Les pionnières de l’entrepreneuriat américain (1)

Portrait d’une femme entrepreneur, Martha Coston, qui a su développer son entreprise de fusées éclairantes.

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Les pionnières de l’entrepreneuriat américain (1)

Publié le 3 janvier 2016
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Par Lawrence W. Reed1

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Dans cette analyse sur les vrais héros, notre attention se tourne vers trois pionnières de l’entrepreneuriat américain. Chacune d’elles est née dans une culture qui donnait au beau sexe la charge du foyer et de la vie familiale. Elles ne pouvaient voter car elles étaient femmes. Elles n’étaient pas censées faire des affaires parce que, bon, c’était considéré (comme cela l’avait été partout pendant des siècles) comme une activité masculine.

Ces trois femmes, Martha Coston, Hetty Green, et Madame C. J. Walker, possédaient, chacune, un esprit apte à briser les barrières. Elles ont obtenu le succès et le respect dans l’entreprise privée. Elles ont ouvert les portes à des millions d’autres femmes pour investir le marché et rivaliser avec les hommes dans la création de richesse.

Martha Coston

« Extrême » décrit les hauts et les bas de la vie de cette remarquable femme. Veuve à 32 ans avec cinq enfants, Martha Coston commençait seulement à se remettre de la mort inattendue de son époux lorsque deux de ses enfants et sa mère moururent. Déprimée, sans un sou, ayant trois enfants à charge, faisant face à un avenir sombre, elle a réussi à transformer l’adversité en succès grâce à son seul courage et sa volonté.

Née Martha Jane Hunt en 1826 à Baltimore, à la mort de son père, elle déménage avec sa mère une décennie plus tard. À 16 ans, elle s’enfuit pour se marier avec Benjamin Coston, un ingénieur naval de 21 ans et inventeur prometteur. Son travail dans la pyrotechnie et l’éclairage au gaz précoce lui vaut une attention notable, mais sa vie est écourtée par une combinaison de pneumonie et d’empoisonnement chimique. Penchée sur ses papiers, Martha découvre des dessins pour un signal pyrotechnique, ou « fusée éclairante », qui permettrait aux navires de communiquer avec la rive, ou entre eux, la nuit ou en cas de brouillard. Son époux avait travaillé sur l’idée lorsqu’il était à l’arsenal maritime de Washington mais n’avait jamais progressé au-delà de plans sur papier.

Pendant 10 longues années, Martha Coston travaille pour perfectionner le travail de son défunt mari, y compris la recette appropriée pour des fusées éclairantes brûlant rouge, blanc et bleu, puis un système, une sorte de « code Morse », qui permettrait d’envoyer des messages par fusées. Selon ses propres mots :

« Ce serait trop long pour moi, et fatigant pour mes lecteurs, d’expliquer tous les détails de mes efforts pour parfaire l’idée de mon mari. Les hommes que j’ai employés et licenciés, les expériences que j’ai réalisées moi-même, les fraudes auxquelles j’ai été soumises, m’ont presque découragée ; mais au désespoir je n’ai point succombé, et avec empressement je chérissais chaque petit pas allant dans la bonne direction, les conseils des officiers de la marine, et les avis des différentes commissions qui ont accordé un essai aux fusées éclairantes. »

Le 5 avril 1859, elle présente ses résultats au monde : un signal pyrotechnique et un système de code. Il fonctionne à merveille. Des communications fiables de navire à navire et de navire à terre sont possibles pour la première fois.

Inventer quelque chose d’utile n’est cependant pas une garantie de succès financier à moins que l’invention ne puisse être commercialisée ; et Martha Coston n’a aucune expérience préalable dans les affaires. Cela ne l’a pas empêchée de lancer sa propre entreprise, qui a duré plus de 125 ans.

À la stupéfaction de beaucoup, la veuve et inventrice inattendue s’est transformée en entrepreneur riche et prospère. Au début, elle a senti le besoin de minimiser son sexe, en utilisant même le nom d’un homme dans les communications initiales pour améliorer les chances que les hommes soient prêts à faire des affaires avec elle. Dans son autobiographie, elle écrit :

« Nous entendons beaucoup de la galanterie des hommes envers les femmes ; mais laissez-moi vous dire cher lecteur, que celle-ci disparaît comme la rosée avant le soleil estival lorsque l’une d’entre nous se trouve en concurrence avec le sexe masculin. ».

Avec l’avénement de la guerre civile, Martha Coston trouve un marché vaste et prêt en vendant ses fusées éclairantes à la marine des États-Unis. Elle voyage à travers l’Europe, s’assurant des clients à la fois dans les secteurs publics et privés. Dans les années 1860, elle conclut un accord lucratif avec le service de sauvetage des États-Unis, qui a fait de son produit un équipement standard de tous ses canots de sauvetage.

Sa plus grande déception dans les affaires impliqua l’un de ses plus gros clients, ayant profité de sa bonne volonté et de son patriotisme. Pour aider les efforts de guerre du gouvernement Lincoln, Martha Coston fit vendre ses fusées et son système de signalement en-deçà du prix de revient et parfois uniquement en échange de reconnaissances de dette du gouvernement à titre de paiement différé. Washington l’arnaqua avec l’inflation du billet vert lors de la guerre civile, ne la compensant finalement, en termes réels, qu’à un vingt-cinq cents pour un dollar. Sans son habileté à faire des affaires ailleurs, elle eût été en faillite à la fin de la guerre.

Lorsque Martha Coston meurt en 1902, elle est largement reconnue comme un grande inventrice, une capitaliste qualifiée, et une citoyenne modèle. Elle a surmonté d’énormes défis et a prouvé qu’une femme peut être aussi douée dans les affaires qu’un homme, et bien meilleure que ceux qui l’ont escroquée avec leur monnaie papier qui se déprécie.

Traduction par Contrepoints de 3 pioneering women in american business

  1. Président de la FEE, Foundation for economic education.
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  • Merci pour cette excellente série. J’ai commencé à douter de Lincoln lorsque j’ai appris qu’il était à l’origine de la suspension de l’habeas corpus. Cet épisode aggrave encore son cas…
    Magnifique illustration du génie humain. Il est juste et bon que chacun puisse exprimer son talent.

  • Bravo. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle avait l’esprit éclairé. Je suis particulièrement impressionnée par son opiniâtreté et son éternelle humilité. Une femme de devoir, exceptionnelle, comme il en existe encore beaucoup dans l’ombre des Hommes.

  • Les commentaires sont fermés.

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