Primaires américaines : les attentats de Bruxelles vus d’Arizona

Donald Trump crédits Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0)

Après les attentats à Bruxelles, le terrorisme s’invite dans la campagne américaine.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

Donald Trump crédits Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0)
Donald Trump crédits Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0)

Lorsque Donald Trump a proposé d’interdire l’entrée des musulmans aux USA après l’attentat meurtrier de San Bernardino, en Californie, en décembre, il s’est attiré les foudres des politiciens et des commentateurs. Mais cette attitude envers la terreur islamiste lui vaut un fort appui de ses partisans. Ils sont nombreux à estimer que les attentats de Bruxelles prouvent que le milliardaire a raison.

Lorsque le milliardaire souligne que si l’Amérique n’agit pas avec plus de vigueur pour contrer le terrorisme islamisme, elle connaîtra une déchéance semblable à celle de Bruxelles, il frappe dans le mille pour ses partisans.

Mardi, l’homme d’affaires a réitéré sa foi dans la simulation de noyade en ajoutant qu’il n’hésiterait pas à appuyer la torture dans des cas comme celui de Salah Abdeslam. La torture l’aurait probablement fait parler, et on aurait pu sauver des vies, a souligné le magnat de l’immobilier.

Le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz, le principal adversaire de Donald Trump, n’a pas tardé à renchérir. Il a prôné une surveillance policière accrue dans les quartiers des villes américaines où abondent les musulmans pour éviter qu’ils ne se radicalisent. Il a aussi répété qu’il était en désaccord avec la décision du président Obama d’accueillir des milliers de réfugiés syriens aux États-Unis. Les deux candidats à l’investiture républicaine sèment dans un terrain fertile lorsqu’ils proposent des mesures pour améliorer la sécurité nationale et combattre le terrorisme : c’est la priorité absolue des partisans du GOP.

La candidate démocrate Hillary Clinton a dénoncé les propositions de Donald Trump et de Ted Cruz en condamnant la torture et l’intolérance et en lançant un appel à l’inclusion plutôt que l’exclusion des musulmans. Bernie Sanders, lui, a précisé que l’Amérique se bat contre une organisation terroriste barbare et non une religion.

L’étau de Donald Trump se resserre

Ce Super mardi a donc été dominé par la sécurité nationale et la lutte au terrorisme et, encore une fois, au désespoir de l’establishment républicain, Donald Trump est celui qui a gagné le plus de délégués, en vertu de sa victoire en Arizona. Le milliardaire ajoute 58 délégués aux 680 qu’il possède, ce qui le place à 738. Il en a besoin de 1237 pour remporter l’investiture. Ted Cruz balaie l’Utah et ses 40 délégués, ce qui lui en confère un total de 463. Hillary Clinton remporte l’Arizona et Bernie Sanders remporte une solide victoire en Idaho. Mais Hillary Clinton jouit d’une avance considérable.

Les prochaines primaires démocrates auront lieu le 26 mars en Alaska, Hawaï et dans l’État de Washington. Les trois candidats républicains s’affrontent le 5 avril au Wisconsin. Cette lutte sera capitale pour Ted Cruz qui devra prouver qu’il est capable de s’imposer dans un État où il y a peu de votes à caractère religieux.