Quelle responsabilité sociale pour les startups ?

La taille des startups ne devrait pas constituer une entrave à l’adoption d’une stratégie RSE.

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Quelle responsabilité sociale pour les startups ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 octobre 2015
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Par Romain Wolberg.

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Les startups font rêver les pouvoirs publics pour l’innovation et les emplois qu’elles pourraient apporter. La mythologie Google, Facebook, Snapchat… est puissante et pourtant le décalage entre ces rêves et la réalité est grand, en particulier en France.

Selon le dictionnaire Larousse, la startup ou jeune pousse « est définie comme étant une jeune entreprise innovante dans le secteur des nouvelles technologies ».

Ainsi, les startups françaises sont de jeunes entreprises à fort potentiel de croissance. Cependant dès l’amorçage elles sont confrontées à des impératifs de rentabilité à très court terme, « le taux de survie à cinq ans de ces entreprises n’est que de 38,7% en 2013 », selon Frank Lasch.

De plus, le financement des startups reste une étape, qu’un petit nombre d’entrepreneurs parvient à surmonter, car les investissements moyens en France restent très inférieurs à ce qu’ils sont aux États-Unis. De même, les fonds d’amorçage publics montent en puissance mais ils restent centrés sur des investissements dans des sociétés de plus grande taille.

D’un autre côté, l’intérêt pour le concept de responsabilité sociale s’est fortement accru aux cours de ces dernières années, constituant pour les entreprises plusieurs axes stratégiques clés de développement sur le long terme.

C’est une notion assez récente puisque le terme de « responsabilité » est introduit en 1783 dans la langue française signifiant « qu’une personne ne devait s’en prendre qu’à elle-même pour ce qui lui arrivait dans l’existence ». En 1979, dans son œuvre principale, Le principe responsabilité1le philosophe Hans Jonas écrit : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre et qu’ils ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie. »

Aujourd’hui le concept s’est démocratisé et fait partie intégrante du business plan des entreprises d’après la commission de l’union européenne : « la responsabilité sociale de l’entreprise est l’intégration par les entreprises des préoccupations sociales à leurs activités comme à leurs relations avec les parties prenantes ».

On distingue deux courants de pensée : d’un côté les optimistes qui soulignent les bénéfices apportés par la RSE pour les entreprises et de l’autre les détracteurs qui remettent en cause la légitimité de ces pratiques.

Pour H.A Simon, « la RSE fonde ses discours partiels marquant le triomphe de l’activité communicationnelle » ; pour ce chercheur en management, prix Nobel d’économie, la responsabilité sociale de l’entreprise se rapproche davantage d’un discours de communication plutôt que d’une pratique réelle.

Cependant si en 2013, d’après le journal Les Échos, « les fonds d’investissements dits responsables gèrent 13000 milliards de dollars, dont 49% en Europe», cela prouve que les politiques de responsabilité sociale présentent de nombreux avantages pour les entreprises, et ce à tous les niveaux. En effet, les bénéfices perçus sont multiples : économies en matière de gestion des ressources, instauration de relations de confiance avec les parties prenantes. Cela permet aussi de stimuler l’innovation managériale et technologique et enfin d’acquérir des avantages concurrentiels sur le plan national et international.

De ce fait, la taille de l’entreprise ne devrait pas constituer une entrave à l’adoption d’une stratégie RSE.

Les startups qui sont sources de créativité, de dynamisme et de création d’emplois ne peuvent plus exister hors de ces préoccupations : elles représentent le potentiel de croissance de l’activité économique et sociale de demain et la mise en place d’une stratégie RSE est aujourd’hui plus que jamais un levier de différentiation vertueux pour gagner sur les marchés concurrentiels.

  1. Tchankam Jean-Paul, Estay Christophe : « La pratique de la responsabilité sociale et ses implications dans l’entreprise ».
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  • Sans vouloir vous offenser, je me demande bien de quoi vous parlez.
    Utiliser la Commission Européenne pour justifier d’un concept « économique » est au mieux rigolo, au pire grotesque. Il s’agit d’une entité dont la spécialité est la création de normes destinées à promouvoir les intérêts des uns au détriment des autres. L’économie, ils n’ont aucune idée de ce que cela peut bien être, et leur ignorance en la matière n’a d’ailleurs aucun impact sur leurs décisions. Ne parlons même pas de vertu.
    Citer ensuite les « fonds responsables » afin de justifier de la réalité d’un avantage économique propre est là encore totalement déconnecté de la réalité. Cela représente au mieux une segmentation marketing, entre autre lié à l’introduction du concept et au soutien particulier dont il bénéficie via une législation ad hoc. En d’autres termes, en spoliant encore les uns au profit des autres via l’impôt et la réglementation.
    Enfin, que « les startups qui sont sources de créativité, de dynamisme et de création d’emplois ne peuvent plus exister hors de ces préoccupations » ne veut simplement rien dire. Les entreprises font ce qu’elles veulent (ou ce qu’elles peuvent). On peine à comprendre la qualité du lien de causalité sous-entendu. Elles ne peuvent ignorer ces préoccupations à quel titre? Au titre d’une coercition de l’état? Parce qu’au delà de ça, le reste n’a aucun impact sauf à dire qu’on mène une politique RSE.

    Tout ce type de discours, à mon sens particulièrement anti libéral, revient derrière des concepts fumeux à imposer l’immixtion au sein des processus décisionnel des entreprises de forces et d’intérêts qui n’ont rien à y faire. Imposé par la puissance publique. Si c’était si « rentable », nul besoin ne se ferait sentir de le favoriser. D’ailleurs, les premiers à avoir mis en place ce type de programme sont des entreprises bénéficiaires de rentes sous contrôle de l’état ou sous son privilège; donc hors cadre concurrentiel classique.
    C’est quoi les parties prenantes? C’est quoi les « préoccupations sociales » dont vous parlez?
    Si le positionnement de l’entreprise ne convient pas aux clients, qu’ils n’achètent pas ses produits. Si les actionnaires ne sont pas satisfaits d’une méthode ou d’une politique, qu’ils la changent. Si des tiers sont négativement impactés (la liste des possibles est infinie) qu’ils estent en justice et utilisent l’état de droit.
    De son côté l’entreprise, et ses dirigeants, ne peuvent ignorer le coût de toutes ses possibles réactions. C’est de la bonne gestion. Pas du militantisme.
    Quant au réel, qu’en est-il? Permettez moi cette simple réflexion de terrain: si vous étiez à la tête d’une entreprise, vous vous apercevriez rapidement que la taille comme vous dites impose un tel luxe de précautions dans la gestion des ressources et donc des priorités telle que votre propos en est totalement désincarné.
    Le concept de start-up est en partie responsable de ce biais de perception car les plus médiatiques d’entre elles se contentent de bruler du cash pendant des années sans aucune rentabilité. Prendre un ascendant sur un marché via la domination capitalistique est une chose. En faire un modèle de réussite en est une autre.

    Aux US, les entreprises peuvent financer la politique; droit d’expression (1er amendement) et perversion des concepts constitutionnels par la Cour Suprême sous influence obligent. De plus en plus, telle ou telle entreprise se déclare défendre ou promouvoir tel ou tel agenda politique, social, moral etc. A quel titre?
    La définition des « parties prenantes » pour reprendre l’expression de la CE se limiterait-elle aux groupes représentatifs dont elle s’est fait une spécialité? Et les autres?
    Ne comprenons-nous pas qu’à force de permettre le développement et la généralisation à tous les espaces de la société de cette représentativité forcée, avec son lit d’obligés et de professionnels de l’activisme bien compris, nous errons vers loin de la démocratie? Ne voyons-nous pas que ces tamis de la pensée et du comportement sont des armes non pas de cohésion par l’échange mais d’imposition de ces mêmes pensées et comportements?
    Rappelez-vous de quelle manière tous ces organes de pouvoir se créent leur pré-carré: ils s’accaparent des ressources au nom de tel ou tel motif, puis les redistribuent (moins leur très faible obole) aux méritants mettant en oeuvre la politique qu’ils ont déterminée. Cela vaut pour les acteurs privés et publics. Ils n’interdisent qu’en dernière ressource. Ce n’est pas la peine et contreproductif pour eux.

  • Tout nom commun qualifié par l’adjectif « social » est perverti et perd son sens commun pour devenir un mensonge au service de la propagande collectiviste.

    Responsabilité sociale
    Sécurité sociale
    Justice sociale
    Assistant social
    Economie sociale et solidaire (ici, le mensonge est tellement gros qu’il nécessite une double dose pour le dissimuler)
    etc.

  • Je trouve votre raisonnement assez réducteur, nous vivons aujourd’hui la mondialisation, la société a de nouvelles exigences, les individus recherchent un meilleur équilibre dans leur vie et du sens à leurs actions. Ignorer la RSE est dangereux, à terme, pour une entreprise, car « gouverner, c’est prévoir », c’est-à-dire envisager le long terme, le développement dans la durée, s’adapter aux évolutions, anticiper, innover. Aujourd’hui d’après plusieurs études, 74 % des chefs d’entreprises estiment que ces enjeux ont nettement modifié ou vont nettement modifier le modèle économique de leur société. Le virage est pris, et il est irréversible !

    La RSE est susceptible d’accroitre les performances commerciales et financières de l’entreprise, de réduire à terme les risques et les incertitudes, et de renforcer la compétitivité et la qualité totale. La prévention des risques psychosociaux et des risques environnementaux s’appuie également sur une vision orientée RSE. Les conséquences négatives d’une mauvaise prévention de ce type de risque peuvent être désastreuses, y compris sur le plan économique.
    Par exemple, une salariée en dépression s’est ainsi vue, en 2008, octroyer plus de 200 000 euros d’indemnités, et ça n’est pas un cas isolé : plus de trois mille dossiers comme celui-ci sont en cours de traitement ! Et bien entendu, les impacts environnementaux imputables à une entreprise peuvent également parfois lui coûter cher, tout en dégradant nettement son image et sa relation de confiance avec ses partenaires et clients.
    Les PME ou les start-up ont elles aussi intérêt à intégrer le concept de RSE dans leur stratégie, à le considérer non comme une contrainte mais comme une opportunité économique et humaine et un investissement à moyen terme.

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On attribue cette expression à Jacques Chirac lorsqu’il était Premier ministre, alors qu’il jurait contre les députés de sa majorité qui critiquaient Simone Veil et son projet de réforme, en les traitant de « cons comme une valise sans poignée ». C’était le temps où les valises avaient des poignées rivetées, avant que l’on développe les valises avec poignée intégrée, avec des roulettes (invention de Delsey, en 1972).

C’est vrai qu’une valise sans poignée, c’est vraiment con.

Mais que dire d’une poignée sans valise alors ?

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