Êtes-vous socialiste ou simplement généreux ?

david pacey (CC BY 2.0)

Le socialisme se drape trop souvent dans une image de solidarité et de générosité alors qu’il ne fait que préconiser leur planification par l’État au détriment de l’initiative individuelle.

Par Mathieu Mistret.

david pacey (CC BY 2.0)
david pacey (CC BY 2.0)

On entend souvent dire qu’un système libéral conduirait à laisser sur le bord de la route les personnes en difficulté. Le libéralisme est pourtant profondément humaniste et lorsque l’on va plus loin que l’habituel cliché du méchant ultralibéral égorgeur de chatons, (le turbolibéral, dirait h16), on s’aperçoit rapidement que les choses sont un peu plus complexes que ce que les médias et une grande partie de la classe politique veulent bien raconter.

D’abord, il convient de rappeler que le libéralisme est trop souvent associé à l’aile droite du spectre politique. Or, l’aversion pour l’interventionnisme qui est l’essence du libéralisme politique trouve ses racines aussi bien à droite qu’à gauche. Ces dernières décennies d’alternance en France le montrent : l’État est constamment présenté comme l’alpha et l’oméga des solutions à apporter aux problèmes des citoyens, en témoigne par exemple le niveau exorbitant de la dette publique, alimentée par des dépenses qui représentaient 56,1% de la richesse produite par le pays en 2015.

Le résultat de cette longue période de tout-État n’est objectivement pas bon. La pauvreté ne recule pas. Le chômage augmente. Les impôts et taxes se multiplient et augmentent sans que la qualité, perçue ou réelle, des services publics ne progresse, ni que l’équilibre des comptes sociaux ne soit atteint, voire approché.

Face à ces problèmes bien réels, le libéralisme ne consiste pas en un système de chacun pour soi géant dans lequel les situations individuelles sont ignorées par la collectivité. Il consiste à considérer que l’État n’est pas l’acteur le plus efficace pour venir en aide aux personnes en difficulté, ce que semblent prouver les résultats des politiques menées jusqu’ici. Ainsi, si comme moi vous croisez régulièrement des personnes qui considèrent qu’il faut voter socialiste, ou du moins qu’il ne faut pas supprimer des pans entiers de l’interventionnisme actuel, parce qu’on ne peut pas décemment laisser les personnes en difficulté se débrouiller seules, demandez-leur :

  • ce qu’elles feraient de l’argent issu d’une réduction d’impôts de quelques pour-cents (la bonne réponse n’est pas un voyage au soleil),
  • en quoi l’État est plus efficace que les individus, regroupés en associations ou communautés, pour aider les personnes en difficulté de leur entourage plus ou moins proche (la bonne réponse n’est certainement pas la gestion administrative),
  • dans le cas où elles sont aisées, si elles sont prêtes, dans l’intérêt du système d’aide sociale, à renoncer à des allocations qui leur sont légalement dues, ou encore si elles sont prêtes à les reverser intégralement en aides individuelles ou collectives issues d’initiatives privées (la bonne réponse n’est pas « non, j’ai cotisé donc je touche les prestations »),
  • ce qu’elles font au quotidien, à leur échelle, pour améliorer le quotidien de ceux qu’elles considèrent comme méritants (la bonne réponse n’est pas « rien, je paie assez d’impôts pour la solidarité »).

Les exemples de mauvaises réponses sont authentiques. Faut-il comprendre que le sentiment de donner des impôts par solidarité n’est au fond qu’une consolation face au niveau d’imposition exorbitant qui frappe les citoyens ? Faut-il comprendre que cette délégation de générosité n’est pas toujours sincère ? Ou plus simplement, faut-il déplorer une absence de compréhension du système, bien soutenue par des décennies de propagande axée sur une relation pas si évidente entre impôts et générosité ?