le secrétaire Andrew Cuomo) comme sous George W. Bush, ont permis aux gens avec de faibles antécédents de crédits et de bas revenus d’« acheter » des maisons avec peu d’apport, voire aucun ? Et enfin, ne s’est-il pas rendu compte que c’était tous ces prêts hypothécaires bancals encouragés par l’État qui ont été regroupés dans ces instruments d’investissement exotiques que Sanders décrie maintenant ?

Je suis assez certain que Bernie Sanders est au courant de tout cela. Mais cela n’entre pas dans son récit de Grande Récession résultant uniquement de la cupidité du secteur privé, de sorte qu’il ne peut le reconnaître. Wall Street est vu à raison avec suspicion, mais ce qui rend cette appréciation raisonnable est que Wall Street a longtemps été de mèche avec l’État, notamment avec la garantie fédérale des dépôts, qui récompense l’irresponsabilité en soulageant les déposants du besoin de juger de la sobriété des banques ou de l’absence de celle-ci.

En d’autres mots, sénateur Sanders, Wall Street n’aurait pu le faire à elle seule. Elle avait besoin de gens comme vous.

(Pour davantage de détails, consultez Peter Boettke et Steven Horwitz, « La maison que lOncle Sam a construite« )