Primaires américaines : match nul entre Ted Cruz et Donald Trump

Publié Par Daniel Girard, le dans Amérique du Nord

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

 

L’establishment républicain aura peut-être à choisir entre la peste et le choléra. Le sénateur texan Ted Cruz, universellement détesté au Sénat américain pour son inflexibilité, a remporté deux solides victoires samedi aux primaires du Kansas et du Maine. Les sondages donnaient Donald Trump gagnant au Kansas mais Ted Cruz a carrément écrasé Donald Trump dans l’État en l’emportant par 48,2% contre 23,3% des voix.

Ted Cruz a aussi remporté une victoire décisive dans le Maine, l’État américain le plus à l’Est, 45,9% versus 32,6%. Le gain a surpris les analystes qui ne croyaient pas que le Texan allait connaître du succès aussi loin de sa base évangélique. Donald Trump a attribué la victoire de Ted Cruz à la proximité du Maine du Canada. Ted Cruz est originaire de Calgary.

Comme prévu, Donald Trump l’a emporté dans les deux États les plus payants en termes de délégués, la Louisiane et le Kentucky. Mais ces victoires ont été serrées. En Louisiane, Donald Trump a vaincu Ted Cruz à 41,4% versus 37,8%. Au Kentucky, le magnat de l’immobilier a recueilli 35,9% des votes contre 31,6% pour Ted Cruz. Donald Trump s’est dit satisfait de sa victoire au Kentucky car, a-t-il précisé, le sénateur Rand Paul, qui s’est retiré de la course à l’investiture en janvier, l’a combattu farouchement dans l’État.

Au final, c’est Ted Cruz qui fait la meilleure récolte en raison de la répartition proportionnelle des délégués.

Donald Trump demeure en tête avec 378 délégués mais Ted Cruz s’approche avec 295 délégués. Il en faut 1237 pour remporter l’investiture. Comme l’exprime All American Girl, Ted Cruz est sur une lancée et Donald Trump stagne.

Le grand perdant de la soirée, c’est indéniablement Marco Rubio, qui est à peine perceptible sur l’écran radar. Donald Trump lui a d’ailleurs recommandé de se retirer de la course à l’investiture pour qu’il puisse affronter directement Ted Cruz.

Fort de ses succès du super samedi, Ted Cruz ne suivra pas le conseil de Mitt Romney de laisser le champ libre à Marco Rubio en Floride. L’enjeu est de taille lors de la primaire de la Floride, le 15 mars. À partir de cette date, le candidat qui recueille le plus de votes dans un État s’approprie tous les délégués. Et c’est 99 en Floride. Ted Cruz y va pour la jugulaire.

Le gouverneur de l’Ohio John Kasich est l’autre candidat qui doit absolument l’emporter dans son État pour demeurer dans la course. La primaire de l’Ohio est elle aussi le 15 mars et compte pour 63 délégués. Lors d’un sondage en février, John Kasich ne récoltait que 17% par rapport à 35% pour Donald Trump. Mais un nouveau sondage place le gouverneur en tête devant le milliardaire à 33% contre 31%.

Chez les démocrates, Bernie Sanders peut se réjouir de ses victoires au Kansas et au Nebraska mais Hillary Clinton fait une meilleure récolte de délégués que lui parce qu’elle a remporté la Louisiane.

Le prochain État d’importance pour les deux partis sera le Michigan, mardi.

  1. Pauvre Rubio..Impressionné par Ted Cruz, il s’en sort mieux que je le pensais.

    Quant à Sanders c’est une défaite aux airs de victoire : Clinton a gagné plus de délégués que lui..Il gagnera le petit Etat du Maine aujourd’hui mais il a si peu de délégués…
    Le 8 Mars pourrait faire mal car Clinton est en tête des sondages dans le Michigan riche en délégués et très loin devant dans le Mississippi !
    Sanders et ses supporters ont l’air de vivre dans une bulle quand même, les chances de victoire sont quasi nulles..

    1. Ce qui ma paraît injuste, ce sont les 500 super délégués qui faussent le jeu…

      1. Si je ne dis pas de bêtises les super délégués peuvent changer d’avis et se rallier à Sanders s’il gagne plus de délégués, du coup personne n’en prend vraiment compte. Même sans les super délégués elle a quand même 203 de plus si je me souviens bien, et vu que les 3 prochains gros Etats (Michigan, Illinois et Floride) vont apparemment tomber dans son escarcelle l’issue fait peu de doute.

        1. En fait, pour être précis, Hillary Clinton dispose de 458 super délégués et Bernie Sanders de 22 et ils appartiennent vraiment aux candidats.

    2. « Sanders et ses supporters ont l’air de vivre dans une bulle quand même, les chances de victoire sont quasi nulles.. »

      Et je parie que lorsqu’ils seront confrontés à la désillusion, ils dénonceront un complot antibernie, le déni de démocratie…

      1. Sans doute, mais Bernie se ralliera à elle et essaiera d’en obtenir quelque chose.

        A noter que les supporters de Bernie ont mauvaise réputation sur le web, ils sont très agressifs ! ça n’aide pas leur candidat qui n’est pas du tout comme ça.

  2. Stéphane Boulots

    Et la presse Française (et CP, ne parlons pas de la presse US, ils sont grassement payés pour cela) qui ne pariaient pas un noisette sur Cruz et qui se frottent le nombril en se faisant des terreurs apocalyptiques avec Trump …

    Mon avis n’a pas changé d’un iota : la question est « Est-ce que Rubio va se rabattre derrière Cruz avant ou après la Floride ? »

    Il semble de plus en plus que le « après » voudra dire un allez simple aux oubliettes pour Rubio : il est super clair (d’après les sondages) que Trump gagne la Floride si les deux cousins continuent leurs bêtises, et perd dans le cas contraire…

    Vu l’historique sur les comptages de voix en Floride, ca promet un sacré bazar !

    Et le jeu de cache cache continue : Sanders ne s’est toujours pas retiré, il devient de plus en plus clair que sa candidature n’est qu’un attrape nigaud destiné à faire monter Trump, mais les Dems continuent leur pièce de théâtre comme si rien n’était, ça devient grotesque.

  3. Ted Cruz est à la fois la meilleure chance du GOP et la meilleure chance pour les Américains de mettre fin au Big Governement fédéral d’Obama. Comme je le disais il y a quelques jours, Rubio est fini, Kasich n’a jamais existé et il serait plus que temps que les deux se retirent et soutiennent Cruz.

    Je suis persuadé que ce dernier va négocier avec l’establishment, la démarche d’un Lindsey Graham qui a pris contact avec lui va dans ce sens (il ne l’aime pas mais il acte le fait qu’il est membre du GOP, pas Trump en qui il n’a aucune confiance), une sorte de programme communqui tiendra compte des exigences de chacun. Cruz est réputé pour être borné mais il sera obligé de composer avec un Congrès qui ne lui laissera pas faire n’importe quoi n’importe comment. J’ajoute que si ses bondieuseries me gavent, il ne tient pas de propos racistes, ne parle pas de limiter la liberté de la presse ou de faire inscrire la religion de chacun sur son ID, en clair, il est respectueux, LUI, de la Constitution.

    1. Ted Cruz est effectivement un homme de principe, mais il ne démontre pas encore qu’il est capable de compromis, ce qui sera essentiel pour la suite des choses.

      1. Sa stratégie de la terre brûlée au Sénat lui aura valu bien des baffes et de l’hostilité, moi-même je le trouve trop extrême. Néanmoins je le préfère à Trump car je suis qu’il a une vision clairement libérale de l’économie comparé à la vision étatiste du magnat de l’immobilier.

        1. « Sa stratégie de la terre brûlée au Sénat lui aura valu bien des baffes et de l’hostilité »
          Peut-être de l’establishment mais des Américains ? Non parce que je ne veux pas dire mais à l’exception de ceux qui vivaient à D.C, le shutdown n’a changé la vie de personne. Pour moi, c’est exactement la même salade que le Fiscal Cliff qui devait plonger les USA en enfer, il ne s’est strictement rien passé (comme si une coupe budgétaire de 2%, de mémoire, changeait quoi que ce soit).

          Maintenant, le même establishment doit voir la vérité en face, les électeurs républicains n’en ont rien à faire de Rubio (Kasich a fait la même erreur que Clinton en 2008, il a négligé les premiers états et a, du coup, disparu des radars) donc s’il veut faire barrage à Trump, il ne reste plus que la solution Cruz ou parier que Trump n’aura pas de majorité absolu mais comme tout pari, il est perdable.

          1. Les Américains s’opposaient au shutdown, ils veulent un gouvernement qui fonctionne, ce n’est pas de cette façon que vous ferez accepter une vision plus libérale de l’économie.

            1. « Les Américains s’opposaient au shutdown »
              Il faut croire qu’une partie d’entre eux a changé d’avis. 😉

              Plus sérieusement, on en revient à ce que je disais plus haut, si Cruz est élu, il devra composer avec un Congrès qui ne voudra certainement pas que « Washington » ferme du jour au lendemain. J’imagine également que les approches de l’establishment par le biais de Graham, pas vraiment un partisan du Big Government, visent à obtenir un compromis avec ce candidat.

              1. Changé d’avis ? Rien ne l’indique.

                Après oui Cruz aurait à négocier.

  4. Le tout dernier sondage pour la primaire du Michigan, un Etat important.

    http://www.politico.com/story/2016/03/trump-clinton-michigan-primary-poll-220278

    Hillary nettement devant Sanders de 17 points (57 contre 40) et Trump loin devant à 47%.
    Dans une élection générale dans l’Etat Clinton battrait Trump 53 contre 36, c’est très net.

    1. 41% pour Trump dans la primaire, pas 47%*

      1. Tellement de choses se produisent durant une présidentielle. Ces sondages sont vraiment à prendre avec un grain de sel… En mars !!!

        1. C’est certain, beaucoup de choses peuvent arriver. Mais ça confirme que Trump part avec un désavantage spectaculaire qui sera très difficile à oublier.

          1. Les sondages montrent à répétition que la sécurité est devenue une préoccupation centrale des Américains et les gens ne font pas confiance aux Démocrates… Si la sécurité est au coeur de la prochaine présidentielle, cela pourrait jouer en défaveur du candidat démocrate, peu importe qu’il s’agisse de Clinton ou Sanders.

            1. Sauf que l’inverse peut se produire : les villes de Mossoul et Raqqa, les 2 places fortes de l’EI, devraient être reprises avant la fin de l’année par exemple. Si cela arrivait l’effet de cette défaite accroîtrait la popularité d’Obama et bénéficierait à Hillary. Je tiens d’ailleurs à vous rappeler que la politique étrangère est le point fort de Clinton et qu’elle a une connaissance impressionnante des dossiers contrairement à Trump dont ce n’est pas la spécialité…Et si dire qu’on va atomiser l’EI à coups de bombes peut marcher auprès des classes populaires dont le niveau en géopolitique est proche du néant je ne suis pas sûr pour le reste de la population.

              1. C’est sûr que l’actualité internationale va être un facteur durant les présidentielles.

            2. Idem en France…

  5. Un meeting de Donald Trump a pris des airs d’Allemagne nazie

    http://www.slate.fr/story/115035/meeting-donald-trump-allemagne-nazie

    Les références s’accumulent un peu trop à mon gout..

  6. Israël.mon.amour

    Lol ce qui me fait marrer ce sont ces supporters de Rubio de contrepoints. Je rigole à chaque fois que je pense à leur gueule.

    1. Israel,

      Les supporteurs de Rubio s’adapteront , ils ont l’échine souple …ils diront qu’il faut voter Clinton , car elle est libérale …

  7. Je trouve cette nouvelle mode consistant à entrecouper toutes les phrases d’un article de tweets parfaitement détestable. On n’a plus rien à lire, si ce n’est des citations, précédées de leur paraphrase. Avez-vous dit quoi que ce soit sur Ted Cruz ? Sur Donald Trump ? On en sait plus sur ce dernier. Je viens ici pour m’informer et pas pour qu’on me dise qu’il s’agit d’un choix entre la peste et le choléra ou que l’establishement républicain n’aime pas Cruz.

    Si le choix qui sera imposé à l’électeur américain sera de désigner Trump ou Clinton, alors peut-être que la métaphore de la peste et du choléra sera justifiée. L’est-elle ici ?

    J’ai entendu dire que malgré son conservatisme catho, Cruz est un libertarien en réalité et que son élection consisterait en un espoir fantastique pour les Etats-Unis et le reste du monde.

    Si c’est vrai et que ce journal se contente de commentaires d’un niveau aussi affligeant que celui qui nous est servi aujourd’hui, alors autant lire la Pravda et écouter le service public.

    1. C’est l’establishment républicain qui a le sentiment de devoir choisir entre la peste et le choléra, lorsqu’il s’agit d’opter pour Ted Cruz au lieu de Donald Trump. La métaphore exacte, attribuée à Lindsey Graham, fait référence au choix entre être fusillé et empoisonné. Ces figures de style ne reflètent pas le point de vue de l’auteur. Ma couverture des primaires américaines évoque tous les candidats mais ne fait pas la promotion de leur point de vue.

      1. Stéphane Boulots

        @Brutus :

        Vous avez raison, un simple coup d’œil sur le programme de Cruz (cruz.org) permet de comprendre pourquoi il a aplati Ron Paul au premier tour. On ne peut que rester bouche bée devant un candidat qui a comme programme entre autre de supprimer tout bonnement : l’impôt sur le revenu, les ministères de l’éducation, du logement, de l’écologie et de l’économie … rien que ça !

        Par contre Daniel fait un super boulot, ces primaires sont assez incroyables par rapport aux précédentes et Cruz est comme vous l’avez compris un ovni pour les socialistes de l’establishment, que ce soit du GOP, comme pour les medias mainstream et ses articles traduisent bien l’incompréhension devant ce qui se passe : pour la première fois, ce n’est pas le parti démocrate qui « disrupt » mais le GOP et c’est un sacré événement.

        1. Merci Stéphane.

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