Quelle responsabilité sociale pour les startups ?

entreprise cadres manager CC pixabay

La taille des startups ne devrait pas constituer une entrave à l’adoption d’une stratégie RSE.

Par Romain Wolberg.

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Les startups font rêver les pouvoirs publics pour l’innovation et les emplois qu’elles pourraient apporter. La mythologie Google, Facebook, Snapchat… est puissante et pourtant le décalage entre ces rêves et la réalité est grand, en particulier en France.

Selon le dictionnaire Larousse, la startup ou jeune pousse « est définie comme étant une jeune entreprise innovante dans le secteur des nouvelles technologies ».

Ainsi, les startups françaises sont de jeunes entreprises à fort potentiel de croissance. Cependant dès l’amorçage elles sont confrontées à des impératifs de rentabilité à très court terme, « le taux de survie à cinq ans de ces entreprises n’est que de 38,7% en 2013 », selon Frank Lasch.

De plus, le financement des startups reste une étape, qu’un petit nombre d’entrepreneurs parvient à surmonter, car les investissements moyens en France restent très inférieurs à ce qu’ils sont aux États-Unis. De même, les fonds d’amorçage publics montent en puissance mais ils restent centrés sur des investissements dans des sociétés de plus grande taille.

D’un autre côté, l’intérêt pour le concept de responsabilité sociale s’est fortement accru aux cours de ces dernières années, constituant pour les entreprises plusieurs axes stratégiques clés de développement sur le long terme.

C’est une notion assez récente puisque le terme de « responsabilité » est introduit en 1783 dans la langue française signifiant « qu’une personne ne devait s’en prendre qu’à elle-même pour ce qui lui arrivait dans l’existence ». En 1979, dans son œuvre principale, Le principe responsabilité1le philosophe Hans Jonas écrit : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre et qu’ils ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie. »

Aujourd’hui le concept s’est démocratisé et fait partie intégrante du business plan des entreprises d’après la commission de l’union européenne : « la responsabilité sociale de l’entreprise est l’intégration par les entreprises des préoccupations sociales à leurs activités comme à leurs relations avec les parties prenantes ».

On distingue deux courants de pensée : d’un côté les optimistes qui soulignent les bénéfices apportés par la RSE pour les entreprises et de l’autre les détracteurs qui remettent en cause la légitimité de ces pratiques.

Pour H.A Simon, « la RSE fonde ses discours partiels marquant le triomphe de l’activité communicationnelle » ; pour ce chercheur en management, prix Nobel d’économie, la responsabilité sociale de l’entreprise se rapproche davantage d’un discours de communication plutôt que d’une pratique réelle.

Cependant si en 2013, d’après le journal Les Échos, « les fonds d’investissements dits responsables gèrent 13000 milliards de dollars, dont 49% en Europe», cela prouve que les politiques de responsabilité sociale présentent de nombreux avantages pour les entreprises, et ce à tous les niveaux. En effet, les bénéfices perçus sont multiples : économies en matière de gestion des ressources, instauration de relations de confiance avec les parties prenantes. Cela permet aussi de stimuler l’innovation managériale et technologique et enfin d’acquérir des avantages concurrentiels sur le plan national et international.

De ce fait, la taille de l’entreprise ne devrait pas constituer une entrave à l’adoption d’une stratégie RSE.

Les startups qui sont sources de créativité, de dynamisme et de création d’emplois ne peuvent plus exister hors de ces préoccupations : elles représentent le potentiel de croissance de l’activité économique et sociale de demain et la mise en place d’une stratégie RSE est aujourd’hui plus que jamais un levier de différentiation vertueux pour gagner sur les marchés concurrentiels.

  1. Tchankam Jean-Paul, Estay Christophe : « La pratique de la responsabilité sociale et ses implications dans l’entreprise ».