La nouvelle Tesla Model 3 moins chère, fin mars

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Alors que Tesla lance son nouveau modèle de voiture électrique fin mars, de nombreuses questions restent en suspens…

Par Charles Boyer

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Le constructeur automobile américain Tesla, bien connu pour ses voitures électriques de luxe et, parfois, pour ses annonces un rien ambitieuses sur d’éventuelles révolutions sur les marchés de l’énergie, avait déjà annoncé de longue date qu’il lancerait un modèle bien moins cher que ses modèles existants, les Tesla Model S et Model X.

On savait depuis quelques temps qu’un lancement officiel approchait, et c’est désormais fixé : le lancement de la Model 3 aura lieu le 31 mars, soit dans deux semaines. Comme il convient pour une entreprise à la pointe du progrès, il aura aussi lieu en ligne sur le web.

Ce que l’on sait depuis un certain temps, est que cette voiture devrait avoir un prix de 30000 dollars et une autonomie de 320 km à pleine charge.

Comme toujours dans pareil cas, nombreuses sont les questions qui restent pour l’instant ouvertes

  • Le prix annoncé contient-il les aides d’État ? On peut le craindre, Dans ce cas, il s’agira encore, concrètement, de prendre de l’argent à des gens qui ne peuvent pas se permettre un tel achat pour le donner à ceux qui le peuvent. Un tel prix nous laisserait à penser qu’il en reviendra dans les 40000 euros hors aides en Europe. Des aides devraient être disponibles selon les pays.
  • Quelle sera la vraie autonomie en conditions réelles ? Cette question est toujours clé en ce qui concerne les véhicules électriques.
  • Tesla ayant déjà été doublé dans cette annonce par General Motors, qui prépare la commercialisation de la Chevrolet Bolt au même prix et à l’autonomie identique, quand ces voitures seront-elles réellement livrées aux clients ? Qui sera le premier, du jeune constructeur montrant aux anciens comment il faut s’y prendre, ou de son ancêtre âgé de plus d’un siècle ?
  • Combien de pertes fera Tesla sur ce modèle ? À l’heure actuelle, Tesla fait toujours de grosses pertes sur des voitures vendues beaucoup plus chères, qu’en sera-t-il donc pour celle-ci ? Tout ce que dit Tesla sur ce point ramène toujours à sa fameuse nouvelle « gigafactory », une usine de batterie de très grande dimension construite dans le désert ; mais celle-ci fait-elle autre chose que de l’assemblage à très grande échelle de cellules de batterie du Coréen LG Chem, le réel propriétaire du cœur de cette technologie ? Maintes très grosses usines de batteries aux ions de lithium existent déjà en Corée et au Japon ; on du mal à croire que les simples économies d’échelles amèneront plus que quelques pour cents d’avantage supplémentaire en coût de revient. Bref, on a du mal à voir comment Tesla compte joindre les deux bouts.

Rappelons les faits, qui sont qu’aujourd’hui, le business model de Tesla consiste surtout, au bout du compte, à prélever des taxes auprès de ses concurrents, sous forme de revente de permis d’émissions. En cela, il s’agit d’un modèle politique et de connivence plutôt que d’un modèle économique tenant sur ses propres pieds.

Vivement le 31 mars dans l’espoir d’obtenir quelques réponses à ces questions cruciales.