Islamisme et vote FN : le double échec de l’Éducation nationale

FN et Islamisme : deux preuves de l’échec à transmettre les valeurs de la république.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Bonnet d'âne - Photo : Sylvain Masson - Modèle : Clem - via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Islamisme et vote FN : le double échec de l’Éducation nationale

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 décembre 2015
- A +

Par Jean-Baptiste Noé.

Bonnet d'âne - Photo : Sylvain Masson - Modèle : Clem - via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
Bonnet d’âne – Photo : Sylvain Masson – Modèle : Clem – via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Entre les attentats du 13 novembre et le vote aux régionales, ce sont deux échecs majeurs que connaît l’Éducation nationale : celui de l’incapacité à former des républicains et à former la jeunesse. Les deux événements ne sont pas à mettre sur le même plan, bien sûr, mais ils témoignent tous deux de la faillite d’une institution qui tourne désormais dans le vide. Mi-novembre, la France constatait que de jeunes Français âgés d’une vingtaine d’années, qui avaient donc passé entre 10 et 13 ans sur les bancs de l’école, recevant en partage le lait républicain de la laïcité, de l’égalité et du vivre-ensemble, avaient sombré dans l’islamisme, se formant au djihad et attaquant des jeunes du même âge qu’eux ; qu’ils avaient peut-être même côtoyés à l’école. C’est, incontestablement, un échec de l’école républicaine, telle qu’elle se pense, et telle qu’elle s’imagine, dans ses fonctions de formation des consciences.

Deuxième échec, le vote aux élections régionales. Les votants ont accordé un large suffrage au FN ; or, les enquêtes d’opinion le démontrent, les jeunes votent en grande partie pour ce mouvement. Déjà, lors de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait capté davantage de voix des jeunes (18-25 ans) que François Hollande. Voilà donc de frais émoulus citoyens qui, pendant au moins dix ans, ont eu des professeurs dont l’orientation idéologique allait, sauf exception, de la gauche à l’extrême-gauche, qui leur ont répété ad nauseam que le FN était le diable, qu’il menaçait les valeurs de la République, qu’il abîmait la France, et qui, sitôt leur carte d’électeur en main, votent pour ce parti qu’on leur a enjoint de détester. Les professeurs qui s’imaginent encore en hussard noir de la République devraient prendre cela pour un échec personnel. Si les résultats au bac augmentent, si les programmes sont appliqués avec rigueur, l’Éducation nationale échoue dans son rôle principal, qui consiste à produire des républicains. La personne qui occupe le ministère actuellement devrait s’en préoccuper grandement.

fn djihad rené le honzecIl y a trois façons d’interpréter ce vote si contraire à tout le formatage que les élèves ont reçu. Certains pourront y voir un acte de rébellion contre l’autorité et une transgression de l’interdit, si plaisant quand on est jeune. D’autres pourront se demander si le vide des programmes et le nihilisme culturel qu’on leur dispense ne rend pas ces citoyens vulnérables aux discours populistes. D’autre encore pourront interpréter cela comme un acte de revanche contre des politiques qui ont refusé que l’école soit le lieu de la transmission des savoirs et de la formation de l’esprit. Quel crédit accorder aux hommes politiques de droite et de gauche qui se satisfont de la déliquescence de l’école et qui n’ont, comme ultime solution, que les plans numériques à la bouche et la pédagogie inversée ? Des jeunes tuent politiquement ceux qui ont voulu les tuer culturellement.

Le suicide de la jeunesse

Troisième échec de l’Éducation nationale, le nombre très élevé de suicides chez les jeunes. D’après les statistiques du ministère de la Santé, c’est la première cause de mortalité dans cette catégorie d’âge. C’est probablement ce qu’il y a de plus inquiétant pour l’avenir du pays et la survie de la nation. Le même ministère explique clairement, sur sa page internet consacrée aux suicides chez les Français, que ceux-ci tuent trois fois plus que les accidents de la route. Un chiffre impressionnant qui amène alors à se demander pourquoi le gouvernement met tant de moyens à lutter contre la violence routière, et quasiment aucun à empêcher les suicides. De même, comment croire que l’Éducation nationale n’a pas une part de responsabilité dans ce suicide de la jeunesse.

Un nihilisme dévastateur

Si les attentats du 13 novembre et les élections régionales ne sont pas à situer sur le même plan, ils ont en revanche un élément en commun : celui de s’inscrire dans une séquence de dévoilement de la faillite de l’école républicaine. Puisque la fonction première de celle-ci n’est pas de transmettre des savoirs ni de former des intelligences mais de diffuser une idéologie chez ses élèves (l’école comme séminaire de la république disait Gambetta), alors nous constatons que celle-ci a échoué dans ce rôle. Le nihilisme qu’elle inculque et qu’elle produit amène là-bas à se perdre dans le djihadisme, ici à se fourvoyer dans l’extrémisme et là à se tuer par le suicide. Des raisons supplémentaires d’en finir avec ce système en rétablissant la liberté scolaire et en favorisant les écoles libres.

Sur le web

Lire sur Contrepoints notre rubrique école et éducation

Voir les commentaires (24)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • Je suis impressionné par les enseignements et généralités sortis de deux événements.

    Une analyse gagne en fiabillité en prenant un peu de hauteur…
    – une poignée de jeune, quelques centaines en élargissant aux fans du djihâd … Sur aller, 10 millions…
    – 1/3 des 1/3 des 85% des 18-30 ans inscrits sur les listes électorales, qui votent, et bien votent FN, soit une 10% au mieux… Le reste n’est qu extrapolation.

    Alors si je suis bien d’accord sur la déliquescence de notre système éducatif , ce n’est certainement pas pour les raisons que vous sortez du chapeau.

    • C’est un peu mon sentiment aussi après avoir lu l’article.

      Le paragraphe sur le suicide par exemple. Les jeunes se suicideraient à cause de l’EdNat ? Soyons sérieux… Les ado se suicident parce qu’ils sont ados, c’est ce que font les ados. C’est partout ainsi, ne tirons pas plus que nécessaire sur l’ambulance.

  • On dirait un article écris par Peillon ! Que l’EdNat se contente d’apprendre les fondamentaux : lire, écrire compter. Aux familles d’enseigner les valeurs morales. Donc mettre sur le dos de l’EdNat le terrorisme,les suicides et le vote frontiste c’est lui demander de faire de l’endoctrinement plutôt que de l’enseignement.

  • Nous fêtons pratiquement les 150 ans du holdup de l’éducation par les socialistes (la nationalisation de l’école primaire par Jules Ferry)

    Cette machine à niveler par le bas a très bien fonctionné dans sa production de bons petits soldats du socialisme : chair à canon en 1914, électeurs du front populaire en 1936, patriotes au cœur serré de 1940, sauveurs du monde au petit livre rouge en 1968 …

    Et on s’étonne qu’elle produise encore et toujours des machines à porter la violence, la haine de l’autre, le manque d’ambition, l’arrogance et le manichéisme totalitaire ?

    Vulgarisation -> Simplisme -> Manichéisme -> Sectarisme -> Arrogance -> Paranoïa -> Violence

  • Ce qui doit interpeller, c’est le nombre de jeunes qui, sans verser dans la violence, approuvent le combat des islamistes. Et le nombre de jeunes qui votent FN qui, même s’il est relativement faible, est plus important que dans la population plus âgée.
    On ne peut pas assimiler les uns aux autres. Mais la cause commune est peut-être la décrédibilisation des adultes: ces jeunes-là n’ont pas confiance dans la société qui les héberge mais ne les intègre pas.
    Et ils n’ont pas confiance parce qu’on leur a menti.
    On leur menti aux jeunes en leur disant que l’école leur permettrait de s’insérer dans la société alors qu’en même temps, on ne leur donnait plus les fondements de la culture qui forgent le jugement, tout en revalorisant artificiellement les notes des examens.
    On leur a menti en leur laissant croire que dans la vie on a des droits, voire que tout est dû, alors que l’effort de chacun est nécessaire à son accomplissement personnel et au progrès de la société. On a mis « l’élève au centre du système éducatif » alors que le but de toute éducation est de décentrer l’enfant de « l’élever », pour qu’il aille au-delà de lui-même pour rejoindre la société préexistante. Ce n’est pas en disant aux enseignants qu’ils n’ont rien à transmettre que l’on peut atteindre ce but.
    On a écarté volontairement les parents, on les a même discrédités en bourrant le crâne des élèves de notions abstraites et absconses qui les dépassaient.
    Ceux qui s’en sortent sont ceux dont la famille, envers et contre tout, a maintenu des exigences et a valorisé l’effort nécessaires aux buts que l’on veut atteindre.
    Si l’école avait conservé comme finalité l’instruction, au lieu de se mettre à vouloir réduire les inégalités, elle aurait par surcroît formé des républicains.
    La confiance est le socle fondamental de toute éducation. J’entendais hier que l’on allait faire des exercices de survie dans les écoles en disant aux plus jeunes que c’était pour prévenir un risque de tempête. Comme si les élèves n’écoutaient pas les infos… Comment peuvent-ils s’appuyer sur des adultes qui leur mentent?
    On ne oeut que souscrire à la conclusion de cet article: on ne débarrassera pas l’EN de sitôt de ses idéologues. L’autonomie est donc la seule solution.

  • Attention à ce genre de comparaison mis en exergue par le titre.
    L’info de départ est: « les moins de 35 ans votent à 30% FN au lieu de 25% moyen »
    On ignore la sociologie de ces moins de 35 ans.
    En termes de chiffres la comparaison est curieuse. D’un côté ce complément de vote FN touche à la louche quelques centaines de milliers de personnes (cette tranche faisant environ 1 700 000 voix) alors que les djiadistes sont quelques milliers.
    Vous prétendez que c’est un échec de l’éducation nationale.
    Ce qui veut dire que dans votre pensée l’éducation nationale devrait inculquer des modes de pensées.
    Donc ne pas apprendre à raisonner (j’ajoute sainement c’est à dire en identifiant correctement les problèmes, et je rajoute de manière pragmatique sans idéologie)
    Et donc les écoles libres devraient faire de même.
    Vous êtes peut-être vous même un pur produit de cette école.

  • Article d’un niveau douteux. Oui, une bonne partie des 18-25 ans votant, votent FN. Vous passez juste à côté du plus gros point: en majorité les 18-25 ans ne votent tout simplement pas. Le gros des voix FN est donc bel et bien composé de personnes de +25 ans. Des gens peut être de votre génération donc, difficile dans ce cas de mettre sur le compte de l’edNat l’augmentation du nombre de votant FN ces 20 dernières années, sachant que l’edNat forme surtout des non-votants. Le désaveu des politiques en place est global et intergenerationnel.

  • « se fourvoyer dans l’extrémisme »

    L’extrémisme ou la radicalité ?
    Il y a des idéologies extrêmes que les politiques vont appliquer plus ou moins, et il y a des gens qui vont voter pour l’application totale des idéologies promises par les politiques.

    Comme le disait Paracelse, tout est dans la mesure…

  • Rien de mieux en effet qu’une école libre pour appliquer la propagande du régime…

  • Je ne demande pas à l’instituteur et au professeur de l’école laïque de faire de mon enfant un parfait républicain. Je leur demande seulement de lui inculquer une érudition pluraliste et un esprit critique qui lui permettent de devenir parfaitement ce qu’il est, c’est-à-dire – si tel est son tempérament – un ennemi de la république.

  • mouais…faut pas pousser la mémé dans les orties !
    vous demandez beaucoup trop à « l’éducation » nationale.

    D’ailleurs, le tord est partagé par cette dernière qui justement ,ambitionne « d’éduquer » au lieu « d’enseigner » les bases nécessaires à une saine autonomie et à l’esprit critique.

  • Rien que le sous-titre !
    « les valeurs de la république ». Ce n’est pas à l’école de transmettre des valeurs, quelles qu’elles soient. Point.

    • Oui et je me demande si l’auteur s’est relu :

      l’Éducation nationale échoue dans son rôle principal, qui consiste à produire des républicains…

      et queques lignes plus loin…

      Puisque la fonction première de celle-ci n’est pas de transmettre des savoirs ni de former des intelligences mais de diffuser une idéologie chez ses élèves…

      Faudrait savoir !

  • Comme si l’islamisme était imputable à l’Éduc Nat ! N’importe quoi, sortez un peu de chez vous franchement.

    Sinon, je ne vois pas en quoi le vote FN serait plus mauvais qu’un autre des partis socialistes qu’il nous est permis de choisir à chacune des élections.

  • Un jour viendra où l’enseignement se fera uniquement par internet et webcam . Que les gauchos se rassurent , le propre du jeune est d’avoir beaucoup de copains , qui ont eux-même beaucoup de copains et tout ce petit monde fera beaucoup de relations . La socialisation de la jeunesse n’est donc pas menacée ( on se fait même de nouveau copains par facebook maintenant , il suffit de partager les même centres d’intérêt ) , et il n’ y a plus besoin de l’école pour ladite socialisation .
    Avantages :
    – Les gosses n’ont plus à être mélangés de force avec des gamins ou ados délinquants , violents et qui rackettent
    -Plus à se casser la tête pour contourner la carte scolaire
    -Le nivellement se refera par le haut car il n’y aura plus de perturbateurs pour freiner les cours , ceux qui ne veulent pas apprendre ne se connecteront pas aux cours et donc resteront bêtes : nous sommes un pays de liberté, c’est leur choix !
    -Cela coûtera beaucoup moins chers car moins d’infrastructure et de frais de fonctionnement ,moins de vandalisme ,donc réduction drastique d’impôts !
    -L’obtention des diplômes sera toujours le résultat final du suivi vérifié des cours et d’examens
    -Les cours par correspondance existent bien , alors pourquoi le télé-enseignement .
    -C’est tout simplement l’avenir et je le répète : ça coûtera nettement moins cher

  • Cet article est franchement médiocre, pratiquant l’amalgame à outrance.
    Ce qui est le plus insupportable, c’est la mission que l’auteur attribue à l’école, qui supplanterait le milieu social et familial ( 80 % du temps de vie éveillée !).
    Et une fois de plus de nous parler de culture.
    Enfin, on ne peut pas parler de suicide sans points de références internationaux.

  • Dans une democratie l’école n’a pas vocation à formater les élèves mais seulement à les instruire.

  • Il y a une autre explication au vote des jeunes pour le FN, c’est que le « vivre ensemble », ils l’ont bien connu dans leurs établissements scolaires, ils sont vaccinés.

    Par ailleurs, les histoires de la seconde guerre mondiale entre l’oncle Martin qui aimait les tommies et l’oncle Gaston qui aimait les teutons, c’est pour eux du vieux, du poussiéreux et cela va bientôt rejoindre les guerres entre Armagnac et Bourguignon s’ils jamais ils les ont apprises (?) à l’école. La génération de 39/45 disparaît vitesse grand V et va bientôt rejoindre celle de ses parents de 14/18 dans la paix du cimetière.
    C’est plus facile maintenant de réinventer leur Histoire, mais les jeunes s’en foutent, j’allais dire comme de l’an quarante.
    Ils ont bien d’autres problèmes et ressentent des menaces réelles qui ne sont plus celles de mes parents (tonton Adolf), ni celle de ma génération baby-boom attendant une III° guerre mondiale en montant la garde sur les frontières de l’Est http://quelqueshistoires.centerblog.net/1837263-«-La-3eme-guerre-mondiale-»-Sir-John-Hackett.

    Bref, ils ont leurs soucis et ils nous disent merci du fond du coeur à nous les baby-boomers pour notre gestion avisée et la France que nous allons leur laisser.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Lorsque les premiers jeunes réfugiés ukrainiens arrivèrent en France au début du mois d'avril, ce fut une véritable surprise pour leurs petits camarades français qui les accueillirent dans leurs écoles : leur niveau en mathématiques était notoirement meilleur que le leur et certains professeurs de notre Édulcolration Nationale s'en ouvrirent abondamment dans la presse.

Eh oui : apparemment, en Ukraine, les élèves ne lambinaient pas trop sur les exercices simples de mathématiques. Les opérations de base en arithmétique, y compris sur le... Poursuivre la lecture

Les épreuves de spécialités du baccalauréat 2022 qui se sont tenues il y a une dizaine de jours ont ramené la question de l’enseignement des mathématiques et des sciences sur le devant de la scène éducative.

Si vous vous souvenez, au début de l’année, les sociétés savantes de mathématiques s’étaient alarmées du fait qu’au nouveau lycée, seuls 59 % des élèves de terminale générale suivaient un enseignement de maths contre 90 % avant la réforme du lycée de 2019. À peu près au même moment, le Medef réclamait d’urgence une réintroduction m... Poursuivre la lecture

Par Armand Lépiers, lycéen.

Il s'agit d'un secret de polichinelle, le niveau des élèves français est désormais faible. Selon les derniers classements PISA nous nous hissons péniblement au-dessus de la moyenne des résultats des pays de l'OCDE et à peu près au même niveau que le Portugal...

Cependant, les gouvernements successifs ne cessent de nous seriner que tout va bien, que le constat de la chute du niveau est une esbroufe tantôt réactionnaire tantôt élitiste (souvent les deux) et que nous devrions dormir tranquilles, la relèv... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles