EDF et le filon de la transition énergétique

Les énergies renouvelables sont-elle viables sans subventions de l’État ?

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Olivier Durand-EDF(CC BY-NC-ND 2.0)

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EDF et le filon de la transition énergétique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 décembre 2015
- A +

Par Michel Gay

Olivier Durand-EDF(CC BY-NC-ND 2.0)
Olivier Durand-EDF(CC BY-NC-ND 2.0)

 

Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, déclare le 4 décembre 2015 dans « Vivre EDF l’Hebdo » :

« Il faut reléguer aux oubliettes le vieux débat sur l’énergie, focalisé sur l’antagonisme supposé du nucléaire et des renouvelables. Ce vieux débat n’a déjà plus lieu d’être en Asie. Il faut partout changer de logiciel, passer de l’antagonisme à la complémentarité. C’est pourquoi le projet CAP 2030 veut accélérer le déploiement des énergies renouvelables en doublant les capacités installées du Groupe dans le monde ».

Quant à l’étude de l’ADEME qui imagine qu’en 2050, l’électricité pourrait être d’origine 100 % renouvelable :

« Bien sûr, cela serait formidable si tous les pays pouvaient avoir 100 % d’énergies renouvelables. Aujourd’hui, il n’y a que quelques régions où c’est envisageable, où il y a beaucoup d’eau, beaucoup de vent » …

Le PDG d’EDF oublie d’évoquer une exigence de stockage immense, sans laquelle aucun système électrique ne peut fonctionner durablement de manière autonome.

Depuis la promulgation de la loi Cochet, au début des années 2000, EDF obéit à une politique énergétique partisane de sa tutelle, l’État ; cette politique est axée sur la promotion du renouvelable et sur un moratoire, plus ou moins larvé, du nucléaire.

L’entreprise EDF s’est laissé enfermer dans un piège diabolique, sournoisement tendu par une politique énergétique inique menée depuis quinze ans par les gouvernements successifs. Le PDG d’EDF est alors placé devant un dilemme :

  • soit il continue à regarder ses comptes malmenés par une obligation d’achat, hors de prix, de l’électricité renouvelable (cette obligation n’a jamais été complètement compensée par la ressource de la taxe CSPE1 ajoutée sur la facture d’électricité des Français),
  • soit il s’invite aux agapes du juteux marché des renouvelables créé par l’État sur le dos de ses administrés et des consommateurs d’électricité.

Le choix d’EDF de céder à la tentation de « tondre la laine » sur le dos des Français en récupérant des subventions généreusement accordées est compréhensible.

Dans aucun pays au monde, la viabilité économique de l’éolien et du photovoltaïque ne peut se passer de subventions des États lorsqu’ils sont en concurrence avec les moyens classiques de production d’électricité.

La représentation nationale devrait alors poser d’urgence les questions suivantes au PDG d’EDF, qui lui doit des comptes :

  • Quels arguments scientifiques, technologiques et économiques possédez-vous pour affirmer qu’un jour le renouvelable sera rentable sans subventions ?
  • Quand la compétitivité de l’éolien et du photovoltaïque, sans assistance d’État, sera-t-elle une réalité ?
  • Pensez-vous que les peuples et leurs gouvernants finiront par se lasser d’attendre cette réalité, et d’en payer indéfiniment le prix exorbitant ?
  • Enfin, qu’adviendra-t-il au groupe industriel EDF ENR si la non-compétitivité de l’éolien et du photovoltaïque industriels était définitivement avérée ?

Ce qu’il adviendrait alors n’est pas difficile à imaginer. Des fonctionnaires statutaires et des élus remembreront une industrie sinistrée, comme on remembre le cadastre, et ils géreront dans l’urgence, une fois de plus, les transferts de patrimoines qui s’imposeront, tandis que les Français se demanderont, comme toujours : « comment a-t-on pu en arriver là ? »

  1.  CSPE : Contribution au service public de l’électricité
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  • Les énergies renouvelables sont-elle viables sans subventions de l’État ? NON.

    Si ces subventions étaient supprimées, les promoteurs qui bénéficient d’avantages déraisonnables, offerts par nos gouvernants incompétents, s’envoleraient au loin comme une volée de moineaux…

  • il y aurait une question à se poser , c’est commet imaginer mettre en place des énergies renouvelables sans utiliser d’energie fossile , on l’a fait avec les moulin à eau ou les moulins à vent, mais aurait on pu imaginer une voie de développement aboutissant à une société à la prospérité comparable à la notre sans utiliser de fossile???
    Mais je veux surtout faire le procès de l’ingratitude des gens vis à vis des énergies fossiles ..

  • Le solaire sert surtout à remplacer les subventions européennes par une augmentation du prix de l’électricité a de nombreux agriculteurs. Du moins chez moi, en Alsace.
    Pas d’augmentation d’impôts, donc…

  • Biensûr que les énergies renouvelables sont viables sans aides de l’état.
    -Par exemple, cela fait plus de 10ans qu’Enercoop vend de l’électricité 100% renouvelable (Hydrolique, Eolien, Solaire, Biomasse…)sans augmentation de prix… N’en déplaise à M. GAY
    -Il me semble que le nucléaire est un gouffre lui aussi subventionné par l’Etat (Je suis aux premières loges du chantier EPR, je sais de quoi je parle malheureusement…), sans compter les coûts considérables de rafistolages de nos vieillissantes centrales à travers la France entière…
    Vive les énergies vertes, respectueuses de l’environnement, et les milliers d’emplois créés grâce à notre tardive transition énergétique!

    N’oublions pas les fondamentaux, avant de se lancer dans d’interminables débats:
    « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ! » (A. LAVOISIER)

    • @Jixo
      « Biensûr que les énergies renouvelables sont viables sans aides de l’état. »

      Pourquoi alors la CSPE ?

      « -Il me semble que le nucléaire est un gouffre lui aussi (…) »

      Tiens c’est quand même un gouffre les ENR ? Faudrait savoir.

      « (…) je sais de quoi je parle malheureusement… »

      Pas si sur, en fait …

      et j’attends avec impatience le détail de tous ces couts …

  • Les commentaires sont fermés.

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