Loi Travail : ne freinez pas le changement !

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Loi Travail : ne freinez pas le changement !

Publié le 1 avril 2016
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Par Vladimir Vodarevski.

Révolution crédits Albert (CC BY-NC-ND 2.0)
Révolution crédits Albert (CC BY-NC-ND 2.0)

Le projet de modification du droit du travail fait l’actualité. Il est l’objet de vives critiques. Celles-ci témoignent d’une certaine conception de l’être humain et de la société. Nous ferons ici une analyse libérale de ces critiques. Le libéralisme est d’abord un humanisme, qui s’oppose à l’aliénation de l’être humain. Le libéralisme peut aussi être vu comme un utilitarisme, qui défend le bien être social.

Humanisme

Les opposants à la loi travail défendent une conception du salarié qui dépend totalement de l’entreprise. Celle-ci doit lui assurer l’emploi, une rémunération élevée, financer la protection sociale et la prévoyance. L’être humain est pris en charge par l’entreprise. Il faut que l’État force l’entreprise à remplir cette fonction.

C’est une vision de l’être humain non autonome. Aliéné pour reprendre le vocabulaire marxiste. Même si c’est par l’intermédiaire de l’action de l’État à l’encontre de l’entreprise.

Au contraire, l’idéal humaniste prône une société où chacun est autonome et responsable. Ce qui n’exclut d’ailleurs pas les mécanismes de prévoyance et d’assurance. Mais chacun peut être à même de faire des choix, d’évoluer au cours de sa carrière, sans dépendre d’une entreprise.

C’est un idéal qui peut faire peur aujourd’hui, et les anti-humanismes jouent sur cette peur. En effet, nous sommes généralement assez peu préparés à être autonomes. L’école ne nous insère pas dans la vie active. Et tout dépend de l’éducation que nos parent ont pu nous donner, qui dépend à nouveau de leur propre parcours et de leurs réflexions. Cependant, n’est-ce pas un idéal à atteindre ?

Utilitarisme

Les opposants à la loi travail défendent un cadre figé. Or, c’est la liberté qui a permis le progrès social. En effet, la révolution industrielle, le salariat, l’assurance maladie, la prévoyance, ne sont pas le fruit d’un plan établi ex-nihilo par un État. Ils se sont développés avant d’être repris par les États.

Or, la société évolue. L’histoire montre que c’est la condition du progrès social. Aujourd’hui, et depuis plusieurs années, des questions se posent sur l’évolution du travail par exemple, avec l’ubérisation, l’économie du partage (voir ici).

Nous sommes dans une période pleine de promesses, mais personne ne connaît la forme que prendra l’économie, les modes de relations économiques qui en découleront. La seule solution pour profiter du progrès est de laisser les acteurs construire cette nouvelle économie. Il a fallu abolir les corporations pour développer l’industrie.

Conclusion : le progrès nécessite le changement.

L’évolution vers une société humaniste, où l’être humain peut décider de sa vie et s’accomplir, et vers le progrès social, nécessite donc la réforme. Un changement qui fait peur, car nous n’y sommes pas préparés. Mais nous devons plutôt laisser foisonner les initiatives, pour qu’apparaisse le nouveau cadre contractuel, afin de profiter du progrès.

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  • Il y a aussi des opposants à la loi travail dont les motivations sont qu’elle n’est qu’un rideau de fumée pour donner l’apparence d’un progrès et d’une action volontariste sans en faire le moins du monde une réalité. La loi travail, ce sera notamment la généralisation de la prime d’activité aux étudiants en échec et 200 pages de plus dans le code du travail, un pas dans la bonne direction ?

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