Erdogan préfère la dictature et la guerre civile

Erdogan_Obama_White_House_1 CC Crédit photo Samantha Appleton

Erdogan préfère persécuter les Kurdes et ménager l’État islamique que l’inverse.

Par Yves Montenay.

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Cela fait maintenant plusieurs années que la Turquie traîne les pieds dans sa lutte contre l’État islamique. On se souvient de Kobané où l’armée turque a regardé se faire tuer les Kurdes de Syrie, très liés à ceux de Turquie (contrairement aux Kurdes d’Irak et d’Iran). Pas de chance pour elle, ces Kurdes de Syrie ont finalement battu l’EI. Mais peu après sont arrivées les élections législatives turques, et le président Erdogan a cherché les voix nationalistes en déclenchant une guerre civile contre « ses » Kurdes. Cela a marché, il a gagné les élections, mais pas suffisamment toutefois pour pouvoir modifier la constitution à son avantage comme il le souhaitait. Néanmoins il a suffisamment de pouvoir, par Premier ministre interposé, pour adopter un comportement de plus en plus dictatorial avec renvoi ou emprisonnement des juges, journalistes ou autres gêneurs laïques ou gülénistes (musulmans modernistes traqués depuis le tournant islamiste du régime). Et, ne riez pas, en interdisant « le flirt », même aux fiancés !

Erdogan rené le honzecL’État islamique, de son côté, commence à perpétrer des attentats en Turquie, alors qu’il l’avait ménagée jusqu’ici, en contrepartie de la liberté de circulation du pétrole, des armes et des combattants. On aurait pu s’attendre à une violente réaction de l’armée turque, mais elle est occupée à casser du Kurde. Résultat : il reste encore une frontière ouverte aux trafics entre l’État islamique et la Turquie, une bande de territoire que visent les Kurdes pour unifier leur territoire en Syrie. Mais la priorité turque est de les en empêcher, quitte à ce que cela bénéficie à l’EI.

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