En attendant la Loi Santé, et si on dénigrait les médecins ?

Marisol Touraine - Crédit photo Photo Mathieu Delmestre - Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

À quelques jours du vote de la Loi Santé, la stratégie pour la faire adopter serait-elle de monter les patients contre leurs médecins ?

Par Phoebe Ann Moses

Marisol Touraine - Crédit photo Photo Mathieu Delmestre - Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)
Marisol Touraine – Crédit photo Photo Mathieu Delmestre – Parti Socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

 

La Loi Santé repassera devant l’Assemblée Nationale à la mi-novembre. En attendant le vote fatidique, curieusement, plusieurs informations « sortent » dans les médias, et Marisol Touraine, que l’on n’avait plus entendue depuis quelques mois, sort de son silence. Pour, encore une fois, dénigrer les médecins et les chirurgiens.

Le fameux toucher vaginal sur les patientes endormies refait la une et ce n’est pas un hasard : pour bien monter les patients contre leurs médecins, quoi de mieux que leur faire avaler qu’ils sont des pigeons, ou plutôt des cobayes, quand ils sont au bloc opératoire ? Par la même occasion, si ces patients très remontés pouvaient prendre parti contre le corps médical lors des derniers débats sur la Loi de Santé, on ferait d’une pierre deux coups.

Marisol Touraine, qui sait si bien s’offusquer dès qu’on évoque l’anatomie de la partie inférieure du corps humain, a repris son cheval de bataille : les médecins profiteraient d’une situation de vulnérabilité des patientes endormies, pour les tripoter. Enfin, elle ne dit pas « tripoter », bien sûr, mais l’idée est bien là : en une circonstance précise (au bloc opératoire), celui qui a le savoir et le pouvoir (forcément, on est endormi !), aurait des gestes inappropriés.

Il faudrait, encore une fois hélas, rappeler à Marisol Touraine qu’en CHU, les futurs médecins sont en train d’apprendre leur métier et que, comme il ne s’agit pas d’un emploi de bureau qui consiste à tenir un stylo, ils mettent parfois leurs doigts là où potentiellement plus tard, dans le cadre de leur pratique, ils risquent de découvrir un problème de santé. Il faudrait rappeler à Marisol Touraine, que si des mannequins existent pour s’entraîner, cela ne remplace jamais le vivant. Que toucher le corps humain ne veut pas dire qu’on est pervers.

Avec une telle suspicion qu’on laisse volontairement planer sur le corps médical, aucune femme n’acceptera plus de laisser un médecin palper ses seins à la recherche du nodule fatal, au cas où ce serait un geste déplacé. Mais au moins l’honneur sera sauf. On mourra, mais dans le respect de la personne.

Remarquez aussi que dans la même semaine, il a été question des arrêts de travail qui, lorsqu’ils sont « trop » longs, entraînent des difficultés pour le patient à réintégrer son entreprise, ou même à retrouver du travail. Mais qui fait donc les arrêts de travail ?

Nos médecins sont donc dans le collimateur du ministère, qui pointe vers eux son doigt accusateur. En tout bien tout honneur, bien entendu.

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