Il faut des enseignants mieux rémunérés et au mérite

Ce qu’il faut, c’est une vraie réforme de l’école grâce à l’autonomie et à la concurrence.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’IREF-Europe

Ecole - Credits Calliege (CC BY-NC 2.0)
Ecole – Credits Calliege (CC BY-NC 2.0)

Dans une tribune publiée par Le Figaro  du 6 avril, et intitulée L’école de la République et rien d’autre, Nicolas Sarkozy a raison d’écrire que l’enseignant doit être « le pilier et le centre de l’école ». Mais pour lui rendre sa place, il faut réformer l’école : autonomie, concurrence et rémunération au mérite pour les enseignants.

Déconsidéré, souvent rabaissé au rang d’animateur dans une institution qui fabrique tous les ans des semi-illettrés par milliers, l’enseignant n’est qu’un pion dans une administration pléthorique. L’ancien président aurait pu rajouter que l’enseignant est obligé de suivre les circulaires illisibles envoyées par l’Académie et que l’école, à son tour, ne dispose d’aucune autonomie et le directeur n’a aucun pouvoir. Il est vrai, les instituteurs et les enseignants doivent redevenir les vrais « acteurs » de l’école d’aujourd’hui. Mais cela ne pourra pas arriver par décret ou par circulaire administrative.

Ce qu’il faut, et ce qu’aurait pu écrire Nicolas Sarkozy dans sa Tribune, c’est une vraie réforme de l’école grâce à l’autonomie et à la concurrence. Ce sont les seules modalités qui permettront aux enseignants d’être appréciés à leur juste valeur. Lorsque le directeur de l’école aura la possibilité d’embaucher les enseignants qu’il souhaite avec des propositions salariales plus intéressantes, comme dans une entreprise, une vraie émulation animera l’école. Dans un contexte libre et concurrentiel, ne dépendant plus du statut de fonctionnaire, l’enseignant sera forcément mieux payé mais il faudra qu’il soit aussi mieux préparé. Les directeurs des écoles préféreront embaucher les meilleurs et cela aura des répercussions sur les résultats des élèves.

L’exemple britannique

Le cas de l’école britannique transformé en « académie » est exemplaire dans ce sens. En gros, les académies représentent des écoles indépendantes, bien que subventionnées par le gouvernement. Elles possèdent les mêmes règles que les écoles publiques pour les admissions, mais elles ne sont pas obligées de suivre le curriculum national. Elles peuvent décider du montant des rémunérations des enseignants, comme de leurs conditions de travail. Elles reçoivent un financement direct du gouvernement et/ou des financements privés de la part des entreprises, des individus ou des fondations. Les écoles ont donc la possibilité d’embaucher les enseignants et de les payer au mérite. C’est ce qu’on appelle faire de l’enseignant « le pilier de l’école ». Avis aux candidats qui veulent vraiment réforme l’Éducation nationale.

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