Panama papers : vive les paradis fiscaux ! [Replay]

lunchtime escaping credits Sam Judson via Flickr ( (CC BY 2.0)

L’affaire des « Panama papers » remet les paradis fiscaux sur le devant la scène. Faut-il les condamner ou plutôt faire des enfers fiscaux des paradis ?

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis le Canada.

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Les paradis fiscaux ont fait la manchette toute la semaine. Invariablement, les entreprises qui choisissent l’évasion fiscale sont qualifiées de traîtres à la nation, et les gouvernements s’escriment à trouver des méthodes de répression. Ils devraient plutôt se demander pourquoi pareilles pratiques sont adoptées.

L’enfer fiscal

La réponse est simple : s’il existe des paradis fiscaux, c’est pour échapper aux enfers fiscaux. Les entreprises n’ont donc ni à se défendre ni à s’excuser de faire migrer leurs profits. Leurs comportements révèlent simplement que le système fiscal de leur pays est confiscatoire et toxique.

Evasion fiscale
Evasion fiscale

Naturellement, personne ne refuserait de payer des impôts raisonnables afin de financer des services publics de qualité. Mais lorsque le régime fiscal flirte avec l’extorsion, lorsque les cas de corruption et de dilapidation de fonds publics sont légion, pourquoi alimenterait-on davantage l’appétit gargantuesque d’un État glouton ? Et pourquoi garnirait-on les coffres de ces experts en gaspillage alors que la qualité des soins de santé, du réseau routier et du système d’éducation est inversement proportionnelle aux sommes dépensées ?

Une gestion responsable des fonds publics est nécessaire, mais insuffisante. Pour lutter efficacement contre l’évitement fiscal, il faut le rendre inutile. Puisque les entreprises s’exilent parce qu’elles considèrent que l’impôt est injuste et spoliateur, la solution consiste à rivaliser avec les havres fiscaux. Il faut donc concevoir un régime fiscal acceptable et, pourquoi pas, faire du Canada le plus attrayant des paradis fiscaux.

Rapatrier des milliards

Préférer la compétition fiscale à la dictature fiscale permettrait de rapatrier les 170 milliards que les Canadiens possèdent dans les paradis fiscaux, en plus d’attirer les avoirs de milliers d’étrangers. Ces capitaux serviraient à financer des investissements, à créer des emplois et à réduire la pauvreté. Il suffit de constater le niveau de vie enviable des paradis fiscaux pour comprendre que, pour faire prospérer une économie, il faut attirer la richesse et non la faire fuir !

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