Bruxelles : céder à la peur, c’est s’empêcher de vivre

Il faut se tenir au courant de l’information sur les attentats de Bruxelles mais ne pas en abuser.

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can you see the fear in my eyes credits LilAbo00 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

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Bruxelles : céder à la peur, c’est s’empêcher de vivre

Publié le 25 mars 2016
- A +

Par Rodolphe Oppenheimer

can you see the fear in my eyes credits LilAbo00 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))
can you see the fear in my eyes credits LilAbo00 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

Ce mardi 22 mars 2016, la Belgique est, tout comme nous l’avons été nous-mêmes il y a peu, sous le choc, démunie face à l’horreur. Incrédule, la Belgique s’est réveillée en se demandant si ce n’était qu’un « mauvais rêve ».

La terreur réactivée

Les chaînes d’informations en continu diffusent inlassablement des images, des témoignages qui sont pour nous comme des souvenirs, une réminiscence qui réactive les douleurs ressenties. Le moment le plus difficile est celui du coucher. Fermer les yeux pour trouver le sommeil devient une lutte, un acharnement à combattre ce qui a été accumulé pendant la journée.

Notre subconscient, toujours actif, nous fera nous rappeler les événements passés et présents. Nous pensions avoir accepté, digéré les souvenirs, les moments douloureux que nous avons connus, mais ce moment de « terreur », ces souvenirs, sont réactivés bien malgré nous. Comment réagir ? Comment être actif face à ces angoisses réanimées ?

La peur d’avoir peur crée l’anxiété

L’autosuggestion, ou plus simplement l’autohypnose, est une méthode qui fonctionne, pour peu que l’on sache comment la pratiquer. D’autres moyens peuvent également aider à calmer, à maîtriser des angoisses possibles. L’homéopathie peut convenir dans ce genre de cas et évite les traitements trop lourds.

L’inquiétude vient souvent avec l’obsession de se rassurer. Afin de trouver ce sentiment de « sécurité » intérieure, d’apaisement, certains cherchent à partager leurs émotions sur les réseaux sociaux mais se trouvent rapidement confrontés aux images, aux rumeurs, aux théories auxquelles justement ils ne doivent en aucun cas être confrontés.

La répercussion psychique ne tarde pas à émerger, la « peur d’avoir peur » va prendre le pas sur tout le reste créant un mécanisme de projections d’une peur panique alimentant la peur elle-même. Le cerveau va alors créer un état d’anxiété imminent et permanent. Un cercle vicieux va se mettre en place : redouter la peur projetée va alimenter par anticipation la peur immédiate.

Laisser la peur gagner, c’est s’empêcher de vivre 

Nous tentons alors de nous rassurer et de nous dire que « tout va bien », que nous sommes capables d’affronter les informations et le flot des images, mais le réflexe physique d’hypoventilation nous fait manquer d’air sans même que nous le remarquions.

De fait, le manque d’oxygène commence à créer les premiers symptômes de l’angoisse : sensations inhabituelles, maux d’estomac, sueurs froides, arythmie, irritabilité, peurs irrationnelles sans objet, perte de contrôle etc. À l’hypoventilation succède l’hyperventilation. Ce trop-plein d’oxygène dans l’organisme déclenche la crise d’angoisse, la crise de panique.

La première impression est celle d’avoir couru alors qu’il n’en est rien. Que faire ?

Connaissant désormais les mécanismes qui créent votre crise d’angoisse, vous savez qu’il faut en premier lieu faire comprendre au corps qu’il est, contrairement aux sensations vécues, complètement au repos en vous asseyant. Reprenez un rythme respiratoire régulier en alternant doucement les inspirations et les expirations. Modifiez les images envahissantes en pensant fortement à des images positives. Détendez vos membres.

Il faut se tenir au courant de l’information mais ne pas en abuser car ce qui crée l’angoisse, c’est l’aspect continuel anxiogène de l’information.

Laisser l’angoisse et la peur prendre le dessus, c’est s’empêcher de vivre. En reprenant le contrôle, c’est votre liberté que vous retrouverez. En cas de besoin, des professionnels sont à votre écoute.

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  • « Afin de trouver ce sentiment de « sécurité » intérieure, d’apaisement, certains cherchent à partager leurs émotions sur les réseaux sociaux mais se trouvent rapidement confrontés aux images, aux rumeurs, aux théories auxquelles justement ils ne doivent en aucun cas être confrontés. »

    Une information qui vaut son pesant de cacahouètes :

    http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/021796663491-microsoft-fait-taire-son-intelligence-artificielle-sur-twitter-apres-des-derapages-1209795.php

    En appliquant « l’intelligence artificielle » aux réseaux sociaux, MS a inventé la « bêtise artificielle ».

  • Je trouve les introspections ,états d’âme , pleurnicheries ,peur d’avoir peur ,angoisses que ressentiraient d’après vous les Belges ( ou les Français ) dignes de « bisounours » ou de  » premiers communiants » –
    En plus , tout cela par anticipation et procuration ? …..oui ! et même ainsi ce serait encore trop traumatisant . Vous ajoutez qu’ils ne doivent en aucun cas être confrontés à ces rumeurs , ces théories .Même imaginées elles pourraient les empêcher de trouver un sentiment de « sécurité » intérieure Bravo comme déni de réalité ceux qui sont censés lire votre article sont-ils adultes ?
    Je n’ose pas imaginer ce que peuvent ressentir les milliers d’irakiens , afghans , libyens , syriens etc … sous le feu continu des armes des libérateurs de tous horizons . Nous nous devons – c’est même un devoir – de leur envoyer d’urgence des cellules de soutien psychologique pour leur expliquer que tous les matins lorsqu’ils se réveillent ils n’ont pas fait un mauvais rêve …..que si tout meurt autour d’eux c’est grâce aux bons sentiments de tous ceux qui leur veulent du bien , qui veulent leur bonheur démocratique , religieux , etc ,..même si eux ne demandent rien .

  • Les commentaires sont fermés.

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