La « déflation », caractéristique essentielle d’une économie saine (2)

Des prix régulièrement en baisse sont une caractéristique d’une économie prospère, dans laquelle les droits de propriété sont respectés.

Par Josef Šíma1

Traduit du tchèque par Jan Krepelka.

Deflation by Simon Cunningham (CC BY 2.0)

2. Déflation et « déflation » : taxonomie
L’objet principal de notre étude étant la problématique de la déflation, avec et sans guillemets, c’est cette dernière que nous allons à présent discuter en détails.

Pour être en mesure d’aborder cette problématique, autour de laquelle règnent un grand nombre de mythes et d’idées fausses, de manière systématique, nous ne sombrerons pas dans l’approche macroéconomique consistant à se lamenter de la baisse des prix, mais procéderons au contraire à une classification2 des différents phénomènes nommés déflation, à tort ou à raison, ce qui nous permettra de bien mieux cerner la problématique.

En effet, une situation où l’on peut observer des prix en baisse en présence d’une politique monétaire active peut survenir pour quatre raisons, dont seules deux relèvent véritablement de la déflation au sens original :

  1. La croissance économique entraîne une baisse des prix (hausse de la demande de monnaie), « déflation » (qui sert alors de prétexte à une politique monétaire inflationniste) ;
  2. La « thésaurisation » entraîne une baisse des prix (hausse de la demande de monnaie), « déflation » (qui sert alors de prétexte à une politique monétaire inflationniste) ;
  3. Une baisse du crédit bancaire (politique monétaire déflationniste) entraîne une réduction de l’offre de monnaie, déflation, qui entraîne une baisse des prix ;
  4. Une dévaluation (politique monétaire déflationniste) entraîne une réduction de l’offre de monnaie, déflation, qui entraîne une baisse des prix.

La nécessité de ces précisions terminologiques montre bien à quel point il est difficile de combattre une politique qu’on ne sait même plus nommer.

2.1. La « déflation » comme effet de la croissance économique

Ce type de « déflation » — hausse de la demande de monnaie — constitue l’état naturel d’une économie en croissance. Grâce à l’augmentation de la productivité, une plus grande quantité de marchandises est produite dans l’économie. Les producteurs se retrouvent alors en concurrence accrue pour la quantité — inchangée — d’unités monétaires disponibles dans l’économie, afin d’écouler la quantité — accrue — de biens produits. Cela signifie que la valeur de la monnaie (sa demande) augmente, qu’une même unité d’argent permet d’acheter davantage de marchandises, autrement dit que les prix ont tendance à baisser. La monnaie remplit toujours sa fonction de moyen d’échange, et les nouveaux prix reflètent fidèlement les intensités des préférences des participants du marché ainsi que les raretés relatives des ressources. Grâce à cela, il n’y a pas de gaspillages dans l’économie, ce qui crée un environnement favorable à encore davantage de développement. Puisque le calcul économique rationnel est possible (les prix reflètent correctement les informations pertinentes sur la situation du marché), il n’y pas de raison pour que l’économie ne croisse pas : bien au contraire.

Une telle situation de croissance et de baisse des prix constitue d’ailleurs la norme pour les périodes entre différents chocs inflationnistes, chocs généralement initiés par les États pour financer leurs guerres. Ainsi par exemple, aux États-Unis entre 1880 et 1896, l’indice des prix de gros a chuté d’environ 30%, ce qui représente une diminution annuelle moyenne de 1,75%, alors que le revenu réel avait augmenté d’environ 85%, ce qui représente environ 5% par an3. Même actuellement, malgré l’inflation constante orchestrée par les banques centrales, il y a des secteurs qui sont en plein essor accompagné de « déflation » (baisse des prix de leurs produits) : l’industrie informatique, l’électronique grand public (cassettes vidéo, DVD, TV, etc.), la téléphonie mobile… Ce qui intéresse le plus les producteurs, finalement, ce sont les marges entre les prix d’achat et de vente, c’est à dire la différence entre les prix de leurs inputs et ceux de leurs outputs, qui représente leurs profits. L’évolution du « niveau des prix » n’est pas déterminante pour eux. De même pour les employés, une éventuelle baisse de leurs salaires nominaux ne constitue pas un problème, puisque leur pouvoir d’achat réel augmente4.

2.1.1. Conséquences de la lutte contre cette « déflation »

Qu’arrivera-t-il alors si l’État (la banque centrale), afin de lutter contre la « déflation », initie une expansion de masse monétaire, afin de provoquer une hausse des prix ?

  • Le système des prix sera perturbé, entraînant mauvaise coordination économique et gaspillages. Accessoirement, cela causera le phénomène des cycles économiques, ce qui aggravera encore lourdement les conséquences de la perturbation des signaux des prix5.
  • Les revenus seront inévitablement redistribués dans le cadre de cette politique. La rémunération des participants du marché (employés, managers, propriétaires de capital, etc.), en effet, ne dépendra plus seulement de leur propre productivité, mais également de la faveur des banquiers centraux envers telle branche de l’économie ou telle autre, selon la façon dont la nouvelle monnaie sera mise en circulation.
  • Le chômage est souvent mentionné comme conséquence de la « déflation » en raison de la « rigidité des salaires à la baisse », l’inflation permettant alors de l’éviter par une baisse des salaires réels cachée par des salaires nominaux constants (ou même en hausse mais de moins que l’inflation). Or, en cas de « déflation », ce chômage ne toucherait que ceux qui auraient auparavant « conquis » cette rigidité, par exemple les employés syndiqués. Avec la politique anti-déflationniste, en revanche, la banque centrale essaie de facto de les tromper, de les protéger contre leurs propres décisions de ne pas se fier aux prix du marché… Et c’est donc pour cela que la banque centrale perturbe l’ensemble du système de prix de toute l’économie ! Avec pour conséquence des effets destructeurs, dont du chômage, qui affecteront non seulement ces employés syndiqués, mais l’ensemble des participants au marché. En particulier, cela entraîne un appauvrissement général de la société, ainsi que l’incitation à un comportement pervers où un premier groupe de personnes doit supporter les conséquences des choix d’un deuxième groupe de personnes, à cause du fait qu’un troisième groupe de personnes a décidé de tromper le deuxième groupe, tout en taxant (taxe inflationniste) aussi bien le premier que le deuxième groupe, afin d’avoir de quoi financer sa tromperie et sa redistribution.

2.2. La « déflation » comme conséquence de la « thésaurisation »

Pour de nombreux économistes, la thésaurisation (accumulation de liquidités) constitue un épouvantail, surtout depuis la « révolution keynésienne », puisque le problème keynésien de la fuite des liquidités du circuit économique (« trappe à liquidités ») fait de ceux qui accumulent de l’argent liquide des ennemis de la nation. Ceci donna d’ailleurs le ton des discours politiques visant à régler ce genre de problème : « La lutte doit aujourd’hui être menée contre la thésaurisation ! », proclamait en 1932 Hoover6.

Selon d’autres auteurs en revanche, cette haine excessive de la part des politiciens devrait nous rendre méfiants de leurs accusations contre la thésaurisation, et nous faire au contraire défendre ceux qui la pratiquent comme des héros, qui permettent aux autres consommateurs d’acquérir davantage de biens par unité monétaire qu’ils ne l’auraient pu autrement7  justement, grâce à la déflation. Comment expliquer cela ?

La thésaurisation signifie que certains décident volontairement, pour une raison ou une autre, d’augmenter la quantité d’argent liquide qu’ils détiennent, plutôt que de le dépenser, déposer à la banque ou investir8.

La demande accrue d’unités monétaires implique que leur prix, exprimé en termes de biens et services, va augmenter. Dans cette situation, tout naturellement, vendre une même quantité donnée de biens et services ne sera possible que contre une quantité moindre d’unités monétaires : ce que les économistes d’aujourd’hui appellent une baisse du niveau des prix, la « déflation ». Cette nouvelle structure des prix est parfaitement légitime, puisqu’elle correspond à la situation du marché, c’est à dire aux choix libres des consommateurs de faire ce qu’ils veulent de leur argent selon leurs préférences subjectives, au même titre que n’importe quel autre changement de leurs goûts ou comportements affecte inévitablement la structure des prix dans toute économie dynamique.

2.2.1. Conséquences de la lutte contre cette « déflation »

Si, dans cette situation, la banque centrale recourt à une politique anti-déflation, son activité aura, en plus des conséquences catastrophiques déjà mentionnées (redistribution, cycle économique) aussi la conséquence suivante : la personne qui aura tenté d’accumuler du pouvoir d’achat , pour des raisons qu’elle considérait comme importantes, aura, en se retenant de certains de ses achats par son comportement sur le marché, influencé le marché, de la même façon que si ses goûts avaient changé. La banque centrale réagit alors en injectant des liquidités, afin de corriger le marché (contre-balancer les décisions volontaires et responsables de ses participants) et stabiliser le niveau des prix. Les nouvelles liquidités, cependant, seront reçues par d’autres personnes, qui feront leurs choix de consommation, qui mèneront selon toute vraisemblance à une hausse des prix dans d’autres secteurs9. Par la force de son monopole, la banque centrale aura ainsi, en corrigeant le résultat des choix légitimes, pacifiques et responsables des consommateurs, causé une distorsion de la structure des prix et des dépenses, entraînant désorganisation du marché et gaspillage. Considérer une telle destruction de valeur comme un objectif légitime de l’activité de l’État est pour le moins douteux, et totalement erroné du point de vue de la théorie économique.

2. 3. La déflation comme baisse du crédit bancaire

Nous arrivons maintenant au premier des deux cas de déflation au sens strict, c’est à dire du côté de l’offre de monnaie. La situation est la suivante (et s’est déjà produite plusieurs fois dans l’histoire moderne, voir encadré). Suite aux crises financières, les particuliers retirent en masse leur argent de leurs comptes courants, historiquement, sous forme d’or10, ce qui crée des problèmes importants de liquidité pour les banques, qui peuvent aller jusqu’à la faillitie. Cela aggrave encore la crise financière, de plus en plus d’épargnants doutent de la bonne santé financière de leur banque, et se rendent alors aux guichets pour demander le paiement de leurs comptes courants ; autrement dit, demandent à la banque d’honorer son engagement à restituer l’argent de ce type de compte sur simple demande. Les banques cherchent à augmenter leurs réserves, afin de pouvoir remplir leurs obligations. L’augmentation des réserves (historiquement, le rachat d’or) conduit à une réduction de l’offre de monnaie, et donc à une hausse de sa valeur, une déflation, suivie d’une baisse des prix.

Cependant, il faut se rendre compte que le problème des réserves insuffisantes et donc de l’incapacité des banques à honorer leurs engagements n’est pas dû à une mystérieuse insuffisance d’or11mais bien au fait que les banques ont émis des titres de propriété pour de l’argent (historiquement, de l’or) qu’elles ne détiennent pas, autrement dit qu’elles fonctionnent en réserves partielles12. La mise en place d’un tel système est nécessairement liée à une inflation initiale (une hausse de l’offre de monnaie par l’impression de billets non-couverts), avec toutes les conséquences négatives habituelles (redistribution, cycles économiques, gaspillage, etc.). En outre, un système stable avec couverture à 100% des dépôts à vue, dans lequel n’importe quelle quantité de clients peuvent s’adresser à leur banque pour sortir de l’argent de leur compte (puisque les actifs de la banque correspondent à ses passifs), se retrouve converti en système instable de réserves partielles, où toute volonté un peu trop massive des clients de retirer leur argent implique une menace de déclencher l’effondrement de l’ensemble du système bancaire et financier.

La déflation, soit une réduction de l’offre de monnaie par l’élimination du produit de l’inflation originale, relève dès lors d’un retour salutaire à la normale pour le système bancaire et l’économie — à une situation de marché sans violation des droits de propriété, permettant ainsi coordination et non-gaspillage. C’est bien pour cela qu’avant la Première Guerre mondiale, même les banques centrales y recouraient, afin d’éviter l’effondrement du système bancaire. Les périodes de déflation étaient relativement brèves, et l’élimination des effets inévitables des inflations qui les précédaient était ainsi relativement rapide (voir encadré). La déflation comme baisse du crédit bancaire est donc saine et étroitement liée à la restauration du Droit — le respect de la propriété privée.

La crise économique de 1839-1843

À l’automne de 1839 une crise financière eut lieu aux États-Unis, causée par une expansion massive de l’offre de monnaie durant les années 1830, initiée par la Second Bank of the United States, qui jouissait de privilèges légaux. Du sommet du cycle économique en 1839 jusqu’à son creux en 1843, l’offre de monnaie fut contractée d’environ un tiers (34%), presqu’un quart des banques du pays s’effondrèrent (23%), y compris la Bank of the United States, et les prix de gros chutèrent de 42%. Malgré — ou plutôt grâce à — la baisse massive des prix, le PNB réel et la consommation réelles ont en fait augmenté durant cette période, respectivement de 16% et 21%. Cependant, l’investissement réel baissa durant cette période de 23%, ce qui n’était pas une mauvaise chose, puisque les malinvestissements de la précédente période de boom inflationniste devaient être liquidés. Malheureusement, la possibilité de tels épisodes bénéfiques de récupération de propriété a été oubliée à la suite de la Grande Dépression. Malgré le fait que la déflation du crédit bancaire qui se produisit de 1929 à 1933 était, relativement à l’offre de monnaie, comparable dans son impact à celle de 1839-1843, la rigidité des prix et des salaires causée par les politique de « stabilisation » des gouvernements de Hoover puis de Roosevelt empêcha la déflation de causer la nécessaire ré-allocation des ressources demandée par les propriétaires. Avec le libre échange des titres de propriété ainsi entravé, l’économie se contracta d’environ un tiers et la consommation chuta d’un cinquième durant les années 1929 à 1933.13

2.3.1. Conséquences de la lutte contre cette déflation

Si, afin de combattre cette déflation, les autorités bancaires décident d’augmenter la masse monétaire14, ceci aura pour conséquence, en plus de tous les effets délétères déjà mentionnés, de supprimer l’incitation à fournir des services bancaires honnêtes. En effet, le système de propriété privée s’en trouve corrompu, puisque, dès le moment où des clients d’une banque se rendent compte qu’elle les trompe, et pourraient réclamer leur dû, y compris par des moyens juridiques, et la pousser ainsi à la faillite, la banque centrale couvre cette activité frauduleuse par l’injection de liquidités. Naturellement, cela fait que le comportement frauduleux des banques demeure inchangé ; elles peuvent sans crainte continuer à le pratiquer.

2.4. Déflation confiscatoire

Les différentes déflations et « déflations » que nous avons vues jusqu’ici ont toujours relevé d’une réaction du marché à une évolution normale de l’économie ou d’une correction d’une inflation artificiellement générée par l’État. Il s’agissait donc de processus économiquement bénéfiques, puisqu’il était question de processus de marché (volontaires) adaptatifs, réagissant à des circonstances changées, le rôle même du marché et de son mécanisme des prix ! Il existe cependant, comme l’ont montré Rothbard et Salerno, encore un type de déflation, de nature différente. Il s’agit d’une déflation organisée par l’État, qui a pour but, en sabotant le marché et bafouant les droits de propriété, par la confiscation des liquidités, d’empêcher le résultat du précédent type de déflation (voir ci-dessus), soit le processus de rétablissement d’un système bancaire sain par la faillite des banques à réserves partielles. Cela se produit par exemple actuellement en Argentine15. Cette politique étatique a pour but d’empêcher les acteurs économiques d’user d’argent liquide, ceci afin de résoudre le problème du déséquilibre sur le marché monétaire, créé par l’inflation précédente. Une politique déflationniste active, cependant, n’est pas et ne saurait être un moyen sensé de résoudre les problèmes engendrés par l’inflation :

En réalité, l’inflation des prix n’est pas une maladie devant être combattue par l’État ; il suffit juste que l’État cesse d’augmenter la masse monétaire.16

2.4.1. Conséquences de cette déflation

Les dommages causés par l’inflation sont déjà faits et ne sauraient être corrigés par une déflation forcée. Comme déjà mentionné, l’inflation perturbe la structure des prix, entraînant gaspillages, redistributions et cycles économiques. Si l’État cesse de tenter de s’enrichir aux moyens de l’inflation au détriment de la population, l’économie s’en remettra après une phase d’ajustement où les prix atteindront à nouveau leur niveau naturel ; qui n’est plus nécessairement le même qu’auparavant !

Mais si, en revanche, l’État adopte une politique déflationniste confiscatoire, et empêche les épargnants et les entrepreneurs de découvrir les causes véritables de la politique inflationniste, il aura porté un nouveau coup à l’économie, puisque la nouvelle structure émergente des prix sera une nouvelle fois perturbée, entraînant un nouveau cycle de gaspillages et redistributions aux conséquences dommageables d’une portée considérable sur l’ensemble de la société.

Avec une déflation initiée par le marché (2.3. supra) il reste possible d’utiliser son argent (qui s’apprécie), et participer ainsi à la formation de la nouvelle structure sensée des prix. Dans le cas de la déflation initiée par l’État, en revanche, les restrictions artificielles sur l’usage de la monnaie poussent à sortir du circuit monétaire et à revenir à l’économie de troc, nécessairement moins efficace. L’économie perd alors le mécanisme qui lui aurait permis de se remettre rapidement de l’inflation, tout en devant subir une déflation artificielle faussement correctrice.

3. Conclusion

Comme nous l’avons montré dans l’analyse, une politique monétaire active, notamment « anti-déflationniste », est indéfendable du point de vue économique. Tout économiste qui tenterait de la défendre devrait en effet commencer par nier les fondements de la science économique ; il devrait déclarer quelque chose comme : « Oui, je défends une politique inflationniste, qui perturbera l’allocation des ressources par le marché et dont les conséquences nécessaires seront des gains pour les uns et des pertes pour d’autres, autrement dit une redistribution des richesses ». Il aura alors commis une comparaison interpersonnelle d’utilité, et se sera dès lors complètement discrédité en tant qu’économiste ; il devra admettre qu’il nie le résultat des interactions libres entre propriétaires légitimes, pour leur substituer sa volonté personnelle, à laquelle tous devraient se soumettre. Les raisons de son comportement ne sont pas pertinentes, l’impossibilité d’une défense économique de la redistribution par l’inflation ne saurait être rachetée par nul motif, aussi noble soit-il.

Aussi longtemps que la science économique sera bâtie sur la subjectivité de l’utilité, impossible à comparer d’une personne à l’autre, une seule conclusion s’imposera en la matière : l’inflation, y compris les politiques inflationnistes (« anti-déflation »), sont et demeurent un mal, qui entraîne un effondrement des relations économiques pacifiques et l’appauvrissement de l’économie. Des prix régulièrement en baisse sont dès lors une caractéristique définitive d’une économie prospère, dans laquelle les droits de propriété sont respectés.

Lire la première partie de cet article ici.

Sur le web

  1. Josef Šíma est professeur d’économie à l’Université de Prague et chercheur à l’Institut Libéral tchèque. Il a notamment dirigé la traduction en tchèque de nombreux livres de Mises et Rothbard et écrit plusieurs livres d’économie et de nombreux articles.
  2. À la suite de Joseph T. Salerno, « An Austrian Taxonomy of Deflation—With Applications to the U.S. », The Quarterly Journal of Austrian Economics, Vol. 6, nº 4, hiver 2003, et Murray N. Rothbard, « Deflation, Free or Compulsory », The Free Market, Vol. 9, nº 4, avril 1991.
  3. Milton Friedman et Anna Schwartz, A Monetary History of the United States: 1867–1960, Princeton University Press, 1960. pp. 94-95.
  4. N.d.T. En supposant une hausse de la productivité et une quantité monétaire réellement stable — une situation qui nous semble si inhabituelle que des salaires nominaux en baisse nous paraissent d’emblée choquants ! Mais pensons par exemple au bitcoin : un salarié payé en bitcoins il y a quelques années ne s’attendrait pas au même salaire en bitcoins aujourd’hui puisque sa demande a explosé.

    En revanche, dans un contexte inflationniste, une rigidité des salaires nominaux à la baisse n’est pas étonnante, puisqu’une baisse du salaire nominal (ou même sa stabilité !) correspond alors bien à une baisse du salaire réel, situation anormale puisque, en temps de paix et sabotage interventionniste excepté, la productivité augmente, et donc la situation normale de tout employé (ajustements sectoriels exceptés) est bien un salaire réel en hausse régulière.

    Nouvel effet de cercle vicieux, certains vont alors utiliser cette rigidité à la baisse des salaires nominaux pour défendre une politique encore plus inflationniste ; or, puisque nous sommes déjà dans un contexte inflationniste, une baisse des salaires nominaux équivaut à une baisse des salaires réels, et ne peut donc être justifiée et rendue nécessaire que par… une baisse de la productivité, elle-même causée par… la politique inflationniste. Cf. à ce propos 2.1.1 supra.

  5. Nous ne faisons ici que mentionner la problématique des cycles économiques, mais nous l’avons élaborée dans Josef Šíma, Trh v čase a prostoru, Liberální institut, Prague, 2000.
  6. N.d.T. Herbert Hoover, « Radio Address on the Hoarding of Currency », 6 mars 1932. Plus loin dans le discours, Hoover qualifie même la thésaurisation de « ennemie de la sécurité nationale » !
  7. Walter Block, Defending the Undefendable, « The Miser ».
  8. Souvenous-nous que l’économie — en tant que science wertfrei  (N.d.T. Voir cependant : François Guillaumat, « Comment prouver que l’on doit rester wertfrei ? ») — ne se préoccupe pas des objectifs des participants du marché, et donc non plus des raisons qu’ils peuvent avoir pour détenir davantage de liquidités. Il n’est cependant pas bien difficile d’identifier quelques « bonnes » raisons, d’un point de vue économique : une inquiétude sur l’avenir d’un système bancaire instable, par exemple. Voir à ce propos le cas de la Grande Dépression, Josef Šíma, Trh v čase a prostoru, op. cit., ch. 6. Par ailleurs, il est bien entendu tout à fait impossible de distinguer une demande « normale » pour les liquidités d’une « anormale » accumulation de ces mêmes liquidités.
    N.d.T. Autrement dit, il suffit d’y réfléchir un peu — c’est à dire, adopter l’approche autrichienne — pour comprendre que la « thésaurisation » est en soi un anti-concept : toute unité monétaire se trouve « thésaurisée » (par exemple dans un porte-monnaie), excepté durant les quelques secondes où elle passe d’une main à une autre (seuls brefs moments où elle peut être considérée comme étant « en circulation » au sens propre). Il n’y a donc pas de limite non-arbitraire qui permettrait de distinguer les liquidités « en circulation » de celles « thésaurisées » ; comme tout autre anti-concept arbitraire, naturellement, c’est bien là son avantage, justement, pour les démagogues comme Hoover : accusation vague idéale pour désigner, à leur discrétion, les boucs émissaires du moment.
    À noter que la même critique vaut également pour l’anti-concept de « vélocité » de la monnaie, et l’ensemble de la théorie monétaire pour le moins « fishy » de Fisher.
  9. Il faut comprendre que la « stabilité » d’un certain « indice général des prix » ne garantit en rien que les prix seront bel et bien stables dans un secteur donné de l’économie.
  10. N.d.T. À noter que la problématique est ici décrite de manière similaire que les banques détiennent des réserves sous forme d’or ou sous forme de monnaie de banque centrale (MB). Ce problème-là, en effet, ne se poserait pas dès le moment que les banques ont nécessairement des réserves de 100% (d’or ou de monnaie de banque centrale). Cependant, si ces réserves ne sont que de la monnaie de banque centrale, et si cette banque centrale elle-même n’est pas couverte à 100% par des actifs solides tels que l’or, alors le vrai problème de fond (l’instabilité monétaire) n’est que déplacé. Voir à ce propos Liberpédia, Monnaie pleine.
  11. Comme l’affirme par exemple Revenda : « Il n’y a tout simplement pas assez d’or pour couvrir le volume toujours croissant de monnaie dans l’économie ». Zbyněk Revenda, Centrální bankovnictví, Prague, Management Press, 2000, p. 704.
  12. Cette situation est comparable à celle d’une personne qui laisserait sa valise dans une consigne à la gare (valise standard identique à celle de tous les autres voyageurs), contre un reçu où il serait indiqué que la consigne s’engage à restituer la valise immédiatement sur demande ; cependant, le propriétaire de la consigne décide alors de s’enrichir indûment en émettant et vendant davantage de « reçus » qu’il n’a de valises (il fonctionne en réserves fractionnaires) et en espérant ensuite que tous ses clients ne se présenteront pas tous en même temps, car son arnaque serait alors découverte. Même si un professeur spécialisé dans l’économie des consignes de gare modernes, fonctionnant en réserves partielles, écrivait alors que « il n’y a tout simplement pas assez de valises pour couvrir le volume toujours croissant de reçus dans l’économie », il serait évident pour tous que le problème ne se trouve pas dans la faible quantité de valises, mais bien dans l’existence des faux reçus créées trompeusement.
  13. Joseph T. Salerno, « An Austrian Taxonomy of Deflation—With Applications to the U.S. », op. cit., pp. 87.
  14. N.d.T Afin de « renflouer les banques ». Les banques centrales introduisent alors un « aléa moral ». Un exemple flagrant a été fourni en Suisse par le « sauvetage » d’UBS, cf. Jan Krepelka, « Les plans de relance” aggravent les récessions », Le Temps, 16 janvier 2009.
  15. Voir à ce propos Joseph T. Salerno « Confiscatory Deflation: The Case of Argentina », 12 février 2002.
  16. Murray N. Rothbard, « Deflation, Free or Compulsory », The Free Market, Vol. 9, nº 4, avril 1991